‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 49 sur 98 · TROISIÈME MUEZZIN · texte numérisé non relu

TROISIÈME MUEZZIN

Allah!...

Ce cri se prolonge comme les autres et sur un ton différent encore. PEDRILLE.

Je suis à jeun depuis longtemps.

Je me sens lâche , dont j'enrage.

Ah ! si j'avais soupe, que j'aurais de courage !

D. JU\N

La porte s'ouvre, il n'est plus temps.

L*eunuque, en se relevant, a frappé des mains de nouveau. La porte s*est ouverte; et à droite et à gauche on voit deux petits nains à qui Teunuque fait signe , et qui lui répondent par signes. Une conversation muette s*établit ainsi entre eux.

L'intérieur du sérail parait , brillamment éclairé. On entend sortir des sons de mandoline et autres instruments à cordes, et, par delà le bois de cyprès, on entend aussi s'élever de la ville, dès que les muezzins ont cpssé de chanter, un bruit confus de tambourins , un mélange de sojis métalliques, une espèce dp charivari; c>st le Hhaniuzan qui commence.

D. JUAN

Oh ! quelle vue S'offre imprévue A mes regards!

Quels sons nouveaux se font entendre !

De toutes parts Un parfum d'aloès semble ici se répandre.

PEDRILLE

Voyez, voyez ces petits monstres noirs i Que disent-ils? ils se font signe.

L'un d'eux à l'autre me désigne; Que va-t-il m'arriver dans leurs tristes manoirs!

H A K O L N , à D. Juan , à voix basse, après avoir recommandé d'un gente aux deux nains de garder un profond secret.

Avançons. Confiance et courage!

Infidèle , on t'apprête un grand prix.

Et vivant , tu vas voir une image Du séjour que Dieu garde aux houris.

1). JUAN, à part.

L'aventure a tenté mon courage.

Le mystère au danger met du prix.

Mais je porte en mon cœur une imago Qui pourrai! triompher des houris.

SCËiNE II. 2-9

PKDRILLK, à part.

Essayons de montrer du courage.

Liberté, ton plaisir est sans prix; Mais ce soir j'oublîrai ton image , Si Ton soupe au séjour des houris.

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