III
LE SULTAN, accompagné du chœur des femmes, à demi-voix .
Chante, odalisque, chante encore.
Ta voix harmonieuse a des charmes secrets ; Elle enivre les sens comme le luth sonore Ou le parfum de Taloès.
Une moitié des odalisques répète encçre ceci en grand chœur, tandis que Pautre danse.
LE SULTAN, à Gulleyaz.
Mais, Gulleyaz, je le parie, Cette chrétienne danse un peu ?
GULLEYAZ
Danser, si nouvelle en ce lieu !
D. JUAN
Oui, danser! j'en ai fort envie.
Une odalisque, à qui la sultane a fait signe , danse seule. Elle attire par degrés Tattention du sultan qui, les jambes croisées, dans l'angle du soplia, pose par moment sa pipe et oublie de fumer en la regardant. Kl le s'arrête.
LE SULTAN, accompagné du chœur à demi-roix.
Danse, odalisque, danse encore.
Ta danse harmonieuse a des charmes secrets , Suave à tous les sens comme le luth sonore Ou le parfum de Taloès.
SCÈNB YII. 307
L*odalisqae se remet à daaser d*un pas plus Toluptueux et pi as rapide. Le sultan quitte tout à fait sa pipe , il Tadmire. Il a oublié D. Juan.
LE SULTAN
Comment cesser de dire encore !
On la verrait jusqu'à l'aurore.
Sa danse harmonieuse a des charmes secrets , Suave à tous les sens comme le luth sonore
Ou le parfum de l'aloès.
Le chœur des odalisques répète, et la danse devient générale.
Le sultan a frappé trois fois dans ses mains. Le rideau de la porte se lère ; Haroun entre. On voit au dehors les eunuques noirs qui attendent l'instant de reconduire les femmes dans Toda, et qui semblent murmurer de leur retard. Haroun prend à genoux la pipe des mains du padiscbah.
LE SULTAN se lève.
C'est assez. A minuit le plaisir doit se taire.
Viens, Gulleyaz; quand au plus haut des cieux
La lune dort sultane solitaire,
Viens près de moi l'imiter sur la terre,
Plus heureuse, plus belle et plus pure à mes yeux.