‹ Œuvres de Roger de Collerye (volume 2)Chapitre 12 sur 123 · L'AMOUREUX · texte numérisé non relu

L'AMOUREUX

qnerant et demandant sa Dune par aimbnrs.

e me sçauriez-vous enseiçaer Legierement, sans barguigner, Une gracieuse nûgnonne Qui ne me veult point engigner?

Gela veulx-je bien tesmoigner.

Quant au regard de sa personne,

Si la scavez, qu'on me le sonne

Secrètement, bas en Toreille.

C'est la plus gente fatrillonne,

Et la plus gaye esmerillonne

Qu'on veit onc, et la nompareille.

Son amour souvent me reveille

I. Malgré ce titre, les éplstres sont an nombre de Vingtet-une.

aa ÉPISTRB8.

Et mon cueur, mon corps, et espritz:

Alors que chascim dort, je veille.

Je vois, je viens, je m'esmerveille,

Tant suis d'elle ravy et pris.

C'est de ceste ville le pris,

Gela puis-je bien maintenir,

Et ne sçaurois estre repris

D'estre de son amour surpris

Et, pour tout sien me retenir;

C'est mon bien, c'est mon souvenir,

C'est mon espoir, c'est mon racueil,

C'est celle qu'on doibt soustenir

Et pour très loyalle tenir,

Considéré son bel accueil.

Elle a bon esprit et bon œil»

Bon maintien et gente manière.

Se je la tenois seul à seul J'oublierois tout ennuy et deu\, Et regretz seroient mys ^^^^".x-e C'est le guydon, c'est la bannier C'est l'estandart de iovit Yionneu , C'est celle qui est ma *'^®®^^^!!; C'est celle qui faict l>oT\Tie cbe ' C'est celle qui porte 1>otv \\eut, C'est celle qui est er%^ -v^aWe^^^^^ C'est celle que je dpil^s ^^^^^^^

C'est celle où gist aov*.\c« ^^^^^^t, C'est celle qui repais»^ ^^.r C'est celle qu'on -'-^*- ^^"""^

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voir les creditz ■ sonne,

''umposés en

24 Ëf»1STRB8.

Où qu'il soit, en place <m en yoyel J'ay grant peur qu'on ne le forvoye En quelque lieu, où on Tescouie I En effèct, se je le sçavoye, Et feust-il jusques en Savoye, J'yrois après , sans quelque doubte.

Las! son amour beaucoup me couste, Non pas en or, ny en argent, Mais en regretz où je me boute, Qui ma joye et plaisir déboute, Et rend mon cueur tSut indigent.

C'est le plus gay, c'est le plus gent.

C'est le meilleur qu'onques je veiz; De bien aymer n'est négligent, Et sçait trop mieulx son entregent Qu'hoicnme qui soit, à mon advis.

Mes espritz en sont si ravis Qu'à chose qu'il soit je ne pense.

Sinon pour ouyr ses devis Et de se tenir viz-à-viz De moy, pour toute recompense.

ÉPiSTais. »5

UNG AMGURSUX

se oomplaignant.

ui est celluy qui pourroit raconter, Dire et conter, et sans se mesconter, Les grands regretz que mon las cueur

[endure?

Qui est celluy qui se vouldroit vanter De lamenter et son dueil augmenter Pour absenter le mien qui tousjours dure?

Chaleur me point, si fait aspre froidure ; Fiebvre dure me saisist et pourchasse, Joye me fuyt, courroux me suyt et chasse.

Que vault avoir port, support, acointance, Aliance, nouvelle congnoissance.

Et estre prins et ravy de quelqu'une?

Que vault amour, qui n'a la jouissance?

Sans ses ' pointz là, amour n*est chose aucune. Quant est de moy, je ne veulx aymer qu'une.

Et prens plaisir à la veoir et ouyr;

X. Conerye met Murent te on tet pour c# on 0e#, et r^iproqnemiiit^ Nous nont oontentons d'Indiquer ce déteil d'or* thograpbe, qui est peat-être une fsnte, et qne du reste nous ne respecterons pas, k canse de Tobscurité qn*il Jetteroit dans la plnpart des passages oU nous le rencontrerons.

26 ËP1&TRB8.

Mais neantmoins, d'elle ne puis jouyr.

Triste et pensif, à part moy je me plains Et me complains par chemins et par plains, Voyant sur moy courir telle fortune.

En souspirant tous mes membres j'estrains.

Et me contrainctz par très angoisseux irains En larmoyant ma tristesse importune Helas, Dame, soyez moy oportune.

Ou aultrement vous voirrez soubz la lame Mon corps gésir, et de moy partir Famé.

A tout jamais je raie veulx dédier, Estudier, et plus huy que de hier, A vous aymer ; las ! ne l'ignorez pas I Donc, pour garder mon cueur de tedier, Fastidier, veuillez remédier A mon grief mal, plus viste que le pas.

Si vous voulez de moy veoir le trespas, Tost le verrez, se n'en avez pitié.

Au grant besoin congnoist on Famytié!

Il vous plaira, considéré mon faict En dit et faict, d'ung bon vouloir parfaict Entériner ma demande et requeste; En ce faisant, mon cueur pale et de£faict , Sans autre effait sera gay et refait.

Gomme ung amant qui gaigne et qui conqueste.

Pour le présent ne veulx faire autre queste Fors seuUement que vous veoir face à face.

Et mon plaisir avecques vous je face.

PI8TRBS. 27

A la plus des plus gradeiue Demoarant en œste cité, Donlce^ humaine et solaciense, Lny soit cest escript redté <.

u mouvement de mon cueur et esprit, Ung jour passé, grant désir me surprit De collauder et priser une Dame ; En la voyant son doulx maintien me prist Par ung regard que mon œil y comprist De Testimer de cueur, de corps et d'ame.

Or de l'aymer je n'en puis avoir blasme.

En luy gardant en tous lieux son honneur, Il ne m'en peult advenir que bon heur.

De grant beaulté, de doulceur, de clémence.

Remplie elle est, là fault que je commence Sans reciter ne déclarer son nom.

Ses père et mère, ayant fait la semence De telle fleur, une louange immense Doibvent avoir, et par tout bon renom.

Est il besoing que je la nomme? Non ; Pour le dangier qu'on ait sur elle envie Ne le diray, tant que seray en vie.

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