I. Oette pl^ce est composée en rimes halteléei
a8 Épistrbs.
Je doubte et crains, d'autant qu'elle edt exquise,
Que de m'aymer quant je Tauray requise,
Elle en fera plainement le refuz
Et que de moy ér se sera enquise
Si homme suis, lorsque j'ay Dame acquise,
Si je me tiens heureulx plus qu'onques fuz.
Brief, en effect, de mon espoir confuz Je ne serai, pourveu qu'elle s'accorde Au mien vouloir que je dis et recorde :
Impossible est de mettre ailleurs mon cueur Tant que viyray d'une humaine liqueur, Sinon en elle, où gist amour et grâce.
Onques Paris, qui fut grant belliqueur Et en amours hardy, preux, et vainqueur Ne souheta autant veoir face à face La belle Hélène en tous lieux et place, Ainsi que moy qui la désire veoir Et de Faymer en faire mon debvoir.
Et par ainsi, si je puis parvenir A mon désir, plus grant bien advenif Ne me sçauroit, tant suis d'elle ravy.
Incessamment l'ay à mon souvenir; Et d'y penser ne me peult mal venir, Comme je croy. Depuis que je la vy, Mon cueur, mon œil, n'en peult estre assouvy Disant souvant : Je ne sçay la pareille.
Donc je concludz que c'est la nompareille.
Si luy supply' de bon cueur me complaire, Et que d'amour me soit vray exemplaire.
Epi'STRES. 3g
Veu mon deeir, qui n*est pag à blasmer.
Entièrement je me submectz luy plure, Non la fàscher, ennuyer, ne desplaire, Mais à totqours perùndement Taymar.
Le sien vouloir me soit doulx, non amer; En ce faisant pour resdution, Ce me sera grant coasolation.
Par le tout sien entier amy parfaict Loyal en cueur et par dict et par faict Qui à présent ne se déclare point Jnsques au jour qu'il en verra le p<nnt.