I. Œnyre passionnée
ËPISTRES. 35
Par mon oonisen, et sans vous âecepvôir, Que craindre on dôibt ung dangereiil assauU* Voxit murmurer et pour crier trop ùkult , Ainsi qu'on dict, santé oii né réccèuvre; En sot ouvrier côngnOist-oi^ son sot œuvre.
Et par ainsi, pour fouyr le danger D'homme prïvé, lointain, bu eëtranger, Le doulx parler vaihe le rude làngaige.
Grant simpllgsge est se sotiffirir làidanger ' Quant on )^\x\i bien par dbulx parler clianger, Ung sot'prbpoi^ du maistire ou de son page, Contre raisdn n'est point veu un 6ùlti*age ^ Plaisant àrcbrl ny au corps qtiî Téndure ; Souffrir grief mal est tme chose dure.
De par cellay qui jamais ne se change^ Ne ne se vêtit fors qu'à vous allier; Que lïoutete^ privé , non pas estvaiige , Si avec luy vous vous voulei lier.
ÉPISTRE, 4 ÇERTAtNES DAMBS. •
our estre^ixampt de toule ingratitude, ReeongnotssanI, «»^;ra!n[t'SpUicitude, Le beau présent que vous m'avez transmis Veu vbz vertus, dont ayez multitude,
a. Un Qntrage contre raison n'est pas regalrdâ commet «le.
36 ÉPISTBBB.
Et vostre cueur garny de rectitude, Vous mercier me desplaist qu'ay tant mis. ' Mais, se Dieu plaist, comme font vrays amis, Joieusement, ainsi qu*on se façonne.
Regracier vous iray en personne.
Et n'eust esté la griefve maladie Qui m'a tenu, quelque chose qu'on die.
Plus maulgré moy beaucoup que n'ay voulu, Et que mon corps, se je n'y remédie, Trop rudement nuiçt et jour m'attedie, t)e quoy ma bourse en a bien pis valu, Pour tout certain, en un mot résolu, D'aller vers vous j'eusse faict mon debvoir ; Mais l'accident m'a gardé de vous veoir.
Et soubz l'espoir qu'en voz grâces seray, Penser en vous jamais ne cesseray Jusques au jour que vous verray en face.
Et ce pendant de moy je penseray, Et avec gens le temps je passeray, Affin qu'ennuy ne me quière ne trace. * Et, au surplus, autre bi^i ne pourchasse.
Fors seuUement vostre grâce acquérir, Et pour l'avoir vous sercher et quérir.
Du plus que To^tre que sçavez , Lequel souvent veu vous avez.
I. Inversion fréquente chez Collerye : U me déplaît d'Avotr mis tant de retard à yons remercier.
a. Traewt trdeher, chercher, encore conaervtf dana le patois normand.
Épistres. 37
A la nompareiUe du monde Salut et honneur pur et monde.
our esveiUer vos esprits gracieux, Trop plus qu'humains et trop solacîeux, Geete epistre de cueur gay vous envoyé, Vous supidiamt que, quant serez e&< voye De prendre goust au mien loyal vouloir, Qu'en vosire cueur vous me faciez valioir; Et que pour nul , tant soit il regreté.
De vostrè amour je ne soys r^eeté; Car vous scavez que mon affisetion Gist en honneur, sans quelque fiction.
Prudence avez pour bien apparcevoir Quant vray amant faict son loyal devoir, Et congnoisçez que je n'ay mérité D'estre par vous d'amours déshérité.
Mes dictz ne sont pour nully dispersez, Ne pour mes faictz sur tous autres prisez, * Ains seullement pour donner à entendre Qu'à vous aymer loyaulment je veulx tendre.
Et s'ainsi est que j'ay trop entrepris De consentir que mon cueur soit surpris
I. Je n'écris pour personne , pas même pour fidre paraître mes actions plus dignes de louanges que oeUes d*autrui, mais seulement pour, etc.
38 ËPISTRltS*.
De vous, belle, tant plaine de value, Ce neantmoins, humblement vous salue, Gomme celluy qui ne qui^rt et pourchasse Que demourer et estre eh vostre grâce.
Et si souhaitz avoient force et vigueur, A tout jamais seriez de corps et d'ame Entièrement ma seulle et chère dame.
Oncques Paris^ qui de 'mer les penh Ycnlut souffrir,' en ses geiise^rilï, < N'aiyma autant, je croy, la bcAle'Heleine, Gorame moyvous, d^un^ffionotiriion villaine.
En doulx ' maintien et bénigne fkoofidev ' ^ Gomme je <croy^ n^avez point de seconde; ' Avecques ce, je suis assez recorB Que de beaultsé est doué vostre leorps; ^ Et si le mien en est mal ordonné,' Tout tel qtt*il est entier ;vo«is i'ay 'donné. Et de rechef je tous en fais le dion ^ En espérant d'en avoir bon guenfon.'
Letres, allez' fkltevostrè séîriôncé
Et m'apjporlez de laîrellCTespônce.
t. Pons sfigentiUe ardeur. . . , /
ÉPI8T|IJSS. 39
AUTRe ÉPISTRE.
Continuant parolle dicte A la Damolselle predicte .C«8t epigiMmae lny vmoye^ Par ce porteur que mectz en voye.
n contemplant TMtre ginoe eKoellente Phi8 que )a roae en donloenr redoktntef Par le rapport de monseigneur Lotyn , Façon en méy ne trouvères dolente, Manière aussi paresdeuse ne lente De vous louer en François et Latin.
Plume j'ay prhis, me levant ce matin, Pour rédiger les gracieusetés Qui sont en vouB plus doiilce que satin AcompaigneZ' dé grant joyeosetez.
De deviser je ne sçay la seconde * Pareille a vous : en parolle faconde Et ditz plàisans on tou& donne le bniyt; Honnesteté aussi en vous redonde, Comme ay ouy, au dict de tout le monde, Ce que je croy, car j'en suis bien in&truict, Ne plus ne moins qu'ung tressavoureux fruict Est estimé de celluy qui' le gouste.