‹ Œuvres de Roger de Collerye (volume 2)Chapitre 75 sur 123 · Menteurs · texte numérisé non relu

Menteurs

igô RONDBAUX.

S'ilz sont de génère Uvi Office auront ou bénéfice Pour certain.

Mais les bons, qui ont desservy D'avoir le temps bon et propice, Leur fait ira en escrevice, Dont j'ay le cueur de dueil ravy Pour certain.

edans briefz jours, gens avaricieux, Ambicieux, superbes, vicieux.

Viendra ung tems, comme dit l^Es- [cripture,

Lequel verront gens de bonne nature Et non paa vous, par trop malicieux.

D'iceulx viendra un peuple vertueux Lequel sera vers Dieu affectueux ; Et prendra fin maligne créature

Dedans briefz jours. '

Bien tost après régnera, soubz les cieulx, Temps à souhait et temps délicieux ; Justice adonc fera toute droicture; Foy, Loy, Amour, dessoubz sa couverture, Triumpheront d'un cueur audacieux i

Dedans briefz jours. '

Rondeaux. 197

uges, prevostz, marchans, bour-

[geois, commun, Et vous aussi, nos seigneurs de

l'Eglise,

Amendez-vous, sinon je vous ad vise D'avoir pardon n'y voy remède aucun.

Lassus es cieulx il est bruyt que chascun Offense Dieu, qui n'est pas bonne guise, Juges, prevostz.

Persévérer en tout mal c'est esgnin ' ; Le monde faict de pécher marchandise, Parquoy il faut qu'en briefz mots je réduise Que des troys pars n'en demourra nesung, Juges, prevostz.

e Despourveu, qui ne s'oze nommer, Actaint d'énnuy et d'ung regret amer , Plus angoisseux que l'on ne sçauroit dire, A-il raison et cause de s'en rire?

Je croy que non, ne joyeulx se clamer.

z. Fait poar aig^'ir Dieu. On comprenait sous le nom A'êtgrun tous les légumes acres. Eigruner voulait dire aussi détruire.

19^ Rondeaux.

N'estoit espoir qui le vient reclamer, Cent foys le jour Ton le verroit pasmer Et endurer douleur, peine et martyre, Le Despourveu.

Ceey luy vient pour loyaulment aymer Une sans plus qui se doibt estimer, Pour qui souvent son povre cueur souspire.

Ce nonobstant son amour il aspire Et son honneur, qui n'est pas à blasmer.

Le Despourveu.

Dieu en est de m'envoyer du bien Et me donner grâce d'en bien user, A nul qu'à luy ne me veulx amuser Car aultrement je n'y gaignerois rien.

Ce peu que j*ay est sien et noa pas mien ; Du bon du cueur le dis, sans m'excuser, A Dieu en est.

S'il m'en donnoit habondamment, comlnen Que je ne sçay s'il me veult reffuser.

Je n'en vouldrois nullement abuser De mon povoir, n'en sercher le moyen, A Dieu.

Rondeaux.

Contre Jaloux et Coquus.

ovres martyrs, en voz cueurs esbetez, Qui jour et nuyt voz femmes vous guéctez, Estans actaina de sotte jalouzie, Ostez, estez de vous la fantazie, Et de ce faict jamais ne caquetez.

Puis qu'il advient que yvers et estez, Dru et souvent coquus avez estez, Leur Tffye en est, pour ce point, moins moizie, Pdvres martyrs.

De ce hault mal peu en sont exceptez, Par quoy en gré la fortune acceptez, Car de courroux, de dueil et frenaizie, Pourriez gaigner la belle pleurezie Qui prend tes gens droictement aux costez, Povres.

Contre les Flateurs.

our bien jouer du placebo, Pour flater et mentir aussi.

Pour rapporter cela, cecy, Tousjours en grâce manebo,

aoo Rondeaux.

Qui biens veult avoir, docebo Qu'il est besoing de faire ainsi Pour bien jouer.

Et en usant de tacebo Contre droit et raison dixi.

Que vertu nunquàm dilexi^ Mais mon cueur de mal replebo Pour bien jouer.

rescher Seigneur, et tresbonnoré maistre, Il vous plaira vostre bon voulloir mètre A me donner et faire avoir la cure Que, jà pieça, envers vous je procure Pour à jamais vostre serviteur estre.

Infortuné je suis et povre prestre, Privé des biens de ce monde terrestre Se ne prenez de mon faict seing et cure, Trescber Seigneur.

Ne mectez pas mon cas à la seoestre, Entérinez ma requeste à la dextre Disant volo, qui le cueur purge et cure, Et le nolOj dangereuse picquure.

Ne me ferez, s'il vous plaist, apparoistre, Trescber Seigneur.

Rondeaux. aoi

'est tresmal faict d'abuser de promesse Ung serviteur ancien, chantant messe, Auquel estbit promis ung bénéfice Par le Seigneur où il est en service; S'il se desdit, ce n'est pas gentillesse.

De faire ainsi, esse ung tour de noblesse?

Je croy que non, veu que, toute jeunesse, Il a servy son parent, et sans vice ; C'est tresmal faict.

Il esperoit, moyennant son adresse, Avoir des biens, et de cryer largesse, Comme ung herault en faisant son office ; Mais, pour tout bien, ung beau rien mal propice Il a receu, dont il dira sans cesse C'est tresmal faict.

. XXXVIIII.

oyant les barbes non rasées.

Dont plusieurs font leurs risées, Bigarreures non abolyes Nous engendrent melencolyes ,

Car ce sont choses mal prisées.

Les dames se sont advisées

D'estre en leurs habitz desguisées,

Coinctes, bragardes, et jolyes

a09 RONDBAUX.

Voyant lesi barbes.

Or, les nations divisées Grectent dessus eulx leurs visées De voir régner tant de folyes Qui ne sont pas aux omelyes Que Bède * a jadis devisérâ,

Voyant les barbes.

n promesse d'homme de bien, Gomme on dit,sedoibton actendre.

Mais a ce que je puis entendre, Au jourd'huy on n*y congnoist rien.

On me promect assez, combien Que mensonge est fort à reprendre En promesse.

Pour le plus seur quant on dict : tien , Cela est facile à comprendre, Car en donnant lors on peult prendre Le bien d'aultruy comme le sien En promesse.

I. Le vénérable Bède, yii« siècle. Peulrêtre a-t-il perlé des barbes dans les quatre vingts traités qu'il a comsosés entre son Hittoire eeelétiattique? Qnelqnes-nns de ces traités renient sur la discipline dn clergé et toncbent aux mœurs du temps.

Rondeaux. ao3

ntre promectre et tenir, Ainsi que je puis retenir Plusieurs se trouvent forvoyez ; Dire et faire, comme voyez,

Sont mauvais à entretenir.

J'ay pour y aller et venir

Ung rien qui m'est grief souvenir

Dont mes espritz sont desvoyez Entre promectre et tenir.

Foy ne m'a voulu soustenir.

Ne Vérité se maintenir;

Mais ont mon espoir convoyez

A Infortune et envoyez,

Sans jamais à bien parvenir Entre promectre et tenir.

ng « tien » vault mieulz quedix foys tu Taras; Et qu'il soit vray , je m'en suis apperceu, S'a « tu Taras » t'atends, tu es deçeu, Car rien de luy tu n'en apporteras.

Pour a tu Taras » tu viendras et yras, Puis tu diras que tresmal t'a receu Ung tien.

Rondeaux.

Mais s'on dit pren, franchement jureras Que ton cas est en vérité conceu ; De « tu Taras » d*ung mien amy j'ay sceu Que trompé est, et ainsi le seras Ung tien.

vanthier, entre chien et lou, Ay d'une nourrisse breneuse Gaigné une bosse chancreuse Qui venoit de je ne sçay où.

Or puis qu'il m'en fault faire jou', Je dy fy de telle amoureuse Avanthier.

A tous les diables soit le trou De la villaine chacieusel De sa façon maulgracieuse Tout incontinent j'en fuz sou Avanthier.

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