I. Jen
Rondeaux. 20S
xxxxiiir.
n ung matin, en m'esbatant A une fille qui a vogue, Seurvint une grant vielle dogue De laquelle ne fuz content.
En m'espiant et me guectant Elle se monstroit fière et rogue En ung matin.
Je ne la congnois, mais d'autant Qu'elle est mesgre, hydeuse et drogue, Je croy que c'est la sinaguogue Que les Juifz estiment tant, En ung matin.
rescher Seigneur, inventions actives, Langues aussi de mal parler hastives, De vostre amour m'ont du tout eslongné,' En vous servant , aucuns en ont hongné, Dit des choses bien peu excusatives.
Voz parolles m'estoient confortatives, Et voz aides de mon corps nuritives Durant le temps qu'ay pour vous besongné Trescher Seigneur.
Pour impetrer grâces expectatives
ao6 RondBàUX.
Duoatz je n'ay, ne les preparativès Pour les avoir, dont je suys-yergongné, De vostre bien souvent m'avez songné, D'affections à chascun narratives, Trescher seigneur.
on boif amy, meilleur moyen exquis N'ay sceu trouver, que vous avoir
[requise Pryer pour moy monsieur le.liou- De me donner mesmement maintenant [ tenant Audience, do ce me suis enquis. * ^
En ces beaux jours devotz, doulx et tf ansquis, Sollicitez {>our ce bien qu'ay tant quis Ledict seigneur toujours l'entretenant, Mon bon amy.
Les grans tij^sors n'ay en ée monde acquis Ainsi comme ont Ducs, Contes et MarqfuiB, Aultres assez leur estât soustenant ; , Par quoy meiault estre chiche et tenaut Et non contrainct d'en lever lêB acquis, Mon bon amy.
RONOBAUX. 207
ossiblefi'est de le veoir en liesse L'homme qui est par amère tristesse Attainct au cueur d'un ennuy de-
[testable,
Veu que tout ce qui luy est délectable Totallement le fuyt et le delesse.
Puis que soulcy d'estre pensif le presse' Et que courroux le détient et oppresse Et n'a de quoy entretenir sa table, Possible n'est. Pielat ne yoy, ny abbé, ny abbesse, Au temps qui court, qui son estât n'abesse, Et qui pis est, le riche charitable Aux poTres n'est, c'est chose véritable; Que je conclus, aussi vray que la messe, Possible n'est.
XXXXVIII.
n me voyant de petit meuble nu Et sans argent au],ant gros que menu, N'en cave vin, n'aussi en gamier blé, Et que de froit j'ay cest yver tremblé.
Triste j'en suis et mesgre devenu.
Et supposé que l'on m'a soustenu
ao8 Rondeaux.
Et de bon cueur mon corps entretenu, Riens on ne pert, se Ton in*avoit emblé En me voyant.
Prouffit aucun ne m'est point advenu Pour emprunter ; suis allé et venu, Et de malheur, je n*ay riens assemblé.
Mon cas congneu, en pensant- m*a senfiblé Que gros malheur m'a fort circonvenu, En me voyant.
XXXXVIIII.
ar ce temps cher mon corps est
[consumé, J'ay peu mengé, encores moins
[humé,
Et si je suis d'estre en ce monde las, La cause y est Fain me tient en ses lacz.
Souvent à Dieu Tay dit et résumé.
Que Ton ait veu mon foyer enfumé De gros tysons, seroit mal présumé :
Je ne faiz feu que de vielz eschallas.
Par ce temps cher.
Quant disner veulx, mon pot n'est escumé; Mauprest me sert, qui m'a acoustumé De souhecter le relief des prelatz, Faulte d'argent me faict cryer hellas Piteusement, d'estomac enrumé Parce temps cher.
Rond-eaux.
uoe
u pied du mur je me voy sans «échelle, Plus je ne sçay de quel boys faire flèches, Paulte d'Argent m'en donne les empesches, Triste j'en suis, jà ne fault que le celle Durant ce temps mon corps d'ennuy chancelle, Mes joues sont mesgres, pâlies et sèches, *Au pied du mur.
Si ayde n'ay du bon Dieu et de celle ' {Devant .toscfuelz a deulx genoulx me flèches, .-Qe ma vie je ne .donne troys ipesches, €ar de «vertu j'ay moins £[u'une estincelle, Au pied du .mur.
«u^vault maison où gist povpecimduicte, £t que l'on voit la famille redutete A yvrongner, paillarder, friander, Et du maistre bletz, vins, biens gourman-
De le souffrir seroit chose mal duicte. [der ;
Le cas congneu, à eulx et à leur suicte
Et soubranciers* doit-on bailler la fuyte
âftos doute la sainte Vierge.
Ceux qui trouvent rang après eux.
«lo Rondeaux.
Soubdainement, et leur dire ou mander Peu vault maison.
quel danger d'avoir maignée induicte A tel vouloir, de l'ennemy seduicte 1 Trop mieulx vauldroit les veoir caymander * , Et d*huys en huytz, çà et là demander; Veu leur façon en ceronde au produicte, Peu vault maison.