Épistbes
Je doubte et crains, d'autant qu'elle est e^^quise,
Que de m'aymer quant je Ymnay requise,
Elle en fera plainement le refuz
Et que de moy el* se sera enquise
Si homme suis, lorsque j'ay Dame acquise.
Si je me tiens heureulx plus qu'onques fuz.
Brief, en eflfect, de mon espoir confuz Je ne serai, pourveu qu'elle s'accorde Au mien voiJoir que je dis et recorde :
Impossible est de mettre ailleurs mon cueur Tant que vivray d'une humaine liqueur, Sinon en elle, où gist amour et grâce.
Onques Paris, qui fut grant belliqueur Et en amours hardy, preux, et vainqueur Ne souheta autant veoir face à face La belle Hélène en tous lieux et place, Ainsi que moy qui la désire veoir Et de l'aymer en faire mon debvoir.
Et par ûuai, si je puis parvenir A mon désir, plus grant bien advenir Ne me scauroit, tant suis d'elle ravy.
Incessamment l'ay à mon souvenir; Et d'y penser ne me peult mal venir^ Comme je croy. Depuis que je la vy.
Mon cueur, mon oedl, n'en peult estre assouvy Disant souvant : Je ne sçay la pareille.
Donc je concludz que c'est la nompareille.
Si luy supply' de bon cueur me complaire. Et que d'amour me soit vray exemplaire,
ÉPIftTRES. *^
Veu mon d«ir, au^ ^^^"Z^'
v^ la fMwlier, ennuyw, ne dosplaire, Mais à toaajonre pwpfaictemeii* Vwpom.
Le sien vouloir me «oit doulK, non «ner; En ce faisant pour resolation, Ce me seam grant oenixdatioB.
Par le tout sien entier amy parfaict Loyal en cueur et par dict et par faict Qui à présent ne se déclare point Jusques au jour qu'il en verra le point.
AUTRE EPÎSTRE.
A eeUe oh 3*»y Mon cœtir posé, Que je n'my eacora mmuÊée, Conune tmg amant bien disposé Venlx déclarer sa renommée.
i vostee cueur a prinsgowôt à mes ditz, Leaquelz j'ay ditz en gradeulx •eedite Où ne mesditz de quelconque personne Et qu'envers vous puisse avoir les creditz Sans contreditz, et que bruit je n'en sonne,
I. Les premiers vers de cette pftee toBt eompotés en rimes hatteléei.
^^ ËPISTEES.
Trop plus heureux qut, ^ ^^i ge façonne Joyeusement de complaire à sa ï*^-.,»^ Me trouveray, je le prens sur mon ame.
De vous louer ne me veulx désister Mais inciter et tousjours persister Et insister m'y veulx toute ma vie, Et s'avec vous * ; vous plaise m'assister Sans résister, ne dire et reciter • Que de m'aymer en avez bonne envye.
Croyre debvez que vous serez ravie En me voyant garoy de loyaulté Considérant vostre grâce et beaulté.
Ung plus grant bien ne désire en ce monde Que vostre amour, voilà où je me fonde, Voyant en vous tant gracieux maintien.
En doulx regard, en parolle et faconde.
Pour tout certain, je ne sçay la seconde ; Et qu'ainsi soit, je le dis et soustien.
De bel accueil, d'amoureux entretien.
Avez le bruit sur toute créature, Ge don vous vient de louable nature.
Rien ne vault ce que je vous escriptz.
Se vous n'avez, oyant mes plaintz et criz, Ennuytz, regrez, trop pires qu'Entechrist; Si de bien brief ne sont par vous prescriptz, Mort et transy me verrez, sans mensonge ; Au lac de pleurs fauldra que je me plonge,