‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 15 sur 121 · I. Et cela, avec votre aide · texte numérisé non relu

I. Et cela, avec votre aide

». Par coquetterie et finuiement.

ËPISTRE8. 3i

Et là fîner, en langoureux séjours, Le demourant et la fin de mes jours.

Du tout rostre , qui ne se nommera De son vivant, ny en lien ny en place , Jusqnes an jour auqnel se trouvera , Quant vous plaira^ pom* tous yeoir face à face.

A ceUe oh giat honnesteté Autant en Dame que je aaiche, Qui coeur a plain de netteté, Exempt de toute layde tache.

i en langueur me voulez faire vivre Et ne souffrir que mon cueur soit délivre Des griefz ennuy tz que pour vous il endure, Vouloir ayez plus dur que fer ou cuyvre En me disant rudement : je vous livre A desespoir et angoisse tresdure.

Chaleur me point, si faict aspre froidure; Tel accident pour vous aymer me vient Et néanmoins de moy ne vous souvient.

Vostre beauté, vostre honneste personne, Vostre grant corps, qui tant bien se fiiçonne, Me rend subject loyaulment vous aymer.

Et, supposé que nul mot je ne sonne ' Et que je veulx que mon cueur on ramonne

3a ËPISTRES.

'S'on veoit à moy cas qui soit à biasmer, Si vous requiers, de bon cueur, m'eniamer , Entièrement le vostre bon vouloir Qu'avez en moy, pour me faire valoir.

Tout mon vivant, en joye et en liesse Me maintiendray avec vous, ma raaistrease, Délibéré jour et nuict vous complaire.

En ce faisant, esterez la tristesse Que mon cueur sent, en amère destresse.

Et si serez de pitié Texemplaire.

Et au surplus ne vous vueille desplaire.

Si de vous suis en mes espritz ravy.

Car c'est par vous, dès le jour que vous vy.

C-est de oellay qui toih désire nue Estre avec luy en ung lict , bras à bras ; Qui son amour envers vous continue Si voz «piitz ne sont vers luy ingratz.

A celle oh est , comme il me semble, Homear, vallenr, sar toate Dame, £t nuintleB et l>eaalë eiuemftile, Digne d*aymer de corps et d'ame.

ontinuani mes dttz et mes propos, Et que je n'ay ne jour ne nuict repos.

Pour vostre amour, dont me fault dire

[helas!

Epistrk«. 33

Et que je jBuis et me tiens des suppoz

Du Dieu d'amours, et subject aux impostz

Des déesses Juno, Venus, Pallas,

Veu que je suis détenu en voz las,

Je vous supply, d*ung cueur plain d'amytié,

Me regarder en doulceur et pitié.

Assez avez apperceu la racine De mon vouloir et loyaulté insigne, Sans déclarer ne mon nom ne surnom ; Et congnu ay, et ay veu par ung signe Que ne povez donner la médecine Propre à mon cueur, dame de grant renon.

Ne me servez de ce piteux mectz, non; S'ainsi estait, soyez toute advertie, Ce me seroit bien gnefve départie.

Par plusieurs foys, Bi sans vous esgarer, iH'avez requis de bouche déclarer Qui est celluy qui tant vous ayme et prise.

Si seur estoit estre aymé, préparer Vous le verriez en bon ordre, et parer, D'autant qu'en luy je ne saiche reprise.

Pour quoy debvez, ainsi que bien aprise, Lui octroyer, d'amoureuse liqueur, Estre à jamais vostre amy de bon cueur.

Ne faictes pas comme cil qui s'amuse , Lequel, après qu'il a refuzé, muse, Et se repend de l'offre à luy offerte.

Aucunesfois mainte dame s'abuse Quant folement de sa volunté use.

34 Ëpistres.

Guydant gaigner où souvent veoit sa perte.

Mais je vous tiens si sage et si experte Que vous voulez, sans personne biasmer, Pour le plus seur, congnoistre avant qu'aymer.

De par celluy qui fort s'esmeut Pour vous prier et requérir Que votre cueur ne se desmeut De l'aymer, chercher et quérir.

A ceUe oh est ânjonrd'hay ennuy grief , Luy soit par moy ma letre présentée , LaqueUe n'est, ne sera, en mot brief , De mon amour, de ma vie, exemptée.

rop me desplaist de ce que j'ay ouy, De quoy mon cueur ne s'est pas resjouy, Mais est en dueil touchant vostre incident.

Imprudemment d'ung sot vouloir jouy,

On a vers vous, et ne doit dire ouy

Celui qui a commis tel accident.

Le cas est cler et assez évident

Que tel couroux ' de cruelle nature,

N'est point venu de noble geniture.

Pour le plus seur, et santé recepvoir,

En vostre cueur besoing est concepvoir

Que d'endurer vous convient de plain sault,

Et désormais debvez apparcevoir

j. ŒiiTre passionnée.

ËPISTRES. 35

Par mon conseil, et sans vous decepvoir, Que craindre on doibt ung dangereux assault.

Pour murmurer et pour crier trop hault , Ainsi qu'on dict, santé on ne recœuvre; En sot ouvrier congnoistK)n son sot œuvre.

Et par ainsi, pour fouyr le danger D'homme privé, lointain, ou estranger.

Le doulx parler vainc le rude langaige.

Grant simplesse est se souffrir laidanger * Quant on peult bien par doulx parler changer, Ung sot propos du maistre ou de son page, Contre raison n'est point veu un oultrage ' Plaisant à ToBil ny au corps qui l'endure ; Souffrir grief mal est une chose dure.

De par celluy qui jamais ne se change , Ne ne se veult fors qu'à vous allier; Que trouverez privée non pas estrange^ Si avec luy vous vous voulez lier.

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