POUR UNE NOP«E
Meurent en grant affliction, Comme on dict, sans confession.
Seigneurs d'esglise, pourvoyez En leurs cas, ainsi que voyez, Gongnoissant leur fragilité.
Secourez les en charité :
Sans charité nul n'entrera En Paradis, ne montera.
En après, je vous recommande, Ainsi que la loy le commande, ' Tous povres amoureux transifz.
Tèn congnois plus de trente-six Qui chassent fort, mais rien ne prennent.
Quant ilz voient que bien peu comprennent Avec leur dame, ilz vont les nuytz Baiser la cliquette de l'huytz.
Bien souvent, quant on les y voit, Quelqu'un la cliquette pourvoit, Autant les lundys que mardys.
De bran ou de dyamerdys.
Voyant, les povres amoureux.
Qu'ils sont trompez, tresdouloureux S'en vont coucher sans faire bruyt Et ne vont plus courir de nuyt.
En général et en commun ' Vous recommande tout chascuu ^ttrft, filtOy et vide.
r. Les 36 Yers suivants manquent aux deux antres éditions.
^Briâiu
i2ty Serhon
Or, ay-je assez bien procédé Jusques icy, comme ii me semble.
Pendant que nou9 somme» ensemble Je vous veulx apprendre et monâtrer Ung peu de bien, et remonstreif L'ignorance de ces fillettes Qui ayment le jeu des billettes.
A plusieurs se laissent piequer Sans riens gaigner ne praticquw.
Escoutez, dressés voz oreille^ :
Nous avons veus de grans merveilles' Depuis certains temps. N'avofli^ pdÈ ?
Or disons, parlant par* compas, Esse raison, à vostre advis, Que, pour quaqtiet ou pour devis*, Pour promectre et rien ne tenir, Ung monsieur doibve parvenir.
Du premier coup, à son atainde ?
Je dy que non : telle cOntraineié Ne rend point la fille subjecte.
Mais s'il advient (tn'il luy gecte; Pour acquerii* sa' bonne grâce.
Dix, douze escn^ der prime face, La fillette, sans de surprendre Les doit empoigner et les prendre, Car il n'est acquest que de don Ne dancer qu'au joly bedon *.
z. Petit tambour qui accompagne géne'ralement la tttktf.
Mais de s'aller habandonaer, Sans quelque chose luy dtoniier, Je n'en suis pa9 (f oppinion.
Jamais de son eerp» FunioiiP Ne doit consentir, s^ellr esl ^gr, Sans or, ou aident, ou bon gage; Et par ainsi il e9t brydé' yéudi, filia, et vide,
J'ay veu tel galant qiri m rente Que les filles luy doibvent rente, Et qu'il leur faict tel grant hoimeur De les prier de desiionneur ; D*autant qu'il est plus fier qu'ung pet, Laissez le là comme suspect Et comme sot oultrecuydé /Évdi^ filia, et vide,
Encor ung mot, et puis après Nous ferons fin ; car, par exprès.
Je suis icy pour tesmoingner.
Et pour fillettes enseigner.
Qui ne sont fines ne ruzées Jusques à ce que soient usées.
Sainct Jehan 1 Ce n'est pas la façon.
Car jeune chair et vielx poisson Ont le bruyt, pour le temps qui court.
J'ay autresfoys hanté la court Où j'ay aprins et retenu.
Et maint bon gallant soustenu.
Du temps qu'estoye en jeune aage
132 Sermon pour une Nopge.
Il n'y avoit varlet ne page Qui ne fust joyeulx de me voir.
Mais depuis qu'on m'a veu avoir Les grans rydes que j'ay au fronc On ne m'a prisé ung estronc.
Et par ainsi, mes jeunes filles, Ne faictes fourbir vos coquilles A seigneurs n'y à coquibus, S'ilz ne vous baillent des quibus. Ce pendant que vous estes jeunes , Ne gardez ne festes ne jeunes ; Toutesfois, ne vous laissez pas Tumber plus viste que le pas.
Mais si quelqu'un de vous s'abuse % Monstrez que vous s^vez la ruze Comment on se doibt gouverner Affîn de le bien yvemer ; Qu'il me soit mené et guydé.
Audi^ filia, et vide.
Qui sera, sans dilation, De nostre prédication L'achèvement, et bien couché Ainsy que je vous ay touché.