I. Paysan, loardand
Rondeaux.
ar ung désir joyeulx et sans cautelle Je fuz surprins, devisant de coste elle, D'autant qu'elle est gaillarde et en
[bon point .
Ce neantmoins je n'entens, ne veulx point Dire à chascun que c'estoit une telle.
Posé le cas qu'elle n'estoit pucelle , En la tenant, jà ne fault que le celle.
Tous mes oustilz se trouvèrent en point
Par ung désir joyeulx.
De mal parler des dames ne me mesle, Par quoy je veulx l'honneur de la fumelle Tout mon vivant garder de point en point, Et en jouyr parfois, s'il vient à point, En luy mettant ma main sur sa mammelle Par ung désir joyeux.
'ardant désir mon cueur s'est incité De contempler la beaulté d'une dame Digne d'aymer , je le prens sur mon âme , Qui est l'honneur de toute la cité.
Sa grâce avoir m'est de nécessité
1^2 Rondeaux.
Et estimer ses vertus, loz et famé,
D'ardant désir Pour la servir, Bel Accueil m'a cité Jusques au jour que seray soubz la lame ; fit, qu'ainsi soit, je puis dire sans blasme Que à ce faire amour m'a suscité
D'ardant désir.
n la baisant et tenant ses tétons, De sa gorge procédèrent deux tond Plains de doulceur et de grande armonye ; Et sur ce point, son seoret je manye Et luy baille d'amours les viretons.
Puis en ung lieu où nul ne redoubtons Mains bons propos de l'ung l'autre escoutons, D'affection bien joyeuse gamye En la baisant.
En ung jardin tout auprès nous boutons, Et d'un rosier cueillismes les boutons, Lesquelz rendoient une odeur infinye.
Lors, sans songer, la paroUe finye.
Au jeu plaisant de rechief nous mectons En la baisant.
RONOSAUX.
'est ceUe que je dois aymer, Priser, louer et reclamer, Congnu sa doulceur et clémence ; Yeu que son nom par B commence, En son cueur n*y a point d'amer.
Se quelcun m'en venoit blasmer, Toutes les eaues de la mer Ne le laveroient, croyez en ce, C'est celle.
Son doulx maintien me fault clamer Par tous les lieux et proclamer.
Et sur terre en faire semence ; Pour acquérir sa grâce immense Faire le veux ; et exclamer C'est celle.
ossible n'est tant aymer une dame Comme moy vous, de cueur, de
[corps et d'ame, Né de changer mon propos et voulloir j Car avec vous me veulx faire valloir Tout mon vivant, et ne le dire à ame.
'^4 Rondeaux.
Puis que mon cueur jour et nuict vous réclame Et que du tout sa maislresse vous clame, Vous oublier et mettre en nonchaloir
Possible n'est.
De beau maintien, de bon bruyt, loz et famé Ce don avez par dessus toute femme.
Parquoy je croy, sans vous plaindre et doulloir. Que de m'aymer il vous plaira chaDoir, Veu que je suis en amour droit et ferme ;
Possible n'est.
n faict d'amours congnoist-on le plaisir Quant les deux cueurs du masle et la
[fumelle N'est qu'ung seul cueur. Autrement, ne D'en plus parler, ni tost ny à loysir. [me mesle
Et sans cela, au lieu d'ardant désir Le plus souvent l'ung ou l'autre grumelle En faict d'amours.
Et supposé qu'on se vueille saisir, D'une qui a belle et blanche mamelle.
Gentil maintien et beaulté non pareille, Ce point osté, ce n'est que desplaisir En faict d'amours.
Rondeaux.
laisir n'est tel que d'avoir dame exquise, Digne d'aymer, estimée et requise, Humaine à l'œil, doulce à entretenir.
A plus grant bien je ne veulx parvenir Puis que je voy que j'ay sa grâce acquise.
Or Bel Accueil, qui tant les dames prise, A faict pour moy ceste heureuse entréprise Pour à jamais son servant me tenir, Plaisir n'est tel.
Et si de moy elle s'estoit enquise.
Je n'en sçay riens ; mais quoy, je l'ay conquise Par vraye amour, qu'on doibt bien soustenir ; Par quoy sur tous el me doibt retenir En m'acquitant vers elle en bonne guyse, Plaisir n'est tel.
out mon vivant je vous seray fidelle Aymer aillieurs mon cueur n'assentira.
Quant vostre esprit d'une aultre sentira, Je suis content que vous dissiez fy d'elle.
Le mien vouloir ne sera infidelle.
Car d'avec vous ma foy ne partira
i88 Rondeaux.
Pensant à vous, j*ay la puce en Toreille.
Tout à part moy je dis et m'esmerveille D'où vient cecy qu'incessamment je veille Et neantmoins ne m'en trouve point lasse Ne jour ne nuyt.
Si vostre amour à la mienne est pareille, Dire on pourra que c'est la nompareille Qu'on veit jamais, tant soit de noble race.
Donc je concluz qu'aultre que vous ne trace ; Âymer ailleurs mon cueur ne le conseille Ne jour ne nuyt. .
L'Amy.
ensant en vous, ayant la larme en l'œil Je me complains, mon cueur porte le dueil £u loing pays, estant de vous absent ; Pour vostre amour mon cueur tant de Que je suis prest d'estre mys ou cercueil, [mal sent
Considérant le gracieux recueil Que m'avez faict, par vostre djpulx accueil, De mes regrectz j'en oublye ung droit cent, Pensant en vous.
En espérant de vous veoir seulle à seul, Tout le courroux pour lequel je me deul
Je gecte hors, d'un courage récent.
Le gris me plaist, le bleu vous est décent, Telles couleurs tousjours porter je vueil, Pensant en vous.
our estre aymé il faut foncer pecune; Nul, tant soit beau ou aymé de fortune, SUl n'a argent ne se doit point renger, Car sans cela il seroit en danger De n'aquerir la grâce de nesune.
Il fault donner à la blanche, à la brune Et contenter la secrète et commune, Ou leur bailler l'enseigne du berger ' Pour estre aymé.
Plaisant caquet puissance n'a aulcune^ Au temps qui court n'est prisé une prune ; La dosne * croit, en prenant, de léger.
Se promectez, pensez de desloger, Car aujourd'uy ceste façon répugne Pour estre aymé.
I. Les tromper k Texemple du berger de Pathelin ; peut être &it-ll allusion aux montons qui se trouYOient graTés sur quelques piëoes de monnoye.
a. La clonna, la dame.
IQO RONDBAOX.
n ' fiiict d'amours Beau Parier n a
[|rfus liea Car sans argent vous pariez ea hebrieu, Et fi]ssiez-yoi!S le plus beau filz du monde. Se ne foncez, je veulx que Ton me tonde Si TOUS mectez vostre pied en Festrieu.
De dire aussi, en jurant le sang Ixeu : «
« Tout est à vous, rentes, corps, biecs et fiea ; » Ce propos là peu vault, parole ronde.
En faict d'amours.
Pour parvenir il convient mectre en jeu.
Avant jouyr baillez, comptez en preu ; Yela le point où la dosne se fonde, Et sans cela à la brune ou la blonde Jà n'y aurez accez ne bon adveu En foict d'amours.
1. M. Louis da Boys , dans son édition des CEaterct iTOffVMT BëiêeHn, Caen, 1831, imnge cette pitee panui les vieilles chaiiaons normandes. Celle qa'U cite ne présente groère de dUEérence avec celle-ci que ren la fin.
RonoBAUx. 191
1 tient à vous que je n*ay mon plaisir, Getkt» mignoBne, au geot corps oomptsaé; Vous sçayez bien que tout le temps passé De vous aymer j'ay eu tousjours désir.
Impossible est à moy aultre choisir.
D'où vient cela que je n'en suis lassé ?
Il tient à vous.
Ung dard d'amour souvent me vient saisir Qui me rend mat et demy trespassé ; Mon pouvre cueur est si forV entassé, Car de vous veoir je n'ay jamais loisir ; * n tient à vous.
ans cesser vostre amour me grève.
Ma mignonne, je vous promets, Dont je suis en tel entremectz Qu'il semble, à me veoir, que je resve , Je cours, je frétille, je desve, Je me tue, et si n'en puis mais, Sans cesser.
19^ Rondeaux.
Se voulez consentir la trêve Ou composer pour tousjours mais.
Par mon ame, je me submectz Que l'exécution soit briefve Sans cesser.
uant il vous plaira de m'aymer D'ung bon vouloir, soyez certaine Que vous donneray pour estraiue Mon cueur, qui n'est pas à blasmer.
En mon espri^aulcun amer Ne verrez, ne chose vilaine ; Quant il vous plaira.
Pareille à vous deçà la mer Ne sçay, ne tant doulce et humaine, Parquoy, ma dame souveraine, Â jamais vous veulx reclamer.
Quant il vous plaira.
e m'est tout ung s'il ne vous plaist Puisque je suis de vous banny ; D'une aultre je seray garny * Qui sçait d'amours faire l'explet.
Mon plaisir lors sera complet En estant de son corps muny ; Ce m'est tout ung.
Je suis gay, gaillard et souplet Et d'oultilz assez bien foumy Pour faire l'ouvrage infiny Que chascun ayme à peu de plet; Ce m'est tout ung.
ant qu'en discord seront princes
[et roys Possible n'est corriger les desroys, Ne les abuz, ne tenir bon concile.
S'en paix estoient, il seroit bien facile De mectre à fin ung tas de desarroys.
Quant paix règne en triumphans arroys , Les laboureux conduisent leurs charroys,