Menteurs
1^6 Rondeaux.
S'ilz sont de génère leoi Office auront on bénéfice Pour certain.
Mais les bons, qoi ont desservy D'avoir le temps bon et propice.
Leur fait ira en escrevioe, Dont j'ay le cueur de dueil ravy Pour certain.
edans brielz jours, gens avaricieux, Âmbicieux, superbes, vicieux.
Viendra ung tems, comme dit l'Es-
[cripture,
Lequel verront gens de bonne nature Et non pas vous, par trop malideux.
D'iceuht viendra un peuple vertueux Lequel sera vers Dieu affectueux ; Et prendra fin maligne créature Dedans briefe jours.
Bien tost après régnera, soubz les cieulx, Temps à souhait et temps délicieux; Justice adonc fera toute droicture ; Foy, Loy, Amour, dessoubz sa couverture, Triumpheront d'un cueur audacieux Dedans briefz jours.
uges, prevostz, marchans» bour-
[geois, commun, Et vous aussi, nos seigneurs de
TEglise,
Amendez-vous, sinon je vous advise D'avoir pardon n'y voy remède aucun.
Lassus es cieulx il est bniyt que chascun Ofiense Dieu, qui n'est pas bonne guise, Juges, prevostz.
Persévérer en tout mal c'est esgrun ' ; Le monde faict de pécher marchandise, Parquoy il faut qu'en brieiz mots je réduise Que des troys pars n'en demourra nesung, Jug0s, prevostz.
e Despourveu, qui ne s'oze nommer, Actaint d'ennuy et d'ung regret amer , Plus angoisseux que l'on ne sçauroit dire, A-il raison et cause de s'en rire?
Je croy que non, ne joyeulx se clamer.
I. Fait iK>iir aigrir Dieu. On comprenait bous le nom û'ugrun tous les légumes acres. Eigruner roulait dire aussi détruire.
19^ Rondeaux.
N'estoit espoir qui le vient réclamer, Cent foys le jour Ton le verroit pasmer Et endurer douleur, peine et martyre, Le Despourveu.
Cecy luy vient pour loyaulment ayittSf Une sans plus qui se doibt estimer, Pour qui souvent son povre cueur souspire, Ce nonobstant son amour il aspire Et son honneur, qui n'est pas à blasmer, Le Despourveu.
Dieu en est de m'envoyer du bien Et me donner grâce d'en bien user, A nul qu'à luy ne me veulx amuser Car aultrement je n'y gaignerois rien .
Ce peu que j'ay est sien et non pas mien; Du* bon du cueur le dis, sans m'excuser, A Dieu en est.
S'il m'en donnoit habondamment, combien Que je ne sçay s'il me veult reffuser.
Je n'en vouldrois nullement abuser De mon povoir, n'en sercher le moyen, A Dieu.
Rondeaux. 199
Contre Jaloux et CoquUs.
ovres martyrs, en voz eueurs eâbetez, Qui jour et nuyt voz femmes vous guectez^ Estans actains de sotte jalouzie, Ostez, ostez.de vous la Tantazie, Et de ce faict jamais ne caquetez.
Puis qu'il advient que yvers et estez, Dru et souvent coquus avez estez, Leur raryer eti est, pour ce point, moins moizie, Povres martyrs.
De ce Jiault mal peu en sont exceptez, Par quoy en gré la fortune acceptez.
Car dtk courroux, de dueil ef frenaizie.
Pourriez gaigner la belle pleurezie Qui prend les gens droictement aux costez, Povres.
Contre les Flateurs.
our bien jouer du placebo^ Pour flater et mentir aussi.
Pour rapporter cela, cecy, Tousjours en grâce manebo.
aoo Rondeaux.
Qui biens veult avoir, docebo Qu'il est besoing de faire ainsi Pour bien jouer.
Et en usant de tacebo Contre droit et raison dixi^ Que vertu nunquàm dilexi, Mais mon cueur de mal replebo Pour bien jouer.
rescher Seigneur, et treshonnoré maistre, Il vous plaira vostre bon voulloir mètre  me donner et faire avoir la cure Que, jà pieça, envers vous je procure Pour à jamais vostre serviteur estre.
Infortuné je suis et povre prestre, Privé des biens de ce monde terrestre Se ne prenez de mon faict seing et cure, Trescher Seigneur.
Ne mectez pas mon cas à la senestre.
Entérinez ma requeste à la dextre Disant volo, qui le cueur purge et cure.
Et le noU), dangereuse picquure.
Ne me ferez, s'il vous plaist, apparoistre, Trescher Seigneur.
Rondeaux. aoi
'est tresmal faict d'abuser de promesse Ung serviteur ancien, chantant messe, Auquel estoit promis ung bénéfice Par le Seigneur où il est en service ; S'il se desdit, ce n*est pas gentillesse.
De faire ainsi, esse ung tour de noblesse?
Je croy que non, veu que, toute jeunesse.
Il a servy son parent, et sans vice ; C'est tresmal faict.
n esperoit, moyennant son adresse, Avoir des biens, et de cryer largesse.
Gomme ung herault en faisant son office ; Mais, pour tout bien, ung beau rien mal propice Il a receu, dont il dira sans cesse C'est tresmal faict.
XXXVIIII.
oyant les barbes non rasées.
Dont plusieurs font leurs risées, Bigarreures non abolyes Nous engendrent melencolyes,
Car ce sont choses mal prisées.
Les dames se sont advisées
D'estre en leurs habitz desguisées,
Coinctes, bragardes, et jolyes
20» Rondeaux.
Voyant les barbes.
Or, les nations divisées Gtoctent dessus eulx leurs visées De voir régner tant de folyes Qui ne Bont pas aux omelyes Qm Bède ' a jadis devisées,
Voyant les barbes.
n promesse d'homme de bien, Comme on dit,sedoibt-on actendre.
Mais à ce qife je puis entendre, Au jourd'huy on n'y congnoist rien.
On me promect assez, combien Que mensonge est fort à reprendre En promesse.
Pour le plus seur quant on dict : tien , Cela est facile à comprendre, Car en donnant lors on peult prendre Le bien d'aultruy comme le sien En promesse.
I. Le vénérable Bëde, vue siècle. Peut-être a-t-il parlé des barbes dans les quatre vingts traités qu'il a composés outre son Histoire ecclésiastique? Quelques-uns de ces traités roulent sur la disciidine du clergé et toucheot aux mœurs du temps.
Rondeaux. ao3
ntre promecire et tenir, Ainsi que je puis retenir Plusieurs se trouvent forvoyez ; Dire et faire, comme voyez, Sont mauvais à entretenir.
J'ay pour y aller et venir Ung rien qui m'est grief souvenir Dont mes espritz sont desvoyez
Entre promectre et tenir.
Foy ne m*a voulu spustenir.
Ne Vérité se maintenir; , Mais ont mon espoir convoyez ^ Infortune et envoyez.
Sans jamais à bien parvenir Entre promectre et tenir.
ng « tien » vault mieulx quedix foystu Taras; Et qu'il soit vray , je m'en suis apperceu, S'a « tu Taras » t'atends, tu es deçeu, Car rien de luy tu n'en apporteras.
Pour a tu Taras > tu viendras et yras, Puis tu diras que tresmal t'a receu Ung tien.
Rondeaux.
Mais s'on dit pren, franchement jureras Que ton cas est en vérité conceu; De « tu Taras » d'ung mien amy j'ay sceu Que trompé est, et ainsi le seras Ung tien.
vanthier, entre chien et lou, Ay d'une nourrisse breneuse Gaigné une bosse chancreuse Qui venoit de je ne sçay où.
Or puis qu*il m'en fault faire jou', Je dy fy de telle amoureuse Âvanthier.
 tous les diables soit le trou De la villaine chacieuse !
De sa façon maulgracieuse Tout incontinent j'en fuz sou Avanthier.