‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 92 sur 121 · X. Jen · texte numérisé non relu

X. Jen

RONDBAOX. ao5

XXXXIIII.

n ung malin, en m'esbatanl A une fille qui a vogue, Seurvint une grant vielle dogue De laquelle ne fuz content.

En m'espiant et me guectant Elle se monstroit fière et rogue En ung matin.

Je ne la congnois, mais d'autant Qu'elle est mesgre, hydeuse et drogue, Je croy que c'est la sinaguogue Que les Juifz estiment tant, En ung matin.

rescher Seigneur, inventions actives, Ungues aussi de mal parler hastives, De vostre amour m'ont du tout eslongne, En vous servant, aucuns en ont hongné, Dit des choses bien peu excusatives.

Voz parolles m'estoient confortatives.

Et voz aides de mon corps nuritives Durant le temps qu'ay pour vous besongne Trescher Seigneur.

Pour impetrer grâces expectatives

ao6 RONVBAUX

Ducatz je n'ay, ne les preparatives Pour les avoir, dont je suys vergongné, • De vostre bien souvent m'avez songné, D'affections à chascun narratives, Trescher seigneur.

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on bon amy , meilleur moyen ^[quis N'ay sceu trouver que vous avoir

[requis Pryer pour moy monsieur le lieu- De me donner mesmement maintenant [ tenant Audience, de ce me suis enquis.

En ces beaux jours devotz, doulx et transquis, Sollicitez pour ce bien qu'ay tant quis Ledict seigneur toujours l'entretenant, Mon bon amy.

tes grans trésors n'ay en ce monde acquis Ain^i comme ont Ducs, GoQtes et Marqua, Aultres assez leur estât soustenant ; Par quoy me fault estre chiche et tei^iot Et non contrainct d'en lever les Jàcqms, Mon bon amy.

RONOBAUX. ao7

ossible n'est de le veoir en liesse L'homme qui est par amère tristesse Attainct au cueur d'un ennuy de-

[testable,

Veu que tout ce qui luy est délectable Totallement le fuyt et le delesse.

Puis que soulcy d'estre pensif le presse Et que courroux le détient et oppresse Et n'a de quoy entretenir sa table, Possible n'est.

Prélat ne voy, ny abbé, ny abbesse, Au temps qui court, qui son estât n'abesse, Et qui pis est, le riche charitable Aux povres n'est, c'est chose véritable, Qu^Te conclus, aussi vray que la messe, Possible n'est.

XXXXVIII.

n me voyant de petit.oieuble nu Et sans argent autant gros que menu.

N'en cave vin, n'àussi en gamier blé, Et que de froit j'ay cest yver tremblé.

Triste j'en suis et mesgre devenu.

Et supposé que l'on m'a soustenu

2o8 Rondeaux.

Et de bon cneur mon corps entretenu, Riens on ne pert, se Ton m'avoit emblé En me voyant.

Prouffit aucun ne m'est point advenu Pour emprunter ; suis allé et vend, Et de malheur, je n'ay riens assemblé.

Mon cas bongneu, en pensant m'a semblé Que gros malheur m'a fort circonvenu.

En me voyant.

XXXXVIIII.

ar ce temps cher mon corps est

[consumé, J'ay peu mengé, encores moins

[humé,

Et si je suis d'estre en ce monde las, La cause y est Fain me tient en ses lacz, Souvent à Dieu Tay dit et résumé.

Que l'on ait veu mon foyer enfumé De gros tysons, seroit mal présumé :

Je ne faiz feu que de vielz eschallas, Par ce temps cher.

Quant disner veulx, mon pot n'est escumé; Mauprest me sert, qui m'a acoustumé De souhecter le relief des prelatz, Faulte d'argent me faict cryer hellas Piteusement, d'estomac enrumé Parce temps cher.

Rondeaux.

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u pied do mur je me voy sans eschelle, Plus je ne sçay de quel boys faire flèches, Faulte d'Âi^ent m'en donne les empesches, Triste j'en suis, jà ne fault que le celle Durant ce temps mon corps d'ennuy chancelle.

Mes joues sont mesgres, pâlies et sèches, Au pied du mur.

Si ayde n'ay du bon Dieu et de celle ' Dwrant lesquelz a deulx genoulx me flèches, De ma vie je ne donne troys pesdies, Car de vertu j'ay moHis qu'une estincelle, Au pied du mur.

eu vault mââfion où gist povre conduicte , Et que Ton voit la famille reduicte A yvrongner, paillarder, friander , Et du maistre bletz, vins, biens gourman-

De le souffrir seroit chose mal duicte. [der;

Le cas congneu, à euk et à leur suicte

Et soubranciers* doit-on bailler la fuyte

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