‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 116 sur 267 · DE LA VERTU D'OBEISSANCE · texte numérisé non relu

DE LA VERTU D'OBEISSANCE

Il y a trois sortes d'obeissance pieuse, (>) dont la premiere est generale à tous les Chrestiens, qui est l'obeissance deué à Dieu et à la sainte Eglise en l'observance de leurs commandemens. La seconde est l'obeissance religieuse, qui est desja d'un grand prix au dessus de l'autre, parce qu'elle s'attache non seulement aux commandemens de Dieu, ains elle s'assujettit à l'observance de ses conseils. Il y a une troisiesme obeissance qui est celle de laquelle je veux parler, comme estant la

(a) De z'oBEissANCE. ( Ms. et Coll.)

(b) Je commenceray l'Entretien parce que dés au soir quelques questions me furent faites, dont il y en avoit deux qui se rapportoyent à une mesme chose, qui estoit en quoy consiste la paix et tranquillité du coeur et les moyens de la pouvoir acquerir; et de celle-cy je n'en parleray point pour aujourd'huy. L'autre fut s'il est loisible aux Sœurs, quand la Superieure ou la Directrice les a mortifiées, de l'aller dire aux autres; la troisiesme demandoit que je disse quel est l'exercice propre pour faire mourir le propre jugement ; la quatriesme desiroit que je parlasse du zele et de la confiance que les Sceurs doivent avoir de s'advertir en charité les unes les autres. Nostre Mere dit apres qu'elle desiroit que je parlasse de l'obeissance; et parce que son Âge et sa maternité doivent avoir quelque preference, je me suis resolu de commencer mon discours par la question de l'obeissance. Et dis qu'il y a

trois sortes d'obeissance pieuse, car des autres je n'en veux pas parler, (Ms. et Coll.)

plus parfaite, qui se nomme amoureuse ; et c'est de ceste-cy de laquelle Nostre Seigneur nous a monstré exemple tout le temps de sa vie. (©)

Les Peres ont donné à ceste sorte d'obeissance plusieurs proprietés et conditions, mais entre toutes j'en choisiray seulement trois ; dont la premiere est qu'elle est, comme ils la nomment, (4) aveugle, la seconde qu'elle est prompte, et la troisiesme qu'elle est perseverante. L'obeissance aveugle a trois proprietés ou conditions, dont la premiere est qu'elle ne regarde jamais le visage des Superieurs, ains seulement leur authorité ; la seconde, qu'elle ne s'informe point des raisons ni des motifs que les Superieurs ont de commander telle ou telle chose, luy suffisant de scavoir qu'ils l'ont commandée, et la troisiesme, qu'elle ne s'enquiert point des moyens qu'il faut qu'elle tienne pour faire ce qui est commandé, s'asseurant que Dieu, par l'inspiration duquel on luy a fait ce commandement, luy donnera bien le pouvoir de l'accomplir ; mais au lieu de s'enquerir comment elle fera, elle se met à faire.

Donques l'obeissance religieuse, qui doit estre aveugle, se sousmet (©) amoureusement à faire tout ce qui luy est commandé, tout simplement, sans regarder jamais si le commandement est bien ou mal fait, pourveu que celuy qui commande ait le pouvoir de commander, et que le commandement serve à la conjonction de nostre esprit avec Dieu ; car hors de là, jamais le vray obeissant ne fait aucune chose. Plusieurs se sont grandement trompés sur cette condition de l'obeissance, lesquels ont

(C) qui se nomme amoureuse ; — celle-cy est la plus parfaite, et celle dont Nostre Seigneur nous a monstré l'exemple tout le temps de sa vie. Il y a des exemples de l'obeissance en la Sainte Escriture infiniment, et qui sont admirables; mais vous les entendrez mieux si je vous dis les proprietés et conditions de ceste obeissance. ( Ms. et Coll.)

(d) Les saints Peres luy en ont donné plusieurs ; mais entre toutes j'en choisiray trois, dont la premiere est une obeissance qu'ils nomment (Ms. et Coll.)

(e) Revenons maintenant à la premiere condition de ceste obeissance amoureuse qui est entée sur l'obeissance religieuse. C'est une obeissance aveugle, qui se met (Ms.)

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