XI. DE LA VERTU D'OBEISSANCE
dextrement que l'on peut. Vous dites que vous craignez d'advertir si souvent une Sœur des fautes qu'elle fait (7), parce que cela luy oste l'asseurance et la fait plustost faillir à force de craindre. O Dieu! il ne faut pas faire ce jugement des Sceurs de ceans ; car cela n'appartient qu'aux filles du monde de perdre l'asseurance quand on les advertit de leurs defauts. Nos Sceurs ayment trop leur propre abjection pour faire ainsi; tant s'en faut qu'elles s'en troublent, qu'au contraire elles prendront un plus grand courage et plus de soin de s'amender, non pas pour eviter d'estre adverties, car je suppose qu'elles ayment souverainement tout ce qui les peut rendre viles et abjectes à leurs yeux, ains à fin de faire tousjours mieux leur devoir et se rendre capables de leur vocation.
(2°) que l'on peut. — C'est sans doute que vous pouvez advertir des fautes qui se font à l'Office, encor que ce soit de la charge de l'Assistante; et ne faut pas attendre qu'une Sceur ayt perseveré toute une semaine à faire une mesme faute, car dés la seconde fois, si vous pensez qu'elle n'en ayt pas esté advertie à la premiere, vous le devez dire à l'Assistante; et j'approuverois plustost que l'on parlast de cela à l'Assistante que non pas à la Soeur qui a fait la faute, bien que l'on le puisse faire avec charité, si l'on veut. Si l'Assistante l'en a desja advertie, il ne luy coustera guere de vous le dire doucement, car il ne faut pas estre chiche de ses paroles. Vous dites que vous craignez d'advertir si souvent des fautes que fait une Sceur à l'Office (Ms. et Coll.)