‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 210 sur 267 · XVII. DES SACREMENS · texte numérisé non relu

XVII. DES SACREMENS

pechés veniels, si nous ne voulons ; mais quand on s’en confesse, il faut avoir la volonté resolue de s’en amender, autrement ce seroit un abus de s’en confesser. Il ne faut pas non plus (2) se tourmenter quand l'on ne se souvient pas de ses fautes pour s'en confesser ; car il n'est pas croyable qu'une ame qui fait souvent son examen, ne remarque bien pour s'en ressouvenir les fautes qui sont d'importance. Pour tant de petits et legers defauts, vous en pouvez parler avec Nostre Seigneur toutes les fois que vous les appercevrez : un abaissement d'esprit, un souspir suffit pour cela.

Vous demandez comment vous pourrez faire vostre acte de contrition en peu de temps. Je vous dis qu'il ne faut presque point de temps pour le bien faire, puisqu'il ne faut autre chose que se prosterner devant Dieu en esprit d'humilité et de repentance de l'avoir offencé.

Vous desirez en second lieu que je vous parle de l'Office *. Je le veux bien ; et je vous dis premierement qu'il faut se preparer pour le dire, dés l'instant que l'on entend la cloche qui nous y appelle, et faut, à l'imitation de saint Bernard *, demander à nostre coeur que c'est qu'il va faire. Et non seulement en ceste occasion, mais aussi entrant à tous nos exercices, à fin que nous apportions à chacun d'iceux l'esprit qui luy est propre; car il ne seroit pas à propos d'aller à l'Office comme à la recreation : à la recreation il faut porter un esprit amoureusement joyeux, et en l'Office, un esprit serieusement amoureux. Quand l'on dit: Deus in adjutorium meum intende, il faut penser que Nostre Seigneur nous dit reciproquement : Et vous, soyez attentifs à moy (0).

Que celles qui entendent quelque peu ce qu'elles disent à l'Office employent fidellement ce talent selon le bon plaisir de Dieu, qui le leur a donné pour les ayder à se retenir recueillies par le moyen des bonnes affections qu'elles en pourront tirer ; et que celles qui

(n) Z/ ne faut — donc pas (Ms. et Coll.) (0) à — mon amour. (Ms. et Coll.)

* Cf. le Directoire spirituel pour les Sceurs de la Visit., art. rv. (Coutumier, art. xiv.)

* Vita Ia S. Bern., l. I, c. rv. (Patrol.

lat., t. CLXXXV.)

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n'v entendent rien se tiennent simplemezt arestves à Lieu, ou bien qu'elles fassent des eslancemens amoureux tandis que l'autre chœur dit le verset et qu'eies font les pauses. Il faut aussi considerer que nous ‘aisoss ie mesme office que les Anges. quov qu'en divers :angage, et que nous sommes devant le mesme Dieu devant :eqael les Anges tremblent. Et tout ainsi quun homme qui parleroit à un rov se rendroit fort attentif, craignant de faire quelque faute : que si nonobstant tout son soin il luy advenoit d'en faire, il rougiroit incontinent. tout de mesme en devons-nous faire à l Office, nous tenant dessus nos gardes, crainte de faillir. Il est encor requis d'avoir attention de bien prononcer et dire selon qu'il est ordonné, sur tout au commencement. Que s'il nous arrive d'y faire quelque manquement, il faut sen humilier sans s'en estonner, puisque ce n'est pas chose estrange, et que nous en faisons bien ‘F) ailleurs. Mais s'il nous arrive d'en faire plusieurs, et que cela continue, il y a de l'apparence que nous n'avons pas conceu un vray desplaisir de nostre premiere faute ; et c'est ceste negligence qui nous devroit apporter beaucoup de confusion, non pas à cause de la presence de la Superieure, mais pour le respect de celle de Dieu qui nous est present, et de ses Ánges. Or, c'est presque une regle generale, que quand nous faisons si souvent une mesme faute, c'est signe qu'on manque d'affection de s'en amender ; et si c'est une chose de laquelle on nous ayt souventefois adverties, il y a de l'apparence que l'on neglige (1) l'advertissement.

En apres, il ne faut pas avoir du scrupule de laisser en tout un Office deux ou trois versets par mesgarde, pourveu que l'on ne le fist à dessein. Que si vous dormez

(p) à l'Office, — car la principale attention que nous devons avoir est de bien prononcer et de nous tenir dessus nos gardes, de crainte de faillir. Et s'il nous arrive de faire quelque faute, il faut s'en humilier sans s'en estonner, puisqu'il ne doit pas estre estrange que nous fassions quelques defauts là, en faisant tant (Ms. et Coll.)

(q, mesprise (Ms. et Coll.)

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