‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 70 sur 267 · V. DE LA GENEROSITÉ · texte numérisé non relu

V. DE LA GENEROSITÉ

nostre Mere que nous avons esté bien affligées, et agrandir nostre affliction, la racontant toute par le menu, sans oublier une petite circonstance qui nous puisse faire un peu plaindre. Or ne voila pas des enfances tres-grandes ? Si nous avons commis quelques infidelités, bon de les dire ; si nous avons esté fidelles il le faut aussi dire, mais courtement, sans exagerer ni l’un ni l’autre; car il faut tout dire à ceux qui ont la charge de nos ames.

Vous me dites maintenant que lors que vous avez eu quelque grand sentiment de colere ou de quelque autre tentation, il vous vient tousjours du scrupule si vous ne vous en confessez. Je dis qu’il le faut dire en vostre reveuè, mais non pas par maniere de confession, ains pour tirer instruction comment l’on s’y doit comporter : je dis quand l’on ne void pas clairement d’avoir donné quelque sorte de consentement ; car si vous allez dire : Je m'accuse dequoy durant deux jours j'ay eu de grands mouvemens de colere, mais je n’y ay pas consenti, vous dites vos vertus au lieu de dire vos defauts. Mais il me vient en doute que je n’y aye fait quelque faute. Il faut regarder meurement si ce doute a quelque fondement ; peut estre qu'environ un quart d'heure, durant ces deux jours, vous avez esté un peu negligente à vous divertir de vostre sentiment : si cela est, dites tout simplement que vous avez esté negligente durant un quart d'heure à vous divertir d'un mouvement de colere que vous avez eu, sans adjouster que la tentation a duré deux jours, si ce n'est que vous le vouliez dire, ou pour tirer de l'instruction de vostre confesseur, ou bien pour ce qui est de vos reveués ; car alors il est tres-bon de le dire. Mais pour les confessions ordinaires, il seroit mieux de n'en point parler, puisque vous ne le faites que pour vous satisfaire ; et si bien il vous en vient un peu de peine ne le faisant pas, il la faut souffrir comme une autre à laquelle vous ne pourriez pas mettre remede. Dieu soit beni.

Rom., iv, 18.

GeD.,XY,5;XX1,17.

Ibid., xxn, 2.

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