‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 3)Chapitre 242 sur 322 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

* Is., 1, 3.

LIN, 4 seq.

tom. præced.

Edit., pp. 34,

356 SERMONS RECURILLIS

qu’il soit patient pour supporter les mespris, les censures et reprehensions que les humbles souffrent ; de mesme, pour estre patient il faut estre humble, car on ne scauroit supporter longuement les travaux et les adversités de cette vie sans avoir l’humilité, laquelle nous rend doux et patiens. Nostre Seigneur voyant donques ces deux qualités en cet animal, il le choisit plustost que nul autre pour faire son entrée en Hierusalem.

Le troisiesme motif fut parce que cet animal est obeissant et se laisse charger comme on veut et autant que l’on veut, sans repugnance et sans secouer en aucune maniere le fardeau qu'on luy met sus; ains il porte le faix qu'on luy impose avec une sousmission et souplesse remarquables. Certes, nostre divin Maistre est tellement amoureux de l'obeissance et souplesse qu'il a voulu luy mesme nous en donner l'exemple : il a porté le pesant fardeau de nos iniquités et a souffert pour icelles tout ce que nous avions merité *. O que bienheureuses sont les ames qui sont souples et sousmises, qui se laissent charger comme on veut, s'assujettissant à toutes sortes d'obeissances sans repliques ni excuses, supportant de bon cœur le faix qu'on leur impose ! Il faut, pour se rendre digne de porter Nostre Seigneur, estre revestu de ces trois qualités, d'humilité, de patience et sousmission ; alors le Sauveur montera sur nos cœurs, et, comme un divin escuyer, il nous conduira sous son obeissance.

Nostre Seigneur donques, ayant choisi l'asnesse pour sa monture, envoya deux de ses disciples en un petit village qui estoit là aupres, leur disant : A/lez vous-en en ce village, desliez l'asnesse et l'asnon et me les amenez; que si quelqu'un y trouve à reprendre dites luy que le Seigneur en a besoin*. Ce qu'entendant, ils sortirent tout de ce pas et allerent où leur bon Maistre les envoyoit ; ils mirent la main sur l'asnon et l'asnesse et les luy amenerent. Si vous me demandiez qui estoyent ces deux disciples je ne scaurois que vous respondre, car les Evangelistes n'en disent rien ; aussi, puisqu'ils ne les nomment pas je ne pourrois non plus les nommer. Il y a differentes opinions sur ce sujet : les uns pensent que

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