‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 3)Chapitre 266 sur 322 · DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

DE LA SAINTE VIERGE

8 décembre 1622 (1)

Le peu de temps et de loysir que le tracas du monde nous laisse sera cause que je vous entretiendray fort simplement et familierement (car il me semble que les choses en sont meilleures) des deux points que je ne vous peus expliquer jeudy dernier, c'est à dire comme il faut celebrer les festes et quelles sont les festes et mysteres que nous celebrons. J'ay coustume de declarer tousjours le sujet avant que d'en parler.

En premier lieu il faut scavoir qu'il y a trois sortes de festes : celles que l'Eglise nous commande, celles qu'elle nous recommande *, et les festes politiques, comme est celle qui se celebre aujourd'huy pour l'entrée du Roy en cette ville, laquelle estant ordonnée par les Messieurs de ville est ainsy rendue politique. Les festes nous sont recommandées à fin de rendre à Dieu l'honneur, le culte et l'adoration que nous luy devons comme à nostre souverain Maistre et Seigneur. Celle de la Conception de la Vierge ne nous est pas commandée, mais bien recommandée ; et pour nous inviter à la devotion et solemnité de cette feste l'Eglise, comme une charitable mere, nous

(1) D'aprés les indications du Manuscrit d'Annecy ce sermon et le suivant ont été préchés à Lyon; ce ne peut être qu'en l'année 1623, alors que le saint Evéque passa le mois de décembre dans cette ville, à la suite des deux cours de France et de Savoie.

* Cf. tom. prseced.

hujus Edit., p. 62.

* Contra Jovin., et Comm. in Matt.

ad 1, 1 seq.

* Sermo de Dom.

infra Oct. Assump., et hom. super Missus est.

* [n Festo vel per Octavam, in antiquis Breviariis.

* Matt., vi, 9-15.

* Ibid., xxi, 37-40.

400 SERMONS RECUBILLIS

donne des indulgences, et il se fait mesme des confreries à cette intention. Saint Hierosme * et saint Bernard ** nous la recommandent dans le breviaire et les homelies de ce jour *.

Mais premier que d'entrer plus avant en nostre discours, disons ce mot sur l'abbregé de nostre foy pour l'instruction des Chrestiens. Il faut scavoir d'abord qu'il y a en icelle quatre parties : la premiere est ce que nous devons croire, la seconde ce que nous devons esperer, la troisiesme ce que nous devons aymer, la quatriesme ce que nous devons faire et prattiquer.

La premiere est renfermée dans le Symbole des Apostres, lequel s'appelle ainsy parce que ce sont les A postres qui l'ont composé. Tout ce que nous devons croire est compris dans iceluy ; et, bien qu'il n'y soit pas tout par le menu, si est-ce que tout y est en gros. Par exemple, il n'est pas dit dans le Credo qu'il y a des Anges; neanmoins c'est une verité que nous croyons et trouvons dans la Sainte Escriture, et que mesme ils sont employés en des ministeres icy bas en ce monde. C'est ainsy que ces meschans heretiques ont voulu dire que le saint Sacrifice de la Messe n'estoit pas compris dans nostre Symbole. Ce qu'ils ont avancé, ces miserables, pour voir si quelqu'un auroit l'esprit si foible que de croire leurs erreurs. Or, mes cheres ames, je vous dis qu'il y a cent articles en nostre foy qui ne sont point exprimés dans le Symbole, lesquels pourtant tous les Chrestiens doivent croire; et ne faut point dire : Je me contente de croire ce que l'Eglise croit, et demeurer ainsy en cette ignorance crasse.

Tout ce que nous devons esperer et demander à Dieu est contenu dans les sept demandes du Pater, que nous appellons communement Oraison dominicale, laquelle Nostre Seigneur nous a laissée *.

Pour la troisiesme nous avons les divins commandemens, par lesquels nous sommes instruits à aymer Dieu et le prochain ; car de ces deux commandemens dependent toute la Loy et les Prophetes*. Vous sçavez aussi les autres qui suivent au Decalogue et ceux de l'Eglise,

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