‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 3)Chapitre 57 sur 322 · INEDIT · texte numérisé non relu

INEDIT

L’Evangile * fait mention d'une parabole ou similitude en laquelle il est dit qu'un certain negocialeur qui cherchoit des perles en trouva une d'un si grand prix qu'il vendit tout ce qu'il avoit pour l’acheter. Or, d’autant que cette similitude renferme et enclot une milliace d’advis et documens tres excellens pour parvenir à la perfection chrestienne, je m'en serviray pour ce petit discours auquel nous verrons qui est ce negociateur qui cherchoit des perles, quelle est cette perle et ce qu'il faut faire pour l'avoir *.

Quant au premier point, tous les hommes sont ces marchans et negociateurs qui cherchent des perles, lesquelles ne sont autre chose que la felicité et beatitude. Ce n'est pas seulement le commencement, mais aussi la fin de la doctrine d'Aristote *, que tout homme cherche à estre bienheureux ; et ce philosophe a tres bien dit qu'il y a dans l'homme un certain mouvement naturel qui tend à la felicité. Que s'il s'en rencontre quelques uns qui ne sont pas bienheureux, ce n'est pas faute de cette pretention generale, ains de la particuliere; car bien qu'ils tendent à cette felicité, si est-ce qu'ils la mettent en des choses où elle ne se trouve pas. L'avare la cherche dans les richesses,

(1) Véture de Sœur Jeanne-Ignace du Poysal. (Voir l'Année Sainte des Religieuses de la Visitation Sainte Marie, tome II, p. 569.)

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