‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 39 sur 64 · AU CONSEIL DES CHEVALIERS DES SAINTS MAURICE ET LAZARE · texte numérisé non relu

AU CONSEIL DES CHEVALIERS DES SAINTS MAURICE ET LAZARE

(MINUTE IXÉDITR)

Instances afin d'obtenir que les revenus ecclésiastiques dont les Chevaliers jouissent en Chablais soient affectés au rétablissement du culte catholique.

Thonon, vers le 21 février 1597.

Illustrissimi Signori,

Già che il signor cavaglier Bergera se ne ritorna, cosi non ho bisogno di dargli (sic) avviso particolar di quello che si è stabilito qui, per ordine delle Sig" V. Ill"*, ad

lllustrissimes Seigneurs,

Puisque M. le chevalier Bergera s'en retourne, je n'ai pas besoin de vous renseigner sur ce qui a été établi ici, par ordre de Vos Seigneuries Illustrissimes, à l'honneur de Dieu et pour la propagation

(1) L'Ordre religieux militaire des Saints Maurice et Lazare se composait de deux institutions distinctes, fusionnées par une Bulle de Grégoire XIII (13 novembre 1573).

Les Chevaliers de Saint-Lazare faisaient remonter leur origine à une association fondée à Jérusalem dans le 1°" siècle de l'ère chrétienne, pour le service

honor d' Iddio et propagatione della santa fede catholica. Dico solamente che io dal canto mio faró, piacendo al Signore, tutto quel che da huomo tanto da poco come io sono si puó giustamente sperar.

Pur vedendo che a me é toccato la sorte di essere il forriero et procuratore de molti predicatori et altri honorati ecclesiastici che sonno per venir qua combattere li combattimenti del Signore delle armate, et che non potrò far di manco di esser forse importuno a Sua Santità, alle Loro Altezze et alle Sig"* V. I11"*, per addimandar aiuto per le spese che di giorno in giorno andaranno

de la sainte foi catholique. Je dis seulement que, de mon côté, je ferai, s'il plait au Seigneur, tout ce qu'on peut justement espérer d'un homme aussi incapable que je le suis.

Néanmoins, puisque je me vois destiné à étre le fourrier et le procureur d'un grand nombre de prédicateurs et d'autres honorables ecclésiastiques qui viendront ici combattre les combats du Seigneur des armées, je ne saurai manquer de me rendre peut-être importun à Sa Sainteté, à Leurs Altesses et à Vos Seigneuries pour leur demander de nous alléger les dépenses qui croitront de jour en jour, selon le nombre des ouvriers nécessaires au progres de cette œuvre. Il m'a

des pèlerins et le soulagement des lépreux. Il est certain néanmoins que leur existence comme Ordre religieux militaire n'est pas antérieure aux Croisades. Pie IV accorda en 1565 des encouragements et des priviléges aux Chevaliers, en considération de la double fin qu'ils se proposaient : secourir les lépreux et combattre les hérétiques. Leur Grand-Maitre Castiglione, avec l'approbation de Grégoire XIII, résigna son titre et ses fonctions en faveur du duc de Savoie, Emmanuel-Philibert.

Un des prédécesseurs de ce dernier, Amédée VIII, avait institué l'Ordre de Saint-Maurice, par lettres patentes données à Ripaille le 8 octobre 1434. Cet Ordre, qui se composait seulement d'un petit nombre de Chevaliers, étant presque entiérement déchu, Emmanuel-Philibert le reconstitua, lui assignant pour fin la guerre contre les pirates, la défense de l'Eglise contre les hérétiques et l'exercice de l'hospitalité.

Lors de l'invasion du Chablais par les Bernois, ces hérétiques, aprés avoir aboli le culte catholique dans toute la province, confisquérent à leur profit la plupart des biens ecclésiastiques. Une Bulle de Grégoire XIII (13 avril 1575) accorda à l'Ordre des Saints Maurice et Lazare la jouissance d'une grande partie de ce qui avait échappé à la rapacité des envahisseurs, mais à la charge que si le Chablais revenait au catholicisme, l'Evéque du diocése aurait droit de prélever sur ces bienstout ce qui serait nécessaire à l'entretien des curés. On verra dans plusieurs lettres du Saint quelles difficultés suscita l'exécution de cette derniére clause.

ide supra, p.186, t. (1).

crescendo, secondo il numero di lavoranti che per progresso di questo negotio saranno necessarii, mi é parso di dover in una volta proporre alle Sig"* V. Ill" quello espediente che, essequendosi, tagliarà la strada alla necessità in questa opera, et alla importunità che esse riceveranno delli aiuti che di tempo in tempo sariamo costretti di addomandargli. Et questo saria che, vedendo in effetto la sperata pace *, le Sig"° V. Ill"** si contentas. sero di lasciare assolutamente tutte le cure et dependenze di esse che esse tengono qui ; et cosi, giungendo quelle con altre che da particolari sonno processe, si potrà far un servitio, in questo balliagio, tanto chiaro che se ne vederà la luce d'ogni intorno.

Et per questa propositione non ho bisogno d'altro procuratore, poiché vi é tanta ragione et che non mancarà il zelo et integrità delle Sig"* V. Il”, alle quali basciando humilissimamente le mani et pregando dal Signore Iddio ogni vero contento, le prego di accettarme per essere,

Delle Sig" V. Ill", Divotissimo...

donc semblé devoir proposer une fois pour toutes à Vos Seigneuries Illustrissimes un expédient qui nous mettrait à l'abri du besoin dans l'accomplissement de cette ceuvre, et préviendrait l'importunité que leur occasionneraient les demandes de secours que nous serions obligés de faire de temps en temps. Cet expédient consiste en ce que, étant donné le traité de paix désiré, Vos Seigneuries voulussent bien céder absolument toutes les cures dont elles jouissent en ce pays avec leurs dépendances ; en y ajoutant celles qui sont provenues des particuliers, on pourrait faire en ce bailliage un service religieux si éclatant que la lumiére s'en répandrait de tous cótés.

Et pour cette proposition je n'ai pas besoin d'autre intercesseur, puisqu'elle est si raisonnable et que le zéle et la justice de Vos Seigneuries ne se démentiront pas en cette occasion. Baisant tres humblement leurs mains et leur souhaitant du Seigneur notre Dieu tout vrai contentement, je les prie de me tenir pour

Leur trés dévoué...

ANNÉB 1597 235

A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÉQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

(MINUTE INEDITE)

Excuses pour le délai mis à répondre aux lettres du Nouce. — Proposition d'une conférence publique avec les ministres. — Instante prière de lui obtenir la collaboration du P. Chérubin, du P. Esprit et de plusieurs autres missionnaires. — Moyens à prendre pour fournir aux frais de la mission.

Thonon, vers le a1 février 1597.

Illustrissimo et Reverendissimo Signore mio osservandissimo,

Vedo, per l'ultima sua del 4 di Febraro, V. S. III" stupirsi ch'io non havessi ricevute le ultime sue delli 4 et 6 di Genaro quando io glie scrissi l'ultima volta del 27 de Genaro. Et in vero hebbi dette lettere di V. S. Ill" quello istesso giorno nel quale io mandai le mie; et aspettando il mio ritorno qua, et essendo ritornato, aspettando di giorno in giorno che si desse principio all' ordine stabilito per li sei curati (che non si é dato sin adesso), son stato cosi tardo a scrivergli, d'il che, se peccato vi fosse delli reservati, ne chiedo perdono a

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

Je vois par votre derniére lettre du 4 février que Votre Seigneurie Illustrissime s'étonnait de ce que lorsque je lui écrivis la dernière fois le 27 janvier, je n'avais pas encore recu ses deux dernieres lettres du 4 et du 6. A la vérité, lesdites lettres me parvinrent le jour méme où j'expédiai les miennes ; mais j'attendais mon retour ici pour y répondre, et à mon retour j'attendis de jour en jour la mise à exécution de l'ordre donné pour les six curés, ce qui n'a pas encore été fait jusqu'à présent : telle est la raison pour laquelle j'ai tant tardé à vous écrire. S'il y a en ce délai quelque péché de ceux qui constituent un cas réservé, j'implore en toute humilité mon pardon. Il me semble

V. S. Ill* con ogni humiltà. Et non era bisogno, per quanto mi pare, che V. S. Ill"* usasse meco il precetto in virtute sanclae obedientia per far che io più spesso glie dia avvisi delle cose di qua, poiché la semplice volontà di V. S. Ill"* mi stringe tanto quanto basta per farme far ogni gran cosa possibile.

Son stato consolatissimo vedendo che V. S. Il1"* gusta la cosa della conferenza, purché si faccia con debito modo; ché persevero io a dire che maggior cosa che quella non si è fatta ad honor d'Iddio da un pezzo, se perseverano i Genevrini in questa intentione, si come da una lettera scritta da un citadino di Geneva, del 19 Febraro, al P. Cherubino (1), me par che si possa sperare. Ad ogni modo, sia che se faccia, sia che non se faccia questa conferenza, supplico V. S. Ill"* che con l'authorità

qu'il n'était nullement besoin d'user à mon égard du commandement in virtute sancte obedientie pour m'obliger à vous donner plus souvent des nouvelles de nos affaires, puisque votre simple volonté me presse assez fortement pour me faire accomplir les plus grandes choses qui soient en mon pouvoir.

J'ai été bien consolé en voyant que Votre Seigneurie Illustrissime goûte le projet de la conférence, pourvu qu'elle se fasse dans les coríditions voulues; car je persiste à dire que depuis longtemps il ne se sera rien fait de plus avantageux à la gloire de Dieu, si les Genevois perséverent dans cette intention, comme il me semble qu'on peut l'espérer d'apres une lettre écrite au P. Chérubin le 19 février par un bourgeois de Genéve (1). Quoi qu'il advienne, soit que cette conférence se fasse ou qu'elle ne se fasse pas, je supplie Votre Seigneurie d'employer son autorité afin que cette année nous ayons ici

(1) Pendant qu'au mois de janvier 1597 le P. Chérubin évangélisait, avec le zèle et l'ardeur qui lui étaient ordinaires, les environs de Genève, un habitant de cette ville, l'orfévre Jean Corajod, engagea plusieurs fois avec lui des discussions su: les matières de controverse. Enfin il l'invita de la part des autorités civiles, disait-il, à venir soutenir une conférence publique à Genéve méme, contre les ministres. Le 9 février cette invitation fut renouvelée par Corajod, au nom du ministre Perrot et de plusieurs autres. Le P. Chérubin sollicita de Rome la permission d'accepter la dispute, à laquelle le provoquait une nouvelle lettre datée du 19 février. Sur ces entrefaites, il dut aller précher la station du Caréme à Annecy, et le projet de conférence fut remis à plus tard.

sua habbiamo qui in Chiablais per questo anno detto P. Cherubino et il P. Spirito, dello stesso Ordine(1), et altri quanto piü si potrà, si di quell' Ordine come della Compagnia di Gesù, acció che uniti quelli con altri secolari che verranno, possiamo far un vivo assalto all’heresia in questi paesini, ché pian piano se ne sentirà l' odor - in tutta la vicinanza, sì de’ Bernesi come de’ Genevrini. Et per farglie le spese (ché in vano cercarebbero la limosina fra queste genti), bisognarà far una di queste due cose : o risserbar a questo effetto per un poco di tempo due pensioni delle sei, o vero pigliar per via di contributione qualche parte delle intrate che i particolari cavano delli beni ecclesiastici di questo balliagio, già che da' Cavaglieri non bisogna sperar altro.

en Chablais le P. Chérubin et le P. Esprit, du méme Ordre (1). Il nous faudrait encore d'autres missionnaires en aussi grand nombre que possible, soit de l'Ordre des Capucins, soit de la Compagnie de Jésus, afin qu'unis aux prétres séculiers qui viendront, nous puissions livrer un vigoureux assaut à l'hérésie en ces petits pays; ainsi, peu à peu, l'odeur s'en répandra dans tout le voisinage, tant à Berne qu'à Genève. Et pour les défrayer (car ils chercheraient en vain l'aumóne parmi ces gens-ci), il faudra faire l'une de ces deux choses : ou réserver à cet effet, pendant quelque temps, deux des six pensions, ou bien prélever par voie de contribution une partie des revenus que les particuliers tirent des biens ecclésiastiques de ce bailliage ; car des Chevaliers il ne faut rien espérer de plus.

(1) Le P. Esprit de Beaume, originaire de la petite ville de Beaume-de-Venise au Comtat Venaissin, fut l'un des premiers à revétir l'habit des Capucins au couvent de Lyon. Il se signala par l'austérité de sa vie, son esprit de pauvreté et d'oraison, autant que par son éloquence et l'ardeur de son zéle apostolique. Aprés avoir évangélisé une partie du Lyonnais et de la Savoie, il fut employé avec le P. Antoine de Tournon à la conversion du bailliage de Ternier, et contribua pour une grande part au succés prodigieux des Qnarante-Heures d'Annemasse (septembre 1597).

L'année précédente, il s'était rendu à Rome pour assister au Chapitre général de son Ordre, et en avait rapporté un Bref de Clément VIII à l'adresse de saint François de Sales. Il devint durant les années 1597-1599 l'intrépide auxiliaire de l'Apótre du Chablais, qui lui avait voué une profonde estime. (Voir ci-aprés, lettres du 30 mars et du 27 mai 1597.) Le P. Bsprit de Beaume mourut à Lyon en 1602 à un âge très avancé.

É vero che il signor cavaglier Bergera, lator di queste, mi ha promesso, mediante l'authorità di V. S. III"*, di far ogni sforzo appresso il Consiglio della Religione de'Cavaglieri acció ci sian lasciate affatto tutte le cure di questo balliagio, per far poi il servitio compito, con questa conditione, che altro da loro non cercassero. Et sopra questa sua intentione mi ha sollecitato di scrivere a V. S. Ill"*; il che io faccio molto volontieri, per esser la cosa et giusta et molto a proposito per conto di questa impresa, acció non habbiamo da esser cortegiani de' Cavaglieri et loro pensionarii, che é cosa, se m'é lecito di dirlo, molto disdicevole et di gran danno al frutto che si puó sperare. Esso ha ancora voluto che io ne scriva a Sua Altezza et al Consiglio de' Cavaglieri, il che ho fatto per non pretermettere dal canto mio quel poco che da me si puó addimandare. Voleva ancora che io ne scrivessi a Sua Santità; ma quanto a questo non me basta l'anima di far volare le lettere mie cosi alto immediatamente, massime che in questo particolar V. S. Il1"* può et vuole tutto il necessario. Cosi ancora non ho dato altro raguaglio a V. S. III" delli trecento scudi ordinati per pagar

Il est vrai que M. le chevalier Bergera, porteur de ces lettres, m'a promis, moyennant l'autorité de Votre Seigneurie lllustrissime, de faire tous ses efforts aupres du Conseil de l'Ordre des Chevaliers, afin que toutes les cures de ce bailliage nous soient complètement abandonnées pour que le service divin puisse s'y faire entièrement ; mais cela, à la condition qu'on ne leur demanderait plus rien. Il m'a pressé de vous communiquer cette proposition, ce que je fais tres volontiers, la jugeant juste et trés utile à cette entreprise ; car il ne faut pas que nous ayons à devenir courtisans et pensionnaires des Chevaliers, ce qui, s'il m'est permis de le dire, serait inconvenant et préjudiciable au fruit qu'on peut espérer. Il a encore voulu que j'en écrivisse à Son Altesse et au Conseil des Chevaliers, ce que j'ai fait pour ne pas négliger de mon côté le peu qui est en mon pouvoir. 1l voulait aussi m'engager à écrire à Sa Sainteté ; mais quant à cela je ne me sens pas le courage de faire voler directement mes lettres si haut, d'autant plus que Votre Seigneurie peut et veut tout ce qui est nécessaire à cet égard. De méme, je ne vous ai point encore parlé des

le spese fatte sin adesso, per non esser ancora finito il pagamento di essi; et tuttavia, et quello et ogni altra gratia venuta di là, la devo et ricognosco dalla bontà di V. S. III".

AIT Illmo et Rm» Patron Sigr* mio osservandissimo, Il Sig'e Archivescovo di Bari, Noncio Apostolico appresso S. A. Seren".

Turino.

Revu sur le texte inséré dans le I°" Procès de Canonisation.

trois cents écus destinés à couvrir les dépenses faites jusqu'ici, vu que le paiement n'en est pas achevé. Toutefois, ce bienfait et tous les autres qui nous sont venus de Son Altesse, je reconnais les devoir à la bonté de Votre Seigneurie lllustrissime. . . . . . . . .

AU MÉME

(MINUTE

Lettres regues du Nonce. — Remerciements pour la protection accordée à trois églises de Savoie. — Eloge du chevalier Bergera. — Difficultés qui retardent l'établissement des curés en Chablais. — Pauvreté des paroisses. — Prétentions injustes des Chevaliers des Saints Maurice et Lazare relativement à la nomination des curés. — Pension due au prédicateur d'Evian.

Thonon, 3 mars 1597.

Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,

Da quindeci giorni in qua ho ricevuto tre lettre che si compiacque V. S. Ill" et R"* di scrivermi : una alli

Mon trés honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

Depuisquinze jours j'ai reçu lestroislettresqu'il plut à VotreSeigneurie Illustrissime et Révérendissime m'écrire : l'une du 10 décembre

* Vide supra, Epist.

X di Decembre de l'anno passato, la seconda al 4 de Genaro et la terza alli 6, (1) et la quarta alli 4 de Febraro. Ma quanto alla prima, nella quale V. S. Ill®* mi comandava di ritornar qui in Tonone, non ho da farglie altra risposta colla carta, poi che già l'ho ratta alla sua intentione col l'effetto.

Quanto alla seconda, ho da ringratiare quanto piü posso humilissimamente V. S. I11"* qual si degna pigliarsi cosi volontieri in protettione le nostre cose di questa diocesi, et particolarmente nel procurar che quel legato lasciato in Roma ci sia riservato (2), non ostante la prætentione della fabrica di San Pietro* ; et già che per l'ultima sua V. S. Ill" mi commanda che se ne scriva a qualche savoyardo stante in Roma, acció ne tratti con li deputati della fabrica et habbig ricorso al signor Cardinale Aldobrandino, cosi si farà.

Vedo poi la gran fatica che V. S. Ill“ havrà durata per haver la provisione per li sei curati, et no posso ch'io non ammiri il poco zelo de chi, in questo negotio, havrà

de l'année passée, la seconde du 4 janvier et la troisieme du 6, (1) et la quatrième du 4 février. Quant à la première, par laquelle Votre Seigneurie m'ordonnait de revenir ici à Thonon, je n'ai pas à y répondre par écrit, puisque j'y ai répondu de fait en obéissant à votre intention.

Pour la seconde, j'ai à vous remercier Ie plus humblement que je le puis d'avoir, avec tant de bienveillance, pris sous votre protection les intérêts de ce diocèse, surtout en procurant que le legs de Rome nous soit réservé, nonobstanit les prétentions de la fabrique de Saint- Pierre. Puisque Votre Seigneurie me commande par sa derniere lettre d'écrire à quelque savoyard habitant Rome, afin qu'il traite de cette affaire avec les mandataires de la fabrique et qu'il recoure au Cardinal Aldobrandino, ainsi sera-t-il fait.

Je vois les grands embarras que Votre Seigneurie Illustrissime aura eus pour obtenir la provision en faveur des six curés, et je ne puis que m'étonner du peu de zele de ceux qui font des difficultés en

(a) lasciato

(1) La fin de cette phrase est ajoutée en surcharge dans l'Autographe.

fatto le difficoltà. Et sia laudato Iddio æterno (>) della patientia et zelo che ha dato a V. S. Ill** per far infine spontar questa benedetta impresa con questo principio, del qual, per dar distinto raguaglio a V. S. Ill”*, dirò che ciè un pezzo che il signor cavaglier Bergera è giunto qui con quel ordine che mi scrisse V. S. Ill"*;(c) et essendo allhora in Annessi per certo negotio (4), ritornai quanto prima per non esser cagione della retardatione di cosi importante servitio, quantumque io fossi certo che questo cavaglier saria qui un pezzo, per haver a riscuotere da sette millia ducati per la sua Religione, che é una summa laquale no si fa cosi presto fra questi travagli di guerra. Onde essendo venuto, ho trovato questo gentilhuomo tanto ben disposto, che io son ubligato di dar testimonio a V. S. Ill" che se tutti gli altri di quella Relligione fossero cosi fatti, V. S. Ill"* non fosse stata tanto travagliata. Et hieri si diede principio al

un pareil sujet. Loué soit le Dieu éternel de la patience et du zèle qu'il vous a départis pour faire, par un modeste commencement, éclore enfin cette bénite entreprise. Afin de vous donner pleine connaissance des choses, je dirai que M. le chevalier Bergera est arrivé ici depuis longtemps, muni de l'ordre dont vous m'avez écrit. Je me trouvais alors à Annecy pour quelque affaire, mais je revins aussitôt afin de ne pas causer de retard dans un aussi important service. Cependant j'étais sür que le séjour de ce chevalier serait de longue durée, car il avait à percevoir pour son Ordre sept mille ducats, somme qui ne peut se toucher si vite parmi ces troubles de guerre. Or, à mon arrivée, ce gentilhomme me parut si bien disposé, que je dois lui rendre ce témoignage : si tous les membres du méme Ordre lui ressemblaient, Votre Seigneurie lllustrissime n'aurait pas été si fort importunée. Hier on commenga le paiement du blé :

(b) Jddio eterno — [de questo poco principio che con tante fatighe di V. S. Ill»...

(c) V. S. Ilima; — [ma perche haveva da riscuotere qui per lu sua Relligione da sette millia ducati, é stato... et ha ritrovato i suoi debitori senza denari. Et hieri si diede principio al pagamento de'frumenti che furono assegnati, et domani, per quanto egli pur hieri me disse, si dara principio al pagamento del denaro.]

(d) in Annessi — [et con i miei parenti] per certo negotio [d'importanza

LattREs [| 16

pagamento del frumento ; domani, per quanto mi ha detto, si comminciarà il pagamento de vino et denari.

Et per dire del prætio di queste pensioni, secondo che me ne riferiscono questi habitatori di Thonone, no puó esser uno anno per l'altro più di ottanta scudi; et confesso che questo potria bastar dove li sacerdoti havriano qualche commodità di casa et albergo et di star molti insieme. Et si dovriano pensare i signori Cavaglieri, che in questo paese mancaranno tutte le cose mondane alli sacerdoti, dalla discortesia in poi. Ma, come mi scrive V.S. I1I"*, l'istesso Signore che da piccoli semi, per mezzo del tempo, fa uscir grandissimi alberi, darà ancora col tempo et la fatica di V. 5. Ill" un giusto augmento a questo debole principio.

Ho buona provisione de sacerdoti, quali di subito si sbrigheranno per venire qui (*) alla patientia et mortificatione, et usaró ogni diligentia acció siano ricchi di buona vita et almanco commodi di lettere. Questa Quadragesima spero di collocarne quattro in diversi luoghi, et si (sic) io potessi li collocaria tutti sei. Ma no si possono

demain, à ce qu'il m'a dit, on commencera les paiements en vin et en argent.

Quant à la valeur de ces pensions, elle ne peut, au rapport de ces habitants de Thonon, dépasser en moyenne quatre-vingts écus. J'avoue que cela pourrait suffire là où les desservants auraient la jouissance d'une maison et habitation et la facilité de demeurer plusieurs ensemble. Cependant messieurs les Chevaliers devraient penser que, dans ce pays, les prétres souffriront disette de toutes choses, si ce n'est de procédés désobligeants. Mais, comme Votre Seigneurie me l'écrit, le méme Dieu qui, avec le temps, fait sortir de tres grands arbres des petites semences, donnera aussi, moyennant le temps et votre travail, un accroissement convenable à ce faible commencement.

Jai un bon nombre de prétres qui se dégageront bientót pour venir s'exercer ici à la patience et à la mortification ; je mettrai tous mes soins afin qu'ils soient riches de bonne vie et du moins, bien pourvus de savoir. Ce Caréme, j'espére en placer quatre en

(c) qui — [a patire...]

ben introdurre sensa far un poco de preparatione con il far qualche sermoni cathechistici; il che si deve far da qualche predicatore prattico, et adesso non é possibile haverne per esser impediti tutti nelle quadregesimali prædiche. (f) Egli m'é necessario di star qui la Quaresima, né posso io molto trascorrere adesso, poiché egli m'é necessario horamai, per mancamento d' altri, di attender alle confessioni per Pasqua.

Non v'é poi né chiesa ristaurata, né altare drissato ; manco habbiam calici, messali et altre simili commodità necessarie per le sei parrochie. D'il che trattando col signor cavaglier Bergera et non havendo egli carico di lasciarci denari per questi servitii, si é contentato di spender da otto o dieci ducatoni per la chiesa di Tonone, dove ogni cosa era sotto sopra, sensa altra commodità se non d'un semplice et mal fatt' altare de legno che s'era fatto questo Natale*. Et per aiutarci al restante che si conveniva haver si in Tonone come nell' altre parrochie,

divers endroits, et si je le pouvais je les placerais tous six. Mais on ne saurait les introduire sans leur préparer d'abord les voies par quelques sermons catéchistiques faits par un prédicateur expérimenté ; et maintenant il est impossible d'en avoir parce qu'ils sont tous retenus par les prédications quadragésimales. Pour moi, je suis contraint de passer le Caréme ici ; je ne puis non plus beaucoup me déplacer, étant désormais obligé, à défaut d'autres, d'entendre les confessions pascales.

Au reste, il n'y a ni église restaurée ni autel dressé; nous n'avons pas méme des calices, missels et tels autres objets indispensables aux six paroisses. J'en ai parlé au chevalier Bergera; mais n'étant pas chargé de nous délivrer de l'argent à cet effet, il s'est borné à dépenser huit ou dix ducatons pour l'église de Thonon où tout était sens dessus dessous, sans autre ameublement qu'un simple autel de bois, mal fait, qui a été construit pour Noël. Afin d'aider à nous pourvoir de ce qui est encore requis, soit à Thonon soit dans les autres paroisses, il a bien voulu affecter a cette dépense le montant

(f) prædiche, — Saro costretto a contentarme di collocarne 4; il che, oltra ch'io no posso esser molto tempo fuora di Tonone... absente in questo tempo... |

* Cf. supra, p. 238.

si [è] contentato di assegnar il principio delle sei pensioni dal 15 di Genaro sin al primo di Marzo, che si é dato principio al pagamento ; et dal primo di Marzo sin tanto che sian collocati li sei curati, correndo sempre le pensioni, potremo forse avanzare da 60 o 70 scudi per comperar le cose piü necessarie et far il manco male che fia possibile. Et acció li signori Cavaglieri no facciano compassione a Sua Santità col la loro povertà protestata, assicuro V. S. Ill"* che l'intrata che cavano da questo balliagio de' beni ecclesiastici sarà d' un anno per l'altro di quattro millia ducati buoni.

Quanto alla polizza del signor di Ruffia, nella quale desiderano li Cavaglieri che alcuni curati che prestano il nome a' laici che tengono cure ne’balliagi rimettessero esse cure alla Religione, come proprietaria, per concessione di Sua Santità, de' beneficii de'balliagi, quando tai curati non siano habili a far servitio, et essendo habili, che siano admessi al numero delli sei, il signor cavaglier Bergera no m'ha proposto questo particolare ; né posso intendere come vogliono questi clerici armati che un

des six pensions à partir du 15 janvier jusqu'au 1°" mars, époque à laquelle on a commencé le paiement. Depuis le 19° mars jusqu'à ce que les six curés soient installés, ces pensions courant toujours, nous pourrons peut-étre réaliser une avance de soixante à soixante et dix écus pour acheter les choses les plus nécessaires et faire le moins mal possible. Mais afin que messieurs les Chevaliers n'excitent pas la compassion de Sa Sainteté par leur pauvreté prétendue, jassure Votre Seigneurie Illustrissime que le revenu qu'ils tirent des biens ecclésiastiques de ce bailliage est en moyenne de quatre mille bons ducats.

Par un billet de M. de Ruffia, les Chevaliers témoignent désirer que plusieurs curés qui prétent leur nom à des laiques, possesseurs actuels de certaines cures en ces bailliages, remettent ces cures, s'ils ne sont pas aptes à les desservir, à l'Ordre qui est propriétaire, par concession de Sa Sainteté, des bénéfices des bailliages; et, s'ils ont les qualités requises, qu'ils soient compris au nombre des six curés pensionnés. Le chevalier Bergera ne m'a fait aucune proposition à ce sujet. A la vérité, je ne puis comprendre comment ces clercs armés prétendent

curato confidentiario possa esser habile per esser admesso nel numero delli sei, che devono esser un poco piü costumati che non sogliono esser li confidentiari.

Laudo Iddio benedetto che Sua Santità habbia qualche intentione di collocare nell'abadia dell'Abondanza i riformati di San Bernardo, et priegho il Signore glie ne dia absolutissima volontà a beneficio dell' anime. Quanto poi al novo Abbate, vorrei ben preghar humilissimamente V. S. Ill" si degni commandarglie che faccia paghar essattamente et compitamente la pensione che si suol dar dall' Abbate (8) al P. Praedicator ordinario di Evian, il qual adesso é un meritevole dottor, Provinciale del Ordine di San Domenico U); et l' hanno fatto stentare già l'anno passato, et tuttavia lo fanno più stentare questo. Et io ho in questo un poco de l'interesse particolare, per esser Evian una terra vicina, catholica quanto si può dire, et ha gran bisogno di buon prædicatore, quale non puó havere senza questa pensione.

qu'un curé confidentiaire puisse étre capable de compter parmi les six, qui doivent avoir des mœurs un peu plus réglées que n'en ont d'ordinaire les confidentiaires.

Je loue le Dieu béni de ce que Sa Sainteté a quelque intention de placer dans l'abbaye d'Abondance les réformés de Saint-Bernard, et je supplie le Seigneur lui en donner une volonté absolue pour le bien des âmes. Quant au nouvel Abbé, je voudrais supplier Votre Seigneurie Illustrissime de lui ordonner de payer exactement et entièrement la pension que l'Abbé de ce monastère a coutume de délivrer au P. Prédicateur ordinaire d'Evian. Celui-ci est actuellement un trés digne docteur de l'Ordre de Saint-Dominique (1): on l'a déjà fait endurer l'année dernière, et on le fait encore plus endurer cette année. J'ai en ceci un certain intérét particulier, parce qu'Evian est une ville de notre voisinage, catholique autant qu'on peut le dire; elle a donc grand besoin d'un bon prédicateur, qu'elle ne saurait avoir sans cette pension.

(g) si suo] — dall' Abbate paghar

(1) Le P. Jean de Fossias ou de Foissia, religieux Dominicain du couvent de Montmélian, docteur de la Faculté de Nantes. Il avait été élu vicaire général de la province Gallicane de son Ordre au Chapitre de Blois (16 mai 1596), et fut absous de cette charge trois ans plus tard au Chapitre de Troyes.

246 LzrTRBS DB SAINT FRANÇOIS DE SALES

Vedo poi il dispiacere che ha sentito Sua Altezza dell'oppositione che fecero questi di Thonone all'erettione dell'altar, et ne ho ricevuto una lettera qual mi consola assai ; non havendo peró lasciato di eriger l' altar nonostante l'oppositione fatta, perché no si faceva dal consenso publico della terra, ma dalla sola passione de certi particolari.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

Je vois de plus la peine que Son Altesse a éprouvée en apprenant l'opposition apportée par ces gens de Thonon à l'érection de l'autel; j'en ai reçu une lettre qui m'a bien consolé. Nous ne laissámes pas pour autant d'ériger l'autel, malgré cette opposition, car elle ne se faisait pas du consentement public de la ville, mais seulement par la passion de quelques particuliers. . .

AU MÉME

(MINUTE INEDITE)

Protestations d'obéissance et de dévouement. — Nouvel exposé des difficultés de la mission. — Promesse faite par les Religieux d'Ainay. — Prédication du Saint à Cervens. — Destination du chanoine Roget. — Les hérétiques prétendent retirer à M. d'Avully la dignité de juge de leur consistoire.

Thonon, 12 mars 1597.

Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,

Hoggi ho ricevuta la lettera di V. S. Ill"* del 25 de Febraio, con il triplicato delle praecedenti, laquale mi ha

Mon trés honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

J'ai reçu aujourd'hui votre lettre en date du 25 février, avec la triple copie des précédentes ; elle m'a causé autant de douleur que

recato altretanto di dolore quanto V. S. Ill"* mi mostra di haver in ammiratione la tardità della mia risposta a quelle praecedenti, temendo che V. S. Ill" m'habbia per poco desideroso di esseguire li suoi commandamenti. Et supplico humilissimamente la sua bontà di creder piü tosto ogni altra cosa d'un servitor tanto ubligato et divoto, et che me è mancato la commodità, no la volontà; massime perché io andavo aspettando di giorno in giorno la partenza del signor cavaglier Bergera et il principio dell'essecutione dell'ordine dato per li sei curati, per dar poi risposta a V. S. Ill”* et più grata, et più sicura, et più compita.

Hora ringratio humilissimamente V. S. I11"* della protettione che s'è presa di queste chiese di Geneva * et della risposta havuta dal signor Cardinale Aldobrandino.

Dalla partenza del signor cavaglier Bergera in qua, non ho havuto nè danari, nè altro che quelle trenta coppe (1) di fromento che lasciò. Nè questo è mancamento de detto cavaglier, qual è buon et di buona intentione;

Votre Seigneurie lllustrissime me montre d'étonnement du retard de ma réponse aux lettres précédentes, car elle m'inspire la crainte d'étre tenu pour peu empressé à exécuter vos ordres. Je supplie trés humblement votre bonté de croire plutót toute autre chose d'un serviteur qui vous a tant d'obligations et qui vous est si attaché, et d'étre persuadé que c'est l'occasion et non la volonté qui m'a manqué. C'est surtout que j'attendais de jour en jour le départ du chevalier Bergera et la mise à exécution de l'ordre donné pour les six curés, afin de faire ensuite une réponse plus satisfaisante, plus süre et plus complete.

Maintenant je remercie trés humblement Votre Seigneurie Illustrissime de la protection accordée à ces églises du diocése de Genève et de la réponse du Cardinal Aldobrandino.

Depuis le départ de M. le chevalier Bergera je n'ai plus recu ni argent ni autre chose, sinon les trente coupes (1! de froment qu'il laissa. Ce n'est pas la faute dudit chevalier, qui est bon et bien intentionné, mais celle des gens qui ont affermé les biens de la Religion

(1) Mesure de capacité qui variait en Savoie selon les localités. La coupe de Thonon équivalait à cinquante-quatre litres.

* Vide supra, p.240.

ma é mancamento di quelli che hanno tolto in affitto li beni de quella Religione, alli quali haveva datto ordine di pagare, et essi van differendo di giorno in altro quanto possono : et per questo non posso chiamare i sacerdoti et curati, non havendo danari da dargli per principiar le loro residentie qui in questo balliagio. Si che io non ho speranza di veder grand'effetto de queste pensioni avanti Quaresima passata, si perché io non ho ancora denari, si perché no potremmo cavare horamai li sacerdoti che devono venire dalle chiese dove sonno, per le confessioni et altre necessità ; et io no posso accompagnarli et collocarli, restando ancora qui impedito per l'istessa ragione.

Oltre le sei pensioni assegnate dalla Religione di San Lazaro, ne haveremo doppo Pasqua una settima dalli Religiosi di Henai, di Lione ('), i quali havendo qui un buon priorato, mi han promesso di darne una tale quale io addimandaró, senza regolarsi alle pensioni cavaleresche.

et auxquels déjà il avait ordonné de payer ; néanmoins ils different tant qu'ils peuvent d'un jour à l'autre. C'est pourquoi je ne puis appeler des prétres et des curés, n'ayant pas d'argent à leur donner pour commencer à établir leur résidence dans ce bailliage. Je n’espère donc pas un grand résultat de ces pensions avant la fin du Caréme, soit parce que je manque d'argent, soit parce que nous ne pourrions retirer les prêtres des églises où ils sont occupés à entendre les confessions et à exercer d'autres ministéres. Quant à moi, je ne puis les accompagner ni les installer, me trouvant retenu ici pour la méme raison.

Outre les six pensions assignées par l'Ordre de Saint-Lazare, nous en aurons après Pâques une septième des Religieux d'Ainay, de Lyon (1), qui, ayant ici un bon prieuré, m'ont promis d'en donner une telle que je la demanderai, sans se régler sur les pensions des Chevaliers.

(1) Abbaye de Lyon, située dans une ile au confluent du Rhône et de la Saóne; on en attribue la fondation à saint Badulphe, qu'on croit avoir vécu au tv* siècle. Ce célèbre monastère, qui se rangea plus tard sous la Règle de saint Benoit, comptait dans sa filiation un grand nombre de prieurés, entre autres celui de Bellevaux dans le haut Chablais, qui aurait été établi au x1° siècle.

Domenica passata, terza di Quaresima (!), havendo praedicato secondo il solito la matina a buon hora nella parrochia dell'Alinges, passai in una altra parrochia di là tre millia, dove sin allhora non ero stato, chiamata Cervens ; et havendo dato aviso al popolo che io desideravo di predicare, mi fecero una numerosa et gratissima audientia, et all’uscir della praedica mi diedero segno di haver desiderio grande di quel pane de figlioli *. Ma hebbi gran difficoltà a ritrovarmi per tempo alla predica di Thonone, che era discosto di Cervens de cinque or sei millia ; sì che, stando qui, è quasi impossibile di trascorrere in più luoghi. Havendo dunque provato l'animo del popolo di quella parrochia, son risoluto di collocarvi uno delli sei pensionarii ; nelli Alinges un altro. Qui verrà, per quanto mi ha promesso, il dottor Rogetto (2), il qual son certo che V. S. Ill"* haverà veduto, per esser stato deputato per il viaggio di Piemonte; et essendo egli buono et prattico predicatore, potrà supplire in duoi luoghi. Ma io non son risoluto di ricevere

Dimanche dernier, troisième de Carème (1), ayant préché le matin de bonne heure, selon la coutume, dans la paroisse des Allinges, je passai dans une autre paroisse distante de trois milles, appelée Cervens, où je n'avais pas encore été. Et ayant averti le peuple que je souhaitais précher, j'eus une nombreuse et bienveillante assistance qui, au sortir du sermon, me témoigna un ardent désir de ce pain des enfants. Mais j'eus grand'peine à me rendre à temps pour le sermon de Thonon, qui est à cinq ou six milles de Cervens, de sorte que, étant fixé ici, il m'est presque impossible d'évangéliser plusieurs localités. Ayant donc sondé la disposition du peuple de cette paroisse, j'ai résolu d'y placer un des six curés pensionnés et un autre aux Allinges. C'est le docteur Roget (2) qui viendra ici, selon la promesse qu'il m'en a faite, lequel doit vous étre certainement connu, puisqu'il a été député pour le voyage de Piémont ; étant bon et trés expérimenté prédicateur, il pourra desservir deux paroisses.

(1) En 1597, le troisième Dimanche de Caréme se trouvait ètre le 9 mars.

(2) Philibert Roget, natif de Talloires, docteur en théologie et chanoine de Saint-Pierre de Genéve. Il fat plus tard (1610) vicaire général et official substitué, curé de Valliéres et de Minzier. Le chanoine Roget mourut le 27 mai 1628, à l'âge de soixante-quinze ans.

* Matt., xv, 26.

* Videsupra, p. 325, not. (1).

a l’abiuratione se non quelli che saranno ben instrutti, et da dovero, per quanto la loro capacità comportarà. Et così vede V. S. Ill" d'onde avviene che le cose di religione no si facciano con quel fervore che si deve : ció é dalla avaritia et mal uso de' beni ecclesiastici.

No voglio lasciar di dire a V. S. Ill" che monsieur d'Avully essendo per lo inanzi giudice del consistorio supremo delli hæretici, volendo questi giorni passati essi heretici ricusarlo, non lo ha voluto patire, allegando che non essendo questo consistorio per altro salvo per la correttione de’ vitii, facendosi catholico non solamente non gli era mancato il zelo et giudicio necessario per quella correttione, ma gli era augmentato di gran lunga, si che non doveva esser tenuto per incapace.

Vengo a supplicare ancora una volta V. S. Ill"* si degni di incaricar strettamente al novo Abbate*, o vecchio, qual si sia, di far paghar essattamente la pensione dovuta al praedicator ordinario di Evian, perché et quella terra é meritevole di esser aiutata, et il predicator che hanno adesso é risguardevole per piü rispetti.

Mais je suis résolu de n'admettre à l'abjuration que des personnes véritablement bien instruites, dans la mesure que leur capacité comportera. Votre Seigneurie Illustrissime voit donc la cause pour laquelle les affaires de la religion ne se font pas avec l'ardeur désirable : c'est l'avarice de ceux qui détiennent les biens ecclésiastiques et le mauvais usage qu'ils en font.

Je ne veux pas omettre de vous dire que M. d'Avully ayant été jusqu'ici juge du consistoire supréme des hérétiques, ceux-ci prétendaient le récuser ces jours passés. Il n'a point voulu le souffrir, disant que ce consistoire n'étant établi que pour la correction des vices, sa conversion au catholicisme ne lui a point óté le zele et le jugement nécessaires à cette correction, mais qu'elle les lui a grandement augmentés, en sorte qu'il ne doit point étre tenu pour incapable.

Je viens supplier encore une fois Votre Seigneurie de vouloir bien presser le nouvel Abbé, ou l'ancien, n'importe lequel, de faire payer exactement la pension due au prédicateur ordinaire d'Evian, parce que cette ville mérite d'étre aidée, et le prédicateur qu'ils ont maintenant est digne d'égards sous plusieurs rapports.

Dove non occorrendo altro particolar degno di essergli scritto, priegho Nostro Signor le dia ogni vero contento, et saró sempre,

Di V. S. Ill",

Revu sur l'Autographe appartenant à M®° Doroz, née d'Arcine, à Besançon.

N'ayant présente à l'esprit aucune autre particularité qui vaille la peine d'étre signalée, je prie Notre-Seigneur vous donner tout vrai contentement, et je serai toujours,

De Votre Seigneurie lllustrissime,

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