‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 53 sur 64 · FAVRE · texte numérisé non relu

FAVRE

Je resalue infiniment tous ces messieurs qui se resouviennent de moy, et outre les messieurs, madame du Foug, de laquelle je suis bien humble et obligé serviteur. |

De Chambery, ce 14 decembre 1596.

Monsieur mon Frere, Monsieur De Sales, Prevost de l'Esglise Cathedrale de Sainct Pierre de Geneve. A Tonon.

Revu sur le texte inédit, inséré dans le I°" Procès de Canonisation.

Monsieur mon Frere,

Estant au plus fort des Meditations poctiques que j'ay commen. cees despuis quelques jours sur les misteres du tressainct Rosaire *, pour faire quelque provision de devotion pour ces bonnes festes, j'ay sceu par monsieur l'advocat Salteur*, lequel m'a remis voz dernieres lettres, quil y avoit commodité de vous faire responce par le

* Vide p. 61, not. (1).

* Cf. p. 408.

* Vide p. 64

* Cf. p. 222.

greffier de Thonon ; et a l'instant, sans poser la plume, j'ay seulement change de papier pour vous faire ce mot, non moins pour accroistre en moy cet esprit de devotion par l'imagination que je conçoy de vostre conversation, que pour vous advertir comme du jour mesme que je receus vostre pacquet, ou, pour ne mentir, du lendemain, je le remis a la poste avec les autres que le Conseil d'Estat depechoit par courrier expres a Son Altesse et soubs une mesme couverture, de sorte que je m'asseure quil aura esté bien et seurement rendu ; dequoy je n'eusse pas tant tardé de vous advertir si j'eusse heu la commodité d'un porteur.

Car, quant au reste que vous vouliez scavoir de moy, de la negotiation de monsieur de Jacob pour moy en nostre court, je vous ay ja escrit, et m'asseure qu'aurez receu la lettre, que Son Altesse treuve tout bon et me laisse, avec l'estat de senateur, mes gaiges. On m'en escrit en ces termes : « Vous irez, vous demeurerez et tirerez voz gaiges. » Toutefois, je n'ay encor point receu de lettres de Son Altesse, non plus que de Leurs Excellences, tellement que, non sans beaucoup de peine, je suis contraint de dissimuler et ne faire pas semblant que je desire de voir la chose executee, quand ce ne seroit que pour empecher que noz confreres ne vous veullent mal, pour l'asseurance quilz ont que la force de nostre amitié m'attire a ceste resolution autant qu'autre chose quelconque. J'espere que le retour de monsieur de Marclaz, mon cousin, m'apportera ce contentement avec les autres.

Cependant, felix nobis de la lettre de nostre Sainct Pere *. C'est maintenant, a ce que je voy, quil fera bon estre de voz amis a qui en voudra avoir a Romme et a Turin. Je ne pers point pour cela courage d'esperer que vous aymerez tousjours le President, lequel vous avez bien aymé senateur. Encor veux je que le Pape le scache quelque jour, aussy bien que Son Altesse le sçait.

Je ne pensois vous escrire qu'un mot, et vous voyez ou la passion me porte. Encor feroy je bien ceste plus longue, si le dernier coup de Matines ne me pressoit ; car je vous escris ceste en semblable tems auquel je jouissois de nostre premiere entreveué a Necy en vostre estude, sont passés trois ans. La seule souvenance me recree infiniment ; Dieu veuille que dans un an je la puisse rafreschir par une nouvelle jouissance.

Je n'escris rien a monsieur de Charmoisy, mon cousin, en responce de la sienne, tant pour n'en avoir a ceste heure le loisir, que pouf avoir desja satisfait a tout ce quil attend de sçavoir de moy par celle quil aura receu de moy despuis la sienne escritte. Si je puis retirer de monsieur Chaven le depeche du gentilhomme avant que ce

porteur soit party, je feray quil le portera ; sin minus, ce sera pour l'autre fois.

Je vous baise bien humblement les mains, et a monsieur nostre cousin, sans oublier tout ce quil y a de bon et d'honeste en vostre ville de Tonon. Ma maistresse et voz neveus vous en presentent autant, et du mesme cœur duquel nous prions Dieu, tous tant que nous sommes, monsieur mon Frere, pour vostre santé et prosperité.

Vostre plus humble frere et serviteur, A. FAVRE.

De Chambery, en haste, la veille de Noel, a 9 heures du soir, 1596.

A Monsieur mon Frere, Monsieur De Sales, Prevost de l'Esglise Cathedrale de S! Pierre de Geneve.

Revu sur l'original conservé à la Visitation d'Annecy.

Monsieur mon Frere,

Je vous avois escrit en grande haste la veille de Noel, comme vous verrez par la cy jointe, pour ne perdre la commodité qu'on m'avoit enseigné du greffier de Tonon ; mais il se treuva au lendemain qu'il estoit parti le soir devant, fort tard, de peur, comme je croy, de se treuver a nostre Messe de minuit. Despuis, j'ay receu une des vostres datee du jour de Sainct Thomas, non toutefois l'autre laquelle vous dites m'avoir escrit par autre voye.

Je ne treuve pas moins estrange que vous l'empechement que vous font ces messieurs de Tonon *, et en ay conferé bien a plein avec monsieur le Gouverneur * lequel m'a dit les mesmes raisons lesquelles il a discouru avec vous sur ce sujet. Tout ce que je treuve de plus considerable, c'est qu'il dit que par les lettres mesmes de Monsieur le Nonce a vous *, il est fait mention des depeches qu'en veut faire Son Altesse *, lesquelz ne sont encor venus ; car sans doute s'ilz estoient entre vos mains, la chose se pourroit faire avec beaucoup plus de reputation. L'autre raison qui m'esmeut beaucoup, c'est que la trefve estant sur le poinct de finir, il ne faut doubter que

* Cf Ep. LXXX, LXxXI

* Cf. p. 417.

* Vide Append. B,Ep.v * Vide Append.C, Ep.

si elle estoit finie ou rompue l'ennemy courroit quant et quant du costé de Tonon, quand ce ne seroit que pour abbattre l'autel lequel vous auriez fait construire.

Nous sommes attendans monsieur de Jacob dans deux ou trois jours. Je ne fauldray, incontinent apres qu'il sera arrivé, de luy en parler, tant pour sçavoir s'il apporte point de commandement de Son Altesse sur ce faict, que pour entendre ce qui luy en semblera ; et sera bon que vous luy en escriviez, affin qu'il s'en prenne quelque bonne resolution entre luy et monsieur de Lambert, lequel m'a dit que si la trefve est continuee il viendra le voir. Qu'y feriez vous, mon bon Frere ? Il faut joindre encor ceste patience a tant d'autres desquelles Dieu vous a donné et le sujet et le merite en ceste vostre si saincte et digne negotiation. Ce pendant, il faut presser Monsieur le Nonce pour avoir, par son moyen, le commandement de Son Altesse. Je vous escriray dans peu de jours ce que j'en auray appris de monsieur de Jacob.

Et en ceste attente, vous baisant bien humblement les mains, comm'aussy ma maistresse avec voz neveux, sans oublier madame du Foug, monsieur le Procureur fiscal et monsieur du Crest, je prie Dieu vous donner la santé longue et contente vie.

Monsieur mon Frere, Vostre plus humble frere et, s'il se peut dire, quelque chose de plus, FAVRE.

De Chambery, ce 28 decembre 1596.

Monsieur mon Frere, Monsieur De Sales, Prevost en l'Esglise Cathedrale de Sainct Pierre de Geneve. A Tonon.

Revu sur le texte inédit, inséré dans le I°" Procès de Canonisation.

Monsieur mon Frere,

Je receus hier tant seulement voz deux lettres, l'une du jour de Sainct Estienne, l'autre de Sainct Thomas. Le subjet meritoit bien qu'elles me fussent plus tost rendués, affin que j'eusse peu faire plus diligemment et plus chaudement l'affaire duquel vous m'escrivez.

LETTRES D'ANTOINE FAvRE 423

La faute est venue en partie des porteurs, en partie aussy de cc que jay esté absent de ceste ville pour certain appointement que je suis allé faire du costé de Belley. Mais, graces a Dieu, tout va bien puisque vous avez reintegré la Messe en sa possession en un jour si solemnel, quoy que non pas si solemnellement que vous et moy eussions desiré.

Tant y a que voz scyndics de Tonon n'ont point esté icy pour se plaindre de vous, mais seulement pour presenter requeste a la Chambre des Comptes a cause de la gabelle du sel *, a ce que leur Procureur mesme m'a asseuré. Je l'ay aussy sceu de monsieur le president Pobel*, qui a tousjours presidé au Conseil d'Estat en l'absence de monsieur de Jacob ; j'en ay encores parlé a monsieur de Jacob, qui me dit n'avoir ouy aucunes plaintes de vous, ny dega ny dela les monts, au contraire toutes les voix du monde favorables a vostre reputation, et l'un et l'autre treuvent bon ce que vous avez fait et que vous continuiez, estant bien resolus, si quelqu'un de ces messieurs vient se plaindre a eux, de luy bien laver la teste sans savon. Mais ilz sont bien d'advis que pour ce qui reste a faire de plus, vous attendiez quelque commandement plus expres de Son Altesse, pour ne contraindre Son Altesse de venir aux remedes violens qui seroient necessaires si ces messieurs faisoient quelque insolence qui eust forme de mespris ou de rebellion ; car en somme, comme vous escrivez, ilz n'ont point capitulé avec Son Altesse.

Monsieur de Jacob m'a asseuré que Son Altesse est tres bien disposee a plaider vostre cause (si ainsy la faut appeller plustost que celle de Dieu) contre Messieurs de Sainct Lazare *, et que luy mesme S'y est aydé, s'asseurant qu'en brief vous l'emporterez, du moins pour l'entretenement de six curés. Il dit que monsieur de Lullin fait merveilles, et m'asseure que si a son retour de France la chose n'est resolue il employera tout son credit pour la faire reussir a l'honneur de Dieu et a vostre contentement. Nous avons resolu .d'en conferer avec monsieur de Lambert, par lequel en apres je vous en escriray plus a plein, car je suis maintenant merveilleusement pressé. La trefve generale avec la France est continuee jusques au dernier d'avril; monsieur de Jacob s'y en retourne dans huict ou neuf jours.

J'ay de rechef recommandé a monsieur le president Pobel l'affaire de ce bon gentilhomme de Tonon, et a monsieur Chaven encor qui m'avoit promis merveilles sans y avoir encor rien fait ; et l'un et l'autre m'ont promis de le favoriser pour amour de vous, et de la plus briefve expedition qu'il sera possible.

Monsieur l'Evesque de Sainct Paul * se recommande a vos bonnes graces et m'a asseuré d'avoir fait tenir vostre pacquet a Monseigneur

* Vide p. 343, not. (1).

* Vide p. 301.

* Vide p. 232.

* Vide p. 356.

le Nonce, qui doit l'avoir receu ja des samedy dernier. Excusez ma haste, et tenez moy in infinitum, extensive et intensive, pour celuy qui est, Monsieur mon Frere, Vostre plus humble frere et serviteur, FAVRE.

De Chambery, ce 9 janvier 1597.

Ma maistresse et voz neveux vous baisent les mains ; aussy fay je moy a tous ceux de qui vous m'escrivez. Nostre troisieme frere m'a escrit de France qu'il se porte tres bien.

Monsieur mon Frere, Monsieur De Sales,

Prevost de l'Esglise Cathedrale de Sainct Pierre de Geneve.

Revu sur le texte inséré dans le I°" Procès de Canonisation.

Monsieur mon Frere,

En responce de celle que ce porteur m'a remis de vostre part, je vous diray qu'il n'y a que quattre ou cinq jours que je vous ay escrit bien a plein par le solliciteur de monsieur de Colombier, pour respondre aux deux dernieres que j'avois eu de vous, dont la premiere estoit datee du jour de Sainct Estienne, l'autre, du jour de Sainct Thomas. Je m'asseure que ma lettre ne s'esgarera pas, car je l'ay recommandee fort estroittement ; toutefois, parce que peut estre elle ne vous sera pas si tost rendue, je vous en feray par ceste cy un epilogue.

Je vous escrivois qu'ayant conferé avec monsieur le president Pobel et autres seigneurs du Conseil d'Estat, j'avois sceu que le scyndic Vernaz, qui estoit venu en ceste ville, ne s'estoit aucunement plaint de vous, et que quand luy ou quelque autre viendroit a si mauvaise fin, on luy lavera bien la teste. Il estoit venu seulement pour se plaindre de l'imposition qu'on leur veut mettre sus de la gabelle du sel; son procureur mesme me l'a ainsy confirmé. Tous ces messieurs treuvent bien fait ce que vous avez fait et monsieur de Jacob encor, avec lequel j'en ay conferé bien au long ; et est d'advis, puisque vous avez commencé de dire la Messe a Sainct Hippolite,

LETTRES D'ÁNTOINE FAVRE 425

que vous continuiez ; mais il ne treuveroit pas bon que vous y fissiez construire aucuns autelz jusques a ce que vous ayez receu depeches de Son Altesse, pour ne donner point de sujet ou d'occasion de nouveau remuement en un tems si chatouilleux comme est celuy cy.

Qu'y feriez vous, mon Frere? ll faut prendre ceste mortification et la joindre a tant d'autres qui ont esprouvé vostre patience. Dieu est bien le chef des Conseilz d'Estat, lesquelz se tiennent en ce tems par tout le monde ; mais quand on vient a parler de luy et de ses affaires, je croy qu'il faut qu'il sorte de l'assemblee, comme s'il en estoit seulement le president ou l'un des conseillers. Je me console en l'esperance que j'ay que vostre depeche ne tardera plus gueres, et que vous n'avez pas peu fait par ceste boutee.

Monsieur de Jacob m'a dit que monsieur de Lullin fait merveilles contre les Chevaliers de Sainct Lazare, et que Son Altesse la combat pour nous a spada tratta. 11 m'a dit de plus que s'y estant une fois treuvé et convié par Son Altesse d'en dire son advis, il le dit tel qu'il devoit pour la cause de la religion, et se promet qu'a son retour, s'il reste a faire quelque chose, il s'y employera si chaudement que nous en verrons les effects. Il tient desja pour fait qu'il y aura six curés entretenus, a six vingts escus pour curé.

ll y a plusieurs autres choses en ma derniere lettre, a laquelle je suis contraint de me remettre pour le peu de loisir que me donnent les occupations du Senat, ou je me treuve en rapport et chargé d'ailleurs d'une infinité d'affaires. Si faut il qu'encor je vous die que j'ay receu par monsieur de Jacob les patentes de Son Altesse, qui me permet d'aller en Genevois en retenant mon estat de senateur avec mes gaiges. Mais je n'ay encores point receu des lettres de Leurs .Excellences, et croy que monsieur de Jacob a son retour de France, ou il n'est pas encores allé, me les apportera, et que par consequent la chose ira a la longue.

Je le porte impatiemment pour le desir que j'ay de vous voir, et monsieur vostre pere, avec tout ce qui est de la suite. Mais je me console en l'esperance qu'entre cy et la, Son Altesse fera lever ceste gendarmerie qui ruine tout le pauvre Genevois, ou du moins la cavallerie. Monsieur de Jacob m'a asseuré que Son Altesse est en ceste volonté, etque cela seroit ja fait, sans l'advis qui vinta nostre court de la contagion reprise a Necy, lors qu'on estoit sur le poinct d'en faire les depeches. Il attend que monsieur Trollioux les luy apporte dans peu de jours, parce qu'il en a chargé ses memoires et escrit a Son Altesse de bonne encre. Toutefois, j'ay escrit a messieurs du Conseil qu'il me sembleroit tres expedient que toute la province deputast quelque gentilhomme pour aller representer a Son Altesse ses plaintes

* Cf. p. 415.

et le miserable estat auquel se treuve reduit tout le peuple. J'espere que monsieur de Beaumont, avec lequel j'en ay aussy parlé, prendra bien ceste peine, s'il en est prié un peu vivement.

Jay escrit bien au long a Monsieur nostre pere par l'homme de Necy qui m'apporta la lettre de messieurs du Conseil ; je m'asseure que Ja lettre luy aura esté rendue. Ceste cy ne laissera, s'il luy plaist, d'estre pour vous deux, comme encores les tres humbles recommandations que ma maistresse et moy presentons a ses bonnes graces et a celles de Madame nostre mere, Messieurs nos freres, et Mesdemoiselles nos sœurs, priant Dieu vous donner a tous, Monsieur mon Frere, une santé longue et contente vie.

Vostre plus humble frere et serviteur in infinitum, FAVRE.

De Chambery, en haste, ce quatorzieme janvier mil cinq centz nonante sept.

Jay remis au Pere Cherubin vostre traitté * incontinent que je le vis a Necy apres vous avoir laissé. Je m'asseure qu'il l'aura veu diligemment, car il me le promit, et je scay qu'il desiroit extremement de le voir.

A Monsieur mon Frere, Monsieur De Sales, Prevost en l’Esglise Cathedrale de S! Pierre de Geneve. A Sales.

Revu sur le texte inséré dans le I°" Procès de Canonisation.

Monsieur mon Frere,

Vous m'avez osté d'une extreme peine me faisant sçavoir de voz nouvelles et m'envoyant la requeste de ce bon gentilhomme qui languit des si long tems ; car ayant eu je ne sçay combien de fois la main a la plume pour vous escrire, j'ay tousjours esté retenu et empeché par honte que j'ay du tort que nous avons, monsieur Chaven et moy, de l'avoir abusé si longuement. Il n'a pas tenu a moy que l'expedition ne s'en soit ensuyvie ; mais quoy que j'aye sceu faire, mesme despuis mon dernier retour de Necy, il ne m'a jamais esté possible ny par courtoisie ny par force d'avoir de ce petit homme autre que paroles et vaines promesses. Maintenant je me paeseray

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de luy, et au premier Conseil d'Estat, qui se tiendra demain comme j'espere, j'auray quelque bonne provision, a ce que me fait esperer monsieur le president Pobel, auquel j'en ay parlé ja des long tems et qui m'a promis toute Ia faveur qui luy sera possible. Vous serez adverty par la premiere commodité de ce que j'auray peu negotier.

Ce pendant tenez vous joyeux, nonobstant les traverses ou nonchalances de ceux qui devroyent vous ayder en ceste vostre si saincte entreprise ; vostre patience a desja vaincu les plus grandes difficultés, j estime que ce qui reste a faire ne vous peut estre que subjet d'honneur et de contentement. Je ne vous escris rien de ce malheureux acte qui s'est naguieres commis a Mussel, tant pour n'en avoir le loisir que pour n'interrompre voz devotes pensees d'un si fascheux entretien. J'en ay escrit a monsieur vostre pere ce qui m'en sembloit.

J'ayme mieux vous parler de monsieur Locatel, nostre frere, qui m'a chargé par sa derniere lettre de vous baiser bien humblement les mains, et vous advertir qu'il est pere d'une Marguerite. J'espere qu'avec vostre bonne ayde je pourray dans cinq mois estre pere d'un François, si ma maistresse ne me trompe, laquelle en ceste apprehension vous baise bien humblement les mains, comm'aussy je fay, et a madame du Foug et a tous ces messieurs nos communs amis, priant Dieu vous donner a tous une santé longue et contente vie.

Monsieur mon Frere, Vostre plus humble et plus obligé, FAVRE.

De Chambery, en haste, ce 14 mars 1597.

A Monsieur mon Frere, Monsieur De Sales,

Prevost de l'Esglise Cathedrale de Sainct Pierre de Geneve.

Revu sur le texte inédit, inséré dans le I°" Procès de Canonisation.

Monsieur mon Frere,

Javoy differé quelques jours de vous escrire tout expressement pour donner loisir a mes depeches de venir, affin de vous entretenir desormais de quelque subjet plus aggreable que ne sont ces esperances languissantes qui nous ont morfondus despuis tant de mois. Enfin

* Vide pp. 236, 295.

428 ÁPPENDICE

tout est arrivé avec monsieur de Jacob, horsmis la paix. Je ne pou. vois desirer lettres plus favorables que celles qui m'ont esté escrittes par Leurs Excellences, outre les patentes. Dieu soit loué que nous voilà tous deux a l'egal contens et en beau chemin de jouir, sil plait a Dieu, a longues annees de ceste mutuelle et incomparable amitié, laquelle se fait desja paroistre es lieux mesmes ou nous n'avons jamais esté veus ny congnus.

ll ne reste sinon que ceste jouissance s'ensuyve de plus pres. Et pour ceste cause, je ne refuse pas d'estre le premier a vous aller au devant, si messieurs du Senat et du Conseil treuvent bon que j'aille prendre possession de mon presidentat, affin qu'a nostre premiere veué je vous mette un president entre les bras. J'espere que si ce n'est pour les derniers jours de la semaine prochaine, ce sera pour la. suy vante. Dieu sçait combien je desireroys de vous y treuver, et pour combien de raisons ; mais je prendray bien patience pour quelques jours, pourveu que je sois bien adverty de vostre bon portement, et que la conversation du Pere Esprit vous console parmy tant de travaux que vous continuez de prendre a cultiver ceste barbarie huguenotte, si cultiver se peut dire pour deraciner ; mais je parle du terroir, non pas de la semence.

Quant a la conference *, je ne desire rien tant que d'ouir dire le jour auquel elle se fera, et ne croy pas quil y aye presidentat que je ne quittasse pour aller en estre tesmoin ; mais je suis bien comme vous, je crains que ces longueurs n'en facent perdre et le goust et l'occasion. Sil se fait quelque chose, je m'asseure que j'en seray adverty des premiers et que j'auray ce credit de m'y pouvoir treuver en quelque coin.

Je vous envoye une lettre que je viens de recevoir de Monsieur l'Evesque de Mauriane. Vostre commere vous salué pour elle et pour son petit Francois qui se fait tous les jours plus gros que grand ; nostre frere de mesme, avec toute la brigade; mais moy plus que tous, qui suis,

Monsieur mon Frere, Vostre vous mesme, frere et serviteur, A. FAVRE.

De Chambery, en haste, ce 21 may 97.

A Monsieur mon Frere, Monsieur De Sales, Prevost de l'Esglise Cathedrale de S! Pierre de Gencve. A Tonon.

Revu sur l'original conservé à la Visitation d'Aunecy.

LETTRES DE M® JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÉQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN (1)

Molto Reverendo Signore,

* Per il carico che io tengo di Nuntio appresso il Serenissimo Signor * vide Epist. avi. Duca di Savoia, son stato obligato d' informarmi de' prelati et ministri che fanno bene l' officio loro. Et tra questi, havendo havuto ottima relatione delzelo, della sufficentia et bonta di V. S. per bocca medesima di Sua Altezza, ho voluto scriverle la presente acció sappia la satisfattione che io sento di lei et il testimonio che son per renderne a Nostro Signore in ogni occasione di suo servitio.

Et perché Sua Santità desidera di haver spesso raguaglio del frutto che se va facendo nella diocesi di Geneva, et dello stato in che si trovano le cose di quella Chiesa et dell'aiuto che se li potrebbe dare, io desidero che V. S. mi avvisi spesso di tutto quello che giudicarà degno della notitia di Sua Beatitudine, cosi circa le cose della diocesi di Geneva come di ogni altra cosa che si potrebbe fare per beneficio spirituale della provincia della Savoia, ché me ne farà piacere accettissimo.

Et offerendomele con tutto l'animo, le prego dal Signore Dio felicità continova.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo, G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a di 29 di Decembre 1595.

AI Molto Reverendo Sig'*, Mons'* di Sales, Vicario di Geneva.

(1) Ces lettres sont revues sur les textes insérés dans le I°" Procès de Canonisation. Elles sont inédites, sauf les lettres IV, V, X.

* Vide Epist. 1xvi.

* Vide Epist. Lxxn.

“Vide p. 198.

Molto Reverendo Signore,

* Ho presa molta consolatione della lettera di V.S. di 19 di Febraro, conoscendo il zelo che tiene della religione cattolica et quanto fruttuosamente spenda il talento che Dio benedetto le ha dato. Et per non defraudarle del suo merito, io di novo ne ho fatto testimonio a Sua Santita, et le ho mandata la medesima sua lettera per ottener la licentia delli libri prohibiti et per poter assolvere quelli che ha trovato haver contratto matrimonio senza dispensa ; et dell' uno et dell'altro se ne havera tra pochi giorni risposta.

Et perché Nostro Signore desidera di haver particular raguaglio dello stato di quelle anime della diocesi di Geneva, et del frutto che si va facendo et delli aiuti che si possono dare, io desidero che V. S. sia contenta di darmene spesso avviso. Nel resto, tenga per certo che io le sono affettionatissimo et che nessuna cosa desidero più che di havere occasione di procurarle servitio et accrescimento ; et me le raccommando con tutto l'animo.

Di V. S. molto Reverenda,

Come fratello affettionatissimo, G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 7 di Marzo 1596.

Al Molto Revd» Sigre, 11 Sig'* Francesco di Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

* Monsignore di Avully ** mi ha presentata a 25 di Agosto la lettera di V. S. di 23 di Luglio, et l'impedimento del contagio haverà ritardato il cammino. In conformità di quel che V. S. mi ha scritto, ho cognosciuto in questo cavalliero ottima dispositione di venire alla fede cattolica. Et cosi hieri, che furono li 26, l'essegui con incredibile mio contento, havendo abiurato avanti di me et del P. Inquisitore le sue heresie ; et reconciliatose con la santa Chiesa Cattolica, volse

LETTRES DE Ms" JuLes-CEsAR RICCARDI 431

anco che io lo communicassi di mia mano, et in ogni attione mostrò gran segno di pentimento. Et spero che Dio benedetto se ne vorra servire per instrumento da convertir quel ducato di Ciables, sì come mi ha promesso di fare con tutto lo spirito. lo ho dato conto della sua conversione a Nostro Signore (1) che se ne rallegra incredibilmente, et gli ho mandato anco la lettera che V. S. mi ha scritta, acció cognosca quanto fruttuosamente Ella s' impiega in servitio di Dio benedetto.

Mando qui alligata la commissione al signor Vicario di Geneva * che assolva et dispensi sopra quelle persone che hanno contratto matrimonii in gradi prohibiti, et si potrà regolare conforme alla stessa commissione.

Mi e stato gratissimo di haver inteso che V. S. sta per venire a Torino *, et venendo non ha da pensare ad altro hospitio che a questo mio, poiché questa casa e sua. Et me le offero et raccommando con tutto l'animo.

Di V. S. molto Reverenda,

Affettionatissimo per servirla,

G. Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 27 di Agosto 1596.

Al Molto R9° Sigre, Il Sig'e Francesco di Sales, Prevosto di Geneva. Ad Annessy.

(1) Cette lettre, adressée au Cardinal de Santa-Severina, a été insérée dans le tome VI des Me/anges d'archéologie et d'histoire, publiés par l'Ecole frangaise de Rome, 1886. (Voir p. xxii de notre Avant-Propos.)

Molto Reverendo Signore,

* La lettera di V. S. di 14 di Novembre, scrittami da Sales, non mi é capitata prima che a'vi di Decembre, et peró non si maraviglierà della tardità della risposta. Vedo che Ella sta con pensiero della tarda spedittione che si fa qui circa li curati di Ciables, et con gran causa, per il zelo che Dio benedetto le ha dato della conversione di quelle anime. Peró non ha da perdere la speranza, per l'ottima intentione di Sua Altezza ct per il carico che io ho di sollecitarla.

* Vide p. 357, not. (1).

* Vide p. 203. not. (1).

*VideEp.Lxxm,Luxx vi.

* Vide p. 352.

* Cf. p. 413.

* Vide Epist. ixxvn, LXXIX, LXXXI, LXXXVI.

432 APPBNDICE

Il contrasto dei Cavallieri di San Lazaro* è causa di questa dilatione, perche pretendono di cavar tanto poca somma di denari da quelli beni ecclesiastici che non possono concorrere a questa spesa dei curati. Finalmente, dopo molte repliche che io ho fatto con Sua AItezza et lettere venutegli dal signor Cardinale Aldobrandino, si sta in disponerli a concorrere al meno alla spesa di sei curati, et spero con la gratia di Dio che si concludera. Et almeno V. S. sia certa che io non pretermetto un punto di diligentia, come le potrà far fede monsignor della Bastia *, il quale anchor si adopra gagliardamente per la sua parte, acció quanto prima ne segua l'effetto.

lo mandai a V. S. le lettere di Sua Altezza perche le fossero pagati li trecento scudi d' oro, et ne sto aspettando risposta; et desidero in ogni modo che Ella si disponga di tornare in Ciables, perche la sua presentia sarà occasione di risolvere tanto più presto questo benedetto negotio, il quale creda V. S. che mi e piü a cuore che qualsivoglia altro che io habbia in questa nuntiatura.

Et con questo fine, assicurandola che la tengo sempre scolpita nella memoria, me le offero et raccommando di cuore.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello attettionatissimo per servirla, G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a x di Decembre 1596.

Al Molto Revd Sig", Il Sigr* Francesco di Sales, Prevosto di Geneva. Ad Annessy.

Molto Reverendo Signore,

* In pochi giorni ho ricevuto tre lettere di V. S. : una di 12 et l'altra di 14 di Decembre, et questa ultima di 21(1), consegnatami questa sera con l'alligata per Sua Altezza. Rispondo alla prima, che trattava delli legati pii lasciati da quel gentilhuomo Savoiardo nelli quali pretende

(1) Il doit y avoir ici quelque confusion dans les souvenirs du Nonce. C'est dans sa lettre du 29 novembre (voir ci-devant, p. 212) que saint Frangois de Sales traite du legs fait par le gentihomme savoisien, et les piéces de l'information secrète entreprise par ordre du Nonce accompagnaient la lettre adressée à celui-ci le 12 (voir p. 222) et non pas le r4 décembre. À cette derniére date, nous ne connaissons aucune lettre du Saint.

Lettres DE Ms" JuLes-CésarR RICCARDI 433

la fabrica di San Pietro *, che io ho mandata la lettera di V. S. a Sua Santità et supplicatala instantissimamente a volerli rilasciare alle chiese della diocesi di Geneva et Tarantasia, conforme alla dispositione del testatore, et rimettere qualsivoglia ragione che si potesse pretendere la fabrica; et spero che restaremo consolati, et V. S. sarà avvisata della risposta.

Quanto alla seconda, che tratta delli curati di Ciables, V. S. sappia che in tutte le audientie che ho havute da Sua Altezza ne ho trattato vivamente, et insieme con li signori Cavallieri di San Lazaro; et finalmente, dopo molte dispute, ho ottenuto che per adesso si stabiliscano sei curati alle spese della Religione, la quale si obligarà di darli 18 coppe di frumento, duoi carra di vino et ducento fiorini di moneta di Savoia per ciascuno, come V. S. vederà dalla copia alligata di [una] polizza che mi ha scritta monsignor di Ruffia *. lo non intendo la moneta né le misure di Savoia, ma monsignor di Lullin, che è stato presente alla trattatione, mi ha assicurato che un anno per l'altro sara di cento scudi et forse davantaggio. Partira di qua fra duoi giorni il cavallier Bergera *, mandato dalla Religione, il quale havera carico di assignar subito il trattenimento per li suddetti curati. Peró V. S., al ricever di questa, provveda di sacerdoti letterati et di buona vita, et li dia animo, ché piacendo a Dio s' aumenteranno l'entrate et anco il numero delli altri sacerdoti ; et Ella sa che tutti li principj sono deboli.

In questa medesima polizza mi ricercano li suddetti Cavallieri un altro particolare circa li curati che prestano nome ai laici ; et non intendendo bene questo negotio, lo rimetto a V. S. et le do la mia authorita acció che in tutto quel che honestamente si puó, si dia satisfattione alla Religione.

Non voglio dire a V. S. la fatica che ho trovata in concludere questo negotio, con tutta la pietà di Sua Altezza che in cose di religione non può essere più ardente ; ma le dico bene, che se l' havessi durata cento volte più la fatica, devo reputarmi inutile in servitio d' Iddio benedetto. Sarà necessario che dopo la deputatione di questi sei curati V. S. mi scriva più spesso et distintamente di tutto quello bene che se andara facendo, perché Sua Santità ne riceverà consolatione grandissima et s' andarà animando a farli delle gratie.

Con la lettera di V. S. di 14, hebbi anco l' informatione presa in quel negotio che le commisi, et è venuta così bene come se V. S. fusse stato giudice un gran tempo. L'abbadia dell' Abondantia * non e anco data per certi degni rispetti, et Sua Santità ha qualche intentione di levarne quelli monaci et mettervi in suo loco li riformati di San Bernardo, et al novo Abbate credo che sarà data questa commissione.

LartRes I 38

* Vide p. 215.

* Vide p. 244.

* Vide p. 231.

* Vide p. 366.

* Vide Ep. LXXE, LXXX1,

* Vide Append. C, Ep.1.

Da questa ultima di V. S. di 21 ho intesa l'oppositione che le hanno fatto quelli di Tonone; et perché ero stato il giorno avanti alle audientie di Sua Altezza gli ho mandato subito la lettera di V. S. con la mia, et supplicatala a farne risentimento et dar a lei risposta, la quale procuraró che le se mandi quanto prima.

V. S. attenda a faticare allegramente et a scrivermi spesso, et sia sicura che la tengo scolpita nel cuore. Et me le offero et raccommando quanto piü posso.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo, G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 4 di Gennaro 1597.

Al Molto Reverendo Sig'* Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

* Sua Altezza ha sentito gran dispiacere dell' oppositione che quelli heretici di Tonon hanno fatta a V. S., et mi ha mandato [a] dire che per il segretario Marchando ne ha fatto subito la provisione necessaria, la qual V. S. ricevera prima di questa con la sua risposta *. lo sarò domani a [audienza] et soggiungeró quel di più che sarà necessario; et V. S. stia di buon animo, che Dio benedetto concorrerà con la sua santa gratia, et Sua Altezza non mancarà della sua solita pietà et zelo, et io saró diligentissimo procuratore.

Et perche duoi giorni sono io ho scritto a pieno a V. S., avvisandola del stabilimento che sarà preso per sei curati, mi rimetto a quella lettera, et me le offero et raccommando di cuore.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo, G. Cesare, Arcivescovo di Bari.

Di Turino, a di 6 de Gennaro 1597.

Al Molto Revdo Sigte, Il Sigr* Prevosto di Geneva.

A Tonone,

LETTRES DE M*' JuLEs-CESAR RiCCARDI 435

Molto Reverendo Signore,

* Resto admiratissimo di non havere havuto risposta a due o tre lettere che io ho scritte a V. S. sopra la risolutione che si prese delli sei curati di Ciables, et non è possibile che qualcuna non vi sia capitata, et massime con l'arrivo del signor cavalliero Bergera, mandato dalla Religione per questo et per altro effetto. Per assicurarmi del mal recapito, a 4 di Febraro, sotto coperta di Monsignor di San Paolo *, rispondendo all' ultima di V. S. di 37 di Gennaro sopra la conferentia di Geneva, le mandai il duplicato di tutte le lettere antecedenti ; et perché da Monsignor di San Paolo in capo di vinti giorni non ho né anco havuta risposta, mi sono risoluto di mandarli il triplicato, acciò in un negotio tanto grave sappia tutto quello che si e trattato et stabilito in quel spatio passato.

Mandai a V. S. una copia della lettera del signor Cardinale Aldobrandino sopra quelli legati pii lasciati dal signor Gioanni Vignodi *, et hora ne le mando un' altra ricevuta questa settimana, dalla quale intenderà la risolutione del negotio. lo spero di haver assai presto risposta da Sua Santità di quel che commandara che si faccia circa la conferentia di Geneva, et subito V. S. ne sarà avvisata, la quale torno a pregare che settimana per settimana mi tenga avvisato di tutto quello che se va operando in Ciables, cosi circa la religione cattolica, com' introdur li sei curati. Et potrà mandar le lettere a Ciamberi, dirette al signor Presidente Pobel, perché mi verranno presto et a buon recapito ; et la medesima faró io in scriverle, perché non mi assicuro che Monsignor di San Paolo stia a Ciamberi.

Sua Santità preme tanto in domandar i progressi di Ciables, che V. S. farebbe torto a sé medesimo a non tenerme avvisato giorno per giorno, se fusse possibile, come spero che farà per l'avvenire,

posponendo tutte le altre occupationi a quest' una. Et me le offero et raccommando di cuore.

Di V. S, molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo,

G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 25 di Febraro 1597.

Non incaricarò più V. S. di quel che fo a scrivermi continuamente

* Vide Epist. LEXXVI.

* Vide p. 356.

* Vide p. 435.

* Vide Epist. xc.

* Vide p. 357, not (5).

* Vide p. 357.

* Vide p. 98.

* Vide p. 304.

li progressi delle sue fatiche, et se Ella sapesse quanto Sua Santita preme nella conversione di Ciables, son certo che mi haverebbe scritto più spesso.

Al Molto Revo Sigr* Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

* Resto il piü admirato huomo del mondo di non haver lettere di V. S. et non so a che attribuirne causa. Monsieur de Avully, con una sua di 8 di Febraro, mi ha scritta la gran conversione che si fa in Ciables, et Monsignore non discende alli particolari, rimettendosi a V. S., ma dice solamente che vi sarebbono necessarii vinti duoi curati. Et non sapendosi li particolari di quel paese, non vedo che Nostro Signore possa fare altra risolutione, se bene io gli habbia mandata la medesima lettera di monsieur d'Avully *, che e brevissima.

lo mando a V. S. una copia di lettera che ho ricevuta dal signor Cardinal di Santa Severina * circa la conferentia da farsi in Geneva, dalla quale vederà tutte le considerationi che sonno state fatte da Sua Santità et da tutti quelli Ill" Signori del Santo Officio in questa materia, et tutte le particularità che desiderano di sapere prima che si faccia altra risolutione. Però io desidero che Ella vada subito a trovar Monsignor di Geneva et il Padre Fra Cherubino *, et unitamente mi rispondano subito capo per capo et punto per punto, et tutto quello che Sua Santità desidera di sapere, con tutte le altre circostanze che essi giudicaranno degne della notitia di Sua Beatitudine.

Li Generali di Gesuiti et Cappuccini hanno ordine di Sua Santità di proveder di quanti Padri saranno necessarii per il ducato di Ciables et la diocesi Sedunense, secundo l'avviso che sarà dato da me. Ma pero V. S., insieme con Monsignor di Geneva et il Padre Fra Cherubino, pensaranno a quelli Cappuccini che costi si potranno havere et mandarmi li nomi et cognomi di loro; et l'istesso faranno circa li Gesuiti, li quali si potrebbono facilmente havere dal collegio di Friborgo et di Ciamberi per haver la lingua francese ; et se anco ne vorranno di qua, si potrà mandar il Rettore del collegio di Torino, che é un valente theologo *; et mi potrà anco avvisar della spesa che si potrebbe andare per mantener quelli Padri, per poterne dar conto a Sua Santità et a Sua Altezza.

LETTRES DE Ms" JuLES-CEsAR RICCARDI 437

Torno a ricordare a V. S. che leggano insieme attentamente la lettera del signor Cardinal di Santa Severina et rispondano pontualmente ; et in caso che fussero invitati di andar a predicare a Geneva, mi pare che [sarà bene che] si trattengano finché Sua Santità veda quest' altra loro replica. Se V. S. per qualche impedimento non potesse andare a trovar Monsignor di Geneva, li mandarà questa mia istessa lettera ; et mi rispondino subito.

Et me le offero et raccommando con tutto l'animo.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo,

G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 12 di Marzo 1597.

Al Molto R'e Sigre Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

*In un medesimo tempo ho ricevuto due lettere di V. S., di 12 * Vide Ep. Lxxxvn, xc. et 25 di Marzo, in risposta di molte mie, le quali quanto più tempo ” sono state desiderate, tanto più mi sono state care. L' altra che Ella mi dice di havermi scritta per il cavallier Bergera non l' ho ricevuta, non essendo esso mai comparso a Torino, né preso pensiero di mandarmela. Accetto la scusa di V. S. di non havermi scritto per il passato; ma, per penitentia, le impongo che per l'advenire mi scriva più spesso, poichè le occupationi saranno minori dopo la Quaresima et le giornate più lunghe ; et tanto più, quanto che Ella potrà vedere dall'alligata copia di lettera del signor Cardinal Aldobrandino, quanta consolatione senta Nostro Signore del progresso di Ciables et quanto habbia gradito l' opera et diligentia di monsieur d'Avully.

Ho mandato a Sua Santità queste ultime due lettere di V. S., le quali si leggeranno nella Congregatione del Santo Officio insieme con altre di Monsignor Vescovo di Geneva et Padre Fra Cherubino in materia della conferentia di Geneva, et di tutto si haverà presto risolutione. Et quanto alli curati, credo certo che Sua Santità constringerà li Cavallieri a lasciare li beni liberi alle suddette cure.

Non rispondo capo per capo alle lettere di V. S. per non esser

* Vide Ep. xciv, xcvi.

* Vide Epist. xcm.

* Vide p. 237.

* Vide p. 393, not. (2).

troppo lungo, ma sappia solo che a tutto quello ch’ Ella propone io darò la mano con ogni cura possibile. Con che me le offero con tutto l' animo.

Di V. S. molto Illustrissima, Come fratello affettionatissimo,

G. Cesare, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 4 di Aprile 1597.

AI Molto Revdo Sigre, Il Sigr* Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

* Non mi sono capitate le lettere di V. S. di 23 di Aprile se non alli otto di Maggio, et venendo ogni giorno corrieri di Savoia mi maraviglio che tardino tanto per cammino.

Mi 6 piaciuta infinitamente la lettera che V. S. ha scritta a Sua Santità *, la qual con questo ordinario gli ho mandata con l'altra del Padre Spirito* et tutto il resto delle scritture alligate; et non dubito punto che Sua Santità darà ordini efficaci al Signor Legato che tratti col Re di Francia per la restitutione della Messa nelli balliagi di Gex et Galliard, et spero anco che si habbia da ottener secondo il desiderio di quelle povere anime. Sentirà anco gran gusto Sua Santità della devotione delli novi cattolizati, et in particolare che sia stato capo del buon essempio monsieur de Avully, come si poteva sperare da un cavalliero suo pari.

lo ho scritto efficacemente a monsignor della Novalesa* che faccia proveder della sua prebenda il predicatore di Eviano, et non lasciaró l' instantia finche realmente sia satisfatto. Se succederà pace o tregua presto, presto V. S. sentirà (sic) la provisione necessaria per la riforma delle badie di Savoia, et in particolare di quella d' Aux et dell' Abondantia.

Aspetto con desiderio che V. S. mi avvisi spesso delli progressi di Ciables, et creda certo che io non manco di ricordare perpetuamente a Sua Santità che si trovi qualche modo d' accrescere li predicatori

LETTRES DE M** Jures-CESAR RiccARDI 439

et li curati. Et con questo fine, assicurandola della singolare affettione che iole porto, me le offero et raccommando con tutto l'animo.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo,

G. CEsARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a xit di Maggio 1597.

Avanti ch' io habbia mandata a V. S. questa mia lettera, ho ricevuta l'alligata risposta di monsignor della Novalesa, dalla quale vederà quel che mi risponde intorno al predicatore di Eviano. Et perché io non sono informato di questo fatto, V. S. mi potrà rescrivere tutto quel che passa et quel che sarà conveniente che si dia di elemosina al predicatore.

Al Molto Revdo Sigre, Il Sigr* Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

* Ho mandato a Monsignor Vescovo di Geneva la copia di una * vide Epist. xcvu. lettera di dieci di Maggio che ho ricevuto dal signor Cardinal di Santa Severina, accio intenda la risolutione che Sua Santità ha fatta di rimettere a noi altri di qua il negotio della conferentia di Geneva. Et perché la mia lettera a Monsignor Vescovo, con la suddetta copia del signor Cardinale di Santa Severina, haverà da esser partecipata a V. S. et alli Padri Cappuccini, io non mi estendero in altro se non in dire a V. S. che vorrei ogni giorno, se fusse possibile, avviso di tutto quel che pensano di fare in questo negotio et di quel che hanno in animo, con fondamento. Et insieme aspetto avviso delli theologi che se havessero bisogno per questa conferentia, perche io ho authorità da Nostro Signore di avvalermi di tutti li Religiosi ; et qui in Torino ci sono dei valentissimi Gesuiti, cioé un francese et un italiano, il quale è Rettore del collegio, et quando s' havesse a venire a conferentia et che V. S. giudicasse la venuta loro utile, io li mandarei subito subito. Ma non sono per movermi senza haver raguaglio minutissimo da V. S, et dalli Padri Cappuccini, perche cosi ricerca la qualità del negotio.

ll Padre Cherubino ha havuto licentia da Nostro Signore di poter

* Vide p. 355.

* Vide Epist. xcu.

* Vide p. 296.

scrivere liberamente a quelli di Geneva, et sarà bene che Sua Paternita mi avvisi delle proposte et risposte per poterne dar conto a Nostro Signore. Accusai a V. S. la ricevuta delle ultime sue lettere delli 21 di Aprile( 1), et a Sua Santità furono mandate tutte et presto ne haveremo risposta. V. S., di gratia, si sforzi di scrivermi il piu spesso che sia possibile, per mostrare a Sua Santità che non si perde tempo in un negotio di tanto momento.

Et me le offero et raccommando di cuore.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo,

G. Cesare, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 25 di Maggio 1597.

Al Molto Revde Sigre, Il Sig” Prevosto di Geneva.

(1) La lettre du 31 avril, adressée au Pape par l'intermédiaire du Nonce, était accompagnée d'une autre lettre, datée du 25, écrite au Nonce lui-méme. (Voir la lettre précédente.)

Molto Reverendo Signore,

Monsignor di Blonay * mi ha mandato le lettere di V. S. delli 11 di Aprile*, le quali son capitate ben tardi, poiché non le ho havute se non all' ultimo di Maggio. Questo gentilhuomo non ho anchor veduto, et venendo da me non mancaró di fargli ogni sorte di servitio per le sue qualità et per amor di V. S. che lo desidera.

Circa la conferentia di Geneva io ho scritto a V. S. sei giorni sono a lungo, con un canonico di Geneva che si parti di qua *, et me rimetto a quelle lettere che haveranno havuto buon recapito. Circa l'abbadia d' Aux et d' Abondantia è gia deputato il Visitatore da Nostro Signore, [e] per il decanato di Ciamberi ; ma non si può mettere in cammino per aspettare l’ esito della guerra. Quanto all’ accrescere li curati nel balliagio di Ciables, li Cavallieri dicono che non ci e tanta conversione che sia necessario maggior numero; et perd io vorrei da V. S. un poco piü distinto raguaglio per disponer Nostro Signore a concederci quel che si pretende.

Lerrres De Ms" Juurs-Cësar RiccARDI 441

Et con questo fine, ricordandomele affettionatissimo, me le offero et raccommando di cuore.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo, G. Cesare, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 2 di Giugno 1597.

AI Molto Revio Sig'*, Il Sig" Francesco di Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

* Hebbi il plico di V. S., con tutte le lettere et scritture alligate, di * Vide Epist. xcv, xcv 27 di Maggio, et di mia mano presentai quella che era scritta a Sua Altezza, la qual la lesse con molto suo gusto et mi usó parole verso di lei di tanta amorevolezza che non si puó desiderare maggiore. Quanto a monsieur de Avully, mi assicuró che in ogni modo voleva che li fusse conservato il solito suo loco in quel Consiglio et che fusse restituita la entrata a quel curato che s'era partito; et il signor Ripa * mi ha fatto intendere che dell'uno et dell'altro si è mandato * Vide p. »o:. l'ordine. Et circa questo, rimando a V. S. le lettere et l'attestatione, accio in ogni tempo, come Ella mi scrive, possa monstrare di moversi a quest' officio per puro zelo et ricercata da altri.

Quanto al grano et al vino promessi dalli Cavallieri alli quattro curati et non accettato da lei per esser cattivo, io ne ho fatto gran risentimento con questi signori del Consiglio, li quali mi hanno risposto che non è colpa loro. Et il cavallier Bergera dice in sua giustificatione che obligó a V. S. gli affitavoli per la suddetta somma, et che perd, se non le danno roba buona, Ella li astringa avanti il giudice o governatore, chè con poca fatica haverà quanto l'è stato promesso.

Circa l'accrescere li curati, persistono li medesimi Cavallieri a volerme dare ad intendere che dalle cure loro non ne cavano ducento scudi, et che quasi tutte sono in mano di preti cattolici li quali non vogliono resedere ; et che pero tocca a Monsignor di Geneva, per la sua authorità ordinaria et per quella che io gli communico per ogni bisogno, di constringere li suddetti curati a resedere, et non volendo,

proveder d'altri in suo loco; perché usando questo rimedio, li bal. liaggi verranno provisti di curati a sufficentia.

* Vide Append, D, n. Mando a V. S. un Breve di Nostro Signore* in risposta della lettera che Ella gli scrisse, et per sua consolatione non lasciaró di dirle che Sua Santità l' ama assai et dalla lettere mie vedo che l’ ha in ottimo concetto.

* Vide Ep.xcvn,xcvm. ^ Ho poi ricevuto l'ultime lettere di V. S. di 31 di Maggio * in risposta delle mie di 25, et mi son rallegrato infinitamente d' intendere che Monsignore R7 di Geneva stia meglio della sua indispositione, la quale io havevo intesa con infinito dispiacere. V. S. gli basci le mani da mia parte, et gli dica che procuri di conservarsi sano per beneficio della sua Chiesa et contento de' suoi amici et servitori, fra quali io non cedo a nissuno.

Quanto alla conferentia, poiche hanno ricevuta la copia della lettera del signor Cardinale di Santa Severina et chiamato il Padre Fra Cherubino per concertar del modo, io non replicaró altro se non che starò aspettando d' intender quando doverò mandar li Padri Gesuiti, senza li quali in nissuna maniera desidero che si faccia questa disputa. Et perchè il Rettore di questo collegio di Torino, che è un valente theologo, è italiano et non ha la lingua francese, desidero d'intendere da V. S. se sara a proposito d'inviarlo, o pur sarà più utile che sia francese ; perché nel collegio di Milano ve n'è uno che

* Vide p. 304, not.(3). legge la Scrittura et è un valenthuomo *, et io lo farò venire quando fara di bisogno.

Aspetto l' informatione circa il predicatore di Eviano, la quale sia chiara et distinta, per poter constringere l' Abbate della Novalesa, il quale fugge quanto può di non (sic) far la spesa, non ostante che sia moribondo.

Quanto al pensiero che V. S. mi ha communicato di voler con-

* Vide p. 297, not. (3). correre a quella parocchia che rende 200 scudi *, io non posso se non rimettermi a quello che Ella deliberarà col consiglio di amici, sapendo che a lei non manca né bonta, né spirito, né prudentia. Assicuro ben V. S. che la tenerà per poco tempo, perche Sua Altezza l’ ha destinata a cose maggiori, et se io me trovaro qui nella vacanza sarò diligentissimo procuratore. Intanto io ho supplicato Nostro Signore per la dispensa di poter tener anco il canonicato, et presto se ne haverà risposta et però anco, senza fallo, la gratia.

Circa la licentia di leggere libri prohibiti per il signor Grandis et

* Vide p. 399, not. (1, Roget *, io ne scrissi già al signor Cardinale di Santa Severina, ma

et p-249, 9.0) ^ poi, a confessar la verità, per molte occupationi non ho havuto memoria di sollecitarla. Con quest' ordinario ne ho scritto di nuovo a Sua Signoria Ill" et dimandatola anco per il Padre Fra Cherubino.

Lerrres DE Ms" JuLEs-C&sAR RICCARDI 443

Sua Santità a me ha conceduta facultà di poter dare questa licentia a quelli Padri che interveneranno alla conferentia, et per tempo limitato et per quello effetto solo; et però mi € parso bene di scriver per tutti al signor Cardinale di Santa Severina.

Et con questo fine, salutandola et abbracciandola di cuore, le prego dal Signore Dio la sua santa gratia.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo, G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 16 di Giugno 1597.

Al Molto Revdo Sigre,

Il Sigre Francesco de Sales, Prevosto di Geneva. Annessi.

Molto Reverendo Signore,

* Ho inteso con incredibile mio contento da quest'ultima di V. S. * Vide Epist. cm. [del] xiv di Gennaro la sua convalescenza, et se Ella sapesse la pena ch' io ho sentita del suo male crederebbe che è infinito l'amore che io le porto. Spero che Dio benedetto la conservarà lungo tempo, et l'aspetto per dopo Pasqua con gran desiderio.

ll portator che mi ha consegnata la lettera di V. S. non mi dà tempo se non hoggi a rispondere, di maniera che non ho havuto commodità di trattare con questi signori della Religione per conto di pagare lo stipendio promesso alli curati ; ma lo faró quanto prima et procuraro di mandare a V. S. le provisioni necessarie, Mando a | V. S. la facultà di assolvere li duoi Religiosi della Madonna di Six*, * Vide p. 316. li quali hanno celebrato innanzi il tempo, et insieme di dispensare coloro sopra l' irregolarità contratta.

Con che fo fine, et me le offero et raccommando di tutto il cuore.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo, G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 10 di Febraro 1598.

Spero che non farà bisogno che V. S. arrivi a Roma, perché la Sua Santità ha risoluto di venire a Ferrara dopo Pasqua. lo ho

* Vide Epist. cvi.

* Vide p. 325.

facultà di assolvere dalle censure et dispensar per l' irregolarità di questi duoi Religiosi dummodo non insorduerint per annum, perche in questo caso bisognarebbe andare o mandare a Roma.

Al Molto Revo Sig"* Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

* Insieme con quest’ ultima di V. S. di 17 di Marzo ho ricevuta la lettera di monsieur d' Avully et del Padre Fra Cherubino, le quali mi hanno data infinita consolatione. Intendo il frutto che si va facendo nella religione cattolica, et poiche giovarebbe che s'introducesse in Tonone l'oratione delle Quarant' hore, come giovó ad Annemasse, io laudo assai il parere di V. S. et peró desidero che si esseguisca ; et intanto staró aspettando di intendere quello frutto che ne spero.

Quanto poi alle conclusioni che Ella giudica che sarebbono utili proponere alli ministri heretici, bisogna che in questo caso si cammini con gran prudentia et con altrettanta sicurezza, et sopra tutto che si venga alla disputa non di commissione o authorità di Sua Santità et della Sede Apostolica, ma di Monsignor Vescovo di Geneva, come pastore ; avvertendo pero che vi sia almeno un theologo Gesuita, che a questo fine scrivo le alligate al Padre Rettore di Ciamberi et di Friborgo, acció da un collegio o l'altro si mandi un Padre a richiesta di V. S. et del P. Fra Cherubino : et con la sua assistentia si potrà venire alla suddetta disputa, rimettendomi in tutto, di farla o non farla, alla prudentia sua et del suddetto P. Fra Cherubino.

Ho havuto anco consolatione che il medesimo Padre impugnasse con tanto valore li errori di quel thedesco ministro heretico, quanto Ella mi dice *, et mi sarà caro di havere piu particolarmente raguaglio di tutto quello che passó fra loro.

Con che finisco, et a V. S. mi offero et raccommando con tutto l'animo. '

Di V. S. molto Illustre,

Come fratello affettionatissimo,

G. CESARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 25 Aprile 1598.

La lettera di V. S. mi e giunta tardi, et però V. S. non si maravigli

Lettres DE M** JuLEs-CEsAR RICCARDI 445

della tardità della risposta. Io la sto aspettando con infinito desiderio, et verra a pigliar il possesso di una casa che e sua.

Al Molto Revdo Sigre Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

Molto Reverendo Signore,

Pochi giorni sono fu qui il signor Presidente Fabro, il quale io conobbi con grandissimo mio contento per haver trovato in lui tutte quelle parti di pietà et di dottrina che V. S. mi haveva testificato con le sue di 25 d'Aprile et di 18 di Maggio *. Mi fu bene di gran * vide Epist. ax. dispiacere che non li fosse permesso d'intrare nella cità, per non haverlo potuto honorare nel mio hospitio conforme al suo merito et al mio desiderio.

Trattammo a lungo insieme di tutti li particolari che V. S. mi ha scritti in queste ultime sue, le quali io mandai a Sua Santità, supplicandola instantissimamente a darmi risolutione sopra tutti quelli capi che si contengono in esse. Et per facilitarle con la viva voce del signor Presidente, io l'accompagnai con lettere caldissime al signor Cardinal Aldobrandino, onde io spero ben presto haveremo risolutione sopra tutti li capi ; et almeno io dal canto mio ho fatto tutto quello che dovevo, et sono per fare sempre mentre che staró in questo carico. Ho anco dato ordine al mio agente che ad ogni modo, senza risparmio di spesa, veda di ricuperare le Bolle di V. S. da quel Favretto*, et presto haverà nova se sono spedite. * Vide p. 328.

Mi occorre di dare avviso a V. S. che Nostro Signore mi ha destinato per suo Nuntio ordinario alla corte dell' Imperatore, et commesso che io mi metta quanto prima all’ ordine [pel] viaggio. Io ho replicato a Sua Santità, rendendoli humilissime gratie del concetto che si degna haver di me senza nissun mio merito; ma, con la maggior modestia che ho potuto, le ho rappresentato la mia poca sanità et un lungo catarro che mi ha occupato tutto il lato dritto, et l' evidente pericolo che portarei di stroppiarmi in pochi giorni in quelli freddi di Germania, con disservitio di Sua Beatitudine; oltre che quel carico ricerca tanta gran spesa che sarebbe impossibile di sopportarla. Per le quali ragioni spero che Sua Santità se degnerà di liberarmene, et che la sua infinita benignità non permetterà che io perda questa poca

* Vide Epist. cx.

sanita che mi resta et mi renda per sempre inabile al suo servitio. Di quel che ne seguirà darò parte a V. S., la quale in ogni luogo dove saró la terró impressa nell' animo.

Et me le offero et raccommando di cuore.

Di V. S. molto Reverenda, Come fratello affettionatissimo, G. CEsARE, Arcivescovo di Bari.

Di Torino, a 5 di Luglio 1598.

Prima di haver mandata questa, ho ricevuto l'ultima di V. S. di 13 di Giugno *, che tratta ex professo di far restituire la Messa in Geneva. Io l'ho mandata subito a Sua Santità, con una di Monsignor Vescovo sopra l' istesso proposito, et son certo che Sua Santità abbracciara vivamente l' impresa.

Con lettere ricevute hora hora dal signor Cardinale Aldobrandino sono assicurato che Nostro Signore mi ha liberato dal carico dell’ Imperatore, havendo havuta consideratione alla mia poca sanità, la quale havrei finita di perdere in quelli freddi et in quella sorte di vita ; et il signor Duca mi avvisa in questo punto che Sua Santita li haveva fatta gratia che io potessi continuare con questo carico, et cosi haveró tempo di goder et riverir V. S., come faró sempre.

AI Molto Rôe Sigt* Francesco de Sales, Prevosto di Geneva.

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