‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 55 sur 64 · A LA COADJUTORERIE DE L'ÉVÊCHÉ DE GENÈVE · texte numérisé non relu

A LA COADJUTORERIE DE L'ÉVÊCHÉ DE GENÈVE

CHARLES EMANUEL, par la grace de Dieu Duc de Savoye, Chablais, Aouste et Genevois, Prince de Piedmont, etc.

A tous ceux qui ces presentes verront scavoir faisons qu'estant deuement informé du sainct zele que tres Reverend Pere en Dieu, nostre tres cher, bien amé, feal Conseiller et devot Orateur Messire Claude de Granier, Evesque de Geneve, a de faire colloquer en son Evesché, par coadjutorie ou autrement, homme cappable de telle charge, conforme a nostre intention, qu'a tousjours esté qu'es benefices dependantz de nostre nomination les personnes meritantes soient preferez aux aultres. À ceste cause, ayant remarqué la doctrine, vie exemplaire et autres rares qualitez qui reluisent en nostre tres cher et bien aymé Orateur Messire Frangois de Sales, Prevost de Sainct Pierre de Geneve, heu d'allieurs esgard aux travaux que cy devant il a supportez et a present supporte a la conversion des devoyés de nostre religion riesre nostre Duché du Chablais, de quoy nous sçavons aussy Sa Saincteté estre bien informee, avons par ces presentes, en vertu des concessions et indultz que Nous avons du Sainct Siege Apostolique, icelluy nommé et presenté, nommons et presentons audict Evesché de Geneve, suppliant Tres Sainct Pere le Pape et le Sacré College des Cardinaulx quilz veuillent a nostre nomination prouvoir ledict Messire Frangois de Sales dudict Evesché, soit par coadjutorie ou autrement, luy octroyant les despeches sur ce necessaires.

Et pour meilleure asseurance de nostre volonté, avons signé les presentes de nostre main et y faict apposer nostre seel accoustumé.

Donné au camp de Barreaux *, ce 29* jour d'Aoust 1597. C. EMANUEL.

Visa pour Monsieur le Grand Chancelier : RocHETTE. L. T S. Roxcas.

Revu sur le texte inséré dans le II° Procès de Canonisation,

LETTRES DE CHARLES-EMMANUEL le 449

(1) A Reverend, cher, bien amé et feal Conseiller et devot Orateur, le Prevost de l'Esglise de Sainct Pierre de Geneve, Le Duc de Savoye.

Reverend, cher, bien amé et feal Orateur,

Nous avons receu un singullier contentement de l'asseurance que me donnez par vostre lettre du unziesme du present, de differer les Quarente Heures pour le vingtiesme du present mois *, auquel jour * Cf. p. 360. je ne faudray de me treuver a poinct nommé, sans aulcune aultre sorte de dilation ; ayant esté tres aise de l'expedient qu'a treuvé le sieur de Lambert pour arrester le Pere Cherubin, qu'indubitablement seroit tumbé mallade s'il heust voullu suivre sa deliberation d'aller a Saluces pour rendre son obeissance, que je m'asseure sera excusable aupres de son General, auquel j'en escris la cy enclose pour le prier de le nous laisser pour achever l’œuvre qu'a esté si bien encommencee par luy. Je vous prie de tenir main a ceste deliberation, et je prieray le Createur vous conserver en sa saincte et digne garde.

De Autecombe, le 14 septembre 1598.

CHARLES EMANUEL

Boursier.

Au Prevost de Sainct Pierre de Geneve.

(1) Les cinq lettres qui suivent sont revues sur le texte inséré dans le I°" Procés de Canonisation ; la Lettre VI a été seule publiée par Datta.

A Reverend, cher, bien amé et feal Oratcur, le Prevost de Sainct Pierre de Geneve.

Reverend, cher, bien amé et feal Orateur,

Sur l'advis que Nous avons heu du passage du Legat * par nostre * Vide p. 221. Estat et par le pays de Valley, nous depeschames hier un courrier au Pere Cherubin pour le prier de differer les Quarente Heures jusques

Lsrrass ! 33

* Vide infra, Ep. v, vi.

au [28] du present*, qui sera justement le jour de son arrivee a Thonon. De quoy je recois un tres grand contentement, attendu que nostre attente nous a appourté ce bon heur que d'y avoir un tant principal Prelat, lequel Nous attendrons audict lieu, ou Nous nous acheminerons a l'advantaige ; vous en ayant bien voullu donner [advis] a celle fin, que ce pendant vous vous disposiez a une bonne patience qui se terminera a ladicte venue, sans aultre dilation.

A tant je prie Dieu qu'il vous aye en sa garde.

De Villeneufve[-les-Chambéry |, ce 17 septembre 1598.

Le Duc de Savoye, CHARLES EMANUEL.

Boussire.

Au Prevost de Sales.

A Reverend Pere en Dieu, le Prevost de Sainct Pierre de Geneve.

Reverend, cher, bien amé et feal Orateur,

Par mes antecedentes lettres, vous aurez sceu de la venue du Legat et le desir qu'avons qu'il se treuve aux Quarente Heures, qui les sollempnisera beaucoup plus; et seroit bien marry si pour un peu de temps luy et moy en perdions la commodité. Il sera mardy prochain a Bourg, et de la, il sera dans six jours a Thonon ou Nous nous treuverons un peu advantaige pour l'y reçoipvre. Je vous prie qu'un peu de temps ne nous soit vendu si cher, comme il seroit si : icelle (sic ) se faisoit sans Nous, qui Nous causeroit un regret inevitable. Et si bien je crois que, mes lettres receues, vous aurez changé de deliberation, si n'ay je pourtant voullu laisser de vous en donner advis, priant Dieu qu'il vous aye en sa garde.

De Villeneufve, le 19 septembre 1598.

Le duc de Savoye,

CHARLES EMANUEL

Au Prevost de Sainct Pierre,

LeTTRES DE CHARLES-EMMANUEL [et 451

A Reverend, cher, bien amé et feal devot Orateur, le Prevost de Sainct Pierre de Geneve.

Reverend, cher, bien amé et feal Orateur,

Peu appres la lettre que vous avons escript du jourd'huy est arrivee la vostre du dix huictiesme, qui Nous appourte un tres grand contentement et ensemble remplit de toutte consolation, voyant tant d'ames bien disposees pour se remettre au vray chemin. À quoy Nous sommes tout disposé pour les y assister de nostre presence et y appourter tout ce que Nous pourrons, soit en luminaires que pour fournir a la despense, ainsy qu'escripvons au sieur de Lambert de faire. Si aultre ne retarde le Legat, il s'y treuvera des mardy prochain en six jours, non compris le mardy, et Nous un peu auparavant, ne le desirant pas moingtz que vous.

A tant prions Dieu qu'il vous aye en sa garde.

De Villeneufve, ce 19 septembre 98.

Le Duc de Savoye,

CHARLES EMANUEL

Boursier.

Au Prevost de Sales.

A Reverend, cher, bien amé et feal, le Prevost de Sainct Pierre de Geneve, Le Duc de Savoye.

Reverend, cher, bien amé et feal,

Nous ayant, appres vostre despart, le Reverend Monsieur Louys Perrucard faict apparoir de la nomination faicte en sa personne, des l'annee 1589, lhors que nous estions a Gex, du prieuré de Sainct Jean soubz le vocable de Sainct Jean hors les murs de Geneve, riesre ledict pays, et supplié de ne luy prejudicier en son anterieurité par l'aultre nomination qu'en avons faict au Baron de Viry* : ce que * Vide p. 283

* Vide p. 315.

Nous semblant raysonnable, et estant d'ailleurs bien memoratif des causes que Nous meurent de le faire, Nous a semblé par ce de vous dire qu'ayez a vous desporter de la charge et sollicitation qu'en pourriez faire pour l'union dudict prieuré a la Collegiale de Viry, ains faire instance pour en obtenir les provisions necessaires en faveur dudict Perrucard, docteur es droictz et esleu de Seseri, en escripvant en ceste conformité a monsieur l'Ambassadeur Arconat * et au Cardinal Aldobrandin. De quoy avons voullu vous donner advis, priant Dieu qu'il vous aye en sa garde.

De Thonon, ce vingtiesme novembre 1598.

CHARLES EMANUEL

Boursise.

Au Prevost de Sales.

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