‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 112 sur 130 · Ibid,, partie t, Scbol. de la Propos · texte numérisé non relu

Ibid,, partie t, Scbol. de la Propos

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cédés lents et circonspects de Tûbdervation , 6t aspire ouvertement à tout comprendre, & tout déduire, à tout expliquer. Cette méthode, qui e#ticeHe de Spinozià^ de ses disciples , convieirt en effet |)ttrfeitement au {MI^ ttiéisme, puisqu'elle vi^e % reprod«Ére éê^ms le iïmi géométrique de ses conceptions l'évûMion éteuftelle et ftécessaSre tle Pétre qui est tout.

L'autre méthode , ^sseiiti^llement posKIte y eisiMotàtih femetii humaine, part de Tbonmne, fille y prend «on point d'appui et ne éVtti isép^e jimiais.'Dans son dëveloppidment le "pli» ^bandi > éUe s'm^èle ^uk limita que l'esprit humain ne peut frttûticyr , ^ati^oat <)ù le plein jour Se IVSi^ence falt'idfiii^ % l-idlNieorité du myirtère'et donne carrièfe afux vaines conjectures. Avide de certituile^ de réalité , elte akue mteui rester au besoin im** mobile que marcher ipmtt totnbtair , «t i^le se fésign^aît plus volontiers ft ciMistater vingt m;^ètt^ de pkfô dnns la ttétephysique^qu'à mutiler dans la conseillée ^ub seul ftiit réd. Voilà la méthode inarugurée par Déecartes dians les Méditations; elle est une protestlition anticipée contfe riËMt^ et ootitre toutos 8iâ^«bef«aitians. C^^ la seule barrière, ^i *ë&^ ^u^on puisse M^^rleuiE^nittrt «ppœer au panthéisme; car autant le si^tteaae 4e âpiii^za «at invmcîfole à qui cn.aceorde aveuglément }«s principes^ atftant il e$rt; faible et tuinait» quand, du terrain ite la logique et des^onséquenoeS) on f (appelle sur le véritaMe terrain de la métaphyâèque^ leturrain des ^riiacipes et des ftiits.

tétte différence primitive et fondamèiâtale' entre Des^ cartes et Spinoza en amène une foule d'autres, notamment dans leur manière d'entendre l'âme et Dieu.

La première existence saisie par Descartes, au sortir

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du doute, c*est l'existence Ôèa moi , domme sujet de la pensée. Or, ce n'est point là tin Sujet abstrait» logique , indéterminé , indirectement conçu à la suite d'un rai^ sonnement arbitraire ; c'est ton «^j^t eonctet €t vivant, immédiatement satsi par la conscience et, comme dit Descartes en répondant à des adversaires qui défigurea^ sa doctrine, par im acte simple d'intuition, «ïmp/wtme*tis intuitu \ La pensée et Y^tte qui petise nous sont doih nés du même coup. Le moi te saisit donc dans la pensée et se distingue, commis êlre^pensant, ée tout ce qui n'est pas lui, de son propre corps, et ^e toute la nature.

Que devient ce moi, ce suj«ft et la pensée, un éi simple , vivant et substantif , dans la philosophie de Spinoza? L'aortem* de YÊthtqnc, au lieu de partir d*«n être réel et déterminé, part dfe l'être en général, ùHy comme il dît, de la Strbstawce.^î^est ^elà qu'il prétend déduire tout le reste. Or, de la Substance rien ne se pouf déduire qu'une infinité d'atlributs infinis, lels, par exemple, que la f^en^ée en général et TÉÉendiie en gé^ néral, et de cbacun de «es attributs itiânis rion ne «e peut déduire qtfune infinité de modes finis, tels, pia eiemple, que les modes de la l^sée ou le^ idées «t tos modes de l'Étendue ou lés corps.

Qu'est-ce donc que r*me humaine? elle n^est pas la Substance, puisqu'elle esd quelque chose de tl^MtaA»é et de contingent; elle n*est pas la petisée infinie, puis» qu'elle est limitée dans son intelligence ; il reste qu'elle soit un mode de fo Pensiée. Cette définition, déjà si

1 . le cite le pMMge eiiflsr : « Cmnaéw^Hmim noe mm riêt9giianmi, prime quidem notio est et nullo ayllogitmo concluditur ; neque etiam cvm quis dicit. ego Gogito, ergo aum eive exUto, exietentiam ex cogitations per syllogismurr deducit, eed tanqxMm rem per $e rwtam simplici mentis intuitu (ignoecit.,, [Responsio ad secundat oi|;ec(ton««.— Édition Victor Cousin, tome I, pa^4S7.<

étrange, n'est pas et ne pouvait pas être le dernier mot de Spinoza. Si en effet l'âme était un mode unique, un mode simple de la pensée infinie, il n'y aurait en elle aucun changement, ni même aucune sorte de variété possible. Or Spinoza veut bien admettre qu'il y a dans l'âme humaine une vie, un développement; mais alors qu'estelle donc? non plus un mode de la Pensée, mais un assemblage de modes, non plus une idée, mais une collection d'idées '. Par cette conséquence ouvertement acceptée, Spinoza efiace de sa doctrine le dernier vestige de l'unité du moi. £t il est clair que la méthode géométrique ne lui fournissait aucune autre hypothèse. S'il n'y a au-dessous de la Substance et de ses attributs que des modes, ou bien l'âme sera un mode simple, indivisible, immobile, ou elle sera un assemblage de modes dépourvus de tout enchaînement interne, de tout lien substantiel.

Entre une âme sans variété et sans vie , comme le point des géomètres, et une âme sans unité réelle, comme le nombre des mathématiques, Spinoza n'avait pas le choix. Voilà ce qu'est devenue entre les mains du disciple infidèle la doctrine du maître, ce moi réel et vivant du Cogito ergo mm, qui d'abord prend possession de lui-même, et s'assure de son être propre et de l'unité de sa pensée, avant de s'élever au principe de la pensée et de l'être, à cette unité absolue de toutes les perfections qui est Dieu.

Saisi du sein de la conscience, le Dieu de Descartes est j [ un Dieu réel, déterminé, vivant. Ce Dieu a des attributs effectifs, qui lui appartiennent en propre, dont l'ensemble

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