‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 111 sur 130 · Lettre à Oldenhur%, tome III, p. 350 et suivantes · texte numérisé non relu

Lettre à Oldenhur%, tome III, p. 350 et suivantes

INTRODUGTiœf. 233

est, au contraire, pour Spinoza, la méthode légitime, la méthode universelle. C'est au point qu'au moment d'aborder un problème qui est par excellence un problème d'observation, l'analyse de ce qu'il y a au monde de moins géométrique, les passions du cœur humain, il dit avec un calme imperturbable : « Je vais donc traiter de la nature des passions, de leur force et de la puissance dont l'âme dispose à leur égard, suivant la même méthode que j'ai précédemment appliquée à la connaissance de Dieu et de l'âme , et j'analyserai les actions et les appétits des hommes , comme s'il était question de lignes, de plans et de solides ^ »

Qu'on vienne maintenant opposer à ce géomètre du cœur humain un fait de conscience, et par exemple le sentiment invincible que chacun de nous a de sa liberté, il se récrie , il s'indigne , il accuse ses adversaires de sortir des régions élevées de la science pour l'attirer sur le terrain des préjugés vulgaires, de mettre leur imagination à la place de leur raison, et, pour tout dire, de rêver les yeux ouverts '.

Descartes et Spinoza, les Méditations et Y Éthique, nous représentent donc , non point une même méthode , appliquée avec plus ou moins de mesure, mais la lutte des deux méthodes contraires qui se disputent, depuis trois siècles , l'empire de la philosophie moderne : Tune , qui, se plaçant d'emblée dans l'absolu, prétend saisir sans point d'appui le principe premier des choses et en déduire le système entier de l'univers, méthode altière qui foule aux pieds les faits, regarde en pitié les pro-

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