Principes, part
8. Citons le passage des Principes tout entier. U montre sous son Trai jour et dans ses Traies limites l'exclusion des causes finales tant reprochée à Descartes : «... Encore que ce soit une pensée pieuse et bonne en ce qui regarde les mœurs^ de croire que Dieu a fait toutes choses pour nous, afin que cela nous excite d'autant plus à Taimer et à lui rendre grâce de tant de bienfaits, encore aussi qu'elle •oit Traie en quelque sens, à cause qu'il n'y a rien de créé dont nous ne puissions tirer quelque usage, quand ce ne serait que celui d*exercer notre esprit en le Considérant, et d'être incités à louer Dieu par son moyen, il n'est toutefois aucuue- Qaent vraisemblable que toutes choses aient été faites pour nous, en telle façon que Dieu n*ait eu aucune autre fin en les créant; et ce serait, ce me semble, être impertinent de se Touloir servir de cette opinion pour appuyer des raisonnements de
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êtres de nature ont leur loi et leur fin, qu'une sagesse et une économie singulières sont surtout sensibles dans le mécanisme de l'organisation animale \ et enfin que ce monde est Touvrage d'un Créateur dont U puissance, la sagesse et la bonté incomparables sont le plus digne objet de nos contemplations, et font naître dans Tâme du vrai philosophe une source d'émotions pures et ravissantes ^
Tel est le Dieu de Descartes, le Dieu de la conscience, le Dieu du Cogito ergo sum. Lisez maintenant la.première partie de Y Éthique et cherchez-y le Dieu de Spinoza. Ce Dieu, c'est la Substance, l'Être en soi et vpar soi. Cett^^-« Substance a4-elle des attributs? oui, répond Spinoza r .' eUe a une infinité d'attributs infinis; mai&nous n'en con — .M3naissons que deux, qui sont la Pensée et l'Étendue.
Voilà deux attributs qui sont contradictoires et qu^ .mlj^ Descartes n'eût jamais consenti à associer ' ; maispoursuS -Kui vons : la pensée divine, pour Spinoza, est-elle une pensé» ^^éi réelle et vivante, une intelligence? en d'autres termes^ ^s Dieu a-t-il des idées ? Spinoza répond résolument non. .k^ ^ ses yeux, les idées sont des modes, des choses finies ^s, multiples, changeantes. Elles appariiemieiit aux régiond^viis inférieures de l'univers, ou suivant son lafigagebisaroKi^e et expressif, à la nature naturée*, EnIM&û, daïii^latia/cfi^ ^re naturantey il n'y a que la pensée infinie, todétwMftiniSg ■'i^Py vide d'idées, la pensée sans l'entendem^it ^
pkymque, cai nous ne saurions douter qu'il ti'y ait une in&tifté de âiosta qfd t tÊÊàmieuuxi dans le monde, eu bien qui y ont été outrtfois, et ont déjà entir ■nat «essé d'être, sans qu'aucun homme les ait jamais Toes ou connttes, et i qu'eUea lui aient jamais servi à aucun usage. • {Principes, part, 3, § 3.}