Éthique, part. 2, Schol. de la Propos. XL
fi ïwnmvanKm^
pêartme eicpérienee vague que je sais que je dois iitourir;> car si j'affirme cela, c'est que j'ai vu mourir pluaieurs de mes semblables, qum<|i!E^iis n'adeni paS' toiïs vécu le même espace de temps ni succombé à la même maladie^ Je sais de la nxème msmière que l'huile a- la vi^tu de ftouanrir la flamme et Feau celle de l'éteindre, et en générai towteslies choses qui se Bs^postent à l'usage ordinaire de la vie.
Le piremier g^ufe de cennuissanee, utile pour la vie f tt'est d'aucun pris pour kr science. Il atteint les accidents, la surfkc^ deis> ekosies^ non leur essence et leur fond. Livré à igam mobilité perpétuelle^ ouvrage de la forto»e et du hasard, et non^ de l'activïté interne de la pensée,^ il agite et ^eeupe râaiev mais, ne l'éclairé pas. C'est ki source des p«»sîoiis( mauvaises cpii jettent sans cesse leur ondore sij^ le» iodées pures de l'entendement» arrachent ràm»6 k elle^^ftéme, la (Mspersent en quelque sorte vers les choses sixtérieures et troublent la séréoité (io ses eontem^kiâoiie.
La connaissainee du seeond ge»re est un premier effort pour se dégager des tàièbves dn. monde sensible. ËUe consiste à rattacher ism effet à sa cause, un phénomène à sa loi, une conséquence à son principe. C'est le prcK cédé des géomètres, qui ramènent les propriétés des nombres, des âgutesi, k u» syst^e régulier de proposi*' tiens simples^ d'aixiMieSf iAcovIestables. £n général» cfest la raison discursive, par laquelle l'esprit humain», aidé de l'analyseet de la synthèse,, monte du particulier au général f redescend du général an particulier , pouf aeerottre sans cesse , pour éelaircir et pour encluÉder de plus en plus ses connaissances.
Que manque-4*il à ce genre de perceptien? une seule
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chose , mais capitale. La raison discursive, le raisonnement, tout infaillible qu'il soit, est un procédé aveugle. n explique le fait par sa loi, mais il n''expUque pas cette loi. Il établît la conséquence par les principes ; mais les principes eux-mêmes, il le» accepte sans les établir. H fait de nos pensées une chaîne d'une régularité parfaite, mais il n'en peut fiier ïe premier anneau.
IT y a donc au-dessus du raisonnement une faculté supérieure, c'est là faîsôn, dont Tobjet propre est TÊtrei en soi et par iJoi.
Spinoza éclaircit ces c(tiatre modes de perception par un ingénieux exemple : Trois nombres, dit-il*, sont donnés; on en cherche un quatrième qui soit au troisième comme le second est au pTemîer. Nos marchands disent qu'ife satent fort bien ce qu'il y a à feire pour trouver cre quatrième nombre; ils n'ont pas, en effet, encore oublié Topérafion qu'ils ont apprise de leurs maîtres, l'aqueUte est, bien entendu, tout empirique et sans démonstration. D'autreB tirent de quelques cas particuliers empruntés à l'expérience un axiome général. Us prennent un exemple comme celuî-cî : 2 : 4 : : î : 6; ils trouvent parTexpérience que, le second de ces nombres étant muKîpIïé par le trois^tëme, fe produit divisé par ïe premier dontie 6 pour quotient ; et ils concluent de là qu'une opération semblable est bonne pour trottter tout quatrième nombre proportîonwel. Quant aux mathématiciens, ils savent, par ïa démonstration de la XIÏ» Roposifion du livre vu d^Euclîde, quels nombres sont proportionnels entre eux ; ils savent, par la nature même et par les propriétés de la proportion, que te produit du