Ibid; page
W DnEOBVCTlOlf*
ptr conséquent le plus yide de tous * ; elle se confondrait avec ridée vague et confuse d*ètre pur, universeU sans réalité et sans fond r pensée creuse et stérile, fioitôaie indécis, ouvrage des senfret de Timagination épuisée'.
La Substance est indétenninéev en ce sens que toute' détermination est une limite et toote limite une négah tion'; mais elle est profondément et nécessairenaent détermittée, en ce sens qu'elle est réelle et parfaîCe, et possède à ce titre d^ attributs nécessaires, tellemeat unis à son essence qu'ils n'en peuvent être séparés et n'en sont pas mette distingués en réalité ; carftfisirleS' attributs, vous ôtez l'essence de la Substance, vous MW la Substance elle-même.
La Substance, l'Être infini^ a donc nécessairement des attributs , et chacun de ces attributs exprime à sa ma* nière Fessence de la Substance. Or, cette essence eM il- «finie, et il n'y a que des attributs infinis, qui puissent exprimer une essenoo'iBânie. Chaque attribut de la Substance est donc nécessairement infini. Mais de quelle Bifinité? d'une inAftité relatifve et non absolue. Si e* effet ttn attribut de Ha S^staneo était absolument infini^ il serait donc l'Infini, il serait la Substance elte-m^ftûse. Or il Bfest pas la Substance, mai^ une manifesfeii^n' die'la Sufestance, dislAft^te de tou<te autre msmifestation^, parfis cuîîère et déterminée par conséquent, parfaite et infinie^ en elle-même, maii» dans un gem^e particiriier ef déCM^»* miné d^inâiiité et de perfection
iimsi, la Pensée est un attribut de la Suibstffieieé; c#
!. Ethique, part. 2, Schol. i de la Propos. 40. — Comp. /Wrf.. part. 4, Préambule. '
2. Éthiquej part. 2, ScUol. 1 delà Propos. 40. a. Lettres, tome III, pages 416, 417, 418.
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elle e$t une manifestation de TÉtre. La Pensée est donc infinie. Mais la Pensée n*est pas l'Etendue, qui est a?Hu une manifestation de TÊlre et par conséquent un autre attribut de la Substance. De même» l'Étendue n'est pas la Pensée. La Pensée et l'Étendue sont donc infinies, mais d'une infinité relative, parfaites, mais d'une perfection déterminée; elles sont donc, pour ainsi parler, parfaites et infipies d'une perfection imparfaite et d'une infinité finie.
La Substance seule est l'Infini en soi,^ le Parfait en soi^ f El£re plein et absolu. Or, il ne sûfiit pas que chacpja attribut de la Substance en exprime, par son infinité relative, l'absolue infinité; il faut, pour exprimer absolument une infinité vraiment absolue, non-seulement des attributs infinis, mais une infinité d'attributs infinis. Si un certain nombre, un nombre fini d'attributs infinis, exprimait complètement Tessence de la Substance, cette essence ne serait donc pas infinie et inépuisable; il y aurait en elïe une limite, une négation, sinon dans chacune de ses manifestations prise en elle-méme^au moins dans sa nature et dans son fond. Or, il y a contradiction que le fini trouve place dans ce qui est l'Lafini même , ef que quelque chose de négatif puisse pénétrer dans ce qui estFabsolu positif, l'Être. Ce qui n'est infini que d'une manière déterminée n'exclut pas, mais au contraire implique quelque négation; mais l'Infini absolu implique au contraire la négation de toute négation. Tout nombre, si prodigieux qu'on voudra», d'attributs infinis est donc infiniment éloigné de pouvoir exprimer l'essence infinie de la Substance, et il n'y a qja'une infinité d'attributs infinis qui soit capable de représehter d'une maaiène^ adéqjiate une nature qui n'est pa» seulement infiBie^
mais qui est l'Infini même, ITufini absolu, Flnfini infiniment infini.
La Substance a donc nécessairement des attributs, une infinité d'attributs, et chacun de ces attributs est infini dans son genre. Or un attribut infini a nécessairement des modes. Que serait-ce en effet que la Pensée sans les idées qui en expriment et en développent l'essence? que serait-ce que l'Étendue sans les figures qui la déterminent, sans les mouvements qui la diversifient? La Pensée et l'Étendue ne sont point des universaux, des abstraits, des idées vagues et confuses ; ce sont des manifestations réelles de l'Être; et l'Être n'est point quelque chose de stérile et de mort, c'est l'activité, c'est la.vie. De même donc qu'il faut des attributs pour exprimer l'essence de la Substance, il faut des modes pour exprimer Fesacnce des attributs; ôtez les modes de l'attribut, et l'attribut n'est plus, tout comme l'Être cesserait d'être, si les attributs qui expriment son être étaient supposés évanouis.
Les modes sont nécessairement finis ; car ils sont multiples. Or si chacun d'eux était infini, Vattribut dont -ils expriment l'essence n'aurait plus un genre unique et déterminé d'infinité; il serait l'Infini en soi, et non tel pu tel infini; il ne serait plus l'attribut de la Substance, mais la Substance elle-même. Le mode ne peut donc exprimer que d'une manière finie l'infinité relative de l'attribut, comme l'attribut ne peut exprimer que d'une manière relative, quoique infinie, l'absolue infinité de la Substance.
Mais l'attribut est néanmoins infini ep lui-même, et l'infinité de son essence doit se faire reconnaître dans ses manifestations. Or, supposez qu'un attribut de la
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Substance n'eût qu'un certain nombre de modes, cet attribut ne serait pas infini, puisqu'il pourrait être épuisé; il y a contradiction, par exemple, qu'un certain nombre d'idées épuise l'essence infinie de la Pensée," qu'une étendue infinie soit exprimée par une certaine grandeur corporelle, si prodigieuse qu'on la suppose.
La pensée infinie doit donc se développer par une infinité inépuisable d'idées, et l'étendue infinie ne peut être exprimée dans sa perfection et sa totalité que par une variété infinie de grandeurs, de figures et de mouvements.
Ainsi donc, du sein de la Substance s'écoulent nécessairement une infinité d'attributs, et du sein de chacun de ces attributs s'écoulent nécessairement une infinité de modes. Les attributs ne sont pas séparés de la Substance, les modes ne le sont point des attributs. Le rapport de l'attribut à la Substance est le même que celui du mode à l'attribut; tout s'enchaîne sans se confondre, tout se distingue sans se séparer. Une loi commune, une proportion constante, un lien nécessaire retiennent éternellement distincts et éternellement unis la Substance, l'Attribut et le Mode; et c'est là l'Être, la Réalité, Dieu.
Voilà ridée-mère de la métaphysique de Spinoza. On ne peut nier que ce vigoureux génie ne l'ait développée avec puissance dans un riche et vaste système, mais il s'y est épuisé et n'a jamais dépassé l'horizon qu'elle lui traçait.
Ce qu'on doit surtout remarquer dans cette première esquisse du système, c'est Tefiort de Spinoza pour n'y laisser pénétrer aucun élément empirique, aucune donnée de la conscience et des sens; tout y est, à ce qu'il lui semble, strictement rationnel, nécessaire, absolu.
Cette sévérité dans la déduction [à laquelle Spinoza n'a
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pas toujours été fidèle), lui était imposée parla méthxte qu'il avait choisie; elle consiste, comme on Ta tuv à sa dégager des impressions passives et confiises des senty 'des fausses clartés dont riroagination nous abuse al noue séduit, pour s'élever, par l'activité interne de la pensée^ à la région des idées claires, et pénétrer d^idée e& idée jusqu'à l'idée suprême, l'idée de l'Être parfait Parvenu à ce sommet des intelligibles, le philosophe doiiy saàtir d'une main ferme les premiers anneaux de la chaîne de» êtres, et en parcourir successivement tous les anneiaat inférieurs, sans-jiamaifri&eiidrprise, jusqu'à ce queVMdre entier des choseS'Soit claûr à ses yoliX;.
L'expérience n'a rien à faire ici * ; elle ne pourrait que troubler de ses ténèbres la pureté de l'intuition ior tellectuelle et arrêter, par la force de ses impressions et la; séduction de ses prestiges, le progrès de la déduction métaphysique. Ck>mme la dialectique platonicienne, la méthode de Spinoza exclut toute donnée sensible; elle part des idées, poursuit avec les idées, et c'est encore par les idées qu'elle s'achève et s'accomplit •.
Si Spinoza n'avait pas &w le dessem prémédité de se passer de l'expérience, si, pour ainsi parler, il ne s'était pas mis un bandeau devant les yeux pour n'y point regarder, aurait-il construit le système entier des êtres avec ces trois seuls éléments : la Substance, l'Attribut et le Mode?
Certes, s'il est une réalité immédiatement observable pour l'homme, une réalité dont il ait le sentim^^t éner*