Éthique, de Dieu, Schol. de la Propos
2. On pense involontairement à l'éloquent passage de Bossuet : • L*impie demande : Pourquoi Dieu est-il? Je lui réponds : Pourquoi Dieu ne serait-il pas? Est-ce à cause qu'il est parfait, et la perfection est-elle un obstacle à l'être? Erreur insensée ! au contraire, la perfection est la raison d'être... Mon âme^âme raisonnable, mais dont la raison est si faible, pourquoi veux-tu être et que Dieu ne soit pas ? Hélas! vaux-tu mieux que Dieu? Ame faible, âme ignorante, dévoyée, pleine d'er-
En un autre endroit, Spinoza résume sa doctrine d'un seul trait rapide et profond : « Si Dieu n'existait pas, la pensée pourrait concevoir plus que la nature ne saurait fournir'. »
Il est prouvé qu'il existe une Substance; mais en peut-il exister plus d'une? Spinoza prouve très-solidement que cela est impossible.
« Il ne peut exister, dit-il, et on ne peut concevoir aucune autre substance que Dieu *. En effet, Dieu est l'être absolument infini, duquel on ne peut exclure aucun attribut exprimant Tessence d'une substance *, et il existe nécessairement^. Si donc il existait une autre substanoe que Dieu, elle devrait se développer par quelqu'un des attributs de Dieu , et de cette façon il y aurait deux substances de même attribut, ce qui est absurde *. Par conséquent, il ne peut exister aihcune autre substance que Dieu, et on n'en peut concevoir aucune autre : car, si on pouvait la concevoir, on la concevrait nécessairement comme existante, ce qui est absurde (par la première partie de cetta démonstration]. Donc aucune autre substance que Dieu ne peut exister ni se concevoir. »
A coup SÛT , cette démonstration est d'une rigueur
reurs et dMncertitndes dans ton intelligence, pleine, dans la volonté, de faibleae, d*égaremeutj de corruption, de mauvais désirs, faut-il que tu sois, et que la certitude, la compréhension, la pleine connaissance de la Térité et Tamour iranmiUe de la justice et de la droiture ne soit pas? [Élévations, i'* semaine, Élév. 1.)
1. De la Bé forme de l'Ent., tome ni, page 329, note 2. — Il est corieux de Toir Oldenburg adresser â Spinoza, contre la preuve a priori de resdstenoe de Dieu, les mêmes objections que Gaunilon élevait contre saint Anselme, et que Gttsendi renouvela plus tard contre Descartes. — Comp. Oldenburg, Lettrtê à Spi' noza, tome III^ page 352 sqq. — Gaunilon, Liber proinsipiente, dans samt Anselme. 0pp., éd. dom Gerberon. — Gassendi, Objections cinquièmes coatre kl Méditations.