Ibid., chap. iy, tome II, page 76 et suit
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ne sont bonnes que par le fait d*une institution qui nous les impose, ou en tant que symboles de quelque bien réel, elles sont incapables de perfectionner notre entendement; ce ne sont que de vaines ombres qu'on ne peut mettre au rang des actions véritablement excellentes, de ces actions, filles de l'entendement, qui sont comme les fruits naturels d'une âme saine *. » Enfin, le quatrième caractère de la loi divine, c'est que le prix de l'avoir observée est renfermé en elle-même, puisque la félicité de l'homme comme sa règle, c'est de connaître et d'aimer Dieu d'une âme vraiment libre, d'un amour pur et durable; le châtiment de ceux qui violent cette loi, c'est la privation de ces biens, la senritude de la chair, et une âme toujours changeante et toujours troublée ^
Que deviennent, avec de pareils principes, la Révélation proprement dite, les Prophéties, les Miracles, les Mystères, le Culte? Il est aisé de pressentir que rien de tout cela ne peut avoir aux yeux de Spinoza aucune valeur intrinsèque et absolue. Toutefois, ce serait se tromper complètement que de voir dans l'auteur du Traité théologico-politique un ennemi des institutions religieuses. Spinoza est aussi éloigné de la haiiie de la religion qu'il peut l'être de l'orthodoxie. Rationaliste exclusif, ce n'est point, il est vrai, l'esprit de Descartes et de Malebranehe qui anime sa philosophie des religions ; mais c'est moins encore peut-être l'esprit de Voltaire. Spinoza respecte le sentiment religieux sous toutes les formes qu'il a revêtues. Il croit qu'un culte est nécessaire au genre humain.