‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 23 sur 96 · I - tiiti;« «»^ ifT'.iiïw -'*:. 'a.; .n — ' i-s. t · texte numérisé non relu

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ÎW LA VIE DE SPliXOZA

L'année 466i il mit sous la presse les Principes de philosophie de M. Descartes démontrés géométriquement, première et seconde partie : Renati Descartes Principiorum philosophiœ pars prima et secunda more geometrico demonstratœy qui furent bientôt suivis de ses Méditations métaphysiques, Cogitata metaphysica; et s'il en fût demeuré là, ce malheureux homme aurait encore à présent k réputation qu'il eût méritée de philosophe sage et éplairé.

L'année 4665 il parut un petit livre \u-\3i qui avait pour titre Lucii Antistii Constantis De jure Eccksiasticorum^ Âlethopoli, apud Cajum Yalerium Pennatum : Du Droit des Ecclésiastiques, par Lucius Antistius Conslans, imprimé à Aléthopole, chez Gaïus Valerius Pennatus. L'auteur s'efforce de prouver dans cet ouvrage que le droit spirituel et politique que le clergé s'attribue et qui lui est attribué par d'autres ne lui appartient aucunement ; que les gens d'église en abusent d'une manière profane, et que toute leur

dule s'en imagine. Il croyait que plus nous connaisMons Dieo, pins nous mattreH de nos passions, , que c'est dans cette connaissance qu'on trouve le p«fait acquiescement de Tesprit et le véritable amour de Dieu, en quoi conîiilt notre salut, qui est la béatitude et la liberté.

» Spinoza avait d'ailleurs dans ses entretiens un air si engageant et des comparaisons si justes, qu'il faisait tomber insensiblement tout le monde de son opinion. Il était persuasif, quoiqu'il n'afTeotât de parler ni poliment ni élégamncst. II se rendait si intelligible, et son discours était si rempli de bon sens, que nul a< l'entendait qu'il n'en demeurât satisfait. Ces beaux talents attiraient chez Initoutrt les personnes raisonnables, et en quelque temps que ce fût, on le trouvait d'nae humeur égale et agréable.

M De tous ceux qui le fréquentaient il n'y en avait pas un qui ne lui témoigmit un(> amitié particulière ; mais comme il n'est rien de si caché que le rœur éè l'homme, on a vu par la suite que la plupart de ces amitiés étaient feintes; ceoz qui lui étaient les plus redevables, l'ayant traité, sans aucun sujet, ni appaieat ni véritable, de la plus ingrate manière qui se puisse imaginer.

•I Ces faux amis qui l'adoraient en apparence le déchiraient sous maia, soit pour s'acquérir de la réputation, soit pour faire leur cour aux pninaaces qai n'aiment que les valets, et qui redoutent des conseillers et des amis tafei, et ks gens d'esprit. Un jour ayant appris qu'un de ses plus grands admirateart tâchsit de soulever le peuple et le magistrat, il répondit sans émotion : Ce n'eût pu fêMjouni'hui que la vertu coule cher; ce ne sera pas la médisance qui me la/erui i/onner. Quoiqu'il n'y ait point de blessure plus dangereuse qne celle de la di.oance, ni moins facile à supporter, on ne l'a jamais ouï témoigner aucun timent contre ceux qui le déchiraient.

•«Outre qu'il n'était pas d'une complexion fort robuste, ta grande appUcatîM aidait encore à l'affaiblir ; et comme il n'y a rien qui desséche tant que les wettk* les kiennes étaient devenues presque continuelles par ses ardentes ntéditatkms. ** bien qu'après avoir langui les dernières années de sa %'ie. il la finit an miUrn ik «^ «•ourse. "

PAR COLLftUS. 29

autorité dépend entièrement de celle des magistrats ou souverains qui tiennent la place de Dieu dans- les villes et républiques où le clergé s'est établi ; qu'ainsi ce n'est point leur propre religion que les pasteurs doivent s'ingérer d'enseigner, mais celle que le magistrat leur ordonne de prêcher. Tout ceci, au reste, n'est établi que sur les principes mêmes dont Hobbes s'est servi dans son Levia^ Hian.

M. Bayle nous apprend > que le style, les principes et le dessein du livre d'Antistius étaient semblables à celui de Spinoza qui a pour titre Tractatus theologico-politicus; mais ce n'est rien dire de positif. Que ce Traité ait paru justement dans le même temps où Spinoza commença d'écrire le sien , et que le Tractatus theologicopoliticus ait suivi peu de temps après cet autre Traité, n'est pas une preuve non plus que l'un ait été l'avant-coureur de l'autre. Il est très-possible que deux personnes entreprennent d'écrire et d'avancer les mêmes impiétés ; et parce que leurs écrits viendraient à peu près en même temps, il n'y aurait pas lieu pour cela d'en inférer qu'ils seraient d'un seul et même auteur. Spinoza lui-même, interrogé par une personne de grande considération s'il était l'auteur du premier Traité , le nia positivement; ce que je tiens de personnes dignes de foi. La latinité des deux livres, le style et les manières de parler ne sont pas non plus si semblables comme on prétend : le premier s'exprime avec un profond respect en parlant de Dieu ; il le nomme souvent Dieu très-bon et très-grand, Deum ter optimum maximum. Mais je ne trouve de pareilles expressions en aucun endroit des écrits de Spinoza.

Plusieurs personnes savantes m ont assuré que le livre impie qui a pour titre l'Ecriture sainte expliquée par la Philosophie^ Philowphia sacrœ Scripturœ interpres^y et le Traité dont nous avons fait mention venaient l'un et l'autre d'un môme auleur, à savoir, L.. M... Et quoique la chose me semble fort vraisemblable, je la laisse pourtant au jugement de ceux qui peuvent en avoir une connaissance plus particulière.

(]e fut en l'an 1670 que Spinoza publia son Tractatus theologicopoliticus. Celui qui l'a traduit en ilamand a jugé à propos de Tin-

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