Voyez Ethique, part. 5, Propos. XXï V et auiv
autre chose que connaître une des propriétés de cette cause) : à mesure que nous connaissons davantage les choses naturelles, nous connaissons d'une façon plus parfaite l'essence de Dieu, laquelle est cause de tout le reste. Et, par conséquent, toute la connaissance humaine, c'est-à-dire le souverain bien de l'homme, non-seulement dépend de la connaissance de Dieu ; mais y est contenu tout entier. Cette conséquence du reste peut aussi être déduite d'un autre principe, savoir : que la perfection de l'homme croit en raison de la nature et de la perfection de l'objet qu'il aime par-desaus tous les autres, et réciproquement. D'où il suit que celui-là est nécessairement le plus parfait et participe le plus complètement à la souveraine béatitude, qui aime par-dessus toutes choses la connaissance intellectuelle de l'être le plus parfait, savoir, Dieu, et s'y complais de préférence à tout le reste. Voilà donc notre souverain bien, voilà le fond de notre béatitude : la connaissance et l'amour de Dieu. Ce principe une fois posé, tous les moyens nécessaires pour atteindre la fin suprême des actions humaines, je veux dire Dieu, en tant que nous en avons l'idée , peuvent très-bien s'appeler des commandements dé Dieu, puisque l'emploi de ces moyens nous est en quelque sorte prescrit par Dieu même, en tant qu'il existe dans notre âme ; et, par conséquent, la règle de conduite qui se rapporte à cotte fin peut aussi très-bien recevoir le nom de Loi Divine. Maintenant, quels sont ces moyens? Quelle est la règle de conduite qui nous est imposée pour atteindre à cette On? Comment TÉtat y trouve-t-il son plus solide fondement? Ce sont là des questions qui embrassent la morale tout entière. Or, je ne veux traiter ici de la loi divine que d'une manière générale.
Puisqu'il est établi maintenant que l'amqur de Dieu fait la suprême félicité de l'homme et sa béatitude S qu'il est la Gn dernière et le terme de toutes les actions humaines, on doit conclure que celui-là seul observe la loi divine, qui prend soin d'aimer Dieu, non par crainte du châtiment ou par amour d'un autre objet, comme la gloire ou les plaisirs célestes; mais par cela seul qu'il connaît Dieu, ou encore parce qu'il sait que la connaissance et l'amour de Dieu sont le souverain bien. La loi divine est donc