Ilébraïsme, qui signifie la vie. [Note dé Spinoxm
THÉOLOGieO-POUTIQUE. 1 27
h $age$se, e^ $i va\i$ wm 9ùumetiez à Vintdligmce alors vous
comprendrez la crainte de Dieu, et vous trouverez la science de D/etf (ou, pour mieux traduire, ["amour de Dieu, car le moi jadah a les denx sQns). Ce$t Dieu en effet qui donne la sagesse, et la science et la prudence (sortant) de sa ^uche, » Il résulte évidemment de ces paroles : premièrement, que \s^ sagesse , c'est-à-dire Tintelligeiiçe , nous apprend seule ^ craindre Dieu raisonnablement ; en d*autrçs (ermes, à lui rendre un culte vraiment religieux; secon- 49ment, qup la sagesse et la science coulent de la bouche de Dieu, et que c'est Dieu qui nous les dispense. Or, c'est là ce que nous avons établi npus-même çi-dessus, en montrant que notre enten- ^ dément et notre science dépendent de Id seule idée ou connaissance de Dieu, et qu'elles ont en pe((e idée leur origine et leur dernier terme.
Salomon continue (vers. 9) d'enseigner, dans les termes les plus formels, que ce(te scj^ncp de Djeu contient la vraie morale et la vraie politique , qiji n'ei) sont qu'unç déduction : a Cest alors , dit-il, que vous comprendrez la justice, et le jugeni^t, et les voies droiteSj (et] tout bon sentier, d £t il ajoute encore pour plus de clarté : « Quar\d la sçiencs entrera dans votr^ cœur et que la sagesse vous sera doi^çe , alors votre prévoyance * veillera sur vous , et votre pnidenee vous garderc^. » Tout cela est parfaitement d'accord avec la science nalurelle: car ce nest qu'après avoir connu la nature des choses et déjà goûté l'excellence de |a science, qu'il est possible de poser les bases de la morale et de comprendre la véritable vertu. Nous pouvons également con6rmer par les paroles de Salomon ce principe, que. le bonheur et la tranquillité de l'homme voué à la culture de l'intelligence que la nature lui a donnée , dépendent moins de la fortune (c'est-à-dire du secours extérieur de Dieu) que de sa vertu intérieure (c'est-à-dire du secours intérieur de Dieu) ; en d'autres termes, que c'est surtout par la vigilance, l'action et le bon conseil qu'il parvient à se conserver.
Je ne dois point passer ici soûs silence un passage de Paul, dans le chap. i^*", vers. 20, de VEpiire aux Romains, où il est dit (je me sers ae la traduction donnée par Tremellius d'après le texte syria-
1. L*t)ébreu porte t»ezima, qui signifie proprement ré/Uxion, délibération, tngilanee. [Noie de Spinoza.)
que) : a Les profondeurs invisibles de Dieu^ sa puissance et sa divinité étemelles, sont devenues visibles dans ses créatures depuis le commencement du monde, et ainsi ceux çiit ne les voient pas sont ineoDcusables. C'est dire , ce me semble, assez clairement que tout homme comprend par la lumière naturelle , la force et la divinité éternelles de Dieu , et peut déduire de cette connaissance ce qu*il doit fajre et ce qu*il doit éviter : d'où' Paul tire la conclusion que tout homme qui ne suit point cette lumière est inexcusable et ne peut prétexter son ignorance. Or, il en serait tout autrement si Paul entendait parler d'une connaissance surnaturelle de Dieu , de la passion et de la résurrection du Christ selon la chair , et autres vérités semblables. Aussi le voyons-nous poursuivre en ces termes (vers. 24) : « C'est pourquoi Dieu les a abandonnés à Vimmonde concupiscence de leur cceur. » Et il continue ainsi jusqu'à la fin du chapitre à décrire les vices qui naissent de l'ignorance et qui en sont la punition. Or, cette doctrine s'accorde à merveille avec ce proverbe de Salomon déjà cité (chap. xvi, vers. 22) : a Le supplice des esprits aveuglés , c'est kur aveuglement méme.\» Et il n'y a donc rien de surprenant dans la pensée de Paul que les méchants sont inexcusables. Chacun en effet recueillera suivant ce qu'il aura semé ; du mal sortira nécessairement le mal^ si le coupable ne se corrige ; et du bien sortira le bien , si celui qui l'accomplit y {^rsiste. Concluons donc enfin que les saintes Écritures reconnaissent pleinement et la lumière naturelle , et la connaissance qu'elle nous donne de la loi divine. C'était tout l'objet de ce chapitre.