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histoire de la prophétie et d*en déduire quelques principes capables de m'édairer autant qu'il est possible sur la nature do la prophé- Ue et sur ses propriétés. Mais quant aux miracles , comme il s'agit de savoir s'il peut arriver dans la naUirc quoique chose qui soit contraire à ses lois ou qui ne puisse s'en déduire, je n'avais pas besoin de la révélalion pour ré^udre celte question , qui est toute philosophique; et j'ai jugé plus à propos de n'employer, pour délier le noeud de toutes les difficultés qu'elle présente , que les principes les mieux connus, c'est-à-dire les principes fondamentaux que nous donne la lumière naturelle. Je dis qu'il m'a paru plus à propos du procéder de la sorte; j'aurais pu aussi résoudre, en effet, la question avec facilité par les seuls principes de l'Écriture , et c'est ce que je vais prouver en peu de mots. L'Écriture, parlant en plusieurs endroits de la nature en général , dit qu'elle suit un ordre fixe et immuable, par exemple, dans les Psaumes cxlviii, vers. 6, et dans Jirémiey chap. xxi, vers. 35, 36. En outre, le Philosophe enseigne expressément en son Ecclésiciste , chap. i""**, vers. 40, que dans la nature il n'arrive rien de nouveau ; et éclaircissant , un peu plus bas, cette pensée (vers. «Il et 42) , il dit que, bien qu'en certaines rencontres il se produise des choses qui semblent nouvelles, elles ne sont pas pourtant absolument nouvelles, et se sont déjà produites dans les siècles antérieurs qui n'ont pas laissé de souvenir. La mémoire du passé, ajoute-t-il , s'évanouit |)our les générations nouvelles , comme celle du présent s'évanouira pour les générations futures. Au chap. m, vers. 14 , il déclare que Dieu a parfaitement ordonné toutes choses chacune en son temps; et au vers. 14 que tout ce que Dieu fait doit demeurer pour toute l'éternité, sans qu'il soit possible d'y rien ajouter ou d'en rien retrancher ; paroles qui établissent clairement que la nature garde toujours un ordre fixe et immuable ; que Dieu , dans tous les siècles connus ou inconnus de nous, est resté le môme; que les lois de la nature sont si parlaites et si fécondes , qu'elles n ont besoin d'aucune addition et ne souffrent aucun retranchement; enfin que les événements miraculeux ne sont miraculeux et nouveaux qu'au regard de riîj;norance des hommes; tout cela, dis-je, est expressément enseigné dans l'Écriture sainte, et il n'y est dit nulle part qu'il arrive rien dans la nature qui soit contraire à ses lois ou ne s'en puisse déduire : d'où il
Buit qu'il ne faut rien voir de semblable dans l'Écriture. Ajoutai à cela que les miraeles supposent toujours de certaines causes et de certaines circonstances , lesquelles ne dérivent pas de je né nii quelle autorité royale que le vulgaire imagine en Dieu , mais d'ai décret vraiment divin , c'est-à-dire ( comme nous l'avons prouvé par rÉcriture elle-même) des lois et de l'ordre de la nature. Ajoutez enfin que les imposteurs peuvent, eux aussi, faire des miracles, ainsi qu'on le voit clairement par le chap. xiii du Deutéronome, et le chap. IV, vers. 24, de Matthieu, Et de tout cela il résulte le plus évidemment du monde que les miracles ont été des événements naturels, et qu'il faut les expliquer, non pas comme des choses nouvelles , pour me servir de l'expression de Salomon , ou comme des choses contraires à la nature , mais de telle façon qu'on les rapproche autant que possible des faits naturels ; et, pour opérer ce rapprochement , il suffît d'emprunter à l'Écriture elle-même quelques règles que j'ai exposées plus haut. Toutefois, bien que je dise que l'Écriture enseigne toutes ces choses , je n'entends pas qu'elle les enseigne comme des principes nécessaires au salut ; j'eutendi seulement que les prophètes ont considéré les miracles comme dodsmêmes les considérons ; et, on conséquence, il est loisible à chacuo de penser sur cette malièro de la façon qui lui paraîtra la plus propre à porter son âme au culte de Dieu et à la religion. C'est aussi le sentiment de Josèphe; il termine ainsi le Livre H de ses Antiquités :
a Le rnot de miracle ne doit pas nous rendre incrédules; pourquoi ne croirions-nous pas le récit ndifdes anciens Hébreux, quinau» rocontent quune voie de salut leur fut ouverte à travers la mer, que ce soit par la volonté de Dieu ou par le cours naturel des choses ? \e savons-nous pas que, dans un temps qui n'est pas loin de nous >, k mer de Pamphylie soumit, à défaut de tout autre chemin, devant les compagnons du roi de Macédoine , quand Dieu voulut se servir d'Alexandre pour renverser V empire persan? Et rien n'est phs certain que cet événement, puisque tous les historiens d'Alexandre
l. HpinozA cite Jovèphe en latin cl lui fait dire : Olim et anliquilma a rt»itU%' tibus. Cette verkion altèn; le texte, qui porte : /diç X2t ItùWiV yr/OVÔVI. '« ■Ui» le Téritable ce texte dans ma trndaction.
THÉOLOGICO-POLITIQUE. 161
%*ttCO(ifrdimt à k rapporter. Il faut donc que chacun reste libre de pimer, touchant les miracles , comme il lui plaira, »
Voilà les propres paroles de Josèpfae et son sentiment sur la croyance aux miracles.