‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 59 sur 96 · Voyez les Noies marginales de Spinoza, note · texte numérisé non relu

Voyez les Noies marginales de Spinoza, note

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Héli . . . 40 —

Le peuple, soumis encore une fois par les Philistins, ne fut délivré par Shamuel qu'après un intervalle de 20 —

David régna 40 —

Salomon^ avant de bâtir le temple, régna . . ^. . . . 4 —

Toutes oes années réunies composent une somme de 580 années.

Or, il faut. encore ajouter les années qui suivirent la mort de Josué; pendant lesquelles la nation hébraïque se maintint en grande prospérité, jusqu'au moment où Kusan Rishgataïm la réduisit en servitude. Et cette période prospère a dû être d'assez longue durée ; car il est difficile de croire qu'aussitôt après la mort de Josué, tous ceux qui avaient été témoins de ces prodigieux exploits aient péri en un seul moment; et que leurs descendants, abolissant incontinent les lois, soient tombés d'un seul coup au dernier degré de la lâcheté et de l'infamie ; il n'est pas vraisemblable enfin que Kusan Rishgataïm n'ait eu qu'à vouloir les soumettre pour en venir aussitôt à bout. Chacun de ces événements exigeant presqu'un siècle entier, il ne faut donc pas douter que l'Écriture n'emtMrasse dans les vers. 7, 9 et 1 0 du livre des Juges un grand nombre d'années dont l'histoire est passée sous silence. Â ces années omises, il faut joindre celles où Shamuel fut juge des Hébreux, et dont l'Ecriture ne marque pas le nombre. Ce n'est pas tout, on doit y ajouter encore les années du règne de Saiil , que j'ai omises à dessein dans la table précédente, parce que l'histoire de Saiil ne fait point connaître assez clairement la durée précise de son règne. Il est dit, à la vérité, au chap. xiii du liv. !«'' (vers, i®»") de Shamuel , que Saiil régna deux ans ; mais ce texte est évidemment tronqué, et il résulte de l'histoire de ce roi qu'il a régné beaucoup plus long-temps. Pour s'assurer que le texte est tronqué effectivement, il suffît de ne pas ignorer les premiers rudiments de la langue hébraïque. Voici en effet les paroles de l'Écriture : Saiil était âgé de,,,, quand ilœmmença de régner, et il régna deux ans sur Israël. Qui m voit que l'âge de Saiil commençant son règne est omis dans ce passage? Reste donc à prouver seulement , par

rhisloire de Salîl, qu*il a régné plus de deux ans; Or, il osl dit au chap. xwii du même livre (vers. 7) que David demeura un an et quatre mois parmi les Philistins, chez qui il s^était réfugié, pour se incUre à Tabri de la colère de Salil. 11 faudrait doric que le reste du règne de Salil n'eût duré que huit mois ; ce qui est absurde cl hors de toute vraisemblance, du moins diaprés Josèphe, qui, dans ses Antiquités (à la fin du livre vi) , corrige ainsi le texte de rËcriture : Saiil régna dix-huit ans du vivant de Samud et deux ans après sa mort. Ajoutez à cela que cette histoire du chap. xiii n*a aucun rapport à ce qui précède. Sur la fin du chap. vu il est dit que les Philistins furent défaits par les Hébreux, de sorte qu'ils n*06êrentplusles attaquer tant que vécut Shamuel ; et dans lexiii*, quelcs Hébreux furent tellement pressés par les Philistins (Shamu^ viii-ant encore), et réduits à une telle extrémité, qu'ils n'avaient plus d'armes pour se défendre, ni aucun moyen d'en fabriquer. On voHquo ce ne serait pas une entreprise facile que de concilier tous les ré* cits historiques du premier livre de Shamuel , et de les ajuster si bien l'un à l'autre qu'il semblât qu'une seule main les eût tracés et mis en ordre. Mais je reviens c^ mon sujet, et je conclus qu*i! faut njoutcr à notre compte les années du règne do Saiil. On peut remarquer que je n'ai pas conipté non plus les années de Tanarchic (l(s Hébreux; cest que rËcrilure n'en marque pas le nombre. Or, il est impossible , je le répète, de fixer la durée des événements qui sont racontés dans le livre des Juges à partir du chap. xvii jus(](rà lu fin. Tout cela prouve donc bien que les récits historiques (lu la Bible ne sont pas réglés par une exacte chronologie et qiM\ bien loin de s'act'order entre eux , ils contiennent souvent des clioscs trcs-di verses. IVoù il faut conclure que ces récils ont été enprunlés à des sources (liirércnlos, et enregistrés sans critique «t sans ordre.

Il n'y a pas moins do désaccord dans la supputation des annri * entre les chroniques des rois d'IsrniM et celles des rois de Judn. Ainsi, il est dit aux ('chroniques des rois d'Israël (voyez Rois. Liv. If. chap. I, vers. M) que Joram, fils d'Achab, commença de régner U seconde année du rèj;ne de Joram, fils de Josaphat; et dans les i'Jironiques des rois de Juda (voyez ibid.y chap. viii, vers. 16), que Joram, lib de Josaphat, couauenva de régner la cinquième aouce

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du règne de Joram, 6l8 d'Âchab. Que Ton compare les Paralipomènes avec les Rois, on trouvera une foule de discordances semblables, et il n'est point nécessaire d'en faire ici le dénombrement, et moins encore de discuter les suppositions fantastiques des commentateurs qui ont voulu résoudre toutes ces contradictions. Sur ce point, les rabbins tombent dans.un vrai délire. D autres interprètes, que j'ai également lus, ne paraissent pas dans leur bon sens, tant ils corrompent le texte par les inventions les plus chimériques Par exemple on trouve, au livre II des Paralipomènes , qu'Âchasia était âgé de quarante-deux ans quand il commença de régner. Or voici les comnientateurs qui imaginent de compter ces années, non point à partir de la naissance d'Acbasia, mais depuis le régne ' d'Homri. Il faudrait donc pour attribuer une telle pensée à l'auteur des Paralipomènes j supposer qu'il ne savait point dire ce qu'il avait l'intention de dire. Je pourrais citer beaucoup d'autres imaginations de cette espèce, qui n'iraient à rien moins, si elles étaient vraies, qu'à faire croire que les Hébreux ignoraient leur propre langue, viue l'ordre des événemenis était pour eux une chose inconnue; par conséquent qu'il n'y a aucune règle, aucune méthode pour interpréter l'Écriture et qu'on y peut voir tout ce qu'on voudra.

Quelqu'un dira peut-être que je raisonne ici d'une manière trop générale et que mes preuves ne sont pas suflisantes ; ma réponse, c'est que je prie qu'on veuille bien marquer un ordre déterminé dans les récils historiques do l'Écriture , de telle façon qu'on y puisse établir une exacte chronologie; je prie aussi qu'en interprétant les témoignages de l'historien et les mettant d'accord les uns avec les autres, on n'altère en rien les phrases et les tours dont il s'est servi, ainsi que la disposition et la contexture de ses récits, tout cela avec une si grande fidélité que l'on puisse prendre pour règle, en écrivant soi-même des phrases hébraïques, la manière d'expliquer celles de l'Écriture*; que si quelqu'un parvient à satisfaire à toutes ces conditions, je déclare que j'en passerai par tout ce qu'il voudra, elle regarderai comme un oracle. Pour ma part, j'ai chercha long-temps à réaliser le plan que je viens do tracer; mais j'a-

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