‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 81 sur 96 · Voyez VÉlhique, part. 3, Défirf.' des passions, déf · texte numérisé non relu

Voyez VÉlhique, part. 3, Défirf.' des passions, déf

par ta rareté et la variclé des cérémonies usitées dans les jours de Wle. Ajoutez à cela ce souverain respect pour le temple qui fut tel pour \e» Hébreux qu'ils se montrèrent toujours relij;ieuK ob^enaleurs des cérémonies particulières qu'ils devaient acroniiilir iclun la Id, avant d'y entrer. C'est au point qu'aujourd'hui uiéiiie, Iw Hébreux ne sauraient lire sans irn profond sentiment (l'Iiorri'ur le réi'it du crime de Maaassé qui osa élever une idole au milieu i.a temple- A l'égard des lois religieusement conservées au fuml du sanctuaire, mémo prorond respect de la part du pcujilo. Au»! n'uvait-ou à craindre de sa part ni rumeurs, ai jugemenlj anlit'i|iii. Qui userait porter un ju^cmenl sur les clioses divines? A loib lei ordres prescrits, ou par les réponses de Dieu parlant dans le letiiplo, ou par les lois établies de Dieu lui-même, les Ilébreui Ji:vaient obéir sur-lc-cluimp et sans examen.

Je crois avoir montré brièvement, il est vrai, mais assi.>z cbiremeul les avantages de la conslituliun des Hébreux. Iteste à nsturclicr maintenant pourquoi les Hébreux ont été si souvent iufiJi'iri à la loi, si souvent réduits en servitude, et quelles rausis rerin ont amené leur ruine comjiièle. Quelqu'un dira iieut-(''tre ijii'il l-iu altriluer cette déciiâence ù l'eapril séililieui Je la nalion"; U celte explication est puérile | pourquoi en effet la aaiiou juive tt-elie été plus séJilîeuse que las aulres, est-ce la nature qui l'a Iule i ainsi? Mais la nature ne crée pas des nations, elle crée des individus qui ne se dislinguenl en ditlérenles nationsque par la dite^ ailé de la langue, des lois e( des mœurs. C'est de ces deui dioso ' seules, les lois et les mœurs, que dérivent pour chaque n caractère particulier, une manière d'éti'e pariicoliére, Idi préjugés particuliers. Si dnnr an devait accorder i|ud II

breuïont eu plus que tous !'.■■ ' ''"—■' -"- ~

c'est à un vice des lois et dei n Jateurs qu'il faudrait rimputL'r- Dieu eùl voulu persistance il stilué oa aiit à dire si non-aeu j)uis la (on

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que Éiîéchiel (chap. \\, vers. 2;>) liimoigne par ces paroles : Jt leur ai donné iJe mauvaises instillations , et des lois qui ne laissent à la nation aucune chance de durée; je tes ai souillés de leurs propres présents lorsqu'ils offraient pour leurs péchés ce qui sort le premii^ du sein de la mère ( u'est-à-dire les premiers-nés), parce que je voulais consommer leur ruine , et leur apprendre que je suis Jehova. Pour comprendre c«s paroles el la cause de la ruine de l'Élat, il Taul qu'on sache qu'il avait d'abord été résolu qi)o l'on confierait le ministère sacré à tous les premiers-nés et non aux seuls Lévites (voyez les iVomirM, cliap. m, vers. J 7). Hais le peuple lout entier, à l'exception dcn Lévites, ayant adoré le veau d'or, les premiers nés furcnl répudiés [wir Dieu et déclarés souillés; les Lévites furent choisis à leur place. Or plus je considère cette modirication dans la constitution, plus je songe aux paroles de Tacite, que dans ce temps-là Dieu songea moins à la prospérilé du peuple qu'à la vengeance, et je ne puis asscï m' étonner que la colère céleste ait été assez grande pour que Dieu se soit servi des lois, qui n'ont d'ordi~ nairo d'autre but que la ;;loirc, le salut et la sécuritû du |)cuple tout entier,comnit'd'uninstrunienldevengeancecldediùtiinenl général, à tel point qu'elles aient paru, moins des lois orcommodées au bienêtre (lu peuple , que des peines et des supplices inlliiiés à la nation. Tous les dons en effet que les citoyens étaient obligés de faire aux Lévites et aux prélros, la nécessité de raclieter les premiers-nés, de payer un ceriain imixH par léle; le priviléi.'o exclusif pour les Lé- I vites d'approcbcr i!e^ choses sacrées, tout cela accusait sans cesse B peuple, el lui rappelait son impureté primitive et la réprobation IBt il était l'objet. Les Lévites, d'ailleurs, l'ac^blaient sans cesse é isilto repfody»; Csr il n'est pas douteux qu'au milieu de cette inirllt un grand nombre de miséilérabies. Et de là chez le peuanemi les actions des Lévites, et, comme il arrive, de les ac- ■le, de perpétuelles rumeurs, mes oisifs, odieux, et qui ue ' liens du sang; charge quf id les vivres étaient chers.

raté, lei miracles éclatants

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ayant cessé, enfin, le» ponlifes n*étant plus des bononnes d'un choix sévère, faut-il s'étonner que l'esprit religieux d'un peuple irrité à la fois et avare ait commencé à se refroidir et à s'éloigner peu à peu d'un culte qui, bien que divin, lui était ignominieux, et même suspect, pour en désirer un nouveau ; que les cbefis (qui aspirent toujours à s'emparer exclusivement du souverain pouvoir), pour s'attacher le peuple et le détourner des pontifes, lui aient fait toutes sortes de concessions , et aient introduit dans la patrie de nouveaux cultes? Mais si la république eût été instituée d'après le plan primitif, droits et honneurs, toutes choses eussent été égales pour toutes les tribus, et l'État eût joui d'une sécurité complète. Quel homme consentirait à violer les droits sacrés de ceux qui lui sont unis par les liens du sang? Qui n'aimerait à remplir un devoir de religion en nourrissant des frères ou des parents? Qui ne se plairait à être instruit par eux dans l'interprétation des lois? A recevoir de leur bouche tes réponses divines? Et puis, toutes les tribus eussent été unies entre elles par un lien beaucoup plus étroit, si toutes elles eussent exercé également le droit d'administrer les choses sacrées. Il y a plus, tout danger eût disparu si l'élection des Lévites n'avait pas eu pour cause la colère et la vengeance. Mais, comme nous l'avons déjà dit, les Hébreux furent l'objet de la colère de leur Dieu , qui , pour répéter les paroles d'Ézcchicl , les souilla de leurs propres présents, en leur renvoyant les fruits du sein maternel, afin de consommer leur ruine. Toutes ces explications d'ailleurs, l histoire les confirme. A peine le peuple dans le désert eut-il quelque repos, que plusieurs, élevés au-dessus du peuple par leur rang et leur naissance, supportèrent difficilement cette élection des Lévite*, et en prirent occasion de supposer que Moïse établissait et instituait toutes choses, non d'après les ordres de Dieu, mais selon son caprice. N'avait-il pas choisi sa tribu de préférence à toutes les autres, et donné étenielleraent à son frère le droit du pontificat? Aussi vontils trouver Moïse en grand tumulte, s'écriant, que tous les Hébreux sont également saints, et que sa propre autorité s'ir tout le peuple est une infraction au droit. Moïse ne peut les apaiser ; mais uo miracle s'accomplit en témoignage de sa mission, et les rebelle» sont tous exterminés. De là une nouvelle sédition à laquelle prend part le peuple entier, persuadé qu'il est que la cause de la mort des

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siens c'est moins le jugement de Dieu que FartiQce de Moïse. Celuici ne parvint à calmer le peuple qu'après qu'une horrible peste Teut abattu , à ce point que la mort lui paraissait préférable à la vie. La sédition cessa plutôt que la concorde ne s'établit. C'est ce qu'atteste l'Écriture dans le Deutéronome (chap. xxxiii, vers. 21), où Dieu , après avoir prédit à Moïse que le peuple, après sa mort, sera infidèle au vrai culte , ajoute : Je connais les passions du peuple, je sais ce qu'il médite en son esprit, maintenant que je ne Vai pas encore conduit dans la terre que je lui ai promise par serment. Et peu après Moïse dit lui-même au peuple : Je connais votre cœur rebelle et votre esprit séditieux. Si pendant ma vie vous vous êtes révoltés contre Dieu, combien plus le ferez -vous après ma mort! Et c'est en effet ce qui arriva , comme cela est assez connu. De là de grands changements, une licence effrénée, le luxe et la paresse , et par suite toutes choses inclinant à leur ruine, jusqu'à ce que le peuple , plusieurs fois réduit en servitude , rompit brusquement avec le droit divin et réclama un roi mortel, voulant substituer au temple une cour véritable , et fonder la confédération des tribus, non plus sur le droit divin et le pontificat, mais sur le pouvoir royal. Mais ce nouveau gouvernement ouvrit la porte à de nouvelles séditions qui amenèrent finalement la ruine de l'Ëtat. Qu'y a-t-il en effet de moins supportable aux rois qu'une autorité précaire, et une puissance rivale au sein même de leur puissance? Les premiers qui furent élevés de la condition privée à la royauté furent satisfaits de leur nouvelle dignité; mais leurs fils, qui montèrent sur le trône par droit de légitime succession , peu à peu modifièrent toutes les institutions, dans le but de s'approprier le pouvoir entier, qui leur échappait en partie, les lois ne dépendant pas de leur libre arbitre , mais étant remises sous la sauvegarde du pontife qui les conservait dans le sanctuaire, et les interprétait au peuple. Ils étaient donc soumis comme leurs sujets à l'empire des lois, ils ne pouvaient les abroger, ils ne pouvaient en instituer de nouvelles, et leur conférer la même autorité qu'aux anciennes. Et puis le droit des Lévites défendait aux rois comme au sujets, profanes qu'ils étaient, d'administrer les choses sacrées; de plus, ils se trouvaient avec toute leur puissance à la merci du caprice du premier homme qui se faisait recoivialtre pour prophète : comme

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lions qui vont suivre. Nous voulons seulement, pour accomplir toute cette recherche, faire une remarque que nous avons déjà indiquée, savoir , qu'il est démontré par ce chapitre que le droit divin ou religieux est fondé sur un pacte, à défaut duquel il n'exisle d'autre droit que le droit naturel, et que c'est pour ce motif que les Hébreux n'étaient tenus par la religion à aucun amour pour les autres nations, qui n'avaient point pris part à ce pacte, en sorte que la charité n'était chez eux un devoir qu'entre concitoyens.

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