CHAPITRE IX
Note XIII ( page 199 de la traduction). — A trèS'peu d'excepfUms près.
Voici qae1que8-nnes de ces exceptions : on lit dans les Rois (liy. n, chap. xYiii, yers. 20) : Vous avez dit^ etc. Or le texte A'Isaïa ( chap. xxxTi, vers. 3) porte : J'ai dit. Au vers. 32 des Rois, on trouve ces paroles ; Mais vous direz peut-être ; au lieu de ce pluriel , Isaïe donne le singulier. Le texte d'Isaïe ne contient pas les paroles qui se trouvent dans les Rois ( liv. Il, cliap. xxxn, vers. 3^^. On trouve ainsi beaucoup d*autres leçons différentes , entre lesquelles personne n'est capable de choisir la meilleure.
Note XIY (page 1 99 de la traduction) . — Les expressions sont en plusieurs endroits si diverses. Par exemple, on lit dans Shamuel (liv. II, chap. Yii , vers. 6) : Et J'erre sans cesse avec ma tente et mon pavillon. Or, le texte des Paralipomènes (liv. I, chap. xviii , vers. 5 ) porte : £t j'allais d'une tente à une autre tente, et de pavillon... On lit dans Shamuel (liv. II, chap. vu, vers. 10) : Pour l'abaisser, et dans les Paralipomènes (liv. I, chap. vu , vers. 9) : Pour le briser. Je pourrais signaler d'autres différences plus considérables encore ; mais quiconque lira une seule fois ces chapitres, ne manquera pas de les remarquer, à moins qu'il ne soit aveugle , ou qu'il n'ait entièrement perdu le sens.
Note XY (page 200 de la traduction). —De ^t/aZ temps s'agit-il? Évidemment de celui qui vient d^étre immédiatement déterminé.
Que ce passage ne puisse marquer d'autre temps que celui où Joseph fut vendu par ses frères, c'est ce qui résulte d'al)ord du contexte même du discours; mais ce n'est pas tout : on peut le conclure encore de l'Age de Juda , qui avait alors vingt-deux ans au plus , à prendre pour base sa propre histoire , qui vient de nous être racontée. Il résulte, en effet, du chap. XXIX de la Genèse, dernier verset , que Juda naquit dans la dixième des années où Jacob servit Laban, et Joseph dans la quatorzième. Or, nous savons que Joseph avait dix-sept ans quand il fut vendu par ses frères ; Juda avait donc alors vingt et un ans, pas davantage. Par conséquent, les auteurs qui prétendent que celte longue absence de Juda hors de la maison paternelle eut lieu avant la vente de Joseph, ne cherchent qu'à se Taire illusion à eux-mêmes , et leur sollicitude pour la divinité de l'Écriture n'aboutit qu'à la mettre en question.
344 KOm MARGIlf AU8.
Note XVI (page )0l de la fradoctfon). — Dina avait à peine tept ans quand élu fut violée par Sichem,
Quelques-ans pensent que Jaeob voyagea pendant huit on dix années entre la Mésopotamie et le pays de Bétliel. Mais c'est là ane opinion assez impertinente , bien qu'Aben-Hezra l'ait soutenue <• Car il est dair que Jacob avait deux raisons da se bâter : la pramiène était le désir de revoir ses vieux parents; la seconde, et la principale, c'est qall devait acquitter le vcen qu'il avait fliit quand il fuyait aoo frère ( Cenèse, ebap. xxni, vers. 20; cbap. xsxi, vers. 13; cbap. xxxv, vers. 1 ). Nous Toyons même (Gfenèse, cbap» xxxi, vers. 3 et 13) que Dien l'avertit d'acquitter son voeu , et lui promet son secours pour retourner dans sa patrie. Que si, à de pareilles raisons, on préfère je ne sais quelles conjectures, je le veux bien, et j'accorde que Jacob , plus Diallieoreux qnlJlysse*, employa bnit ou dix années, et, si Ton veut, an plus grand nombre encore, à terminer son voyage.
Ce qu'on n'a pu nier, du mohis, c'est que Benjamin ne soit venu an monde pendant la dernière année du voyage de Jacob, c'est-ihdire, seloa le calcul de nos adversaires, la quinzième ou seizième année de V%gt de Josepb, puisqu'en effet Jaeob quitta Laban sept ans après la nalssanee de son fils Joseph. Or, depuis la dix-septième année de TAge de cdnM jusqu'au temps où le patriarcbe alla en Egypte, on ne eompte que vingt-deux ans, ainsi que nous l'avons fait voir au cbap. ix ; nt, par conséquent, Benjamin n'avait, en ce même temps du voyage d'Egypte, que vingt-trois ou vingt-quatre ans au plus. Ce serait donc à la fleur de l'âge qu'il aurait eu des petits^nfants ( voyez Genèse, cbap. xlvi , ver«. 21 ; comparez Nombres, cbap. xxvi , vers. 38 , 39 , 40 , et Paralipom., liv. I,cliap vni, vers. I et 199), puisqu'il est certain que Balab, fils atné de Benjamin, avait alors deux fils, Ard et Nahganum; ce qui e«t tout aussi déraisonnable que de prétendre que Dina lut violée à Tâge de sept ans , sans parler de toutes les conséquences absurdes qui décooleot de ce récit. D'où Ton voit que nos adversaires tombent de Cliar}bde en Scylla.
Hôte XVII (page 202 de la traduct on ). — ffotniel, JUs de Kenaz , fut juge pendant quarante années.
R. Lévi, Ben-6erson et quelques autres ont cru qu'il fallait coouneacer à compter depuis la mort de Josué ces quarante années que l*É*
1. Ici, Je rait > texte donné par M. Dorow {Benedikt Spinoza*» Maméfiotm». p. 16). — On a pu runiarquir, en lisant le Traité Théologico- Politique, queSfunozn. tout en réfutant souvent Abun-Hezra, le traite toujours arec une certaise délérciice.
2, Ici encore Je suis le texte de M. D row (I. c, p. IW.
eritnre d^kîlare s*ètre écoulées sous un régime de liberté , et , par conséquent, que les huit années précédentes du gouTemement de Knsan-Rishgataïm y sont comprises, et que les dix-huit suivantes se doivent rapporter aux quatre-vingts années d'Ehud et dé Samgar; enfin, qu'il font mettre les antres années de servitude au nombre de celles qui se sont écoulées, suivant TÉcriture, sous un régime de liberté, itfais puisque l'Écriture marque expressément le nombre d'années de servitude et de liberté, et qu'elle déclare ( cbap. ii, vers. 18) que l'empire hébreu a toujours été florissant sous l'administration des juges, il est évident que ce rabbin ( savant homme d'ailleurs) et tous ceux qui suivent ses traces corrigent l'Écriture bien plutôt qu'ils ne l'interprètent. C'est un défout où tombent encore, mais plus grossièrement , ceux qui veulent que l'Écriture n'ait entendu marquer par ce calcul général des années que les temps de l'administration régulière de l'empire hébreu. Quant aux temps des anarchies et de servitude , ils ont été rejetés de la supputation générale comme des époques de malheur, et pour ainsi dire d'interrègne. Mais ce sont là de pures rêveries. 11 est si clair, en eflct, qu'Hezras, au cliap. VI du liv. l des Rois, a eu dessein de marquer sans exception toutes 15s années écouI(^es depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la quatrième année du règne de Salomon, cela, dis-je, est si clair que jamais homme versé dans l'Écriture ne l'a révoqué eu doute. Car, sans recourir aux propres paroles du texte, la généalogie de David, écrite à la fm du livre de Ruth et au cbap. u du livre I des Chron,, se monte à peine à un si grand nombre d'années , savoir : à 480. Noghdin, en effet , qui était prince de la tribu de Juda ( Nombres, cliap. vu, vers. 11 et 12), deux ans après que les Hébreux eurent quitté l'Egypte, mourut au désert avec tous ceux qui , ayant atteint l'âge de vingt ans, étaient capables de porter les armes , et Salma, son fils, passa le Jourdain avec Josué. Or, ce Salma fut l'aïeul de David, d'après la généalogie citée plus haut; si, donc, on retranche de cette somme de 480 années les 4 années du règne de Salomon, les 70 de la vie de David et les 40 années passées au désert, on trouvera que David naquit l'an 366 à partir du passage du Jourdain. Par conséquent, il est nécessaire de supposer que son père, son aïeul , son bisaïeul et son trisaïeul eurent des enfants à l'Age de quatre-vingt-dix ans.
Note XVIII ( page 251 de la traduction ). — Samson fut juge pendant vingt années.
Samson naquit après que les Hébreux furent tombés sous la domi* nation des Philistins.
Note XIX (pagft 205 de la traduetioD). -«- Cette manière d'expliquer les phrases de VÉcriture,
Autrement ce serait corriger TÉeritare bien plutôt que Tinterpréter.
Note XX (|>age 207 de la traduction). — Kirias^Jéharim..,
KirjaS'Jéharim se nomme aussi Bahgal de Juda , ce qui a fait croire à Kimeli et à quelques autres que ces mots Bahgal-Jéhudat que j'ai traduits par le peuple de Juda , indiquaient une ville. Mais c'est une erreur, puisque Bahgal est au pluriel. D'ailleurs, que l'on rappro* clie ce texte de Shamuel avec celui des Paralipomènes ; et Ton verra bien que David ne partit point de Bahgal, mais qu'il s'y rendit. Si l'aoteur du livre de Shamuel avait voulu marquer le lieu d'où David emporta Tarche, il aurait Ikllu, pour parler hébreu , qu'il s'exprimftt de la sorte : Et David se leva, et il partit de Bahgal de Juda, et il en porta l'arche de Dieu.