CHAPITRE X
Note XXI ( page 213 de la traduction), — Depuis la restauration du temple par Judas 3fachabée.
Cette conjecture, si c'en est une, est fondée sur la généalogie do roi Jéchonias, laquelle se trouve au chap. m du liv. I des Chroniques, et qui finit aux enfants d'EIghogenai , qui sont les treizièmes descendus de lui en ligne directe : sur quoi il faut remarquer que ce Jécbonias, avant sa captivité, n*avait point d*enfants ; mais il est probable qu'il en eut deux pendant sa prison, autant du moins qu*on le peut conjecturer des noms qu*il leur donna. Quant à ses petits-enfants , il ne faut point douter non plus qu'il ne les ait eus depuis sa délivrance , si Ton en croit aussi leurs noms , car son petit-fils Pédeja ( nom qui signifie Dieu m'a délivré ) , lequel est, selon ce chapitre, le père de Zorohabel, naquit l'an 37 ou 3S de la vie de Jéchouias, c'est-à-dire 33 ans avant que Cyrus ne rendit aux Juifs leur liberté ; et , par conséquent , Zorobabel , à qui Cyrus donna la principauté de la Judée, était âgé de treize ou quatorze ans. Mais il n'est pas nécessaire de pousser la chose plus loin; car il ne faut que lire avec un peu d'attention le chapitre déjà cité du premier livre des Chroniques, où il est fait mention, à partir du vers. 17, de toute la postérité du roi Jéclionias, et comparer le texte avec la version des Septante, pour voir clairement que ces livres ne furent publiés que depuis que Judas Machai>ér eut relevé le temple, le sceptre n'étant plus dans la maison de Jéclionia>.
Réte XXn ( pap 217 de la traductton ). — Tsédéchias sera conduit en captivité à Babylone.
. Personne n'aurait donc pu soupçonner que la prophétie d*Éaéchiel fût en contradiction avec celle de Jérémie, tandis que ce jsoopçon est venu dans Tesprit de tout le monde à la lecture du récit de Josèphe ; révénement a prouvé que l'un et l'autre prophète avaient dit vrai.
Note XXni ( page 219 de la traduction ). — Et sans doute aussi le livre de Néhémias.
Que la plus grande partie du liTre de Néhémias ait été empruntée à Touvrage que le prophète Néhémias lui-même avait composé, c'est ce qui résulte du propre témoignage de l'auteur de ce livre ( voyez cbap. t, vers. 1 ). Mais il n'y a pas aussi le moindre doute que tout ce qui est compris entre le chap. tiii et le vers. 26 du chap. xii, et, en outre, les deux derniers versets de ce cliap. xii, qui sont une sortQ de parenthèse ajoutée aux paroles de Néhémias, il n'est pas douteux , dis-je, que tout cela n'ait été ijouté par l'auteur du livre qui porte le nom de ce prophète.
Note XXIV ( page 220 de la traduction ). — /e ne pense pas quepersonne soutienne qu*Hezras..,
Hezras était oncle du premier souverain pontife , nommé Josué ( voyez lîv. 1 ^* Hezras, chap. vu, vers. 1 ; Chroniq., chap. vi , vers. 14, 15 ) , et ce fut avec ce pontife , conjointement avec Zorobabel , qu'il alla à Jérusalem (Néhémias, chap. xii, vers. 1 ). Mais il y a apparence que, se voyant inquiétés dans leur entreprise, ils retournèrent à Babylone et y demeurèrent jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu ce qu'ils souhaitaient d'Artaxercès. On lit aussi dans Néhémias (chsi^, i, vers. 2) que Néhémias fit, sous le règne de Cyrus, un voyage à Jérusalem avec Zorobabel, et sur ce point il faut consulter Hezras (chap. u, vers. 2 ), et comparer le vers. 63 du chap. ii avec le vers. 10 du chap. vtu et avec le vers. 2 du chap. X de Néhémias, Car les interprètes ne s'appuient sur aucun exem'^ pie pour traduire ici le texte par le mot ambassadeur ; au lieu qu'il est certain que l'on donnait de nouveaux noms aux Juifs qui fréquentaient la cour. Ainsi Daniel fut nommé Baltesasar; Zorobabel, Sesbazar (voyez Daniel, chap. i, vers. 7 ; Hezras, chap. v, vers. 14) ; et Néliémias, Hatirzata ; et , en vertu de leur charge , ils se faisaient appeler du titre de gouverneur ou président ( voyez Néhémias^ chap. v, vers. 24, et chap« xu, verset 26),
34a 3iOT£S MARGUiAL£S.
Note XXV ( page 224 de la tradocUoD). — Avant le Umpi des Mâchabées, il n'y a point eu de canon des livres saints.
Ce qu'on appelle la grande synagogne ne commença qu'après la soumission de l'Asie à la domination macédonienne. Quant à l'opinion de Mai* monide, de R. Abraham , de Ben-David et de quelques autres qui soutiennent que les présidents de cette synag<igue étaient Hezras, Daniel, Néhémias, Aggée, Zacliarie, etc., ce n'est là qu'une pure fiction, qui n'est fondée que sur la tradition des rabbins. Ceux-ci prétendent eo ellet que la domination des Perses ne dura que trente-quatre ans , et ils n'oat pas de meilleure raison à donner que celle-là pour soutenir qœ les décrets de cette grande synagogue ou de ce synode ( lesquels étaient rejetés par les saducéens et admis par les pharisiens) ont été fiiitf ptr des p?opbètes qui les avaient recueillis àê la bouche de prophètes antérieurs, et ainsi jusqu'à Moïse, qui les tenait de Dieu même. Telle est la doctrine que soutiennent les pharisiens avec cette obstination qui leur est ordinaire; mais les personnes éclairées, qui savent pourquoi s'assemblent les conciles ou les synodes et n'ignorent pas les diflërends des pbarisieM et des saducéens, peuvent aisément pénétrer les causes qui amenèrent la convocation de cette grande synagogue. Ce qui est bien certain , c'e4 qu'aucun prophète n'y fut présent et que ces décrets des pharisiens, qu'ils appellent leurs traditions, tiient de cette synagogue toute lew autorité.