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du chapitre viii), on pose en principe que les patriciens qui doivent plus qu'ils ne peuvent payer seront chassés de Tordre des patriciens , et que ceux qui auront perdu leurs biens par un revers de fortune seront rétablis au contraire dans leur première condition , nul doute que tous les patriciens ne s'efforcent de conserver leurs biens, autant qu'ils le pourront. Us n'auront aucun goût pour les usages étrangers, aucun dédain de ceux de la patrie, s'il y a une loi qui commande de distinguer des autres citoyens les patriciens et ceux qui sont dans les honneurs par un vêtement particulier. Voyez à ce sujet les articles 25 et 47 du chapitre vin. Il est possible dlmaginer pour chaque gouvernement d'autres lois en rapport avec la nature des lieux et le génie de la nation ; mais ce à quoi il faut veiller avant tout, c'est à engager les ciloyens à faire leur devoir d'eux-mêmes plutôt que sous la contrainte des lois.
8. En effet, un gouvernement qui n'a d'autre vue que de mener les hommes par la crainte réprimera bien plus leurs vices qu'îl n'excitera leurs vertus. Il faut gouverner les hommes de telle sorte qu'ils ne se sentent pas menés» mais qu'ils se croient libres de vivre à leur gré et d'après leur propre volonté, et qu'ils n'aient alors d'autres règles de conduite que l'amour de la liberté, le désir d'augmenter leur fortune et d'arriver aux honneurs.
Quant aux images, aux triomphes, et aux autres encouragements à la vertu , ce sont les signes de l'esclavage plutôt que de la liberté. Car c'est chez les esclaves et non chez les hommes libres que l'on récompense la veriu. Je conviens que ce sont là pour les hommes des aiguillons très -puissants. Mais si, dans le principe , on décerne ces récompenses aux grands hommes, plus tard, lorsque l'envie s*est fait jour, on les donne à des hommes lâches et enflés de la grandeur de leur fortune, à la grande indignation des gens de bien. Ensuite ceux qui peuvent mettre en avant les images et les triomphes de leurs pères croiei^t qu'on leur fait injure quand on ne
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les préfère pas anx antres. Enfin, ponr me, taire snrBs reste, il est certain que Tégalité, sans laquelle la liborW eommune tombe en ruine, ne peut subsister en aucune fcçon , dès que le droit public de l'État veut que Ton attribue des honneurs extraordîiMiîres à un homme flltrstre par sa rertu.
^. Ceci posé, voyons maîntenanUsî des gouvernements de cette nature peuvent succomKer par qneîque faut© qtd leur soit imputable. S'il' est possftte <iu*un État dure* éternellement, ce sera nécessairement celtrî dont les loîs ^ une fois bien établies seront toujours respectées. Car les lofe sont rftme d*un État. Conserver les lois, c'est donc conserver rÉtatluî-même. Mais les lois ne rêveront en raattresses qtt'autant qu'elles seront défendues par ha raison et îes passions communes du gem^e humain. Sans ceh, et, par exemple, sr eBes n^ont d'appui que Ya seule raison, elles seront impuissantes et facilement Tiolées. MaSs puisque nous avons f^ voir que les lois fbndamentaltes des deux gouvernements aristocratiques sont compatîtes arec la raison et tes passions communes du genre humain, nous pouvons afli!rmer que- sTf est des États qui puissent étemeUiemenf subsister, ce seront ceux-M même ; car as ne pourront succomber par auctme cause qui !etrr soit imputable, mais seulement sous le coup de llnévftable nécessfté.
fO. Mais on- peut encore nous obfeeter que fes feis précédemment posées , Hen qu'telïes s'appuient snr ïa raison et l:es passions communes du genre humain^ peuvent ttéfflimoins succomber quelique jour. Et ceta, parce qu'il n'est point de passion qui ne soit queîiquefois dominée par une passfon contraire et pîus puissante r c^est ainsi que l'amour du Men d'atitruî remporte sur la crainte de la mort, et que tes honmies que la vue de l'eimemî a rempKs de terreur et mte en ftrîte, ne pouvant plus être arrêtés par aucune autre cramte, se précipitent dans les fleuves, ou se jettent dans îe feu pour échapper au feu des ennemis. Toilâ pourquoi, dans un État , sf
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bien ordonné qu'il soit, si parfaites que soient ses lois, dans les crises extrêmes, lorsque tous les citoyens sont saisis d'une sorte de terreur panique, on les voit tous se ranger au seul avis que leur inspire l'épouvante du moment, sans s'inquiéter ni de l'avenir, ni de lois, tourner leurs regards vers un homme illustré par ses victoires, Faffranchir seul de toutes les lois, lui continuer son commandement (ce qui est du plus dangereux exemple), et hxî confier enfin l'État tout entier. Ce fut là certainement la cause de la ruine de l'iempire romain. — Pour répondre à celte objectîon, je drs premièrement que dans une république bien constituée une telle terreur ne peut pas naître à moins dte causB légithne ; et pat conséquent cette terreur, et la confusion qra en est la sufte^ne peuvent être attribuées à aucune cause que la p.nidcnce humaine fût capable d'éviter. En second Heu, il faut remarquer que dans une république telle que je l'^ai précédiemment décrite, il n'est possflile (par l'es articles ^ et 25' du chapîti*e VIII ) à aucun citoyen d'obtemr sur les autres une supériorité de méfrite capaWe d'attirer sur lui tous les regards : îT aura nécessaîfpement plus d'un émule qui obtiendra sa part de fttveur. Amsî donc , bien que la terreur puisse amener dans^ îa répubKque une certaine confusion, nul ne pourra violer la loi, ni appeler, malgré ïdL constitution , quelque citoyen à un commandement milîtaîre, sans qu'tossitôt s'élèvent Des réclamations cPautres prétendants ; et celte hitte ne pourra se terminer que par un recours aux lois et par le rétablissement de l'ordre régufier de»rÉtat. Je puis donc affirmer d'une manière absolue que !c gouvernement aristocra- . tique, non pas seulement cehri d\me seule ville , mais aussi celui de plusieurs viFtes ensemble, est un gouvernement étemel, c'est-à-dîre qu'il ne peut être ni dissous ni transformé par aucune csase qui tienne à sa constitution intérieure.
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