‹ Œuvres de Spinoza (volume 4)Chapitre 12 sur 116 · XX LA VIE DE SPINOZA · texte numérisé non relu

XX LA VIE DE SPINOZA

toate leur autorité dépend entièrement de celle des magistrats oa sourerains qui tiennent la place de Dieu dans les villes et répabliques où le clergé s*est établi ; qu'ainsi ce n est point leur propre religion que les pasteurs doivent s'ingérer d'enseiguer, mais celle que le magistrat leur ordonne de prêcher. Tout ceci, au reste, n'est établi que sur les principes mêmes dont Hobbes 8*est servi dans son Leviathan.

M. Bayle nous apprend » que le style, les principes et le dessein du livre d'Ântistius étaient semblables à celui de Spinoza qui a pour titre Traclatus theologico-polWcus ; mais ce n'est rien dire de positif. Que ce Traité ait paru justement dans le même temps où Spinoza commença d'écrire le sien, et que le Tractatus theoîogico'politicus ait suivi peu de temps après cet autre Traité, n'est pas une preuve non plus que l'un ait été l'avant- coureur de l'autre. Il est très-possible que deux personnes entreprennent d'écrire et d'avancer les mêmes impiétés; et parce que leurs écrits viendraient à peu près en même temps, il n'y aurait pas lieu pour cela d'en inférer qu'ils seraient d'un seul et même auteur. Spinoza lui-même, interrogé par une personne de grande considération s'il était l'auteur du premier Traité, le nia positivement , ce que je tiens de personnes dignes de foi. La latinité des deux livres, le style et les manières de parler ne sont pas non plus si semblables comme on prétend : le premier s'exprime avec un profond respect en parlant de Dieu ; il le nomme souvent Dieu très-bon et très-grand, Deum ter optimum maximum. Mais je ne trouve de pareilles expressions en aucun endroit des écrits de Spinoza.

Plusieurs personnes savantes m'ont assuré que le livre impie qui a pour titre VÉcriture sainte expliquée par la philosophie, Philosophia sacrœ Scripturx interpres*, et le Traité dont nous avons fait mention venaient l'un et l'autre d'un même auteur, à savoir, L... M... Et quoique ia chose me semble fort vraisemblable, je la laisse pourtant au jugement de ceux qui peuvent eu avoir une connaissance plus particulière.

Ce fut en l'an 1670 que Spinoza publia son Tractatus theologico^oliticus. Celui qui l'a traduit en flamand a jugé à propos de

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