Voyez Les Notes marginales de Spinoza f note
THÉOLÛGICO-POLITIQUE. 191
mettent que Thistoire de Job est véritable; et parmi ceux-là quelques-uns pensent que Job a vécu du temps de Jacob , et qu'il a même pris en mariage sa fille Dina. Maïs Aben-Hezra est fort éloigné de ce sentiment, comme j'ai déjà eu occasion de le dire ; il est d'avis (voyez son ^commentaire) que le livre de Joh est une traduction; et, , quant à moi, jeyoudrais bien qu'il en fût ainsi; carilenaerait d'autant plus évident que If s gentils ont eu aussi des livres saints! Mais il est plus sage de tenir la chose pour douteuse; et je me borne à penser, comme simple conîectare , que Job était un gentil d'une grande force d'âme, îui passa d'une fortune prospère à des destinées malheureuses, pour revenir ensuite à sa première condition de ]ïiX)spérité. Ézéchiel, en effet (chap. xiv, vers. 12), le cite entre quelques autres personnages, et je suis porté à croire que ces alternatives de la destinée de Job et la force d'àme qu'il a déployée donnèrent occasion à plusieurs de discuter sur la providence de Dieu ; ou du moins elles déterminèrent Tauteur du livre de Joh à composer uii dialogue sur cette matière ; car ni le fond de cette composition ni le style ne portent le caractère d'un auteur ^^^cahlé par la maladie et couvert de cendres ; elles tral^seût au contraire le travail et le loisir du cabinet. Sous ce poiat de vue , j'incline à l'opinion d'Aben-Hezra , que ^ Èvre de Job e&t une traduction. L'auteur en effet parait ^*Uter la poésie des gentils; car le père des dieux y con- ^^<|tte deux fols l'assemblée où Momus, sous le nom de ^tan, critique les actions de Dieu avec une extrême li- "^^^«10, etc. Mais ce ne sont là, je l'avoue , que de simples ^^^tejectures, et elles ne sont point assez fondées pour ^ %^*oa y insiste.
Passons au livre de DomieL II n'y a aucua doute qu'à ^^'^itirdu chapitre vm ce livre ne soit l'ouvrage du prophète ^^3Uit il porte le nom. Mais d'où a-t-on tké les sept pre- ^^i^rs chapitres ? voilà ce qu'il est facile de dire. Il y a toute ^X^Sarence que c'a été des chro&ologies chaldéennes, tous ^^s chapitres, excepté le premier, ayant été écrits en
chaldéen. Si ce point était une fois bien établi^ nous y trouverions un éclatant témoignage de la vérité de ce principe, que la Bible ne doit pas son caractère de livre saintf aux paroles et aux discours qu'elle contient , ou à la^ langue où elle est écrite, mais aux choses mêmes que l'intelligence y découvre; et par conséquent tous les livres qui contiennent des récits et des renseignements d'une moralité excellente, en quelque langue qu'ils soient écrits, chez quelque nation qu'on les rencontre , sont également sacrés. Quoi qu'il en soit^nous pouvons toujours noter ici que les sept premiers chapitres de Daniel ont été écrits en chaldéen, et qu'ils n'en sont pas réputés moins sacrés que tout le reste de la Bible.
Le premier livre à'ffezras est si étroitement lié à celui de Daniel^ qu'il est aisé d'y reconnaître l'ouvrage d'un seul et même auteur, qui continue dans ce dernier livre à exposer l'histoire des Juifs depuis leur première captivité.
Pour le livre d'Esther, je n'hésite pas à le rattacher à celui d'Bezras, la conjonction par où il commence ne pou- ' vaut s'interpréter dans un autre sens. Et il ne faut pas J vCroire que- ce livre d'Esther soit celui que Mardochée a j écrit, puisqu'au chapitre ix (vers. 20, 21, 22) un autre « que Mardochée parle de Mardochée lui-même, des let- très qull a écrites et de ce qu'elles contenaient. De plus, il est dit au verset 31 du même chapitre que la reine Esther avait confirmé par un édit toutes les sûretés relatives à la célébration de la fête des Sorts (Purim)^ et qu'on avait écrit cet édit dans le Livre j c'est-à-dire, en langage hébraïque, dans un livre parfaitement ccmnu de tous à cette époque. Or il faut bien avouer ici, comme le fait Aben-Hezra, que ce livre a péri avec les autres. Enfin, le reste de l'histoire de Mardochée est emprunté aux chroniques des rois de Perse. C'est donc une chose * certaine que le livre d' Esther est l'ouvrage du môme historien qui a écrit le livre de Daniel, celui d'JBezras, et J sans doute aussi celui de Néhémias ^ qu'on appelle te