‹ Œuvres de Spinoza (volume 4)Chapitre 69 sur 116 · II · texte numérisé non relu

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affaires qui surviendraient (non pas comme Moïse, sciil J, dans sa tente ou dons le tabernacle, mais par l'intermé- — diaire du souverain pontife, qui recevait seul la réponse -s de Dieu), ensuite d'exécuter et de faire respecter par le ^ peuple les ordres de Dieu transmis par le pontife, de .^ trouver et d'employer les moyens de les exécuter, dec^ choisir dans l'armée autant de chefs qu'il voudrait et ccuxi^bb qu'il voudrait, d'envoyer des députés en son propre nom, ^ et enfm de disposer avec une liberté absolue de tout ce ^^ qui concerne la guerre. Personne ne devait le remplacei;::*^ par droit de légitime succession, et son successeur n^^ pouvait être élu que par Dieu, sur la demande expretfl(^ ^ du peuple tout entier. Parfois même, tout ce qui eoneem^^ ^ la paix et la guerre fut remis aux mains des chefs d>»^S tribu, comme je le montrerai bientôt. Enfin, Mo'ise donna que tous les Hébreux portassent les armes dep vingt jusqu'à soixante an.*», et que l'armée, recrutée ioc=xt mtière dans les rangs du peuple, jurât fidélité, no& ^^mi générai, non au souverain pontife, mais à la religion c^bni à Dieu. Voilà pourquoi l'armée ou les bataillons fare^Hot appelés l'armée de Dieu ou les bataillons de Dieu ; voL 'Mi pourquoi Dieu fut appelé chez les Hébreux le Die« armées ; voilà pourquoi, dans la grande bataille qui deve décider du triomphe ou de la défaite du peuple tout entier ^i l'arche d'alliance était portée au milieu de l'armée, afcï» que les soldats, voyant leur roi pour ainsi dire prése^^rtt dans leurs rangs, fissent des efforts extraordinaires. C-^s* dispositions de Moïse montrent clairement qu'il veulr*^"* laisser au peuple après lui des administrateurs, uond-^^ tyrans. Auasi ne donna-t-il à personne le droit de eonsu^^' ter Dreu, seul et dans le lieu qui lui plairait, non pliV- ^» par conséquent, que le droit qu'il avait lui-même d'éC^ ^' blir et d'abolir les lois, de décider de la paix et de '• guerre, d'élire les administrateurs du temple et des vill^^^» toutes choses qui n'appartiennent qu'à celui qui possè -^^ le pouvoir absolu. Le souverain pontife avait ledr^^î* dMnterpréter les Iws et de transmettre les réponses -^^

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Dieu, non comme Moïse, chaque fois qu'il le voulait, mais seulement sur la demande du général, ou de l'assemblée suprême, ou de quelque autre corps constitué. De leur côté, le général en chef de l'armée et les assemblées pouvaient consulter Dieu quand ils le voulaient, mais ils ne pouvaient recevoir les réponses de Dieu que par l'intermédiaire du souverain pontife. De sorte que la parole de Dieu, dans la bouche du souverain pontife, n'était pas un décret comme dans la bouche de Moïse, niais une simple réponse. Transmise à Josué et aux ^^aemblécs, elle prenait force de loi; c'était un ordre, un décret D'après ces dispositions, le souverain pontife, qui Recevait directement les réponses de Dieu, n'avait pas d'armée sous se» ordres et n'exerçait aucun pouvoir légitime dans le gouvernement de l'Etat; et réciproquement Ceux qui possédaient des terres n'avaient pas le droit d'établir des lois. Les souverains pontifes Aharon et son fil« Éléazar furent l'un et l'autre élus par Moïse ; mais ^prèslamort de Moïse, personne n'hérita du droit d'élire le souverain pontife, et le fils succéda légitimement à ^On père. De même le général de l'armée fut élu par ^oïse et non par l'autorité du souverain pontife ; c'est ^n recevant ses droits de Moïse qu'il prit la fonction de R^néral. Voilà pourquoi, après la mort de Josué, le pontife ^*élut personne à sa place ; voilà pourquoi les chefs des ^ï^s ne consultèrent pas Dieu sur le choix d'un nou- ^^U général; mais chacun exerça sur les soldats de sa ''iTbu et tous ensemble exercèrent sur toute l'armée les ^oits qui avaient appartenu à Josué. Et il ne me semble pas qu'ils aient eu besoin d'un chef suprême, si ce n'est ^^8 les circonstances où l'armée entière réunie marchait ^pntrè un ennemi commun. C'est ce qui arriva, surtout ^'i temps de Josué, lorsque les Hébreux n'avaient pas ^^core de résidence bien fixe, et que toutes choses appareillaient à tous. Mais après que les terres prises par le ^oit de la guerre eurent été partagées entre les tribus, ^*îue toutes choses n'appartinrent plus à tous, par cela

même la nécessité d*un chef commun cessa de se faire sentir, les hommes des différentes tribus étant, grâce à celte distribution, les uns par rapport aux autres, moins des concitoyens que des alliés. Relativement à Dieu et à la religion, ils devaient être considérés comme des coxicitoyens ; relativement aux droits d'une tribu surTautrc» comme de simples alliés. Les tribus étaient toutes seac^' blables en cela (à l'exception du temple qui leur était commun) aux États confédérés des Hollandais. Qu'est-o^ en effet que la division en différentes parties d'un hi^^ commun, si ce n'est la possession exclusive par chaci:»-^ de la portion qui lui échoit, et de la part des autres l'abandon volontaire de leurs droits sur cette mèitC^^ portion ? Voilà pourquoi Moïse élut des chefs de tribu. ^^ voulut qu'après la division de l'État, chaque chef veill-^* sur les intérêts des siens, consultât Dieu, par l'interra ^' diaire du souverain pontife, sur les affaires de sa tril>^*^» commandât l'armée, fondât et fortifiât les villes, étal>^* des juges dans chaque cité, repoussât ses ennemis par*^^' cuUers, administrât tout ce qui concerne la paix et -^* guerre, enfin, qu'il n'y eût point d'autre juge que Di^^^ pour chaque chef ', Dieu, dis-je, et les prophètes exprès? ^' sèment envoyés par lui. Un chef abandonnait-il la loi C^^ Dieu, les autres tribus devaient, non pas le juger comaT^^ un sujet, mais en tirer vengeance comme d'un ennet:::^^^ qui aurait manqué à la foi des traités. Nous en avons d^^^ exemples dans l'Écriture. Après la mort de Josué, lesfi^ ^ d'Israël, et non pas un nouveau général des armées, co*^' sultèrenf Dieu. Il fut répondu que la tribu de Juda dev^^-^^ la première faire invasion chez les ennemis quilui étalera* particuliers. Elle fît donc alliance avec la tribu de SiméC^^ pour envahir avec leurs forces réunies leurs ennenc^^ '^ communs ; les autres tribus restèrent en dehors de cet-^^ alliance (voyez les Juges, chap. i, ii, m). Chacune etséE> ^' rément (comme nous l'avons raconté dans le précéda ^*

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