DE LA DÉMOCRATIE
1. Je passe enfin au troisième gouvernement, complètement absolu, que nous appelons démocratie. Ce qui le distingue essentiellement, nous l'avons dit, du gouvernement aristocratique, c'est que, dans ce dernier, la seule volonté du conseil suprême et une libre élection font nommer tel ou tel citoyen patricien , en sorte que nul ne possède à titre héréditaire et ne peut demander ni le droit de suffrage, ni le droit d'occuper les fonctions publiques, au lieu qu'il en est tout autrement dans le gouvernement dont nous allons parler. En effet, tous ceux qui ont pour parents des citoyens, ou qui sont nés sur le sol même de la patrie, ou qui ont bien mérité de la république, ou enfin qui doivent la qualité de citoyen à quelqu'un des motifs assignés par la loi, tous ceux-là, dis-je, ont le droit de suffrage dans le conseil suprême et le droit d'occuper des fonctions publiques, et l'on ne peut le leur refuser, sinon pour cause de crime ou d'infamie.
2. Si donc il est réglé par une loi que les anciens seulement qui auront atteint un âge déterminé, — ou les seuls aînés, dès que leur âge le permet, — ou ceux qui payent à la république une somme d'argent déterminée, — possèdent le droit de suffrage dans le conseil suprême et le droit de participoraux affaires publiques, bien qu'il puisse arriver, par cette raison, que .le conseil suprême y soit composé d'un plus petit nombre do citoyens que dans le gouvernement aristocratique, il faut cependant appeler démocratiques des gouvernements de cette sorte,
parce que les ciloycws c\\\\ C^lWS'^wX. ^çi>\xv\vïi(>r la republiqne n'y sonl ça?» ç\\o\'A?> ço\w\^v^ V-'5^ ^x^.'^ ^vî:^^^'^^^^ Je conseil supr(ime, m;û^ ^owV v^v^^v^xv^^ >^^x \^\^v^\
TRAITA POLITIQUB. 465
quoique par cette raison des gouvernements de celte sorte, — c'est-à-dire ceux où Ton ne voit pas les meilleurs citoyens gouverner, mais des individus que le hasard a faits riches, ou les alhés, — paraissent inférieurs au gouvernement aristocratique, cependant, si nous considérons la pratique ou la nature commune des hommes, la chose reviendra au même. Car les patriciens jugeront toujours comme les meilleurs les gens riches ou bien ceux qui leur sont unis par les liens du sang ou de Tamitié ; et à coup sûr si les patriciens devaient élire leurs collègues patriciens, sans passion et en vue du seul intérêt public, il n*y aurait point de gouvernement à opposer au gouvernement aristocratique. Mais la pratique a démontré surabondamment que les choses se passent d'une tout autre façon, surtout dans les oligarchies, où la volonté des patriciens, par le manque de rivaux, est plus que partout ailleurs dégagée de toute loi. Là, en effet, ce que les patriciens ont le plus à cœur, c'est de repousser du conseil les plus dignes citoyens et ils choisissent pour collègues des gens qui n'ont d'autre volonté que la leur ; de telle façon que dans un pareil gouvernement les affaires se font bien plus mal, parce que l'élection des patriciens dépend de la volonté complètement libre de quelques individus, je veux dire, d'une volonté exempte de toute loi. Mais je reviens à mon sujet.
3. D'après ce qui a été dit dans l'article précédent, il est évident que nous pouvons concevoir plusieurs genres de gouvernement démocratique. Mais mon but n'est pas de m'occuper de chacun d'eux, mais seulement de celui où, sans exception, tous ceux qui n'obéissent qu'aux lois de leur patrie, qui de plus sont leurs maîtres et vivent honnêtement, ont le droit de suffrage dans le conseil souverain et le droit d'occuper des fonctions dans le gouvernement. Je dis expressément : ceux qui ti'<i^^\.%sent guaux lois de leur patrie^ powr e.'SLç\vi:t^\^^ ^V^^snj^^^n qui sont censés dépendre d'un aw\.x^ ^qnjn^'î^^'^^'^ J'ai ajouté i qui sont leurs maîtres pour le t^sUi^^'^^
nittt <oiii ito tjomhiaawirde Igni^tyuNMUt Qt«40. (vtaani. J*«i ^ ittfitt : r^i ^ écarter jiitocipalàB»yittow 00^ ffi.gar g«ol4ii>wrimi msf9iitiVm^iMàÊiÊ^ amtiomkàB datts^Wanb*
fMT «BdJiiiMÉiuraUe anfAT «le intittiàioii (goe lu
a^'iift fçpift >{Mr .BM iaatftiitioa Immuint» «anwthMat 4Mii]ie.MisaB'«e anmoMigi à ^esebura 4a8 »£Mime6 di
nous twJDBttfieJ'ottelngtoi dê$ fiMsniet «tt bm «dli
«DNieidUeJkM temfBOittt^ésifeiiimes; 4» c^almifB, pM^ tout où Ton Mneeatre d»i homptees ^.-ëes Semmes, ki
femmes sont gouvernées et les hommes gouvernent, et de cette façon la concorde existe entre les deux sexes. Tout au contraire les amazones, qui j*égnèrent jadis, suivant la tradition, ne permettaient f>as aux hommes de demeurer dans leur pays; elles n'élevaient quîe leurs filles et tuaient leurs enfants mâles. Or, s'il ét^ naturel que les femmes fussent égales aux hommes et pussent rivaliser avec eux tant par la grandeur d'àme que par l'intelligence qui constitue avant tout la puissance de l'homme et partant son droit, à coup sûr, parmi tant de nations différentes, on en verrait quelques-unes où ks deux sexes gouverneraient également, et d'autres où les homimes seraient gouvernés par les femmes et élevés de manière à être moins forts par rintelligenoe. Comme pareille chose n'arrive nulle part, on peut affirmer sans restriction que la nature n'a pas donné aux femmes na d!roitégalàoelui des liommes^ mais qu'aies sont obligées de leur céder ; donc \\ ne ^eviV ^ç^^ %trà^ ^^\&% deux âiexes gouvernent ègd\emenX, ç»r«ii^ ^ûsàaa. ^^>s^
TRAITE P0LITIQU15. 467
hommes soient gouvernés par les femmes. Considérons en outre les passions humaines: n'est-il pas vrai que le plus souvent les hommes n'aiment les femmes que par l'effet d'un désir sensuel et n'estiment leur intelligence et leur sagesse qu'autant qu'elles ont de la beauté î Ajoutez que les hommes ne peuvent souffrir que laferome qu'ils aiment accorde aux autres la moindre faveur, sans ' parler d'autres considérations pareilles qui démontrent facilement qu'il ne se peut faire, sans grand dommage pour la concorde, que les hommes et les femmes gouvernent également. Mais en voilà assez sur cet objet,. •
Le reste manque^
m9 DU DEUXIEME VOLUME,
V lE liE Spinoza I
Appendice. . xli
Notice bibliographique LVi
Traite Théolooico-Pôlitique • 1
PnÉFACB 3
CuAP. I. De la prophétie 15