‹ Œuvres de Spinoza (volume 5)Chapitre 37 sur 109 · TEA11CE · texte numérisé non relu

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ce qui prouve bien quils n'avaient pas compris ia révélation que Dieu leur avait faîte, B est inuîik qae je m'arrête à déraonti^er cela avec plus d'étendai*; car, quelque cLose résulte ckiromcut de l'Écnture, c'est < Dieu n'accordait pas au même dej^é le don de propkclj à ses propliètes. Mais quant à ce principe que !es pt\ pîiétîes ont varié avec les opinions du prophète^ et ( les proplièlcs avai^^nt des opinions diverses et même cQ traires el une grande variété de préjugés (je ne parte iâ que de ce qui regarde les choses purement spèculalives; car pour les choses relatives à la probité et aux bonnes mœurs, il en va tout auticment)» c'est ce que je vaU rechercher avec plus de cmîosité et établir plus au long ; car la chose est^ je crois, de grande conséquence, et je prétends conclure dû là que les prophéties n'ont jaiual' rendu les prophètes plus instruits qulls n'étalent aupa* ravanl^ et les ont toujours laissés dan^ï leurs préjuiçés antérieurs ; d'où il suit qne nous ne dovoa^ nullement nous considérer corame Ués parles prophéties en maBépa de choses purement spéculatives.

C'est avec une merveilleuse précipitation qu'on s'est généralement persuadé que les prophètes savaient hM ce que Fentenderaent humain est capable de connattrt. Et, bien que plusieurs endroits de l'Écriture nous fas^tnl voir le plus clairement du monde que les prophètes i^, raient de certaines choses, on aime mieux dlre| ees endroits on n*entend pas soi-même TÉcrUi] d'accorder que les prophètes aient ignoré quelque i ou bien on s'eûbrce de torturer les paroles de TÉcr pour lui faire dire ce qu'elle ne dit pas. Avec ce sjstèfl c*en est fait de l'Écriture ; car on s'eifûrcarait vaise de rien en tirer, si les choses les plus claires pçuvcnîl considérées comme obscures et ininteJUgibîes ou prêtées d'une façon arbitraire. Quoi de plus exemple, que l'opinion de Josné, et peut«être an celui qui a écrit sou hiatûîre, sur le mouve soieil autour dû La Wtte, Vlmmoiïàv^^ ia. \îk\Awu, ^

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soleil arrêté pour un temps dans sa marche ? Cependant plusieurs personnes qui ne veulent pas accorder qu'il puisse s'accomplir quelque changement dans les cieux interprètent ce passage de façon qu'il ne contient plus . en eflfet rien de semblable ; d'autres, qui sont meilleurs philosophes, sachant que la terre se meut et que le soleil, .au contraire, est immobile, c'est-à-dire ne se meut pas autour de la terre, ont employé toutes leurs forces à lire cette doctrine dans 1 Écriture, en dépit de l'Écriture elle-même; et certes, j'admire ces commentateurs; mais / je leur demanderai si nous sommes tenus de croire que le soldat Josué fut un habile astronome, et si ce miracle n'a pu lui être révélé, ou si la lumière du soleil n'a pu rester sur l'horizon plus longtemps que d'ordinaire, sans que Josué en sût la cause ? Pour moi, je trouve ces deux hypothèses également ridicules, et j'aime mieux penser, je le dis ouvertement, que Josué a ignoré la cause de cette lumière prolongée, et qu'il a cru, comme la foule qui Tenvironnait, que le soleil accomplissait un mouvement diurne autour de la terre, que ce jour-lâ il s'était arrêté pendant quelque temps, et que c'était là la cause qui avait prolongé ce jour, sans remarquer qu'à cette époque de l'année la quantité extraordinaire de glace qui se trouvait dans la région de l'air (voy. Josué ^ chap. x, vers. H) pour vait produire une réfraction plus forte que de coutunie, on telle autre circonstance du phénomène qu'il n'est par de notre sujet de déterminer. C'est ainsi que le signe de la rétrogradation de l'ombre du soleil fut révélé à Isale suivant la portée de son esprit, je veux dire expliqué par la rétrogradation du soleil; car il croyait, lui mssi, que le soleil se meut et que la terre est inunobile, et il n'aj^ait jamais entendu parler, même en songe, des ptihélie». Et tout ceci ne doit exciter aucun scrupule ; ' or le signe, pouvait apparaître et être prédit au roi par bala, saas ^pieoe prophète sût la cause véritable de son q^aiidoo* J'en dirai autant de la constmctlon d^^âs^ ma^M eiiê Jêufut eSlèctivement révélée parl>\fc>i\ V^,

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veux dire que toutes les mesures du temple lui.ftireitf révélées suivant sa portée et ses opinions. Nous ne sommes nullement forcés de croire que Salomon fut mathématicien, et il nous est parfaitement permis de dire qu'il ignorait le rapport du diamètre à la circonférence du cercle, et qu'il croyait, avec le vulgaire des ouvriers, que ce rapport était de 3 à I. Que s'il est permis de nou5 o bjecter ici que nous ne comprenons pas le texte des Rois (liv. I, cliap. vu, vers. 23), je ne sais en vérité ce qu'il peut y avoir à comprendre dans l'Écriture , puisqu'on cet endroit la construction du temple est racontée le plus simplement du monde et d'une façon purement historique. Dira-t-on que l'Écriture a eu d'autres idées que celles qu'elle exprime, et qu'elle n'a pas voulu les manifester par des raisons qui nous sont inconnues ? Je déclare que c'est là le renversement complet de l'Écriture ; car chacun pourra en dire exactement autant de tous les passages dR rÉcriture ; et tout ce que la perversité humaine peut imaginer d'absurde et de mauvais, il sera permis de le soutenir et de le mettre en pratique sur l'autorité de l'Écriture. Notre sentiment, au contraire, ne recèle aucune impiété ; car Salomon, Isaïe, Josué, etc., quoique prophètes , étaient hommes , et rien d'humain dès lors ne leur était étranger. La révélation qu'eut Noach de la destruction future du genre humain fut aussi proportionnée à son intelligence; car il croyait que, hors de la Palestine, le reste du monde n'était pas habité. Et les prophètes ont pu ignorer tout cela, et même des choses déplus grande conséquence, sans dommage pour la piété ; et ils les ont effectivement ignorées, car jamais ils n'ont rien enseigné de particulier sur les attributs divins; mais leurs opinions sur Dieu ont toujours été celles du vulgaire; et ils ont toujours eu soin d'accommoder leurs révélations aux idées du peuple, conmie jel'ai déjà démontré par un grand nombre de témoignages de rÉcriture. On voit donc que ce q]Qi\e% ^l^\& «icélèbcieB et rendus si recommandables, <^e u^e^Xi ^^ \»siX\».iiiiâGL">

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nifé et Texeellence de leur génie qne leur force d'ftme et enr piété.

Adam, le premier à qui Dieu se soit révélé, ignorait son omniprésence, son omniscience; car il voulut se »cher à Dieu, et il s'efforça d'excuser son péché devant Dieu comme il aurait fait devant un homme. Aussi Dieu se révéla à lui suivant la portée de son intelligence, comme s'il n'eût pas existé partout et s'il eût ignoré le lieu où se cachait Adam et son péché. Adam entendit en eSet ou crut entendre Dieu qui se promenait dans le jar- ^n et le cherchait en l'appelant à haute voix et, témoin de sa honte, lui demandait s'il n'aurait pas mangé du fruit défendu. Tout ce qu'Adam connaissait des attributs de Dieu, c'était donc que Dieu est l'artisan de toutes choses. Dieu se mit aussi à la portée de Kaln en se révélant à lui, comme s'il ignorait les actions des hommes; et Kaln, en effet, n'avait pas besoin, pour se repentir de son péché, d'une connaissance de Dieu plus sublime. Dieu se révéla aussi à Laban comme Dieu d'Abraham, parce que Laban croyait que chaque nation avait son Dieu particulier. On verra aussi dans la Genèse (chap. xxxi, ▼ers. 29) qu'Abraham ignorait que Dieu est partout et 9ne sa prescience s'étend à toutes choses; car dès qu'il entendit la sentence portée contre les Sodomites, il pria Ken, avant de l'exécuter, de rechercher s'ils étaient tous dignes de ce ch&timent (voyez Genèse, chap. xxxi, vers. 29) : « Peut-^tre se rencontrerar^t'il cinquante justes dans cette ville, » Et Dieu se révéla à lui tel qu'il en était connu; car il parla ainsi, dans l'imagination d'Abraham : c Je iacendrai maintenant pour voir si leur conduite est d'accord me la plainte qui est venue jusqu'à moi; et s'il n'en est pas Âift, fe le saurai, i Le témoignage de Dieu sur Abraham Be parle que de son obéissance, de son zèle à encourager ses serviteurs à la justice et au bien ; et il n'y est pas dit qu'Abraham eut des pensées plus sublimes sur Dieu 9Be le reste des hommes (voyez Gfenèse, eViaç. va\x^ vers, I9^« MaSse ne comprit pas non plus Vxè&AÀoiv c^^

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Dien sait font et qu'il iSirige toaies les aetions^ det hommes par un seul décret. Car quoique Dieu lui eùl dit (Exode, cliap. m, vers^ 18) que les Israélites lui obéiraient, il en doute cependant et pose à Dieu cette difficulté {Exode, chap. iv, vers. 1) : « Que ferai-je, sHh ne croient pas en moi et s'ih ne m'obéissent pas? » Dieu lui avait donc été révélé comme ne prenant point de part aux actions humaines et ne les connaissant pas à l'avance. H donne à Moïse deux signes et lui dit {Exode, ehap. iv, vers. 8): « S'il arrive qu'ils ne croient pas en toi au premier signe, ils te croiront au second ; et si alors même ils ne veiUent pas croire, prends de Veau du fleuve, » etc. Assurément, si quelqu'un veut peser mûrement et sans préjugé ces paroles de Moïse, il reconnaîtra clairement que Moïse pensait de Dieu qu'il est un être qui a toujours existé, qui existe et qui existera toujours (et c'est pour cela qu'il le nomme Jéhovah, mot qui exprime eu hébreu ces trob moments de l'existence), mais qu'il n'a rien enseigné sur sa nature, sinon qu'il est miséricordieux, bienveillant, etc. , et surtout jaloux, comme on peut le voir dans plusieurs passages du Pentateuque. Il croyait aussi que cet être ditfère de tous les autres êtres, de telle sorte qu'il ne peut être exprimé par aucune image, ni être vu, non pas tant par l'impossibilité même de la chose qu'à cause de la faiblesse humaine. Sous le rapport de la puissance, il enseignait que Dieu seul la possède en propre; car quoiqu'il reconnaisse d'autres êtres qui rempUssent les fonctions divines (sans aucun doute, par l'ordre de Dieu et la mission qu'ils en ont reçue), je veux dire des êtres à qui Dieu a donné l'autorité, le droit et le pouvoir pour diriger les nations, veiller sur elles et en prendre soin, toutefois cet être que tous les autres sont obligés d'honorer est le Dieu suprême, et, pour parler le langage des Hébreux, le Dieu des dieux. C'est dans ce sens qu'il dit àans y Exode (chap. xv^ vers, 11) ; c Qui entre les dieux es^semô/able d toi, Jéhcvah ?» El de mêime Jétro (chap. xvm, yers. ii) : (^ C'^^f alws que j'ai connu que JéhwaK. e^i^lxiA

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grand que tmtt l» dieuxj » c'est-àrdire, )e suis forcé de croire avec Moïse que Jébovah est pins grand que tous les antres dieux, et qu'il a une puissance singulière. Maintenant, Moïse a-t-il considéré ces êtres qui remplissaient les fonctions divines comme des créatures de DieuT on peut en douter. U n'a rien dit en eâet, que je sache, de leur création ni de leur origine. La doctrine qu'il enseigne, la voici en quelques mots : TÉtre suprême a fait passer ce monde visible {Genèse^ chap. i, vers. 2) du chaos à l'oidre, et y a déposé les germes des choses naturelles. Il a sur toutes choses un droit ^souverain et une souveraine puissance, et c'est en vertu de cette puissance et de ce droit qu'il s'est choisi pour lui seul la nation hébralque (Deutéron.^ chap. x, vers. 14-16), ainsi qu'une certaine contrée de l'univers, laissant les autres nations et les autres contrées aux soins de dieux subordonnés. C'est pourquoi il est le Dieu d'Israël, le Dieu de Jérusalem {Paralipom.^ liv. II, chap. xxxn, vers. 19), et les autres dieux sont les dieux des autres nations. C'est pour cette même raison que les Juifs étaient persuadés que cette région que Dieu avait choisie demandait un culte particulier, très-diflférent de celui des autres peuples, et même qu'elle ne pouvait soufi&*ir le culte des dieux étrangers, exclusivement propre aux régions étrangères. Aussi croyait-on que les nations que le roi d'Assyrie conduisit sur les terres des Juifs étaient déchirées par les I lions, à cause dé l'ignorance où elles étaient du culte des I dieux de ce pays {Bois, liv. II, chap. xvii, vers. 25, 26 etsuiv.). Aben Hesra pense que c'est aussi sous Tinfluence de cette opinion que Jacob dit à ses fils, au moment de I retourner dans sa patrie, de se préparer à un nouveau enlte et d'abandonner celui des dieux étrangers, c'est-à- . ; dire des dieux du pays qu'ils habitaient encore en ce ; I moment {Genèse ^ chap. xxxv, vers. 2, 3). On peut citer : encore David qui, voulant dire à Saiil : Vos persécutions i. ne forcent de nvre bon de la patrie, lui d\l ; Vow% ^^ y tèÊSÊesdeltéritage de Dieu et m'exilez vers \e& âx^x^^s.

étrangers {Samud^ liv, I^ chap* xxvi, r(>M, 19), Enfin Moïse croyait que TÈtre suprême ou Dieu avait sa demeure dans les cieux {IMHf'ron,^ chap» xxxiii, vers* 27), opinion très-répauduo parmi les p.iîeïis.

Si maintenant nous exanjinons les révélations de Moïsi\ nous trouverons qu'elles furent accommodées à «es opiuîons. Croyant, en eflfiît. Dieu assujetti aux conditions dont nous avons parié, la miséricorde, la bouté, < Dieu se révèle à lui sous ces attributs et conformémiii à cette croyance (voyez Exode, chap* xxxiv, vers. 6, ' où se trouve le réeit de Tapparition de Dieu à Moïse ;( Je /ïtWô^we, vers» 4, 5). Dfins le récit du cbap. il vers, 18, Moïse demande à Dieu qull Ini permette de 1 voir, Oj-, comme Moïse, ainsi qu'on Ta déjà dit, n 'avait ilafl sou cerveau aucune image de Dieu, et que Dieu ne révèle (cela est démontré cî-dessus) à ses prophètes qu^ selon la disposition de leur imii*?ination, Dieu n'apf^arill à Moïse sous aucune imap:e; cl il en arriva ainsi, pa que Moïse était incapable d'en former aucune. Les aiiti propLètes, en etlet, déclarent quils ont vu Dieu : exemple, îsaîe, Ézéchiel, Daniel, etc. Dieu répond do lï Moïse; » Tu ne pourras voir ma face, » Et comme Ma était persuadé que Dieu était visible, c'est-à-dire qu'il t"] avait rien dans sa nature qui l'(*mpêçhàt de Tétre ment il n'iiurait pas demandé à voir Dieu), Dieu ajoatij « Car md mortel m peut vh^^ aprh m'avoirvu. » La i qull donne pour ne pas être vu est donc d'accord i l'opinion que Moïse s^êtait formée de sa nature* n*est pas dit qu'il y ait contradiction à ce que la i divine devienne visible, mais seulement que la élu impossible à cause de la fra^çilité de l'homme* Utt] remarquer encore que Dieu, pour révéler à M*>H« ' lei Israélites, en adorant un vean, s'étaient rcndtiM blabies aux autres nations, lui dit (cbap, xxxnu tc 3} qu'il enverra un ange aux Hébreux, c'e5t-à*diH éite qui prenne soin d'eux â sa place, lie voulaot] quant d lui, être au m\\i<i\i 4'^^i.\ 4^^^v\«iSMfia,eiil

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Moïse n'avait pins aucune raison de croire qne les Israélites fussent chéris de Dieu plus que les autres nations, que Dieu livre aussi aux soins de ses anges. C'est ce qui résulte clairement du verset 16 de ce même chapitre. Enfin, comme on croyait alors que Dieu habite danif le ciel, Dieu se révélait en descendant du ciel sur la montagne, et Moïse gravissait la montagne pour parler à Ken; précaution parfaitement inutile, s'il avnit été capable d'imaginer Dieu en tout lieu avec une égalf^fnoilité. En général, les Israélites ne savaient presque rien de Dieu, bien qu'il se fût révélé à eux ; et ils firent bien voir leur extrême ignorance en transportant à un veau les mêmes honneurs et le même culte qu'ils avaient rendu à Dieu quelques jours auparavant, et en s'imaginantque c'étaient là les dieux qui les avaient tirés d'Egypte.

Et certes on aurait grand tort de croire que dos hommes accoutumés aux superstitions égyptiennes, grossiers, misérables, aient eu quelque idée saine de Dieu, m que Moïse leur ait enseigné autre chose que la manièrede bien vivre, non en philosophe et par la liberté de l'àme, maisenlégislaleuret par la force de la loi. La règle delà vie vertueuse, c'est-à-dire la vie véritabb», le culte et l'amour de Dieu, furent donc pour eux une servitude, bien plutôt qu'une vraie liberté, une grâce et un don de Dieu. Il leur ordonne en effet d'aimer Dieu et d'observer h loi, afin de rendre ainsi gri\ce ù Dieu des biens qu'il kor a rendus (la liberté, que les Égyptiens leur avaient ravie), les effrayant par des menaces terribles, s'ils transgressaient ses ordres, et leur promettant, s'ils y étaient ^dociles, une foule de biens. Celait, comme on voit, leur ^tnseigner la vertu comme les pères font aux enfants ^SUcore privés déraison. Il ifst donc parfaitement certain '^'ils ignoraient l'excellence d<', la vertu et la véritable ^^atitude. Jonas crut échapper à la présence de Dieu, ce loi fait croire qu'il pensait aussi que Dieu avait laissé le ^in de tontes les contrées placées hors de\;!L iud^^^ l*«ntres puissancea déléguées par lui, Cerlea pv^t«oiai^>

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dans l'Ancien Testament, n'a mieux parlé 4e Dieu selon la raison que Salomon, dont les lumières naturelles surpassaient celles de tous les Jiommes de son temps ; aussi se crut il supérieur à la Loi (qui n'était faite effectivement que pour des hommes privés de raison et des lumières naturelles de l'entendement) ; et il fit peu de cas des lois qui concernaient les rois, lesquelles se réduisaient principalement à trois principales (voyoz Deutéron.y chap. xvii, vers. 16, 17) ; il viola même ces lois ouvertement (en quoi il fit une faute, et montra un attachement àla.volupté peu digne d'un philosophe), et enseigna que tous les biens de la fortune ne sont que vanité (voyez VFcclésiaste)^ que rien dans l'homme n'a plus de prix que Tentendcment, et que la plus grande des punitions, c'e^t d'er être privé [Proverbes^ chap. xvi, vers. 23). Mais revenons aux prophètes, et continuons de marquer les contrariétés qui se rencontrent dans leurs opinions. La différence .des pensées d'Ézéchiel et de celles de Moïse a tellement frappé les rabbin?, de qui nous tenons ceux des livres des prophètes qui nous sont restés (voyez le traité Du Sabbat, chap. i«', feuille 13, page 2), qu'ils ont balancé s'ils ne retrancheraient pas le livre d'Ézécliiel d'entre les canoniques; et ils l'auraient même entièrement supprimé, si un certain Hananias ne s'était chargé de l'expliquer, ce qu'il fît avec un grand zèle et des peines infinies (ainsi qu'on le raconte dans le livre cité plus haut). De quelle façon s'y prit-il ? c'est ce qu'on ne sait pas bien. Fit-il un simple commentaire, qui s'est perdu depuis ; ou bien eut-il la hardiesse de changer les propres paroles dÉzéeliiel et d'orner ses discours ? Quoi qu'il en soit, le chap. xviii ne semble pas Lien d'accord avec le vers. 7 du chap. xxxiv de ïExode, ni avec les vers. 18 du chap. XXXII de Jérémie^ etc. — Samuel croyait quo Dieu, après avoir pris une résolution, ne s'en repentait jamais (voyez Samuel^ liv. i*', chap. 15, vers. 29); carii dit à Saùlf qui se repentait de sa faute et voulait supplier Dieu de lui accordet sou paxâLOU, q;vx^\&fêvsLTk&0^k^

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gérait pas le décret porté contre lui. An contraire, il fut révélé à Jérémîe (chap. xviii, vers. 8, iO) que Dieu, quand il avait pris un dessein favorable ou contraire à qmelque nation, s'en repentait ensuite, si, avant Taccomplissemcnt de son décret, les hommes de cette nation changeaient pour dégénérer ou devenir meilleurs. Mais la doctrine de Joël, c'est que Dieu ne se repent que du tort qu'il a fait (chap. ii, vers. 13). — Enfin il suit clairement du chap. IV de la Genèse, vers. 7, que Tliomme peut dompter les tentations de pécher, et bien aj^ir. Dieu lui-môme le déclare à Kaln, qui cependant, suivant rÉ'îriture elle-même et le témoif^nage de Josèphe, ne dompta jamais ses tentations. On trouve la même doctrine dans Jérémie au chapitre cité plus haut; car il dit que Dieu se repent d'avoir porté un décret favorable ou contraire aux hommes, quand ils veulent cb animer leurs mœurs et leur manière de vivre. Or, c'est le principe onvertemcnt profe'^sé par Paul que les hommes n'ont \ d'empire sur les tentations de la chair que par l'élection ■ de Diju et par sa grâce. Voyez Épître aux liomainSj . î chap. IX, vers. 10 et suiv. Puis dans les chap. m, vers. 5 , I yi, vers. 19, où il attribue à Dieu la justice, il se reprend, i «t avertit qu'il ne parle ainsi gu'en homme et à cause de ,-» la fragilité de la chair.

.:■ Il résulte donc avec une pleine évidence de l'ensemble - ^ ^ passages que nous avons cités que Dieu a proporl^tionné ses révélations à l'intelligence et aux opinions des phëtes , que les prophètes ont pu ignorer les choses |Qi touchent la spéculation et n'ont point rapport à la «rite et à la pratique de la vie , qu'ils les ont effectient ignorées , et ont eu sur ces objets des opinions aires. Il ne faut donc point leur demander la consance des choses naturelles et spirituelles. Il faut Gelure au contraire que nous ne sommes tenus de ire aux prophètes que dans les choses qui sont l'objet ^ifs fond de la révélation ; en tout le rcsto. , Wbre îi Oûft.de cnrire ee qu'il lai plaît Pouv preniÂre eucoT^ "^xl

exemple, la révélation faite à Kaïn nous apprend seu ment que Dieu rappela Koin à la vie véritable. C'est li en e9et rohjet et le fond de cette révélation, et non pas de nous faire connaître la liberté de la volonté, et de toucher aux questions philosophiques. Ainsi donc, bien que le libre arbitre soit impliqué dans les paroles etd les raisons de ravertissement donné à Kaïn, il nous permis d'admettre la doctrine contraire * , Dieu ayi seultîment voulu dans ses paroles et dans ses raisons proportionner à rinlellîgence de Raïn. C'est ainsi qae l'objet de la révélation faite à Michée, c'est seulement d*appren*dre à Michée le succès du combat d^Achab contre Aram; voilà ce que nous sommes oblipcés de crotre; mais hormis cela, tout ce que contient la révélation d^ Michéc ne touche en rien à la foi, comme ce qui est M de Tesprit de vérité et de l'esprit de mensonge, de Varméc céleste rangée de chaque côté de Dieu, et des autra circonstances de cette prophétie; et chacun peut croi là-dessus ce qui est plus ou moins d ^accord avec sa ri SUD. De même » les raisons par lesquelles Dieu explii à Job sa puissance sur toutes choses, s'il esl vrai qa les lui ait révélées et que l'auteur du livre de Joù, m lie] de nous faire un récit» ne s'amuse point (comme pli sieurs l'ont cru) â orner ses propres idées, ces raisoj dis-je, doivent être considérées comme proportionnées rintelii^once de Job, et non comme des raisons uniT< selles destinées à convaincre tous les hommes. C' encore ainsi qu'il faut prendre les raisons dont se sert Christ pour convaincre les pharisiens d'ignorance etd'i têtement, et pour exhorter ses disciples a !a vie V( ble. U est clair que le Christ accommode ici son dis* aux opiuious et aux principes de ceux qui récout Ainsi , il dit aux pharisiens (voyez Matthieu , rhap vers 26) : « £t si Satan chasse Saian^ ie m(iû divisé noi-niême. Comment donc $on règtie pourra-t-i! Mt»

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I Le Christ vont ici convaincre les pharisiens par ropres principes, et non pas nous apprendre qall démons et nn règne des démons. De même il dit iflciples {Matthieu, chap. xviii, vers 10) : « Prenez e ne pas mépriser un seul de ces petits, car je vous dis f anges sont Dans le cieLn Le Christ n'a ici d'antre oe d'apprendre à ses disciples à ne pas être sn- , à ne mépriser personne , et non pas à leur en- * aucune des choses qu'il ajoute à ce conseil, afin mieux persuader. J'entends absolument de la façon la doctrine et les signes des apôtres, et je ne as nécessaire d'insister davantage sur ce point; |e voulais citer tous les endroits de l'Écriture qui té écrits qu'en vue de l'homme et pour se mettre rtée, et qui ne peuvent être considérés comme nts de doctrine divine sans grand dommage pour isophie, je m'écarterais beaucoup de la règle de é que je m'efforce de suivre. Qu'il me suffise donc cité quelques passages et d'avoir touché les point** } généraux; la curiosité du lecteur fera le reste, leux précédents chapitres sur les prophètes et les ties se rapportent étroitement à l'objet fondamental raité, qui elst de séparer la philosophie de la théonais n'ayant traité cette question jusqu'à présent me manière très-générale, je veux me demander si le don de prophétie a été exclusivement propre breux , ou s'il leur a été commun avec les autres , et en même temps ce qu'il faut penser de la a des Hébreux. C'est l'objet du chapitre suivant.

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