‹ Œuvres de Spinoza (volume 5)Chapitre 54 sur 109 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

DU VÉRITABLE ORIGINAL DE L4 LOI DIVINE, ET POUR QLFLLE HAlSOÏ l'écriture est APPKLÉE sainte et parole DE DIEU. — ON IROIVE ENSUITE qu'en TANT QU'ELLE CONTIENT LA PAROLE DE DIEU, ELLE EST PARVENUE SANS CORRUPTION JUSQU'a NOUS.

Ceux qui considèrent la Bible , telle que nous l'afvons aujourd'hui, comme une sorte de lettre que Dieu, dnbart du ciel, a écrite oux hommes, s'écrieront indubitablement que j'ai commis un péché envers l'Es prit-Saint, moi qui ai soutenu que cette parole de Dieu est vicions^ tronquée, altérée et pleine de discordances, que nons n'en possédons que des ^raçrcv^uts^ et que l'original dfl pacta quQ Dieu a falluxQÇ. \t^ i>iv\^^^^vv* ^-«ù&Vit*

THÉOLOGICO-POLITIQCE. JH

fciïte pas qu'ils ne cessent leurs clameurs , pour peu Çi*Bs Teuillent examiner la diose avec soin. La raison die-même , en effet , aussi bien que les enseignements As prophètes et des apôtres , nous révèle ki parole Swnclle de Dieu et son alliance, et nous crie que la vraie itfgioa est jçravée de la main de Dieu dans le eœur des knunes, «'est-à-dire dans l'esprit humain, et que c'est Mie Téritâble original de la loi de Dieu, loi qu'il a pour iM dire scellée de son propre sceau, quand lia mis en ■«w lidée de lui-même et comme nr^ image de sa dî- 'Wté. Les» premiers Juifs reçurent la religion par écrit Ci fume de loi , parce que sans doute à cette époque oè les traitait comme des enfants. Mais plus tard Iblse {Dentéronomej cfaap. xix, vers. 6) et Jérémie (chap. m, vers. 33) leur prédisent nn temps à venir où Met gravera »a loi dans leurs cœurs. Il appartenait donc ••tofbîs aux . Juife, et surtout aux saducéens, de com- Iwttre pour la loi écrite sur des tables ; mais cela n'est pai du tout une oblîgttÎQn pour ceux qui la portent faite dans leurs cœurs. Aussi, quiconque voudra bien yiéfléefair, loin de trouver dans ce que j'ai dit plus haut rien de contraire à la parole de Dieu, à la vraie reli- Rion et à la foi, ou qui puisse Tinfirmer, verra au contraire que je ne fais que la raffermir, comme je l'ai pfonvé  la fin du chapitre x ; s'il n'en était pas ainsi , i'tarais fermement résolu de garder le «ilence sur ces Questions, et, pour échappera toutes les difficultés, je me î^rais empressé de reconnaître que l'Écriture recèle les plus profonds mystères. Mais comme c'est de là que sont soiiis avec une déplorable superstition bien d'autres inconvénients pernicieux dont j'ai déjà parié au chapitre vit, je Ti'ai pas jugé convenable de garder le silence, et cela scrtout parce que la religion n'a nul besoin des vaincs paniresdela^uperslitio/i.C'est au contraire Imtacvvï ç»oxv^\i.'t édatqne de lui donner ces faux ome,meTit^. "NiL^vX^, ^vï^f, quoique la loi àiyrin^ soit grav(5e d^ns \^^ ecaw^ ; mture n'en est pas moin^ la parole^ ôlc \^Ve\>, ^^

242 trait£

n'est pas plus permis de dire de l'Écritnre qu'elle esl tronquée et corrompue qu'il ne le serait de parler amâ de la parole de Dieu. Pour moi, je crains au contraire que ceux qui insistent si fort n'aspirent é une trop grande sainteté , qu'ils ne changent la religion en superstition, et qu'enfin^ au lieu d'adorer la parole de Dieu, ils ne commencent à adorer des simulacres , des images, ou de l'encre et du papier. Ce que je sab, c'est que je n'ai rien avancé qui soit indigne de l'Écriture on de la parole de Dieu ; il n'y a aucune de mes assertions dont je n'aie démontré la vérité par les raisens les plnâ évidentes, et je puis conséquemmeut affirmer avec certitude que je n'ai rien dit qui soit impie ou qui sente l'impiété. J'avoue que quelques hommes profanes , à qui 11 religion est à charge, peuvent prendre prétexte de ces assertions pour justifier leurs dérèglements ; qu'ils peuvent aussi, sans aucune raison, et dans le ^eul intérêt de leurs penchants voluptueux, un conclure que l'Écriture est partout mensongère et falsifiée , et partant qu'elle n'a nulle autorité. Mais est-il possible de remédier à un pareil inconvénient ? Le proverbe a raison de dire qu'il n'est pas d'assertion si bonne et si légitime qu'une mauvaise interprétation ne la puisse empoisonner. Les libertins peuvent toujours facilement trouver une excuse à leurs dérèglements ; et ceux qui avaient autrefois les originaux mêmes ^ l'arche d'alliance, et même les prophètes et les apôtres , n'en ont été ni meilleurs ni plus dociles ; les Juifs , non moins que les gentils, ont toujours été les mêmes, et de tout temps la vertu a été extrêmement rare. Cependant, pour écarter tout scrupule, il faut montrer ici par quelle raison l'Écriture , comme toute chose muette, doit être appelée sainte et divine; ensuite, ce que c'est en effet que la parole de Dieu qu'elle n'est pas contenue dans un certain nombre d( livres, et comment enfin l'Écriture , en tant qu'elle en seigne ce qui est nécessaire à Vobévssauce et au salut, n'i pu être corrompue. Car on poxxtt^ \v3^^^^ Wj^<i\si«KÇ(X^^"î

TIl£0L06IC0-P0LITIQUE. 2!3

là que nous n'avons rien dit contre la parole de Dicn, et ^e nons n'avons aucunement ouvert la porte à l'impiété. Gela est sacré et divin qui est destiné â la piété et aux exercices de religion; et tout objet semblable restera sacré aussi lonfçtemps que les hommes s'en serviront avec une piense intention. Que si leur piété cesse, ces objets cesseront aussi d'être sacrés ; que s'ils les font servir à des œuvres d'impiété, alors cela même qui était sacré deviendra immonde et profane. Il est, par exemple, un lien que Jacob le patriarche appela la Maison du Seigneur ^ parce que c'est là que Dieu s'était révélé à lui et qu'il l'avait adoré ; mais ce même lieu fut appelé par les prophètes une mcdion (riniquité{yojezBamos, chap. v, vers, 5, et Oséej chap. x, vers. 5), parce que les Israélites avaient coutume d'y sacrifier aux idoles par l'ordre de Jéroboham. Voîd un autre exemple qui met cette vérité dans tout son jour. Les mots ne doivent qu'à l'usage une signification déterminée; et s'ils sont tellement disposés selon cet usage que leur lecture excite des sentiments de dévotion, alors les mots et le livre où les mots sont ainsi ordonnés doivent être réputés saints. Mais si plus tard l'usage 8'eSace tellement que les mots ne gardent plus aucune signification, soit parce que le livre est tout à fait négligé, soit par des altérations criminelles, soit parce qu'on n'en a plus besoin, alors les mots et les livres, n'étant d'aucun Bsage, n'auront aucune sainteté ; ensuite, si ces mêmes mots sont disposés autrement, ou si l'usage a prévalu de leur donner une signification contraire, alors ces mots Qtceshvres, de saints qu'ils étaient auparavant, deviendront impurs et profanes. Il résulte de là qu'aucun objet, Considéré hors de l'&me, ne peut être appelé absolument sacré ou profane et impur; ce n'est que parleur rapport ^ l'àme que les objets prennent tel ou tel de ces caractères. On peut encore démontrer ce point avec une ^^rème évidence par plusieurs passages de rKcriture. ^iUms-en un ou deux. Jéréraie (chap. vu, vers. ^ ô:\\. tue D^est à tort que les Juifs de son temps doiiUQL\e.xi\.\^

214 T&AITÉ

nom de temple de Dieu au temple de Salomon ; nom de Dieu, comme il le déclare ensuite dans le chapitre, ne pouvait être attribué à ce temple qi dant le temps où il était fréquenté par des homi adoraient Dieu et qui défendaient la justice; que entrait que des homicides, des voleurs, des \do\i d'autres scélérats, alors on devait le regarder comme un repaire de brigands. Je demanderai i qu'est devenue l'arche d'alliance. L'Écriture n rien, et je me suis souvent étonné de ce silence certain cependant qu'elle a péri on qu'elle a été avec le temple, quoiqu'elle fûtce qu'ily avait de pis et de plus respecté chez les Hébreux. Il est donc é par la même raison, que l'Écriture ne demeure et que ses discours ne sont divins que pendant inspire aux hommes des sentiments de piété ; mai mêmes hommes la délaissent tout à fait, comme Vi autrefois les Juifs, elle n'est plus que de Tencrt papier^ elle est profanée et abandonnée à la corr et partant on a tort de dire, si elle périt ou se coi que c'est la parole même de Dieu qui a péri ou q corrompue, de même qu'au temps de Jérémie oi eu tort de dire que le temple qui fut consumé d> flammes était le temple de Dieu. Jérémie rend le témoignage au sujet de la loi; car il apostrophe a impies de son temps : Poui-quoi dites-vous : y crus f7Utîtres et la loi de Dieu est avec nousï Certes c'est quelle a tté dûnn-i:, eut en vain qae la pLime dis se êié faite] ; c'eït-à-ûûe. parce que Yo;:5iv.^z]'É-rii votre f û;-voir. vous avez tort de croire que vou aussi la loi de Dieu, après que vousiav-z Gnt'au'it encore, lorsque yûiseb:isa les première? {abl-*-. il fi Jaas sa e^jiêre, de rr-^eter de ses maias et de hr parole de Dieu ^qti pourrai; eu t-ifti î'imsiiin'T p chose v: de Moise et delà par uk de Di- u '. : M^ifeni donc que les jièîrcs qui, pour cire SviIlios aupa parce qu'elles po:taLeal \^ eu^-rocit^.^ ^^ V^ljoaa

THÉOLOGICO-rOLlTIQUE. 815

Joëlle les Jaifs avaient promis obéissance à Dieo, perrent toute autorité du jour où le peuple renonça à ce tcte en offrant ses hommages â un veau; et c'est aussi inr la même raison que les secondes tables ont pu périr "ec Tarclie. Il ne faut donc pas s'étonner que les preiers originaux des livres de Moïse n'existent plus, ni le les accidents dont nous avons parlé aient frappé les . rres que nous possédons, puisque* le véritable original i l'alliance divine, la chose du monde la plus sainte, a en pu disparaître complètement. Que l'on cesse donc I nous accuser dimpiété, nous qui n'avons rien dit intre la parole de Dieu, et qui ne l'avons pas souillée, que la juste colère qu'on pourrait avoir retombe sur B anciens, dont la malice a profané et corrompu irehe de Dieu, le temple^ la loi et toutes les choses intes. D'ailleurs si, comme le dit l'Apôtre [Epît, Il aux yrinthiens, chap. m, vers. 3), les hommes portant en IX l'Épltre dirine écrite, non avec de l'encre, mais avec Ssprit de Dieu, si elle est gravée, non sur des tables î pierre, mais sur les tables vivantes de leur cœur, ii'ils cessent d'adorer la lettre et d'en prendre un si pand souci. — Je pense avoir suffisamment étabU par »s explications le sens dans lequel l'Écriture doit être îputée sainte et divine. Maintenant il faut voir ce qu'il ittt proprement entendre par de'*ar Jehovah (la parole de ieu): ce mot debar signifie verbe, discotn^s, cdit ci chose, »aant aux raisons pour lesquelles on dit en hébreu Ti'une chose est à Dieu et qu'elle se rapporte à Dieu, .t)us les avons exposées au chapitre i, et on en infère faci- Mwnt ce que l'Écriture veut faire entendre par parole UDieu, discours, édil et cliosc. Il n'est donc pas néccsfittre de rappeler ici toute cette discussion, ni môme ce [ne nous avons exposé en troisième hou dans le chapitre vi, Wï SHJel des miracles. Une simple indication de ces pas- >«ge8 suffit pour faire mieux entendre ce que nous voûtons dire ici sur ce- sujet, à savoir: quelaçaxoVç^ dL^Tîrvfe^% ^PpUgnée à un sujet qui n'est pas Dieu \\ù-m^m^> \û»x-^

que proprement cette loi divine dont nous avoos parlé m chapitre IV, c'est-à-dire la religion universelle du gonre humain, ou la religion catholique ; voyez sur cette matièn^ le chapitre i, versel 10, d'/saie, où ce prophète enseigne la vraie nianiôre de vivre, qui, loin de consister dan^ lc5 eérémoniesj est fondée surTesprit de charité et de vérité; et c'est là ce qu'il appelle indistinctement loi de Dieu, verbe de Dien. Ensuite ce mol est pris métaphonquemea pour Tordre de la nature et pour le fatum (qui dûpt^ réellement et résulte d'un décret éternel de la oëlufi divine), et principalement pour ce que les propUèli avaient prévu au sujet de cet ordre; car ils ne cono valent point les choses à venir comme devant se produii par des causes naturelles , mais comme des volonlés i des décrets de Dieu. Enfin ce mot est pris aussi po^ tonte prédiction des prophètes^ en tant que chacun d'ea Tavait perçue par une vertu singulière qui lui était pr^ pre, ou par un don prophétique^ et non par les voie* « dinaires de la lumière naturelle ; et surtout parce quel prophètes, comme nous Tavons démontré au chapitre I avaient coutume de se représenter Dieu comme un lég lateur» Voici donc les trois causes pour lesquelles l'Éci turc est appelée parole de Dieu, savoir: parce qo'i enseigne la vraie religion, dont Dieu cstréternel m ensuite parce qu'elle expose les événements de H comme des décrets de Dieu ; et eufln parce que ceuxqoT furent elTectiveraent les aut eurs Tout enseignée générali ment^ non par le moyen vulgaire de la lumière naturelle mais par une lumière qui leur était particulière et de I même façon que si Dieu lui*mème eût parlé par leur bot che» El hien qu'il y ait en outre dans F Écriture gruî nombre de choses purement historiques et perçua*] la lumière naturelle, elle reçoit cependant son naui objets plus relevés qu'elle contient. On voit facil^ par là en quel sens il faut regarder Dieu comme i de 1b Bible: c*est évidemment parce que la vraie rel^ûi j' est enseignée» elnoaîas^^c^^^VixR^^avoulBt

TnÉOLOGICO-POLITIOrE. 2 1 7

loniquer aux hommes un certain nombre de livres. Nous ouvons aussi apprendre de là pourquoi la Bible est ivisée en livres de TAncien et du Nouveau Testament : 'est indubitablement parce qu'avant la venue du Christ, )s prophètes avaient coutume de prêcher la religion 3mme étant la loi de la patrie et le pacte contracté du smps de Moïse, et que, depuis Tavénement du Christ, \8 apôtres l'ont prêchée à toutes les nations comme la d catholique et en se fondant sur la seule vertu de la Eission du Christ : non pas que ces livres soient divers 1 doctrine, ni qu'ils aient été écrits comme s'ils étaient !8 originaux de l'alliance, ni enfin que la religion cathoç[ue, qui est la plus naturelle de toutes , fût quelque lose de nouveau, si ce n'est au regard dos hommes qui e la connaissaient pas: Il était dans le monde y dit Jean Byangéliste (chap. i, vers. 10), et le monde ne l'a point mntf. Ainsi, lors même qu'il nous resterait un plus petit ombre de livres de l'Ancien que du Nouveau Testament, ons ne serions pas cependant dépourvus de la parole de ieu [et par cette parole on doit entendre, comme nous avons déjà dit, la vraie religion), de même que nous ne enflons pas en être privés quoiqu'il nous manque 'antres écrits d'une haute importance, par exemple le ivre de la Loi, qui était gardé religieusement dans le impie comme l'original de l'alliance, les livres des uerres, des chronologies, et un très-grand nombre d'au- ^8 d'où ont été tirés et recueillis ceux de l'Ancien Tesiment que nous possédons encore. Et cela peut se onfirmer encore par plusieurs raisons, savoir; io parce ne les livres de 'l'un et de l'autre Testament n'ont pas fcé écrits en même temps, par un mandat exprès, pour Jnsles siècles, mais dans des circonstances accidentelles^ our quelques hommes, selon leur constitution particu- .ère et l'esprit du temps, comme le prouvent clairement îs vocations des prophètes (qui furent appelés çotii: éprimander les impies de Jour tomps), et a\isn\f^^Y;çv\Vc^'^ les aoôtrea; 2^ parce qu'auim chose ost ent<^v\^Av<- Vî^aitv

3(8 TfiAITË

ture et la pensée des prophètes, autre chose est corn prendre la pensée de Dieu, c'est-à-dire la vérité méin de la chose, comme cela résulte de nos démonstratioB dachapitreii touchantles prophètes; et nous ayons prooft au chapitre vi que cela doit encore avoir lieu dans le histoires et dans les miracles ; Inen entendu quii m s'agit pas des passages où il est question de la naii religion et de la vraie vertu; 3* parce que les livres A l'Ancien Testament ont été choisis entre plusieurs, H ont été enfin recueillis et approuvés par le concile de pharisiens, comme nous l'avons établi an chapitre x. Mail les livres du Nouveau Testament ont été aussi déclaré! canoniques par les décrets de certains conciles, qui onl en même temps rejeté comme apocryphes plusieon autres livres i*egardés conrnie sacrés par un grand nombre de personnes. Or lesmembres de ces conciles(taBl des pharisiens que des chrétiens) n'étaient pas composéi de prophètes, mais seulement de docteurs et de savants; et cependant il faut avouer que dans ce choix la parole de Dieu leur a servi de règle; ainsi donc, avant d'appro» ver tous ces livres, ils ont dû nécessairement connaltit la parole de Dieu ; 4° parce que les apôtres ont écrit, noi en tantjquc prophètes, mais en tant que docteurs (comme nous Tavons dit dans le chapitre pi-écédeut), et que, potf enseigner, ils ont choisi la voie qu'ils jugeaient la pte facile pour les disciples qu'ils voulaient alors éclairer; d'où il suit (comme nous l'avons aussi conclu à la fm du chapitre précité) que ces Uvres contiennent hk$ des choses dont nous pouvons nous passer par rapport à la religion ; 5» enfin, parce que le Nouveau Teftiment contient quati'c évangélistes. Qui croira en M que Dieu ait voulu raconter quatre fois l'Iiistoire di Christ et la communiquer quati'c fois aux hommes pff écrit? et quoique Ton trouve dans l'un ce qui ne se renconti'c pas dans l'autre et que Tun serve soureit à i 'intelligence de VauVr^, \V laut cependant se garder d'en conclure que loul c^ qvÀ fi%\.^xç»^^ ^^ïs&^»b^

th£olo€ico-poutique. 219

ira évaogélistes ait été nécessaire à connaître , et

qne Dieu les ait élus pour écrire, afin que Thistoire du

Christ fut mieux comprise; car chacun d'eux a prêché

son Évangile en différents lieux, chacun a écrit ce qu'il

«vait prêché, et cela simplement pour exposer nettement

l!iiistoire du Christ, et non pour expliquer les versions

dat antres apôtres. Que si le rapprochement de leurs

tBxies les fait mieux comprendre cJiacun en particulier,

«'«it un effet du hasard ; et cela ne se rencontre que

petit nombre de passages, qui pourraient rester

sans que Thistoire y perdit sa clarté et que les

fussent moins heureux. Nous avons montré, par

ces faits, que r£criture n'est, a proprement parler,

parole de Dieu que par rapport à la religion ou

Alaloi divine universelle. U nous reste maintenant à

jnmver que, considérée sous cet aspect, elle n'est ni

Suspense, ni corrompue, ni mutilée. Or j'appelle ici

■ansoQger, corrompu et mutilé ce qui a été si mal écrit

Mu mal construit que le sens du discours ne peut se

•iédoire de l'usage de la langue ou de la seule Écriture ;

je ne yeux pas prétendre que TÉcriture, en tant

l'eue renferme la loi divine, ait toujours gardé les

accents^ les même lettres et enfin les mêmes

{c'est un point dont je laisse la démonstration aux

■Hiorètes, etaux adorateurs superstitieux de la lettre),

seulement que le sens, en vertu duquel seul un

ibooiin peut être appelé divin, est venu jusqu'à nous

altération , encore que l'on suppose que les mots

ont d'abord servi à l'exprimer aient été souvent

L C'est qu'en effet, comme nous l'avons dit, cela

iSAte rien à la divinité de l'Écriture ; car l'Écriture serait

"^desient divine, quand on l'aurait écrite en d'autres

S^amies ou en une autre langue. Ainsi, que la loi divine

DU soit arrivée à cet égard pure et sans altération, c'est

ip-Adont personne ne peut douter. Car l'Écriture <*lle-

1 Blme nous ïajt percevoir sans difficulté uV am\A^\i^^

W f^ k but qu'elle aous^ propose, c'est (T aimer Dieu par-

dessus toutes choses, et notre prochain comme nous^ma: or cette parole ne peut être apocryphe, elle ne peut résulter d'une erreur de plume ou d'une trop grande précipitation ; car si TÉcriture a jamais enseigné autre chose, elle a dû aussi nécessairement changertoutle reste de son enseignement, puisque cette maxime est le fondement de toute la religion, et que l'enlever c'est ruiner d'un seul coup tout l'édifice. Une telle Écriture ne serait plus alors celle dont nous parlons, mais on tout antre livre. Il reste donc solidement établi que l'Écriture a toujours enseigné ce précepte, et conséquemment qu'il ^ n'a pu s'y glisser aucune erreur capable d'en corrompre l'esprit sans que chacun s'en aperçût aussitôt et que la malice du corrupteur fût reconnue. Donc, puisqu'il faut établir que ce précepte a été incorruptible, il faut reconnaître nécessairement la même chose de tous les autres qui en découlent indubitablement, et qui sont euxmêmes fondamentaux, savoir : qu'il existe un Dieu, que sa providence est universelle, qu'il est tout-puissant, qu'il veut que les bous soient récompensés et les méchants punis, et que notre salut ne dépend que de sa grâce. Car l'Écriture répète partout et enseigne clairement ces maximes; et elle a dû toujours les enseigner, sans quoi tout le reste serait vain et manquerait de fondement. Il ne faut pas tenir pour moins authentiques les autres maximes morales, puisqu'elles s'appuient bien évidemment sur ce même fondement : ainsi défendre la justice, secourir les pauvres, ne tuer personne, ne pas convoiter le bien d'autrui, etc., voilà, dis-je, des enseignements que n'a pu corrompre la malice des hommes, et que le temps n'a pu effacer. Car, quelle que fût celle de ces maximes qui eût été détruite, on s'en fût aussitôt aperçu en se reportant à leur fondement universel, et surtout à ce précepte de charité qui est partout si fortement recommandé dans les deux Testaments. Ajoutez k cela que, b\el\c\v\'oTv\v^^>û^s'à^^wva9;inerd'exécraWe- forfait dont qvxdqu'wu xv^ ^^ ?^^>î^ ?.Q,\x^<6;^\i^^

th£ologico-poiitiqu£. 22i

lonne cependant qui, pour justifier sesciîmes, essaye létruire les lois ou de faire passer une maxime impie r un enseignement éternel et salutaire; telle est en t la nature humaine que chacun (roi ou sujet), s'il a mis une action honteuse, cherche à l'environner soiosement de telles circonstances qu'on puisse croire l n'a forfait en rien ni à la justice ni à l'honneur. s concluons donc d'une manière absolue que toute ù divine universelle, enseignée par l'Écriture, est rée sans tache jusque dans nos mains. Il est encore très choses qui, à n'en pouvoir douter, nous ont été unises de bonne foi, telles que le fond des récits his- Ties de l'Écriture, parce qu'ils étaient bien connus >us. Le peuple juif avait coutume autrefois de chanter saumes les antiquités de sa race. Outre cela, le gros ictions du Christ et aussi sa passion fureht immédiateb divulgués dans tout l'empire romain. Il ne faut pas croire (à moins d'admettre, ce qui est incroyable, la plus grande partie des hommes se soit entendue

répandre l'erreur) que, pour ce qu'il y a d'imporlansces histoires, les générations postérieures l'aient imis autrement qu'elles ne l'avaient reçu des prees. Ainsi tout ce qui est défectueux ou altéré ne se trouver que dans le reste, par exemple dans une eux ch'constances d'une histoire ou d'une prophétie,

exciter plus vivement la dévotion populaire, ou un ou deux miracles, pour déconcerter les philoso- , ou enfin, dans les choses spéculatives, depuis que chismatiques les ont introduites dans la leligion autoriser leurs fictions, en les appuyant abusive- ;sur l'autorité divine. Mais il importe peu au salut que tlles choses aient été altérées ou non, comme je le démontrer spécialement dans le chapitre qui suit, que j'estime que ce point résulte déjà assez clairet de ce qui précède, et surtout du chapitre second.

22i ^^^" TRAlTé

MONTEE Qtîfi L'iC'JiilliRB n'ENS£IG.1B QrB DES CHOSES SIMPJ-KS, qu'elle n'exige QCl L OBÉlSS-iNCfi, ET QU'ELLE SEIGXESUaLA NAILUE DIVISE QUE CE Ql^E LES HOMSIES PE( IMITER O EÉGtANT LEUR TIE SUlTàKT tJNE CÊBTàlKE LOt

Nous avons prouvé dans le ebapttre n de ce nginatioa seigle dos prophètes, et non hmr eiil

nif^nt, avait été douée d'une puissance singulièrej

Dieu, loin de les initier dans les secrets de la Sophie, ne leur avait révd^Iê que les choses ]eâ plus pies et sYtait proportionné à leurs sentlmentf leurs préjugés. Nous avons fait voir dans le diapilre rÉcriture transmet et enseigne les choses de teHi nîërc que chacun les peut très-facilement cORipreu car, bien loin d'enchaîner ses idées avec rîgneur les rattacher à des axiomes et à des déîifitlJoiii« espose tout avec simplicité; et pour qu'on ait toi enseignements, elle ne les coniirmR que par la expérience, c'eet-à-dire par des miracles et par historiques. Cette exposition est d'ailleurs faite «tyle et dans le langage les phis propres à remuer ^rit du peuple (consultez k ce sujet» dans le ehapitrc troisième remarqup)» Nous avons ensuite étahtidi chapitre vn que la difficultéd'entendre rÉeriturene que de la langue et non de la sublimité du sujpt Jal à cela que ce n*e^t pas aux savauls, mais à tous lei indistinctement que les prophètes firent entendre ! prédications, et que les apôtres avaient coutume • seîgnerla doctrine évatigélique dans les éjçlises (fù t sortes de personnes étaient réunies. Il f ' ^ îcH ces considérations que la doctiine de l ne

tient ni spéculations sublimes ni qucstiaui phiioto gués, mais bien les choses les plus simples qot | sakir rintellîgeiiee\a^\ua bo^u^^e. Je ne puis dmc admirer la pènèlraùoïi 4e tû% ^vit^oiu^^a ^san^^ià

THÉOLOGICO^OLITIQUE. 223

demment, qui trouvent dans TÉcritare des mystères lalle langue ne saarait expliquer la profondeur, et it ensuite introduit dans la religion tant de spécu« s philosophiques qu'il semble que l'Église soit une nie , et la religion une science ou plutôt une école droverse. Mai^ pourqurà s'étonner que des hommes I vantent de posséder une lumière surnaturelle ne nt pas le céder en connaissantes aux pliilosophes, Dnt réduits aux ressources naturelles ? Ce qui éton* ;, ce serait de les entendre exposer quelque nou« é spéculative, quelque opinion qui n'eût pas été fois répandue dans les écoles de ces philosophes s (qu'ils accusent cependant d'aveuglement). Car si km demandez quels sont les mystères qu'ils voient l'Écriture, ils ne vous produiront, je vous l'assure, is HctîoDs d'un Aristote, d'un Platon, ou d'un autre «Me auteur de systèmes; fictions qu'un idiot (rou« ; plutôt dans ses songes que le plus savant homme mde dans l'Écriture. Ce n'est pas que nous voulions ibaolument qu'il y ait rien dans la doctrine de l'Ée qui soit de l'ordre de la spécuktion ; aussi bien le chapitre précédent nous avons allégué certains ipes de ce genre et qui sont comme les fondements icritore : nous voulons dire seulement que les spéons y sont très^ares et très- simples. Mais quelles »lles, et comment les déterminer, c'est un point que îssein d'éclaircir ici ; cela me sera facile maintenant est établi que l'Écriture n'a point pour objet d'ener les sciences ; car on peut facilement conclure de 'elle n'exige des hommes que l'obéissance et que ce pas l'ignorance, mais l'opiniâtreté seule qu'elle imne. Ensuite, puisque l'obéissance envers Dieu ne 9te que dans l'amour du prochain (car celui qui son prochain dans l'intention de complaire à Dieu, •là, comme le dit Paul dans son Épître aux Romains^ , xin, vers. 8, a accompli la loi], il s'ctisxùV. c^ysl^^î"^-^ V ne recommande pas d'autre science qu^ cçJÛa ^"^

est nécessaire à tous les hommes pour qu'ils piiisseu obéira Dieu selon ce précapte , de sorte que ctsus qu rîgnorent doivent nécessairement être opiniâtres tm i\ moins indociles ; quant aux autres spéculations qui & tendent pas directcmctit à ce but, qu'elles aient poi objet la connaissance de Dieu ou celle des choses nalu relies , elles ne regardent pas rÊedture , et il faut pa conséquent les retrancher de la religion révélée. Mail? quoique ce point soit maintenant bien éclaircî, comiD» le fond même de la religion en dépend, je veux exami ner la chose avec plus de soin et la mettre mieux eî lumière. Pour cela il faut prouver avant tout que la iM' naissance intellectuelle ou approfondie de Dieu n'est piâi comme lobéissauce, un don commun à tous les Mêla; ensuite, que cette sorte de connaissance que Ûiem, pu la bouche des prophètes, a exigée généralement dfi tûiil le monde, et que chacun est tenu de posséderj o*estao(it chose que la connaissance de la divine justice et d^ t" charité : deux poinls qui se prouvent faclIcDieiUparl criture elle-même. Car f^* on les peut conclure avec \ dence du passage de VFxode [chap. n, vers. 2) où 1 pour montrer la grâce porticulîérc qu'il a danuée àM4 dit : Et Je me suis réimié a Aùraham, à isaac et à < tant que Dieu Sadaï^ mais Us ne m'ont fms connu 7Wm de Jéhova/i. Ici, pour mieux entendre ce pa faut remarquer que Â7 Sudai en hébreu veut dire Ùm suffît f parce qult donne en eÛ'et à chacun ce qui!

. suljit ; et quoique souvent Sadaï soit pris absoliiiD*** | pour signifier I/ieu, il n'est pas douteux uékn faille i>artûut avec ce mot sous-entendrc £1^ Dieu. Ensuite il est à remarquer qu'on ne trouvé | dans rÉcrilure d'autre nom que celui âQjékomhfi expriruer l'essence absolue de Dieu , sans rappi^rt l choses créées* Aussi les Hébreux prête ndent-il" ^ c*est là le seul nom qui convienne à Dieu, que k^ aiiti

sont purement appellg^Ufe; et elïectivement les âûlï

noms de Dieu , q>i*ûs h^\^viX%\i^'h\s;:s:s:^

TnÉOLOGIGO-POLITIQUE. 225

des attributs qui ne convienuent à Dieu qu'en tant qu'on le considère dans sou rapport avec les créatures ou en tant qxi'ellcs lui servent de munifi^station : de ce nombre eatfflf ou, on ajoutant la lettre paragogique hcy Eloha, qni veut dire puissant, comme on le sait; nom qui ne oonYient à Dieu que par excellence , de même que nous appelons Paul V Apôtre, Ce nom d'ailleurs signifie les différentes vertus de la puissance , de sorte qu'en l'appelant El (puissant) on dit qu'il est grand, juste, miséricordieux, etc.; on met donc ce nom au pluriel et on lui lonne un sens singulier pour embrasser à la fois tous les attributs divins, usage très-fréquent dans l'Écrilure. ilnsi, puisque Dieu dit à Moïse que les patriarches ne l'ont pas connu sous le nom de Jéhovah^ il s'ensuit qu'ils a'ont connu de lui aucun attribut divin qui explique son Msence absolue, mais seulement ses effets et ses promesses, c'est-à-dire sa puissance eu tanlqu'elle se manifeste par les choses visibles. Or Dieu ne parle pas ainsi à Moïse pour les accuser d'infidélité, mais au contraire pour exalter leur foi et leur crédulité; puisque, n'ayant point eu, comme Moïse , une connaissance toute particulière de Dieu, ils ont cru fermement à la réalisation de ses promesses et bien mieux que Moïse, qui, malgré les pensées plus sublimes qu'il avait sur Dieu, douta néanmoins des promesses divines et fit un reproche à Dieu de ce qu'au lieu du salut qui leur était promis, les Juifs avaient va empirer leurs attaires. Ainsi, puisque les patriarches n'ont pas connu le nom particulier de Dieu, et que Dieu parle à Moïse de cette ignorance pour exalter leur foi et ' leur simplicité d'esprit, et pour marquer un même temps le prix de la grâce singulière accordée ù Moïse , il s'ensuit très-évidemment, comme nous l'avons établi en preniierUeu, que les hommes ne sont pas tenus de connaître les attributs de Dieu , et que cette grâce est un don particulier qui n'a été réservé qu'à quelques fidèles. Il •«tait superflu d'apporter en preuve d'aulrea \.(i\tvv>\^cknL- H^s àe VÉcrhure. Qui ne voit en etïet qae \a ewvwxàa-

226 TRATTÉ

5ance de Dien n*a pas été éî?alo clipz tons les hommes, et que la sagesse, pas pins que la vie et Texistence, ne se donne à personne par un mandat ? Hommes, femmes, enfant«i , tout le monde peut également obéir, mais non pas devenir sage. Que si Ton prétend qu'il n'y a pas besoin à la vérité de connaître les attributs de Dieu, mais de croire tout simplement et sans démoiistratton, c'est là une véritable plaisanterie. Car les choses invisibles ft tout ce qui est l'objet propre de l'entendemenî ne peuveiA être aperçus autrement que par les yeux de la démonstration ; ceux donc à qui manquent ces démonstrationi n'ont aucune connaissance de ces choses , et tout ee qu'ils en entendent dire ne frappe pas plus leur esprit oa ne contient pas plus de sens que les vains sons prononcés sans jugpment et sans aucune intelligence par un automate ou un perroquet. Mais, avant d'aller plus loin» je suis obligé de dire pourquoi on trouve souvent dans la Gencsc que les patriarches ont parlé au nom de Jéhomh^ ce qui semble en complète opposition avec ce que j'ai déjà dit. Vax se rapportant aux explications du chapitre vm, on pourra facilement tout concilier ; car nous avons fait voir que l'écrivain du Pcntateuque ne donne pas prérisémeut aux choses et aux lieux les noms qu'ils avaient au temps dont il parle, mais ceux sous lesquels ils étaient plus facilement connus du temps même de l'écrivain. Ainsi la Genèse dit que Dieu fut annoncé aux patriarches sous le nom de Jéhovah, non pas qu'il fût connu des anciens sous cette appellation, mais parce que ce nom était chez les Juifs en singulier honneur. Il faut donc nécessairemont admettre cette explication, puisque dans not'e texte de V Exode il est dit expressément que les patriarches ne connurent pas Dieu sous ce nom; et aussi puisque, dar.s V Exode (chap. m, vers. 13), Moïse désire connaître le nom de Dion. Et si ce nom oûtétc connu auparavant, Moi^e, du moins, no l'aurait pas ignoré. Concluons donc^ comme nous le vouWotvs , c\\]l^ Ws tlvlèles patriarcJjcs n ont pas connu ce nom de \i\ev\ , ÇiV ^mY^ ^^Toii^àûr

TU ËOLOGICO-FOLÏTf nrE,

smce de Dieu est un don et non pa& un cotninaiidemeat, n ùst tr'fnps maialenant de pa^^scrau second poiDf, savoir que Dîf*Ai ne demande aux hoïDme& par rcntremise die ses fM*ophètes d'autre co nu a h sauce de luî-nièmo que ^elle de sa divine justice et de sa cliorité» c'est*4-dirc d€ ûe. ses attributs que les liomracs ptiuveut iiniler en régjaiit leur vie par une certaine loi. Jç^rt'ïnie enseigne d'ailleurs cette doctrine en termes foimeb. Aînsi^au chapitre xxjj T \ers, i5, 16, en parlant du roi Josias, il s'exprime ain'sî : Ton père a ^ ii est vmi^ bu et mangé ^ il a rendu justice et ùon jttf^ement^ et alors il a prû$péré; il a rmdu irut* droit nu ptnwn et à llndi*j€fit^ H ilapnjspéirf C«ir e'eif vraiment ià me cannai irr, a dît Jéhumh, Et les pa* ïoles gui se trouvent an ciiapitie u, vers* 2i, ne sont pas laeiiis daîres; les voici : Qm ch^icun se ^Uïrifte seulement 4e ce quHl me e&tnpj^nd et me commit , pif'ce que^ moi Je- Ammh^/étaùiis ia ehurité^ le bon jugemaii et la Justice sur la , car ce $oîit les cltoses dmtje suis cAoJ^we, dit JêJwvak. Kous tirerons la tnètue conclusion de ï£joode (cliap. xxsaT, iw S4 B, 7) où Dieu ne rôvèb à Moïî^e , qui déâiie le voir el le connaître , d'autres allributî? que cens qui manifeMent sa divint* justiciî et sa cLoi itê* Enfin c'est id parfaitement le cas de citer cette expression de 4eau (dont parlerons encore dans la suite), qui, se fondant sur personne n'a va Dieu, explique Dieu par sa seule irité, et conclut que c'est réelJeinent posséder et coûmaître Dieu que d'avoir la churité^ Nous voyons donc ^ue Jérèmic, Uolm, Jean ramèuent à un petit Jiombre de Joints la connaissance que cliacun doit avoir dû Dieu, et ite la font consister qu'en ceci, comme nous le voulions, 4 savoir : que Bien est souverainement juste et sonverai- Heinaût miséricordieux, c'est-à-dire qu'U est Tuiuque mode la véritable vie. Ajouter à cela que rÉcriture ne donne expressément aucune définition de Dieu, qu'elle ne prescrit la connaissance d'aucun autre attribut que ceux que nous venons de désigner, et que ce aoniUs aeuU ^^^J vt^^ T^ommuadij pomtlvement De tout cala noMS e.otx^^i^^'^

32S -^-^ TRAirl

qae ]a connaissance que nous avons de Dieu par Vê dément, et qui consîdèr** la nature telle qu'elle est »m ékmême, nature que le? homm<?s ne peuvent imiîer par m» C4?rtaîiie manière de vivre et qulls ne j>euvi*iit non jïlm prendre pour exemple pour hlt^u répîer leur \ie, n^apporrient aueunemeul à la foi et à lu relis^îon révélée, el Mm* sécpierament que les hommes j peuvent errer éumiilé* tement sans qu'il y ait a cela aucun mal. Il n*est donc pas du tout étonnant que Dieu se soit rnia à la portée ( rima^uation et des préjugés des prophètes , et que I fidèles aient eu sur Dieu diverses opinions, commr^ no^ Pavons pronvè an chapitre rr par de nombreux ^>xrii*(ilfl n n'est pas non plos étrange que les livres sacrés pads partout si improprement de Dieu» qu'ils lui donnent d^ mainsi des pieds, des jeux, des orciUes, une Àrnr», ^ mouvement local, et jusqu'aux passion»^ du c*rur cottifij la jalousie^ la miséricorde, etc.; et enlîn qu'ils iercpP sentent comme un juge assis dans le ciel sar un royal, ayant le Christ d m droite. Un pareil Iangap< évidemment approprié à rintellr^pnce du vulf,^ain*„ k fM, l^Écriture s*efibrcft de donner, non la science ^ maisl'^ prit d'obéissance. Cependant les théologiens ordinaifi ont cherché à donner à ces expressions un sens i phorique, toutes les fois que, par le secours de ta ituttUfi] naturelle , ils ont pu reconnyltrc qu*elles ne eonvena pas é la nature divine, et ils n*out pris à la lettre rjtj^l passages qui passaient la portée do leur intplli^ Mais s'il fallait nécessairement entendre et nxplifiiicrl des métaphores tous les endroits rie ce f^r-nre tpiî trouvent dans rÉcriture, on conçoit qu'elle n'eût patï composée pour le ijeuple et le grossier vuliîain»J seuleniont pour 1ns hommes les (Juî< haïn pour IcF philosophes, lîir*n pUis» s*il y a uvoir sur Dieu, ilans une pieuse simplicité iVv<ftpf\ croyances que nous venons de dire , c<*v{m les» prt*| iiunilent du sitrloul tv\liév% du moin« par v^rurA **^mT\ fûihlcBse du peuple, àm \>\vïîit%t^?* %çm\vVA\^vi^,«^\

THÉOLOGICO-POLITIQUE. 229

ant tout d'uno manière très-claire les attributs de Dieu longue chacun est tenu de les connaître; et c'est ce i*ils n'ont fait nulle part. Il faut donc se garder de croire le des opinions prises d'une manière absolue et sans pport à la pratique et aux effets aient quelque piété ou lelqué impiété; estimons plutôt qu'il ne faut attribuer on homme l'un ou l'autre de ces caractères qu'autant le ses opinions le portent à l'obéissance ou qu'elles le nduisent à la rébellion et au péché : de sorte que, si i croyant la vérité il devient rebelle , sa foi est réelleent impie, et elle est pieuse au contraire si, en croyant is choses fausses, il devient obéissant; car nous avons onvé que la vraie connaissance de Dieu n'est point un mmondement, mais un don divin, et que Dieu n'exige » homi;pes que la connaissance de sa divine justice de sa charité, laquelle n'est pas nécessaire pour la ience, mais seulement pour l'obéissance.

chapitrp: XIV.

I EXPLIQUE LA NATURE DE LA FOI , CE QUE C'eST QU'ÉTRB FIDÈLE ET QUELS SONT LES FONDEMENTS DE LA FOI ; PUIS ON SÉPARE LA FOI DE LA PHILOSOPHIE.

Personne ne disconviendra , si peu qu'il veuille y ré- 6chir, que, pour avoir une véritable idée de la foi, il st nécessaire de savoir que l'Écriture n'a pas été appro- [iée seulement à rintelligencc des prophètes , mais a'elle a été mise aussi à la portée du peuple juif, le plus ariable, le plus inconstant qui fut jamais. Quiconque, n effet, prend indifféremment tout ce qui est dans l'Écriire pour une doctrine universelle et absolue sur la Diinité, et ne discerne pas avec soin de tout le reste ce qui été approprié à l'intelligence du vulgaire doit néessaircment confondre les opinions du çew^\(i ^n^cVa. octrino céleste, prendre les fictions et les sîowa^vi^ ^^^

230 ^^^F ïBÂrrt

Uomîne3 pour des ensdi^ïicments divins, raulorité de rÈcriturt!. Qui nc^^oit que c*esl H de «i^es Oi^imoas .^i noaabreu^es et si diverses qui Ldi^es enseii^nent comme d'*s articles de M tt q tiiclient à cûiiûrmcr pai' de nombreux passager i ture, d'où est venu chez les Uollaudois ce vieux p Geen ketter sonder letier ' ? Cai- les livres sacrés j été écrits par uu seul liomrae, et pour un peu] *,cule et même époque ; plusieurs hommes de i géuies et de divers âges y oat mis la main , à qu'à embrasser toiite la période que renferme ] on eompterait presque deux mille ans et peut-é coup plus. Nous ne voulons pas cependant ace sectaires dlmpiété parce qu'ils approprient â li nious les paroles de rÉcriture; car, de même q mise autrefois à la portée du peuple, de mèmi peut Tapproprier à ses opinions, s'il voit que par C L obéit plus cordialiimenl à D^'U en tout ce qui la justice et la cbarilô. Mais c*est pour cela que i reprochons de ne vouloir pas accorder aux autres liberté, de persécuter comme ennemis de Dieu leur parfaite homaêtelé et leur obéissance à la vra tous ceux qui ne partagent pas leuroplmoD, et i au contraire, comme les élus de Dieu , ma sance de leur esprit , tous ceux qui se ranget nièrc devoir. Et certes on ne saurait imaginer! plus coupaJjle et plus funeste à l'État, Atin donc i clairement jusqij*où s'étend , eu matière de fol , ' d'esprit de chacun, et quels sont ceux quVn dé vaiicté de leurs sentiments nous devons regarde Cdôles, déterminons la nature de la foi etsesfocK e'est ce que je me propose de faire dans ee chi eii même temps je veux arriver â séparer îs J pliilosopUie, objet principal de tout cet ani

i . Ce qui si^lfie \UtcptWKwui : pmnt d'ytt-tiqw tant t$ttrt»^

lal^n^ inerU

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