CHAPITRE XVn
t H^BST POIHT NiCESSAIRE, NI MÊME POSSIBLE, QUE PERSONNE II» ABSOLUMENT TOUS SES DROITS AU SOUVERAIN. — DE LA kPtDBUQUE DES hébreux; CE Qu'eLLE FUT DU VIVANT DE MOÏSE:
; qu'elle fut apràs sa mort, avant l'élection des rois; de
\3S excellence; enfin, DES CAUSES QUI ONT PU AMENER LA jnCB DE CETTE RÉPUBLIQUE DIVINE» ET LA LIVRER, DURANT SON U&TENCB; A DE PERPÉTUELLES SÉDITIONS.
a théorie qui vient d'être exposée dans le chapitre cèdent sur le droit absolu du souverain et sur le renon* lent de chaque citoyen àson droit naturel, bien qu'elle icorde sensiblement avec la pratique, et que la prale, habilement dirigée, puisse s'en rapprocher de plus plus , cette théorie^ dîs-jo, est cependant condamnée émeurer éternellement, sur bien des points, à l'état pure spéculation. Qui pourrait, jamais, en effet, se touiller en faveur d'autrui de la puissance qui lui a donnée, et par suite des droits qui lui appartiennent, point de cesser d'être homme ? Et où est le souverain rvoir qtii dispose de foute chose à son gré ? En vain imanderait-on à un sujet de haïr son * bienfaiteur, imer son ennemi, d'être insensible à l'injure^ de xv^ nt désirer la sécurité de l'àme, toutes c\iose& c^xvvx^^xjX.ï invariablement des ioîs de la nalvireVivxtxi^^xi^* C2^^V»
fiiiB TRAITE
ce que Texpérience prouve de la manière la plus éclatante. Jamais les hommes n*ont tellement abdiqué leurs droits, tellement renoncé à leur pouvoir personnel, qu'ils aient cessé d*être un objet de crainte pour ceux-là même à qui ils avaient fait don de leurs droits et de leur pouvoir personnel ; et le gouvernement a toujours eu autant de dangers à redouter de la part des citoyens, quoique privés de leurs droits, que de la part des ennemis mêmes. Du reste, si les hommes pouvaient perdre leurs droits naturels au point d'être désormais dans une impuissance absolue de s'opposer à la volonté du souverain', ne serait-il pas permis au gouvernement d'opprimer impunément et d'accabler de violences des sujets désarmés? or, c'est un droit que personne n'a jamais pensé, j'imagine, à lui accorder. Donc il faut convenir que chacun se réserve plein pouvoir sur certaines choses qui, échappant aux décisions du gouvernement, ne dépendent que de la propre volonté du citoyen. Toutefois, pour comprendre exactement l'étendue des droits et de la puissance du gouvernement, il faut remarquer que lapuissance du gouvernement ne consiste pas seulement à contraindre les hommes par la frayeur, mais qu'elle consiste dans l'obéissance des sujets, quels qu'en soient les motifs. Car l'essence d'un sujet, ce n'est pas d'obéir par telle ou telle raison, c'est d'obéir, par quelque motif qu'il s'y résolve : soit crainte de quelque châtiment, soit espérance de quelque bien, soit amour de la patrie, soit toute autre passion, toujours il se résout librement, et toujours cependant il obéit aux ordres du souverain pouvoir. De ce qu'un homme prend conseil de lui-même pour agir, il n'en faut donc pas tirer aussitôt cette conclusion qu'il agit à son gré et non pas au gré du gouvernement. En effet, puisque Tliomme, soit qu'il agisse par amour ou par crainte d'un mal à venir, prend toujours, en agissant, conseil de soi-même, il faut dire, ou bien qu'il n'existe
/, Voyez les Noies î/iuri/inciles de Splno«a, wvi\vi*i\»
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mvememcnt ni droit sur les sujets, ou hîen que ce s'étend nécessairement à tous les motifs qui peudéterminer les hommes à obéir; et par suite, toutes étions des sujets conformes aux ordres du souverain, les soient dictées par Tamour ou par la crainte, ou, li est plus fréquent, par l'espoir et la crainte à la fois, irle respect, sentiment composé de crainte etd'admi- D, ou enfin par quelque autre motif, doivent être idérées comme des marques de soumission au gouement et non comme de purs caprices de llndividu. ui met encore ce principe en évidence, c'est que issance ne concerne pas tant l'action extérieure que ion intérieure de l'âme: et c'est pourquoi celui-là est us complètement soumisà autrui, qui se résout de >lein gré à exécuter les ordres d'autrui, et par suite i-là exerce le souverain empire qui règne sur l'âme BS sujets.. Si le souverain empire appartenait à ceux inspirent le plus de crainte, il appartiendrait cer- ^ment aux sujets des tyrans, qui sont pour lui-même bjet d'épouvante. Ensuite, bien qu'on ne commande ï l'esprit comme on commande à la langue, cepen- : les esprilsdépendent en quelque façon du souverain, de mille manières, peut faire en sorte que la plus ide partie des hommes croient, aiment, haïssent, etc., >n gré. Aussi, quoique le souverain ne puisse prônent commander ces dispositions de l'esprit, soucependant elles se produisent, comme l'atteste abonment l'expérience, par le fait du pouvoir, sous son ilsion, c'est-à-dire à son gré ; et l'intelligence ne réle pas à concevoir des hommes recevant du gouvernet leurs croyances, leurs amitiés, leurs haines, leurs dé* s, et en général toutes les passions dont ils sont agités, ^pendant, bien que de cette manière nous concevions mvernement disposant d'une assez grande puissance, saurait jamais être assez fort pour étendre un pouvoir •lu sur toutes choses; c'est ce que j'ai dfeu\o\\\3c^ ^ \% \e, avec une clarté suffisante. MamtcnauX , ç\>\^Vk^
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devrait être la constitution d'un gouvernement qui voudrait obtenir sécurité et durée , j*ai déjà dit qu'il n*était pas dans mon dessein de l'expliquer. Cependant , pool atteindre le but que je me propose, j'indiquerai les dispositions que Dieu révéla à Moïse relativement à ccl objet. J'examinerai ensuite l'histoire du peuple bébreu el ses vicissitudes, par où l'on verra au prix de quelles con* cessions le souverain pouvoir doit acheter la sécurité et la prospérité de l'État.
Que la conservation de l'État dépende de la fidélité des sujets, de leurs vertus, de leur persévérance dam Texéculion des ordres émanés du pouvoir, c'est ce qne la raison et l'expérience ensei^ent avec une parfaite évidence ; mais par quels moyens, par quelle conduite, le gouvernement maintiendra*t-il dans le peuple la fidélité et les vertus , c'est ce qu'il n'est pas aussi facile de déterminer. Tous en eflfet, gouvernants et gouvernés, sont des hommes, et partant naturellement enclins aui mauvaises passions. C'est au point que ceux qui ont quelque expérience de la multitude et de cette infinie variété d'esprits désespèrent presque d'atteindre jamais le but; ce n'est pas en effet la raison, mais les passions seules qui gouvernent la fouie , livrée sans résistance à tous les vices et si facile à corrompre par l'avarice et par le luxe. Chaque homme s'imagine tout savoir, veuttonl gouverner d'après l'inspiration de sou esprit, et déciiltf de la justice ou de l'injustice des choses, du bien et (h mal, selon qu'il en résulte pour lui profit ou dommapS ambitieux , il méprise ses égaux et ne peut supporttf d'être dirigé par eux; jaloux de l'estime ou delà f(K^ tune, deux choses qui ne sont jamais également répar; ties, il désire le malheur d'autrui et s'en réjouit; à q^ bon achever cette peinture ? Qui ne sait combien le i^ goût du présent, l'amour des révolutions, la folèrt effrénée, la pauvreté prise en mépris , inspirent souv««* do crimes aux hommes , ç»'e\xvi^arent de leurs esprits, b* agitent et les bo\ùe\etse\iV1 ^t^N^xvvt X»^ ^% omhï?
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constituer le gouvernement de façoa à ne point laisser de place à la fraude, établir enfin un tel ordre de choses qae tous les citoyens, quels que soient leur caractère et leur esprit, sacrifient leurs intérêts au public, voiU Touyrage, voilà la difficile mission du pouvoir. On s*est livré à mille recherclies, on s'est épuisé en combinaisons qui n'ont pas empêché que les périls de l'État ne vinssent toujours du dedans plutôt que du dehors, et que les gouvernants n'eussent plus à craindre leui^ concitoyens que les ennemis. Témoin la république romaine , invincible à ses ennemis, si souvent vaincue et misérablement '' opprimée par ses propres citoyens, principalement dans la guerre civile de yespasien contre Vitellius. On peut sur ce point s'en rapporter à Tacite, qui dans ses Histoires ( liv. IV , init. ) dépeint le déplorable aspect de Rome à cette époque. — « Alexandre (dit Quinle-Curce à la fin du livre VIII) croyait plus à l'autorité de son nom sur les ennemis que sur ses concitoyens, puisqu'il les jugeait capables de ruiner toute sa puissance, etc., et que, redoutant le destin qui l'attendait, il parlait ainsi à ses amis : Vous^ défendez-moi contre la fourberie et contre ies pièges des miens, la guerre n'aura ni dangers ni hasards que je n* affronte hardiment, Philippe eut moins à craindre sur le champ de bataille qii*au milieu du théâtre: il échappa souvent aux mains des ennemis, et tomba sous les coups des Hens. Rappelez-vous la mort de vos rois : combien plus sont morts de la main de leurs sujets que de celle des ennemis 1 n% (voyez Quintc-Curce, liv. IX, cbap. G). Voilù pourquoi les rois qui avaient usurpé le pouvoir, dans l'intérêt de leur sécurité, se sont eftbrcés de persuader aux hommes ^'ils étaient issus de la race des dieux immortels. Us pensaient sans doute que leurs sujets et tous les hommes, les considérant non plus comme leurs pareils, Hiais comme des dieux, se laisseraient volontiers gouverner par eux et leur abandonneraient facilement leur liberté. C'est ainsi qu'Auguste per^uadoi \i>ml >i^<i\SNSkVûR* ^'U descendait d'Énée^ considère commv^ fi\a ÛL^Nto»»^
et placé au rang des dieux, et qu*il voulut avoir ses temples, ses statues, ses llamines, ses prêtres, son culte (Tacite, Annales, liv. I). Alexandre voulut être salué fils de, Jupiter, et cela par sagesse et non par oi^neil, comme le prouve assez sa réponse aux reproches d'Hermolaiis : u N'était-ce pas, dit-il, une chose ridicule qu^Hermolaûs exigeât de moi que je reniasse Jupiter^ dont Voracle me proclame son fils ! Disposai -je donc de la réponse dei dieux? Le dieu m* a offert le nom de son fils ; l'état des affaires me faisait une loi de l'accepter ; puissent les Indiens^ eux aussi, me considérer comme un dieu I C'est la renommée qui décide du sort des batailles, et souvent une croyance er* ronée a joué le rôle de la vérité, » ( Quinte-Curce, liv. VIII, chap. 8. ) Ici Alexandre laisse voir clairement les molife qui le portent à tromper le vulgaire. C'est aussi ce que fait Cléon dans le discours où il s'efforce de persuader aux Macédoniens de se soumettre aux volontés du roi. Après avoir célébré avec admiration la gloire d'Alexandre, après avoir récapitulé ses hauts faits , et par là donné à l'illusion qu'il veut répandre les apparences de la vérité, il arrive à montrer les avantages de cette superstition: « Ce n'est pas seulement par piété, c'est aussi par prudence que les Perses placent leurs rois au rang des dieux : la majesté, voilà la sauvegarde des rois. » Et il ternaîne en disant que lui-même, quand le roi enti^era dans la salle du festin^ il se prosternera à terre ; que tous les soldats doivent en faite autant, ceux surtout qui prennent conseil de la sagesse (voyez le même auteur, liv. VIII, chap. 5). Mais les Macédoniens étaient trop éclairés pour être dupes ; et il n'est pas d'hommes, à moins qu'ils ne soient entièrement barbares, qui se laissent tromper si grossièrement, et qni de sujets consentent à devenir esclaves et à renoncer à eux-mêmes. D'autres peuples cependant se laissèrent persuader que la majesté des rois est chose sacrée, qu'ils représentent Dieu sur la terre, sont envoyés par Dieu et ne dépendeul ^a& du ç^m^SLvw^^ê et de l'assentiment ies liommes , qu'une çto\\^viu^^ ^^\>CL^\iS3Lvst^^^^^ ^
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inx, et que Dieu les protège de son bras. Et de cette Danière les monarques ont pourvu à leur sécurité par DÎlle dispositions, que je passe sous silei\ce, pour arîver aux choses dont je me propose de traiter. Je me lorçerai, comme je Tai dit, à indiquer et à examiner les lispositions que Dieu révéla autrefois à Moïse.
J'ai déjà dit ci-dessus, chapitre v, qu'après la sortie rÉgypte, les Hébreux n'étaient plus assujettis aux lois L'aucune nation, et qu'il leur était loisible d'instituer des ois nouvelles et de choisir les terres qui seraient à leur convenance. En effet, délivrés de l'intolérable oppression des Égyptiens, sans engagement avec personne, Is étaient rentrés dans leur droit naturel sur toutes choses ; et chacun pouvait se poser la question de savoir î*il se conserverait ce droit, ou bien s'il s'en dépouillerait et le confierait à autrui. C'est donc lorsqu'ils étaient :'établis dans cet état de nature que , d'après le copseil 3e Moïse, auquel avait foi le peuple entier, ils prirent la résolution de déposer leurs droits dans les mains, non 3as d'un homme, mais de Dieu lui-même ; et que, sans iiésitation, unanimement, ils promirent d'obéir absolument à tous les ordres de Dieu , et de ne reconnaître l'autre droit que celui que Dieu révélerait lui-même par les prophètes. Et cette promesse ou cet abandon du iroit de chacun à Dieu s'opéra de la même façon que ions avons conçu que cela arrive dans les sociétés ordiîlaires, lorsque le peuple se détermine à se dépouiller le ses droits naturels. C'est en effet en vertu d'un pacte [yojQz VExode, chap. xxiv, vers. 7), et en s'obligeant par icrment, qu'ils renoncèrent librement , et non par force ^u par crainte , à leurs droits naturels , et les transférèrent à Dieu. Ensuite, pour que ce pacte fût solidement établi et à l'abri de tout soupçon de fraude. Dieu ne ratifia ^en avec les Hébreux avant qu'ils eussent fait l'épreuve le son admirable puissance , à qui seule ils avaient dû ^ur salut, et qui seule aussi pouvait lea m^vQX.vi.\à:t ïans \m état prospère (voyez VExode^ cWç. ^vx^^ n^\:^. ^^^
5) ; et c'est parce qu'ils furent convaincus qu'il n'y avait pour eux de salut que dans la puissance divine, qu'ib abdiquèrent la puissance naturelle qui leur avait été donnée pour 'se conserver, et que peut-être autrefois ib s'étaient attribuée comme venant d'eux-mêmes, poorla^ remettre à Dieu avec tous leurs droits. Aussi le gouver-j ncment des Hébreux n'eut d'autre chef que Dieu, et en vertu du pacte primitif leur royaume seul put être appelé à bon droit le royaume de Dieu , et Dieu le roi des Hébreux. Par conséquent les ennemis de ce gouve^ nement étaient les ennemis de Dieu ; les citoyens qui cherchaient à usurper le pouvoir étaient coupables de lèse-majesté divine, et les droits de l'État étaient les droits et les conmiandements de Dieu lui-même. C'est pourquoi, dans cet État, le droit civil et la religion, qui consiste, comme nous l'avons montré, dane la simple obéissance à la volonté de Dieu^ n'étaient qu'une seule et même chose; en d'autres termes, les dogmes de b rehgion , chez les Hébreux , ce n'étaient pas des enseigneraeuts, mais des droits et des prescriptions ; la piété, c'était la justice ; l'impiété, c'était l'injustice et le crime. Celui qui renonçait à la religion cessait d'être citoyen, et par cela seul était réputé ennemi ; mourir pour la religion, c'était mourir pour la patrie; en un mot, entiele droit civil et la religion, il n'y avait point de différence. Et c'est pour cette raison que ce gouvernement a pu être appelé théocratique, les citoyens n'y reconnaissant pas de droit qui n'eût été révélé par Dieu. Du reste, toutes ces dispositions existèrent plutôt dans l'opinion que dans la réalité, car les Hébreux conservèrent eii'eetivemeut uu droit politique indépendant, comme cela ressort évidemment de la manière dont l'État hébraïque était administré, et c'est ce que nous allons expUquer.
Puisque les Hébreux ne transférèrent leurs droits ^ aucune personne déterminée, mais en cédèrent réciproqucincnt une égale partie, comme dans une démocratie, et s'engagèrent, d'uu m xxxi^yxîwxivi^ ^ ^-^^^viuter tout ce
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qne Dien ordonnerait (sans désigner aucun médiateur)^ n*en résulte-t-il pas qu'après ce pacte ils domourèrent tons égaux comme auparavaul, que chacun ont également le droit de con«:ultor Dieu, d'accepter et d'interpréter les lois ; et on général, que toute l'administration de lIÈtat fut également dans les mains de tous ? Et c'est pour cela que la première fois ils allèrent tous ensemble consnlter Dieu, pour apprendre de lui sa volonté; mais telle fût leur frayeur lorsqu'ils se protemèrent devant Dieu, tel fut leur étonnement, lorsqu'ils l'entendirent parler, qu'ils se crurent tous à leur dernière heure. Éperdus, saisis de crainte, ils vont de nouveau trouver Moïse : 9iNcus avons entendu parler Dieu au milieu des flammes, et "Vious ne voulons pas mourir ; point de doute que ces flamfnes ne nous dévorent: si nous entendons une seconde fois la voix de Dieu, nous n'échapperons pas à la mort. Va donc, écoute iû parole de Dieu, et c'est toi (et non plus Dieu) qui nous parleras. Tout ce que Dieu t'aura dit, nous l'accepterons, nom texécuterons. » Parées dispositions, évidemment ils abolirent leur premier pacte, et abandonnèrent complètement à Moïse le droit qu'ils avaient de consulter Dieu par eux-mêmes et d'interpréter ses ordres. Car ce n'était plus, comme auparavant, aux ordres dictés par IXen an peuple, mais aux ordres dictés par Dieu à Moïse, 9i1l8 s'engageaient àobéir (voyezle Deutéronome, chap. v, «iprès le Décalogue, et chap. xviii, vers. 15, 46). C'est ainsi ^ae Moïse demeura seul le dispensateur et l'interprète 4le8 lois divines, par conséquent le juge souverain, ne Pouvant être jugé lui-même par personne, représentant lui seul Dieu parmi les Hébreux, et possédant à ce titre 1« majesté suprême. A lui seul, en effet, appartenait le droit de consulter Dieu, de transmettre les ordres au {Peuple et d'en exiger l'exécution; à lui seul, dis-je : car Wquelqu^un, du vivant de Moïse, voulait annoncer quelque chose au peuple au nom' de Dieu, fût-il véritable- *^)ent prophète, il n'en était pas moins dèd^Lt^ eow^^î^^ 4'iuuTperiedrai73aprôme (voyez les IVombres, <i\3L^^. ^CkW^
vers. 28) ' . Et il faut remarquer ici que les mêmes h( qui avaient élu Moïse n'avaient pas le droit de k un successeur. Car en abandonnant à Moïse le qu'ils avaient de consulter Dieu, et en s'engagea considérer comme l'oracle de Dieu, ils perdirent fait même tous leurs droits , et durent considère de Moïse comme l'élu de Dieu lui-même. Or si M< fût choisi un successeur qui, comme lui, eût teni sa main l'administration entière de l'État, à savi droit de consulter Dieu, seul, dans sa tente, et pai celui de faire les lois et de les abroger, de décide] paix et de la guerre, d'envoyer des députés, de ne des juges, de se choisir un successeur, et enfin d nistrer d'une manière absolue toutes les choses qi du ressort du souverain pouvoir, le gouverneme été une pure monarchie; avec cette seule différenc les monarchies ordinaires se gouvernent et doivez gouvernées selon certaines lois, en vertu d'un déc Dieu inconnu du monarque lui-même, au lieu qu( ^ la monarchie des Hébreux le monarque était seul
,' V aux décrets de Dieu; différence qui, loin de dimin
•!.■'*: puissance du souverain et ses droits sur le peuple, i
:•'.;: que les accroître encore. Quant au peuple, dans 1
'f^' , l'autre gouvernement, il est également sujet, égal
-!':* ignorant des décrets divins. Dans tous les deux, il
: j. quelque sorte suspendu à la parole du souverai
%'; apprend de lui ce qui est bien et ce qui est mal. Et
fJ;/. que le peuple croie que le souverain ne command
ii''^ qui ne soit un ordre révélé par Dieu, loin d'en être
^;;? nuée, sa sujétion n'en est que plus réelle et plus é;
;'j[î,' Mais Moïse ne se choisit pas un pareil successe
laissa aux Hébreux un gouvernement tellement org qu'il ne peut être appelé ni populaire, ni aristocra ni monarchique, mais plutôt théocratique. A unp< distinct fut attribué le droit d'interpréter les lois rommuiiiquer au pe.u\)lo les réponses de Dieu ; à un