I. Vovez les Notes marginales de S\V\\\cita^wQVft.'îk
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S droit et le pouvoir d'administrer TÉtàt selon les lois ^jà expliquées, selon les réponses déjà transmises. Bur ce sujet, voyez les Nombres, chap. xxvii, vers. 21 \] Pour plus de clarté, je vais exposer ici point par poinl 'organisation du gouvernement hébreu. D'aftord il fui irdonné au peuple de bâtir un édifice qui fût comme le valais de Dieu, c'est-à-dire de la souveraine majesté de l'État; et cet édifice fut construit non pas aux frais d'un seul homme, mais du peuple tout entier, afin que le lieu où Dieu devait être consulté appartînt également à tous. Ce palais divin eîit en quelque sorte pour ofiiciers et pour administrateurs, les Lévites, entre lesquels Moïse choisit, ponr être chef suprême après Dieu, son frère Aharon, auquel ses fils devaient légitimement succéder. Ce chef, le premier après Dieu, fut chargé d'interpréter les lois, de transmettre au peuple les réponses de l'oracle divin, et d'offrir des sacrifices à Dieu pour le peuple. S'il eût igonté à toutes ces prérogatives le pouvoir exécutif, il ne loi eût plus rien manqué pour être souverain absolu; mais cela lui fut refusé ainsi qu'à toute la tribu de Lévi, îui, loin d'avoir en main aucun pouvoir, ne reçut pas même, comme les autres tribus, une portion de terre qui lai appartint en propre et dont elle pût tirer sa subsistance. Moïse voulut que le peuple tout entier contribuât à sa nourriture, et en même temps environnât de respects et d'honneurs cette tribu, seule consacrée au culte de Dieu. Ensuite, les douze autres tribus formèrent une Otiilice et reçurent ordre d'envahir la terre de Ghanaan, delà diviser en douze parties, et de les tirer au sort entre les tribus. Pour cela on choisit douze chefs, un dans chaque tribu, lesquels, avec Josué et le souverain ponlife Éléazar, furent chargés de diviser les terres en douze parties et de les distribuer par la voie du sort. Josué fut élu le chef suprême de la miUce, et à lui seul fut conféré le droit, d'abord de consulter Dieu dans les nouvelles
/« Yojex In Notes marginales de Spinoza ^ note 33.
afiaires qui surviendraient (non pas comme M6I dans sa tente ou dans le tabernacle, mais par 11: diaire du souTcrain pontife, qui recevait seul la de Dieu), ensirite d'exécuter et de faire respecte peuple les ordres de Dieu transmis par le poi trouver et d'employer les moyens de les exéci choisir dans l'armée autant de chefs qn'il voudrait qu'il voudrait, d'envoyer des députés en son prop et enfin de disposer avec une liberté absolue de qui concerne la guerre. Personne ne devait le rei par droit de légitime succession, et son succès pouvait être élu que par Dieu, sur la demande e du peuple tout entier. Parfois même, tout ce qui ci la paix et la guerre fut remis aux mains des c tribu, comme je le montrerai bientôt. Enfin, M< donna que tous les Hébreux portassent les armea vingt jusqu'à soixante ans, et que l'armée, recnil iulièrc dans les rangs du peuple, jurât fidélité, général, non au souverain pontife, mais à la relij à Dieu. Voilà pourquoi Tarraée ou les bataillons appelés l'armée de Dieu ou les bataillons de Dieu pourquoi Dieu fut appelé chez les Hébreux le Di armées; voilà pourquoi, dans la grande bataille qu décider du triomphe ou de la défaite du peuple tout l'arche d'alliance était portée au milieu de l'armi que les soldats, voyant leur roi pour ainsi dire ; dans leurs rangs, fissent des eôbrts extraordinair dispositions de Moïse montrent clairement qu'il laisser au peuple après lui des administrateurs, i tyrans. Aussi ne donna-t-il à personne le droit de ter Dieu, seul et dans le lieu qui lui plairait, no par conséquent, que le droit qu'il avait lui-mêmi blir et d'abolir les lois, de décider de la paix e guerre, d'élire les administrateurs du temple et de toutes choses qui n'appartiennent qu'à celui qui | le pouvoir absolu. Le souverain pontife avait 1 d'interpréter les loU (il à^ Vc^x^vcckRXVt^V.^ t^i^oi
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.eu, non comme Moïse, chaque fois qu'il le voulait, ais seulement sur la demande du général, ou de Tasmblée suprême, ou de quelque autre corps constitué, e leur côté, le général en chef de l'armée et les assemiées pouvaient consulter Dieu quand ils le voulaient, lals ils ne pouvaient recevoir les réponses de Dieu que ar l'intermédiaire du souverain poutifo. De sorte que la irole de Dieu, dans la bouche du souverain pontife, 'était pas un décret comme dans la bouche de Moïse, lais une simple réponse. Transmise à Josué et aux Memblées, elle prenait force de loi; c'était un ordre, un kiet. D'après ces dispositions, le souverain pontife, qui icevait directement les réponses de Dieu, n'avait pas armée sous ses ordres et n'exerçait aucun pouvoir légiliedans le gouvernement de l'État; et réciproquement nx qui possédaient des terres n'avaient pas le droit établir des lois. Les souverains pontifes Aharon et son ft Éléazar furent l'un et l'autre élus par Moïse ; mais tes la mort de Moïse, personne n'hérita du droit d'élire souverain pontife, et le fils succéda légitimement à El père. De même le général de l'armée fut élu par lise et non par l'autorité du- souverain pontife ; c'est r recevant ses droits de Moïse qu'il prit la fonction de Qéral. Voilà pourquoi, après la mort de Josué, le pontife Mut personne à sa place ; voilà pourquoi les chefs des bas ne consultèrent pas Dieu sur le choix d'un nonan général; mais chacun exerça sur les soldats de sa ba et tous ensemble exercèrent sur toute l'armée les aits qui avaient appartenu à Josué. £t il ne me semble âqa'ils aient eu besoin d'un chef suprême, si ce n'est 08 les circonstances où l'armée entière réunie marchait 3tre un ennemi commun. C'est ce qui arriva, surtout temps de Josué, lorsque les Hébreux n'avaient pas csore de résidence bien fixe, et que toutes choses appariaient à tous. Mais après que les terres prises par le lit de la gfuerre eurent été partagées enlr^ les \.vSXi\xs> 5ue toutes choses n'appartinrent plus à loxxà, ^^t c^Va.
môme la nécessité d'un chef commun cessa de se faire sentir, les hommes des différentes tribus étant, grâce à cette distribution, les uns par rapport aux autres, moins des concitoyens que des alliés. Relativement à Dieu eti la religion, ils devaient être considérés comme des con- : citoyens ; relativement aux droits d'une tribu surTautrc, comme de simples alliés. Les tribus étaient toutes senv* blables en cela (à l'exception du temple qui leur était, commun) aux États confédérés des Hollandais. Qu'est-ce en effet que la division en différentes parties d'un biei commun, si ce n'est la possession exclusive par chacim de la portion qui lui échoit, et de la part des autrei l'abandon volontaire de leurs droits sur cette même portion ? Voilà pourquoi Moïse élut des chefs de tribu. II voulut qu'après la division de l'État, chaque chef veillât sur les intérêts des siens, consultât Dieu, par l'intermédiaire du souverain pontife, sur les affaires de sa tribu, commandât Tarraée, fondât et fortifiât les villes, établit des juges dans chaque cité, repoussât ses ennemis particuliers, administrât tout ce qui concerne la paix et la guerre, enfin, qu'il n'y eût point d'autre juge que Dieu pour chaque chef, Dieu, dis-jc^ et les prophètes expressément envoyés par lui. Un chef abandonnait-il la loi de Dieu, les autres tribus devaient, non pas le juger comme un sujet, mais en tirer vengeance comme d'un ennemi qui aurait manqué à la foi des traités. Nous en avons des exemples dans l'Écriture. Après la mort derJosué, les fils d'Israël, et non pas un nouveau général des armées, consultèrent Dieu. Il fut répondu que la tribu de Juda devait la première faire invasion chez les ennemis qui lui étaient particuliers. Elle fit donc alliance avec la tribu de Siméom. pour envahir avec leurs forces réunies leurs ennemis rommuns ; les autres tribus restèrent en dehors de cetta alliance (voyez les /w^e^, chap.i, ii,iii). Chacune et séparément (comme nous l'avons raconté dans le précédeut
/. Voyez les Notes ïuaryinciles de Spinoza, wviU "îkV.
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Apitre) fit la guerre contre ses ennemis particuliers, et, Ion son bon plaisir, reçut les soumissions de tels ou Is peuples, bien que les décrets de Dieu défendissent en épargner aucun, à quelque condition que ce fût, et idoimassent de tout exterminer. Cette infraction est Amée, à la vérité,. mais on ne voit pas que personne ait )pelé en jugement les tribus coupables. Ce n'était pas . en eifet un motif suffisant pour les Hébreux de lever )8 armes contre eux-mêinns et de s'immiscer les uns ins les affaires des autres. Quant à la tribu de Bei^'alin, qui avait outragé le reste de la nation et brisé le lien e la paix, au point que personne ne pût trouver cliez le une hospitalité sûre, les autres tribus la traitèrent A ennemie, envahirent son territoire, et, victorieuses lin après trois combats, enveloppèrent tout, coupables ; innocents, dans un massacre sur lequel elles répandint ensuite des larmes tardives. Ces exemples confirment pleinement ce que nous avons ï du droit de chaque tribu. Mais peut-être quelqu'un tmandera qui choisissait le successeur du chef de tribu, ur ce point il est impossible de rien recueillir de certain Jis la Bible. Voici toutefois ce que je conjecture. Laque tribu était divisée en familles, et les chefs de nille étaient choisis parmi les vieillards de chaque faite ; le plus ancien parmi ces derniers succédait au ef de la tribu. N'est-ce pas,*en eitet^ parmi les anciens eMoïse se ojioisit soixante-dix conseillers quiformaient ec lui l'assemblée suprême ? Ceux qui, après la mort
Josué, eurent l'administration de l'État ne sont-ils s appelés du nom de vieillards dans rÉcriture? Les breux n'appellent-ils pas sans cesse les juges les ciens? Et tout le monde ne sait-il pas cela? Mais, pour bat que nous nous proposons, il importe peud'éclaircir point ; il suffît que nous ayons montré qu'après la mort
Moise, personne ne remplit les fonctions de chef prême absolu. Puisque, en effet, ce n'étail tv\Ya No\o\iXfe m seul homme, ni celle d'une seule assembl^^^xàc^^
du peuple, qui décidait de toutes les affaires, i les unes étaient administrées par une seule ti autres par toutes fts tribus avec un droit ég résulte -t-il pas avec la dernière évidence que le nemenf, après la mort de Moïse, ne fut ni mena ni aristocratique, ni populaire, mais qu'il fut, nous l'avons dit, tliéocratiaue ; et cela par Ici suivantes : 4» le siège de l'Etat était un temple par là seulement, comme nous l'avons montré, hommes de toutes les tribus étaient concitoyens les membres de l'État devaient jurer fidélité à D juge suprême, auquel seul ils avaient promis e choses une obéissance absolue ; 3^ enfin le comi suprême des armées, quand il en était besoin, ne être élu que par Dieu seul ; c'est ce que dit c ment Moïse, au nom de Dieu, dans le Deutértmo pitre XIX, verset 15; c'est ce que confirme Télé Gédéon, de Samson et de Sharauël, de sorte ( saurait douter que les autres chefs, fidèles à Dieu été élus de la même manière, bien que cela ne constaté parleur histoire.
Reste à voir maintenant jusqu'à quel point i constitution était propre à maintenir ics esprits modération, et à retenir les gouvernants et les go également loin, ceux-ci de la rébellion, ceox-l tyrannie.
Ceux qui administrent l'État ou qui ont le poi main, quelque action qu'ils fassent, s'elïorcent ( de la revêtir des couleurs de la justice et de pe au peuple qu'ils ont agi dans des vues. honorât qui est chose facile, quand l'interprétation du c en leur pouvoir. Il n'est pas douteux, en effet, qi privilège ne leur donne la plus grande lib«^rté i de s'abandonner à tous leurs caprices et à iouU passions ; au contraire, cette liberté serait forteme tenue, si le dro\l i'itil^vçt^l^v la loi était dans le! d'un autre, et si la^roi^ Va\vit^\^\aJÀsi\i ^^\^\îA
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oanifeste pour tout le monde qull n'y eût pas d'hésiUkm possible. D'où il suit clairement que les chefs des lèbreux eurent une grande occasion de moins de coinnettre des crimes, par cela seul que le droit d'interpréter aloi fut confié aux Lévites (voyez 1eZ>curero72ome, chap. ixi, rers. 5), qui ne po.sôdaientdaus l'État ni terre ni pouvoir administratif, et dont toute la fortune et toute la gloire Mmsistait dans la vraie interprétation de la loi. Ajoutez ï cela que le peuple entier était oblip;é, chaque septième innée» de se rassembler dans un lieu déterminé, où le pontife exphquait et enseignait la loi, et, en outre, que chacun en particulier devait lire et relire sans cesse avec a plus grande attention le livre de la loi tout entier voyez le Deutéronome, chap. xxxi, vers. 9. etc.; et ^p. vi, vers. 7). Aussi les chefs des Hébreux, dans leur mpre intérêt, devaient-ils veiller à ce que toutes choses 'lusent administrées selon les lois prescrites et connues le tout le monde ; seul moyen pour eux d'être comblés Thonneurs par le peuple, qui respectait alors en eux les lûnistres du royaume de Dieu et les représentants de Dieu lui-même. De toute autre manière, ils ne pouvaient échapper à la plus terrible de toutes les haines, les haines 3e religion. Ea outre, ce qui ne contiibua pas peu à mettre un frein aux passions des chefs, c'est que l'armée se composait de tous les citoyens (sans exception d'un seul, depuis la vingtième jusqu'à la soixantième année), et que les chefs ne oou valent enrôler à prix d'argent aucun Bddat étranger^ cela» dis-jc, n'était pas do médiocre importance. N'est-ce pas, en effet, uce chose évidente ^e ce n'est qu'avec une armée à leur solde que les chefs IMiivent oppiimer le peuple, et qu'ils ne redoutent rien tant que la liberté de soldats concitoyens qui ont payé db leur courage, de leurs fatigues, de leur sang prodigué sur les champs de bataille la liberté et la gloire de l'État? Voilà pourquoi Alexandre, sur le point d'engager un *^ooad combat contre Darius, après avoir eii\.e,xiâL\3L\! qc^v^ ^^ ^^méBioûpneë'emporta pas contre lui, moÀ^YÀ^t^^^^'^^
Polysperchon, qui partafçoait cependant le môme avis. C'est que, comme dit Quinte-Curco, livre rv, chapitre 13, il n'osa pas faire de nouveaux reproches à Parménion, qu'il avait, peu de temps auparavant, réprimandé avec trop de violence. Et cette liberté des Macédomens, qu'il redoutait tant, comme nous l'avons déjà dit, il ne put la plier sous le joug qu'après que les captifs entrés dans l'armée surpassèrent en nombre les Macédoniens. Alors il lâcha la bride à son humeur emportée, si longtemps contenue par la liberté des soldats ses concitoyens. Or si dans un État purement humain la liberté de soldats concitoyens retient ainsi des chefs qui ont coutume d'accaparer pour eux seuls l'honneur de la victoire, combien cette même liberté dut-elle être un frein plus puissant pour les chefs des Hébreux, dont les soldats combattaient, non pour la gloire du chef, mais pour la gloire de Dieu, et n'engageaient l'action que sur la réponse fo^ melle de Dieu !
Ajoutez encore que les chefs. des Hébreux étaient tous unis entre eux par le lien de la religion. Quelqu'un d'entre eux y était-il infidèle, et violait-il le droit divin d'un autre chef, par là même il pouvait être considéré comme ennemi, et les dernières extrémités contre lui étaient légitimes.
Ajoutez en troisième lieu la crainte de quelque nonveau prophète. Un homme d'une vie irréprochable pronvait-il par quelques signes qu'il était véritablement prophète, à lui appartenait le droit souverain de commander, tel que l'avait possédé Moïse, à qui Dieu sf révélait directement, et non pas comme aux autres chefei par l'intermédiaire du pontife. Or il n'est point douteui qu'un tel homme ne mît facilement dans son parti un peuple opprimé, et, à l'aide de quelques signes, ne disposât de sa confiance à son gré. Mais si l'État était bie« administré, le chef pouvait à l'avance disposer les chose! de telle sorte que le \\YO\Avi\.vï. ^\slI d'abord se soumettre û son jugement, elivvi'*v\\\ùîv\i\iVitV\^\.^<5.Tj^\s^^^^ '
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btait irréprochable, si les signes qu'il donnait de sa naisûon étaient certains et incontestables, enfin, si ce qull menait annoncer au nom de Dieu était en harmonie Biyec la doctrine reçue, avec les lois générales de la patrie; et dans le cas où les signes n'étaient pas assez manifestes, et où Ija doctrine était nouvelle, le chef avait le droit de condamner le prophète à mort. Mais quand le prophète était dans les intérêts du prince, il suffisait de Tautorité et dn témoignage du chef de l'État pour le faire accepter an pPenple.
Ajoutez, en quatrième lieu, que le chef ne l'emportait sur le reste du peuple ni par la noblesse , ni par le droit du sang , mais que c'était à son âge et à sa vertu qu'il devait d'administrer l'État.
Ajoutez enfin que , chef et armée , personne ne préférait la guerre à la paix. L'armée , en effet , comme nous l'avons déjà dit , ne recevait dans ses rangs que des citoyens, et c'étaient les mêmes hommes, dansia guerre comme dans la paix , qui avaient les affaires en main. Le même homme était soldat au camp , citoyen sur la place publique; officier au camp, juge dans la cité; commandant général au camp, chef suprême dans la ville. Aussi personne ne désirait-il la guerre pour la guerre, mais CD vue de Ja paix, et dans le but de défendre la liberté. Même le chef, pour éviter d'aller consulter le souverain pontife, et de se tenir debout devant lui, par respect pour sa dignité , repoussait autant que possible toute situation nouvelle. Telles sont les raisons qui contenaient l'autorité des chefs dans de justes limites. Maintenant quelles sont celles qui retenaient le peuple Telles ressortent avec évidence de la constitution fondamentale de l'Etat. Il suffit de l'examiner, même légèrement , pour se convaincre qu'elle dut nourrir dans l'esprit du peuple un singuher amour de la patrie , eA lui t^uAt^ ^\^,'5.q^'^ inapossible la pensée d'une trahison ou âi'wcv^ ÔL^l^OÀaû.> fais que tous les Hébreux au contraire àvxT^uV ^V.t^ ^^a^- Ses à toutsoutriir plutôt que de se soum^V.^.^^ ^^^ ^^
mination étrangère. Eux qui avaient remis leurs droits dans les mains de Dieu , qui croyaient que leur royaame était le royaume de Dieu , qu'ils étaient seuls les fils de Dieu , que toutes les autres nations étaient ses ennemies, et qui à ce titre les accablaient de la haine la plus violente (c'était, selon eux, un acte de piété, voyez le psaume Gxxxix , vers. 21, 22) , comment n'auraient- ils pas eu pardessus tout horreur de jurer fidéUté et de promettre obéissance à l'étranger? Pouvaient-ils concevoir un plu honteux forfait , un crime plus exécrable , que de trahir la patrie, royaume du Dieu qu'ils adoraient 7 C'était même une chose honteuse pour un citoyen de fixer sa demeure ailleurs que dans sa patrie, parce qu'il n'était permis de satisfaire au culte de Dieu que sur le sol de la patrie, U patrie seule étant une terre s^nte> et tout autre pays une terre immonde et profane. Voilà pourquoi David, forcé de s'exiler, se répand en plaintes devant Saiil: 5/ ceux ^' excitent tacolère contre moi sont des hommes, ils sont maudits^ puisqu'ils me retranchent de la société et de l'héritage de Dieu, et qu'ils me disent : Va et sacrifie aux dieux étrangers(yoyei Shamueli xxvi, vers. 19). Et c'est pour ce motif qu'aucufl citoyen, ce qui mérite d'être bien remarqué, no pouvait être condamné à l'exil. Le coupable en effet mérite lesupplice> et non la honte et l'opprobre. L'amour des Hébreux pour la patrie n'était donc pas simplement de l'amour, cetait de la religion. Et cet amour, cette religion, en même temps que leur haine pour les autres nations, étaient tellement encouragés et nourris par le culte de chaque jour qu'ils leur étaient devenus naturels. En effet, nonseulement leur culte de chaque jour était essentiellement différent de tout autre (ce qui les distinguait et les séparait profondément d'avec les autres peuples), mais ces différences allaient jusqu'à l'opposition. Or de cette réprobation dont ils accablaient chaque jour les autres nations dut naître une haine éternelle , fermement enracinée dans tous les esprits, comme peut l'être une haine qui* son origiaQ dans la dcvoWotv vi\,\vi ^\<i\.vi ^^\. q^\^ ^Vaut con-
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fdérée comme un acte pieux, n'a pas d'égale pour la vîoence et l'opiniâtreté. Ajoutez à cela une cause générale pli enflamme de plus en plus la haine, à savoir, la réci- >TOcité; car les autres nations durent avoir en retour Nmr les Juifs la haine la plus violente. Qu'on réunisse naintenant toutes ces circonstances, la liberté dans TÉtat, 'amour de la patrie porté jusqu'à la religion , à l'égard les autres peuples un droit absolu et une haine nonteulement permise mais pieuse , l'habitude de voir des atmemis partout, la singularité des m^œurs et des couumes, combien tout cela ne dut-il pas contribuer à afisnnir l'àme des Hébreux et les préparer à tout supporter K)ur la patrie avec une constance et un courage peu comnunsl c'est ce qu'enseigne clairement la raison et ce [n'atteste l'expérience. Jamais, en effet, tant que la ville Mipitale fut debout , les Hébreux ne purent supporter la iomination étrangère , et c'est pourquoi on appelait Jérusalem la cité rebelle (voyez HezraSy chap. iv, vers. 12, 15). Le second empire (qui fut à peine une ombre du premier, après que les pontifes eurent usurpé le pouvoir Kraverain ) ne put être que difficilement détruit par les Aomains; c'est ce que Tacite, livre II des Histoires^ atteste par ces paroles : Vespasien avait terminé la guerre ju^U pie en abandonnant le siège de Jérusalem , entreprise péniMe Bt ardue ^ à cause du caractère de la nation et de Vopiniàtretéde HS superstitions, bien qu'il ne restât pas aux assiégés amez fie force pour supporter les suites d'un siège. Mais outre ces Cireonstances dont l'appréciation dépend un peu du caprice de l'opinion , il y avait encore dans cet état quelque «hose de particulier et de très-puissant qui dut retenir ï«8 citoyens dans le devoir et éloigner de leur esprit toute Pttisée de défection, tout désir d'abandonner la patrie , te veux parler de l'intérêt, qui dirige et anime toutes les actions humaines. Et cela, dis-je, était particulier à cet felit. C'est que nulle part et dans aucun Etat les citoyens ^^ jouissaient de leurs biens avec deadtoVl^ fe^w>\xk ^^xsil Ses Bèhrevx qui possédaient une çatl 4e VeitT^'^ ^^ ^^
champs égale à celle du chef, et demeuraient ét( ment maîtres de la part qui leur était échue. Qu pressé par le besoin vendait-il son fonds ou sa t jubilé arrivé il rentrait complètement en possesî toutes choses étaient tellement disposées que pe ne pût aliéner le bien-fonds qui était sa propriété, la pauvreté ne pouvait être nulle part aussi facile porter que dans un pays où la charité envers le pr c'est-à-dire de citoyen à citoyen , devait être pi i'omme un acte souverainement pieux et comme 1 moyen de se rendre Dieu propice. Il n'y avait c bonheur pour les Hébreux qu'au sein de leur patri de là ils ne pouvaient trouver que dommage et op Quoi de plus merveilleusement propre, non-seule retenir les citoyens sur le sol de la patrie , mais les préserver des guerres civiles, en bannissant to de querelles et de discordes , que de reconuaiti ^ souverain, non pas un égal , mais Dieu seul, et i
[■'■ sidérer comme un acte de souveraine piété cette (
l) cet amour de citoyen à citoyen, qui s'alimenta
cesse de la haine que les Juifs portaient aux aut :' tions, et que celles-ci leur renvoyaient ? Ce qui
": pas non plus d'une médiocre importance , c'ei
, discipline qui les pliait de bonne heure à une obé
absolue, obligés qu'ils étaient de se soumettre er choses aux prescriptions invariables de la loi il n'était permis à pc^rsonne de labourer à son gn
• seulement à de certaines époques et dans de ce ^ années déterminées, avec une seule et même esf l' bêtes de trait. De même, il n'était permis de sen "■' moissonner, que d'une certaine manière et à une c
époque. Leur vie enfin était comme un perpétue fice à l'obéissance. (Sur ce sujet, voyez notre cliap
* l'usage des cérémonies.) Ainsi habitués à des pratiq '. variablement les mêmes, cette servitude dut leur p
la vraie liberté. Persorvne ne désirait ce qui était d^ mais bien ce qm è\.^\\. OT^otvtvfe^^^X^VÂA^ais ce
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itribna pas non plus médiocrement à entretenir ces ines dispositions chez les Hébreux, c'est que la loi r faisait un devoir à certaines époques de Tannée de livrer au repos et à la joie , et cela pour obéir non) j aux vœux de leur cœur, mais à Dieu de tout leur ur. Trois fois Tan ils étaient les convives de Dieu (voyez Deùtéronome, cliap. xvi). Le septième jour de la semaine, devaient s'abstenir de tout travail et se livrer au repos, outre, certaines autres époquos étaient désignées adant lesquelles les plaisirs honnêtes et les festins leur ient non-seulement permis , mais ordonnés. Et je ne ise pas qu'on puisse rien imaginer de plus efficace ar gouverner les esprits des hommes. Rien ne les arme davantage que cette joie qui a son origine dans dévotion, laquelle est un mélange d'admiration et imour *. D'ailleurs ils étaient prémunis contre le dent qu'amène la longue habitude des mêmes choses r la rareté et la variété des cérémonies usitées dans i jours de fête. Ajoutez à cela ce souverain respect pour temple qui fut tel pour les Hébreux qu'ils se montrait toujours religieux observateurs des cérémonies parolières qu'ils devaient accomplir selon la loi avant r entrer. C'est au point qu'aujourd'hui même les Hé- Bux ne sauraient hre sans un profond sentiment d'horir le récit du crime de Manassé , qui osa élever une )le au milieu du temple. A l'égard des lois rehgieuse- ?nt conservées au fond du sanctuaire , même profond ïpect de la part du peuple. Aussi n'avait-on à craindre ! sa part ni rumeurs, ni jugements anticipés. Qui ose- Èt porter un jugement sur les choses divines? A tous I ordres prescrits, ou par les réponses de Dieu parlant us le temple , ou par les lois établies de Dieu lui-même, I Hébreux devaient obéir sur-le-champ et sans examen. Je crois avoir montré* brièvement, il est vrai , mais Bez clairement les avantages de la constitution des
rorezVEthf'quet part. 3, Déûa. dc^ passions, dct. 10.
Hébreux. Reste à rechercher maintenant pounpiCH les Hébreux ont été si souvent inûdèies à la loi, si sonvent réduits en servitude, et quelles causes enfin ont amené leur ruine coaiplète. Quelqu'un dira peut-êlre qu'il faut citti ibuer cette décadence à l'esprit séditieux de la nation! Mais cette explication est puérile ; pourquoi en effet la nation juive a-t-elle été plus séditieuse que les autres! est-ce la nature qui l'a faite ainsi? Mais la nature ne crée pas des nations, elle crée des individus qui ne se distinguent en différentes nations que par la diversité de la langue, des lois et des mœurs. C'est de ces deux choses seules, les lois et les mœurs , que dérivent pour chaqae nation un caractère particulier, une manière d'être pa^ ticulicre, tels ou tels préjugés particuliers. Si donc on' devait accorder que les Hébreux ont eu plus que tons les autres hommes l'esprit de sédition, c'est à un \ice des lois et dfes mœurs qu'ils reçurent de leurs législateurs qu'il faudrait l'imputer. Et certes, il est incontestable que si Dieu eût voulu que leur empire eût plus de fersistance, il eût donné au peuple d'autres droits, d'autres lois, et institué un autre mode d'administration. Qu'avons-nous donc autre chose à dire, si ce n'est qu'ils eurent contre eux la colère de leur Dieu: nou-seulement , comme le dit Jérémie ( chap. xxxu, vers. 31 ) depuis la fondation de la ville, mais dès l'institution des lois ? C'est ce qu'Ézéchiel ( chap. xx, vers. 25 ) témoigne par ces paroles : Je leur ai donné de mauvaises institutions, et des lois qui ne laissent à h nation aucune chance de durée; je les ai souillés de leurs propres présents, lorsquils offraient pour leurs péchés ce qui sort le premier du sein de la mère (c'est-à-dire les premiersnés) , parce que je voulais consommer leur ruine et leur apprendre que je suisJéhovah, Pour comprendre ces paroles ç^ la cause de la rume àe V1&*VîiV,\VC^vit qu'on sache qu'il avait d'abord été résolu qyx^Vow Wi\jS^^\^\\.\^ xsssjk^^^^ sacré à fous les preuViors-ivèa ^^. ^^^ ^^'^ ^^\^^\à^^^ (voyez les Nombres, cl[iaç- iu.n^î^- V^V"^"^^^^"^^^^^
TnÉOLOGTCO-POLTTIQUE. 291
I entier, à rexception des Lévites, ayant adoré le a d*or, les premiers-nés furent répudiés par Dieu et larés souillés ; \?s Lévites furent choisis à leur place, plus je considère cette modification dans la consti- Qîn, plus je songe aux paroles de Tacite, que dans ce ips-là Dieu songea moins à la prospérité du peuple qu'à 'engeance {ffist.^ i, â), et je ne puis assez m'étonner qne olère céleste ait été assez grande pour que Dieu se soit vi des lois, qui n'ont d'ordinaire d'autre but que la îrc, le salut et la sécurité du peuple tout entier, urne d'un instrument de vengeance et de châtiment léral , à tel pomt qu'elles aient paru moins des lois ommodécs au bien-être du peuple que des peines et I supplices inûigés à la nation. Tous les dons en eflét 3 les citoyens étaient obligés de faire aux Lévites et c prêtres, la nécessité de racheter les premiers-nés, payer un certain impôt par tête, le privilège exclusif HT les Lévites d'approcher des choses sacrées^ tout a accusait sans cesse le peuple et lui rappelait son pureté primitive et la réprobation dont il était l'objet. 3 Lévites d'ailleurs PaccablaÎHnt sans cesse de mille >roches. Car il n'est pas douteux qu'au milieu de cette iltitude de Lévites il ne se rencontrât un grand nombre misérables théologiens, véritablement intolérables, de là chez le peuple l'habitude d'observer d'un œil nemi les actions des Lévites , qui après tout étaient s hommes, et, comme il arrive, de les accuser tous du ime d'un seul. Par suite, de perpétuelles rumeurs, outoz l'obligation de nourrir des hommes oisifs , lieux, et qui ne se rattachaient point au peuple par les las du sang, charge qui paraissait particulièrement (Sante quand les vivres étaient chers. Les Lévites tot donc plongés dans l'oisiveté, les miracles éclatants aut cessé, enfin les pontifes n'étant plus des hommes Ui choix sévère, faut-il s*étonner que l'esprit religieux ïn peuple irrité à la fois et avare ait commew^^ ^ ^^ it)idir et à s'éloigner peu à peu d'un c\x\l^ c\\sà > \sv^^
que divin, lui était i^ominieux et même suspe en désirer un nouveau, que les chefs (qui aspii jours ù s'emparer exclusivement du souverain p '^pour s'attacher le peuple et le détourner des p lui aient fait toutes sortes de concessions, et aie; duit dans la patrie de nouveaux cultes ? Mais si Llique eût été instituée d'après le plan primitif, honneurs, toutes choses eussent été épjales poi les tribus, et l'État eût joui d'une sécurité c< Quel homme consentirait à violer les droits si ceux qui lui sont unis par les lions du sang? merait à remplir un devoir de religion en nourris frères ou des parents ? qui ne se plairait à être par eux dans l'interprétation des lois, à recevoii bouche les réponses divines ? Et puis, toutes h eussent été unies entre elles par un lien bcauc( étroit, si elles eussent toutes exercé également d'administrer les choses sacrées. Il y a plus, toul eût disparu, si l'élection des Lévitos n'avait pas cause la colère et la vtMigeanco. Mais, comr l'avons déjj\ dit, les Hébreux furent Tobjot de 1 de leur Dieu, qui, pour répéter les paroles d'ï les souilla de leurs propres présents, cmi leur rc les fruits du sein maternel , afin de eonsomii ruine. Toutes ces explications d'ailleurs, l'hisl coulinne. A peine le peuple dans le désert eut-il repos, que plusieurs, élevés au dessus du peuple rang et leur naissance , supportèrent dillioilonu êleetion des Lévites, et en prirent occasion de s '.S . que Moïse établissait et instituait toutes eliost
}'■ d'après les ordres de Dieu , mais selon son
}■• N'avait- il pas choisi sa tribu de préférence à to
autres, et donné éternellement à son frère le pontificat? Aussi vont-ils trouver Moïse en pr niultcî, s'écriant que tous les Hébreux sont éfî saints et que sa i)ropre autorité sur tout le pe une infraction av\OLVo\\.,^\vi\'îiVi.\w \)eut les apaise