DE LA RÉFORME DE L'ENTENDEMENT
YI. Les idées que nous formons claires et distinctes semblent résulter de la seule nécessité de notre nature, de telle sorte qu'elles semblent dépendre de notre seul pouvoir ; c'est le contraire pour les idées confuses, car elles sont formées souvent malgré nous.
VU. L'esprit peut déterminer de plusieurs manières les idées que l'entendement tire d'autres idées; comme, par exemple, pour déterminer le plan d'une ellipse il suppose une pointe adhérente à une corde qui se meut autour de deux centres, ou bien il conçoit une infinité de points toujours dans le même rapport et dans UD rapport déterminé à une ligne droite donnée; ou un cône coupé par un plan oblique, de telle sorte que l'angle d'indinaison soit plus grand que l'angle au sommet du cône; ou. enfin il s'y prend d'une infinité d'autres manières.
YIIL Plus les idées expriment de perfection dans leur objet, plus elles sont parfaites; car nous n'admirons pas autant l'architecte qui a tracé le plan d'une petite chapelle que celui qui a conçu un temple magnifique.
Je n'insiste pas sur les autres choses que Ton rapporte à la pensée, comme l'amour, la joie , etc. ; car elles ne font rien à notre sujet présent, et ne peuvent même être conçues si l'entendement ne Ta été déjà : car, ôtez la perception, tout le reste n'est plus.
Les idées fausses et les idées fictives n'ont rien de positif (comme nous l'avons amplement montré) qui les fasse qualifier fausses ou fictives; si elles sont considérées comme telles, c'est seulement par le défaut de connaissance qui s'y rencontre. À.insi les idées fausses et fictives, en tant que telles, ne peuvent rien nous enseigner de l'e&rsence de la pensée, c'est aux propriétés positives, précédemmeoi énumérées, qu'il faut la demander ; c'est-à-dire qu*il faut déterminer un principe a)mmun d'où suivent nécessairement ces propriétés : de sorte qu'étant donné ce principe elles suivent nécessairemeot , et qu'elles soient supprimées si on le supprime. .......