‹ Œuvres de SpinozaChapitre 142 sur 199 · La XXII* des Opp, poslh. - i · texte numérisé non relu

La XXII* des Opp, poslh. - i

342 LETTRES DE SPINOZA, etc.

plusieurs choses à expliquer. Premièrement, en quel sens prenezvous pour synonymes et équivalents la foi aux mirades et Fignorance, comme il semble que vous le faites dans votre dernière lettre? Lazare ressuscité d*entre les morts et la résurrectîoQ de Jésus-Christ ne surpassent-ils pas la force de la nature créée , et peuvent-ils être attribués à une autre puiasanoe que celle de Dieu ; et comment y aurait-il ignorance coupable à croire qu'une chose excède les limites d'une intelligence finie, enchaînée par de cer* taines bornés? Ne pensez-vous pas qu'il soit convenable à une intelligence et à une science créées de reconnaître dans un esprit incréé, dans la souveraine puissance, une science et une force ca* pables de pénétrer et de produire des choses dont la raison et le comment échappent aux faibles humains? Nous sommes hommes , rien d'humain ne doit nous paraître étranger à notre nature. De plus, puisque vous déclarez que vous ne pouvez comprendre qu'un Dieu ait réellement revêtu la nature humaine, permettez que je vous demande comment vous entendez ces endroits de notre Évangile et de rËpître aux Hébreux : le premier, qui affirme que k Verbe ê'e$t fait chair ; le second', que 2e Fils de Dieu n'a pas été le libérateur des anges, mais celui des enfants d' Abraham^ t Et toute Téconomie de rÉvangile ne repose-t-elle pas sur ce que le Fils unique de Dieu, le X070C (qui était Dieu et qui était en Dieu) , s'est montré revêtu de la nature humaine, et par sa passion et sa mort a payé pour nous pécheurs la rançon de nos fautes, prix de sa rédemption? Je voudrais savoir de vous ce qu'il faut penser de ces passages et autres semblables, si l'on veut conserver à l'Évangile et à la religion chrétienne, dont je crois que vous êtes Tami, leur caractère de vérité. J'avais le projet de vous écrire plus longuement, mais je suis interrompu par la visite de quelques amis envers qui je me reprocherais de manquer de politesse. Aussi bien ce que j'ai déjà jeté sur le papier va peut-être vous être un sujet d'ennui au milieu de vos méditations philosophiques. Adieu donc, et croyez-moi pour la vie le zélé admirateur de votre érudition et de votre science.

Londres, 16 décembre 1675.

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