‹ Œuvres de SpinozaChapitre 143 sur 199 · LETTRE X · texte numérisé non relu

LETTRE X

BéPONSE A LA PRÉCÉPENTE.

A MONSIEUR HENRI OLDBNBURO,

MoNMStIR ,

Je vois enfin quelle est cette doctrine que vous me demandiez devenir secrète ; mais comme elle est le fondement du traité que j'avais dessein de publier^, je suis tout disposé à vous eipllquer sous quel point de vue j'admets la nécessité de toutes choses et la fatalité des actions. Car je suis loin de soumettre Dieu en aucune façon au fatum ; seulement je conçois que toutes choses résultent de la nature de Dieu avec une nécessité inévitable , de la même façon que tout le monde conçoit qu*il résulte de la nature de Dieu que Dieu ait rintelligence de soi-même. Assurément, il n'est personne qui conteste que cela ne résulte en effet de l'essence de Dieu ; et cependant personne n'entend par là soumettre Dieu au fatum; et tout le monde croit que Dieu se comprend soi-même avec une parfaite liberté, quoique nécessairement. J'ajoute que cette inévitable nécessité des choses n'ôte rien à la perfection de Dieu ni à la dignité de l'homme ; car les préceptes moraux , soit qu'ils prennent la

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